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S’ESTIMANT « LAISSÉS-POUR-COMPTE », LES SPORTS DE COMBAT INTERPELLENT LE PREMIER MINISTRE
22/06/2020 à 23h48 par La redaction

Si Teddy Riner a exulté samedi 20 juin, ce n’est pas le cas des quelque 500 000 licenciés de judo. Dans la nuit de vendredi à samedi 20 juin, le gouvernement a annoncé une nouvelle phase du déconfinement alors que l’épidémie de coronavirus ralentit en France. Il a autorisé une reprise de tous les sports collectifs, que ce soit dans les stades, gymnases couverts ou en plein air, « avec des mesures de prévention adaptées », et un retour des athlètes de haut niveau pour les sports de combat. Mais les sportifs amateurs, en judo, karaté, ou encore en lutte et en boxe sont, eux, restés sur le carreau.

« Ça représente quoi, à tout casser, 500 sportifs, sur 55 000 licenciés ? » s’interroge Dominique Nato, le vice-président de la Fédération française de boxe. « On est les laissés-pour-compte », soupire Alain Bertholom, le président de la Fédération française de lutte. Côté judo, le président Jean-Luc Rougé parle de « sentiment d’injustice ». « Nous sommes favorables à des mesures sanitaires, mais on adhère aussi à des principes de déconfinement crédibles », abonde-t-il.

L’incompréhension générale règne, et tous pointent du doigt l’absence d’explications. C’est pourquoi, au nom de la Confédération française des arts martiaux et sports de combat (CFAMSC), une lettre a été envoyée au premier ministre afin que les sports de combat bénéficient du même traitement que les autres disciplines – ou au moins reçoivent des explications.

« Je voudrais qu’on me dise pourquoi on ne peut pas reprendre : une mêlée au rugby, ou une défense en zone en handball, c’est pire qu’un match de lutte ?, s’agace Alain Bertholom. On ne comprend pas ce traitement différencié. »

Des questions sans réponses

« On appréhende pas mal, s’il y a une seconde vague, est-ce qu’on reprendra un jour ? » s’inquiète Antony Mezaache, entraîneur de boxe au club de Clichy. Triple champion du monde de la discipline (2001, 2004, 2006), ce sportif, « au chômage forcé » car il ne peut plus enseigner, occupe ses journées à appeler les parents pour leur dire qu’il ne reprendra pas leurs enfants. « Ça m’embête de leur dire ça et de ne pas savoir quand on pourra de nouveau entraîner et les accueillir », regrette-t-il.

La reprise est supposée survenir en septembre, mais rien n’est certain pour ces sports où le contact est omniprésent. « On veut faire une campagne télévisuelle à la rentrée, mais s’il n’y a pas de rentrée ? On n’a aucune visibilité ! », s’agace Jean-Luc Rougé.

A la lutte, une tournée sur sable (beach wrestling) était prévue du 23 juillet jusqu’à fin août dans différentes villes (Saint-Nazaire, La Teste, Boulogne…). « J’espère que je pourrais la faire, mais aujourd’hui, je n’en sais rien : et que va-t-on nous dire le 11 juillet ? », s’interroge Alain Bertholom, alors que de nouvelles décisions concernant le déconfinement devraient être prises à cette date-là.

Autre enjeu, la survie du judo, par rapport à d’autres sports plus populaires et médiatiques comme le football. « Aujourd’hui je ne voudrais pas qu’un môme me dise “Je veux faire un sport collectif mais pas un sport de combat !” On craint pour la visibilité des nos sports », affirme Alain Bertholom.

La survie des clubs menacés

Sans réponses, les fédérations envisagent déjà le pire au niveau des conséquences économiques et sociales. « Si l’activité ne reprend pas à la rentrée, ça pourrait être catastrophique en termes d’emplois », affirme Alain Bertholom. Même tonalité du côté du judo : « Si les clubs ne rouvrent pas, ce sont plus de 1 000 personnes qui seront au chômage », alerte Jean-Luc Rougé.

Julien Méllado, président du club de judo de Marsillargues, dans l’Hérault, confirme ces craintes. « Ce qui nous inquiète le plus, c’est la perte de licenciés : si on perd des licenciés, on ne pourra plus payer nos enseignants ! » s’alarme-t-il. Son club ne compte qu’une centaine de licenciés et n’envisageait pas reprendre en juin, mais sa survie financière est engagée. « C’est la double peine pour nous en cette année électorale, si on n’a plus les subventions de la mairie, on devra fermer, au moins temporairement », confie celui qui touchait 2 000 euros annuels de la part de sa municipalité.

L’annulation soudaine des stages prévus cet été renforce cette précarité financière. « Les clubs ont engagé des frais pour cet été, ça leur tombe dessus au dernier moment, ils sont tous dans le désarroi », rapporte Jean-Luc Rougé.

Les plus petits clubs, ceux qui comptent le moins de licenciés, et donc génèrent moins de recettes, seront les plus affectés. « Certains auront du mal à survivre », confirme Dominique Nato en parlant de la boxe. Pour tenter de les sauver, la Fédération prévoit un plan de relance pour les clubs et les ligues régionales à la rentrée de septembre, ainsi que le prolongement de deux mois des licences 2019-2020. « Ce qui est important, c’est qu’on puisse reprendre en septembre », espère Dominique Nato. Mais il ne digère pas pour autant la décision du ministère. « Les sports de combat, c’est comme les discothèques : on est lésés », résume-t-il.

