Cameroun : Franck succédera-t-il à Paul BIYA ?  


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Au Cameroun, une succession au pouvoir de Paul Biya à Frank Biya est en vue. Les débats sur la succession au pouvoir sont relancés. L’actuel président du Cameroun Paul BIYA deviens de plus en plus vieux. Le Mouvement citoyen des Franckistes pour la paix et l’unité du Cameroun, souhaite que Franck BIYA soit le successeur de son père, Paul Biya, en 2025. Fils aîné du président camerounais, Emmanuel Franck BIYA est désormais évoqué comme un possible successeur. Depuis plus d’une semaine et bien avant aussi, des vidéos sur une éventuelle candidature de ce dernier font jaser la toile. Tout cela est suscité par un groupe de pression baptisé les Franckistes. Ce groupe est composé d’hommes politiques, d’hommes d’affaires et de certains proches du pouvoir qui demandent au fils aîné du président de se présenter à la présidentielle de 2025.

 

 

Franck BIYA va succéder à son père

Le Mouvement citoyen des Franckistes pour la paix et l’unité du Cameroun, dirigée depuis 2013 par Mohamed Rahim Noumeau, un chef d’entreprise, estime que Franck Biya est un successeur crédible. Une vaste campagne d’adhésion a d’ailleurs été lancée dans le pays et au sein de la diaspora afin de regrouper le plus de personnes possibles pour soutenir le fils du président camerounais.

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Selon Nathan Abomo, le chargé de la communication du Mouvement citoyen des Franckistes pour la paix et l’unité du Cameroun, « Franck BIYA apparaît comme le jeune qui réunit toutes les compétences nécessaires. Pour avoir occupé le poste de conseiller spécial du président Paul BIYA pendant près de 25 ans, il est clair qu’il maîtrise les dossiers sensibles du Cameroun, il maîtrise la politique interne et externe du pays. Franck BIYA est discret, c’est un entrepreneur. Autant de raisons parmi d’autres qui nous ont motivé à l’appeler à se présenter à la présidentielle de 2025. À propos de son mutisme, le connaissant, ça pourrait être stratégique. »

Franck BIYA n’est pas étranger à tout ce qui se dit, contrairement à ce qui se raconte sur la blogosphère, au sujet d’une éventuelle candidature à la présidentielle de 2025 venant de lui. Il y est de mèche. C’est par ce canal d’essai que les stratèges du pouvoir veulent insérer dans la mémoire collective, qu’en tant que camerounais, le fils de Paul BIYA peut à son tour devenir Président.

À priori, même si tout laisse à croire que le candidat naturel du RDPC sera de nouveau candidat en 2025, nous pensons qu’il aurait tout intérêt à voir son fils, lui succéder dans un schéma comme dans un autre. Dans une première hypothèse, l’actuel président aurait plus à gagner à voir son fils prendre sa relève ( s’il est encore vivant) pour assurer les arrières du clan BIYA et les siens propres (exemption de poursuites, et cetera) plutôt qu’un autre, fût il de son parti. Ce qui est un scénario ardu mais pas impossible…eu égard aux risques encourus tels que les démissions en masse du RDPC, des fortes tensions ethnico- tribales, ceci pouvant être perçu comme une tentative de confiscation du pouvoir par les Fang-Béti voire le clan BIYA. Y compris dans l’hypothèse contraire, c’est-à-dire, après Biya.

 

La succession dynastique au Cameroun n’aura pas lieu

Si certains Camerounais voient un après Biya avec son fils à la tête du pays, comme Faure Gnassingbé au Togo ou Ali Bongo Ondimba au Gabon, l’universitaire Olivier Bile, par ailleurs le président de l’Union pour la fraternité et la prospérité (UFP), affirme que c’est un scénario qu’on ne saurait envisager au Cameroun. « Le Cameroun ne sera jamais le Gabon, ni la RDC, ni le Togo. Le Cameroun est un pays qui a pour vocation à se libérer le plus rapidement possible des chaînes du système néocolonial qui lui ont fait tant de mal. Et cette libération ne saurait en aucune manière être accomplie par un acteur de la reproduction du système. Quel que soit son bord politique ou sa famille. Le Cameroun après Biya sera un Cameroun libéré de toute pression néocolonialiste. »

Par ailleurs, le cadre institutionnel du Cameroun, selon Patrice Siméon Mvomo, analyste politique, n’est pas favorable à une transition dynastique. Il soutient que « la constitution camerounaise est assez claire. Les Camerounais sont ceux sur qui repose la succession. L’article 6 à partir de l’alinéa 4 précise qu’en cas de vacance prolongée et constatée du président de la République, l’intérim est assuré par le président du Sénat. C’est lui qui est chargé d’organiser les élections 20 jours au moins ou 40 jours au plus après cette vacance. Toutes les institutions sont mises sur pied pour cela et c’est à elles qu’on se réfère. »

En attendant que Franck Biya se prononce sur ses intentions, la transition au sommet de l’Etat du Cameroun reste d’actualité, nourri par des rumeurs sur l’incapacité du président Paul Biya à diriger le pays.

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