Guillaume Soro : « Le président Henri Konan Bédié me manque beaucoup »

Sur sa page officielle, dimanche dernier, l’ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Kigbafori Soro, visé par un mandat d’arrêt pour ‘’tentative de déstabilisation’’, a fait une importante déclaration sur le président du PDCI-RDA, Henri Konan Bédié, dans une publication dans laquelle il raconte vouloir revoir le Sphinx de Daoukro.

En effet, exilé depuis 2019, Guillaume Soro semble se languir. Sur sa page Facebook, il a écrit : « Ce matin, réveillé fort tôt, je ne sais ce qui me pousse à penser au Président Henri Konan Bédié. J’ai ressenti un désir profond de m’exprimer sur ce qu’il m’inspire. Une très forte pensée pour lui. Il m’arrive quelquefois, comme ça dans ma vie, qu’à mon réveil et aux premières heures, quelques inspirations me viennent. Alors je saisis un stylo et je griffonne quelques phrases en vrac. Et aujourd’hui curieusement, c’est au Président Henri Konan Bédié que je pense. Il me manque et je ne saurais pas dire pourquoi. En effet, tout ne s’explique pas en ce monde ici-bas, m’a-t-on dit. Avec nostalgie, je médite profondément sur ma relation avec lui. Comment l’ai-je connu et comment nos relations se sont-elles au fur et à mesure améliorées, que dis-je bonifiées ? Cela mérite d’être dit, afin que les générations nouvelles en prennent de la graine.

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Je pense que le Président Bédié est un homme d’Etat fort incompris par bon nombre puisqu’il parle peu et ne juge pas nécessaire d’en faire trop. Avare de mots, mais profond dans la moindre de ses sorties publiques, on ne l’appelle pas par hasard le Sphinx de Daoukro, car c’est un homme qui parle pour marquer l’archive et non pour distraire la galerie.

Soyons honnêtes. Les débuts de ma relation au Président Bédié ne furent pas faciles. Pas bonnes. Oui, j’ai été jeune étudiant, engagé dans le mouvement contestataire national pour la fondation d’un véritable pluralisme politique en Côte d’Ivoire. Au début des années 90 et notamment après l’arrivée effective du Président Bédié au pouvoir en décembre 1993, j’étais opposé à son régime, en ma qualité de cadre dirigeant de la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI). Ahipeaud Martial-Joseph en était alors le Secrétaire Général. Henri Konan Bédié se voulait ferme après des années de troubles dans le pays. Souvenez-vous des terribles années 1989-1992 avec la grande répression qui s’abattait sur l’opposition, sous la férule du seul Premier ministre (Alassane Ouattara) du Président Houphouët-Boigny déjà fort âgé et éloigné de l’exercice effectif du pouvoir du fait de la maladie.

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Succédant au Président Houphouët, le Président Bédié voulait redonner à la Côte d’Ivoire un dynamisme nouveau. Il voulait lui donner des fondements raffermis, en faisant autant face à la crise économique qui persistait malgré les recettes annoncées du technocrate venu du FMI et de la Banque Mondiale, qui avait promis aux Ivoiriens le paradis alors même que l’enfer du quotidien persistait. Qui dans la posture de lutte de l’étudiant que j’étais pouvait le comprendre ? ».

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En définitive, convaincue, que cela doit être dit, pour que les générations futures puissent en tirer des leçons, Guillaume Soro a exprimé son admiration pour le sphinx de Daoukro. Même s’il ne le dit pas publiquement, cette déclaration du Président du GPS est une manière pour lui de raviver les liens forts avec l’ancien chef de l’Etat de Côte d’Ivoire, à l’aube du prochaine échéance électorale.

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