Lire aussi Pour les sports de combat, « l’objectif est de pouvoir reprendre en septembre »

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NB: NE PAYEZ AUCUN FRAIS DE DOSSIERS POUR UNE OFFRE D’EMPLOI

Si Teddy Riner a exulté samedi 20 juin, ce n’est pas le cas des quelque 500 000 licenciés de judo. Dans la nuit de vendredi à samedi 20 juin, le gouvernement a annoncé une nouvelle phase du déconfinement alors que l’épidémie de coronavirus ralentit en France. Il a autorisé une reprise de tous les sports collectifs, que ce soit dans les stades, gymnases couverts ou en plein air, « avec des mesures de prévention adaptées », et un retour des athlètes de haut niveau pour les sports de combat. Mais les sportifs amateurs, en judo, karaté, ou encore en lutte et en boxe sont, eux, restés sur le carreau.

« Ça représente quoi, à tout casser, 500 sportifs, sur 55 000 licenciés ? » s’interroge Dominique Nato, le vice-président de la Fédération française de boxe. « On est les laissés-pour-compte », soupire Alain Bertholom, le président de la Fédération française de lutte. Côté judo, le président Jean-Luc Rougé parle de « sentiment d’injustice ». « Nous sommes favorables à des mesures sanitaires, mais on adhère aussi à des principes de déconfinement crédibles », abonde-t-il.

L’incompréhension générale règne, et tous pointent du doigt l’absence d’explications. C’est pourquoi, au nom de la Confédération française des arts martiaux et sports de combat (CFAMSC), une lettre a été envoyée au premier ministre afin que les sports de combat bénéficient du même traitement que les autres disciplines – ou au moins reçoivent des explications.

« Je voudrais qu’on me dise pourquoi on ne peut pas reprendre : une mêlée au rugby, ou une défense en zone en handball, c’est pire qu’un match de lutte ?, s’agace Alain Bertholom. On ne comprend pas ce traitement différencié. »

Des questions sans réponses

« On appréhende pas mal, s’il y a une seconde vague, est-ce qu’on reprendra un jour ? » s’inquiète Antony Mezaache, entraîneur de boxe au club de Clichy. Triple champion du monde de la discipline (2001, 2004, 2006), ce sportif, « au chômage forcé » car il ne peut plus enseigner, occupe ses journées à appeler les parents pour leur dire qu’il ne reprendra pas leurs enfants. « Ça m’embête de leur dire ça et de ne pas savoir quand on pourra de nouveau entraîner et les accueillir », regrette-t-il.

La reprise est supposée survenir en septembre, mais rien n’est certain pour ces sports où le contact est omniprésent. « On veut faire une campagne télévisuelle à la rentrée, mais s’il n’y a pas de rentrée ? On n’a aucune visibilité ! », s’agace Jean-Luc Rougé.

A la lutte, une tournée sur sable (beach wrestling) était prévue du 23 juillet jusqu’à fin août dans différentes villes (Saint-Nazaire, La Teste, Boulogne…). « J’espère que je pourrais la faire, mais aujourd’hui, je n’en sais rien : et que va-t-on nous dire le 11 juillet ? », s’interroge Alain Bertholom, alors que de nouvelles décisions concernant le déconfinement devraient être prises à cette date-là.

Autre enjeu, la survie du judo, par rapport à d’autres sports plus populaires et médiatiques comme le football. « Aujourd’hui je ne voudrais pas qu’un môme me dise “Je veux faire un sport collectif mais pas un sport de combat !” On craint pour la visibilité des nos sports », affirme Alain Bertholom.

La survie des clubs menacés

Sans réponses, les fédérations envisagent déjà le pire au niveau des conséquences économiques et sociales. « Si l’activité ne reprend pas à la rentrée, ça pourrait être catastrophique en termes d’emplois », affirme Alain Bertholom. Même tonalité du côté du judo : « Si les clubs ne rouvrent pas, ce sont plus de 1 000 personnes qui seront au chômage », alerte Jean-Luc Rougé.

Julien Méllado, président du club de judo de Marsillargues, dans l’Hérault, confirme ces craintes. « Ce qui nous inquiète le plus, c’est la perte de licenciés : si on perd des licenciés, on ne pourra plus payer nos enseignants ! » s’alarme-t-il. Son club ne compte qu’une centaine de licenciés et n’envisageait pas reprendre en juin, mais sa survie financière est engagée. « C’est la double peine pour nous en cette année électorale, si on n’a plus les subventions de la mairie, on devra fermer, au moins temporairement », confie celui qui touchait 2 000 euros annuels de la part de sa municipalité.

L’annulation soudaine des stages prévus cet été renforce cette précarité financière. « Les clubs ont engagé des frais pour cet été, ça leur tombe dessus au dernier moment, ils sont tous dans le désarroi », rapporte Jean-Luc Rougé.

Les plus petits clubs, ceux qui comptent le moins de licenciés, et donc génèrent moins de recettes, seront les plus affectés. « Certains auront du mal à survivre », confirme Dominique Nato en parlant de la boxe. Pour tenter de les sauver, la Fédération prévoit un plan de relance pour les clubs et les ligues régionales à la rentrée de septembre, ainsi que le prolongement de deux mois des licences 2019-2020. « Ce qui est important, c’est qu’on puisse reprendre en septembre », espère Dominique Nato. Mais il ne digère pas pour autant la décision du ministère. « Les sports de combat, c’est comme les discothèques : on est lésés », résume-t-il.

Lire aussi Pour les sports de combat, « l’objectif est de pouvoir reprendre en septembre »

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