Confidentiel : la France a livré trois hélicoptères au Togo


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Le député français Jean-Luc Mélenchon soulève de nouveau la polémique liée à la livraison trouble d’hélicoptères français au Togo. Dans une question écrite adressée au ministère des armées, le président du groupe la France Insoumise à l’Assemblée nationale demande « pourquoi la France a décidé de livrer ces hélicoptères d’attaque au Togo ?« 

L’information a pris racine chez nos confrères d’Africa Intelligence ce 17 avril 2020. Cette affaire avait soulevé une polémique il y a deux ans et en avril 2020. D’après des journaux locaux du Togo, le pouvoir en place voudrait faire usage d’aéronefs pour intimider les membres de l’opposition lors des manifestations. 

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Le député Jean-Luc Mélenchon revient sur la livraison de ces appareils de combat commandés en 2016 par le Togo. Il a exigé des explications auprès de la ministre des armées pour mettre la lumière sur les raisons de la livraison de ces hélicoptères. Ci-dessous l’intégralité de la requête publiée au journal ce mardi 8 décembre 2020.

« M. Jean-Luc Mélenchon interroge Mme la ministre des armées sur la livraison d’hélicoptères d’attaque au Togo.

En avril 2020, la presse révélait que trois hélicoptères Gazelle SA 341 avaient été livrés à la garde présidentielle togolaise. Deux ont été livrés en 2019, et le dernier en 2020. En 2017 pourtant, le ministre des affaires étrangères et du développement international Jean-Marc Ayrault s’était montré très réticent quant à la vente de ces Gazelle au Togo. En effet, le même type d’hélicoptères d’attaque avait été utilisé au Cameroun en 2008 par le régime de Paul <span id= »38″ class= »s-rg-t »>Biya, pour écraser dans le sang les « émeutes de la faim » (au moins 139 morts).

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Le Togo est la plus vieille dictature d’Afrique de l’Ouest. Faure Gnassingbé a succédé à son père Gnassingbe Eyadéma en 2005, au prix d’un changement constitutionnel et d’une impitoyable répression qui a fait au moins 800 morts selon les organisations de défense des droits humains. En 2017, une tentative de révolution citoyenne a été durement matée. Les dernières élections présidentielles de février 2020 ont fait l’objet de fraudes manifestes. L’opposant arrivé « officiellement » en seconde position lors du scrutin, Agbéyomé Kodjo, a été un temps emprisonné, et n’a de cesse depuis de contester les résultats, avec de solides arguments.

La semaine dernière, ce sont deux autres militants proches de M. Kodjo qui ont été arrêtés, dont Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson, une des principales figures de l’opposition togolaise. Dans ce contexte, la vente d’hélicoptères est un soutien à peine marqué. La responsabilité de la France sera patente si, demain, le régime de Faure Gnassingbe décide d’utiliser ces engins pour réprimer des manifestants.

Alors qu’un contrôle parlementaire sur les ventes d’armes se fait chaque jour plus indispensable, il lui demande pourquoi la France a décidé de livrer ces hélicoptères d’attaque au Togo.» 

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Jean-Luc Mélenchon fait partie des intellectuels qui se sont insurgés contre le régime en place au Togo à la veille de la dernière présidentielle. Pour lui, les Togolais sont sous le joug d’une « vieille dictature, qui a fait son temps et qui pourtant ne veut pas mourir. Elle a survécu à tout, à la chute du mur de Berlin, au décès de Jacques Foccart, le père de la Françafrique, aux vents de la révolution qui soufflent sur le monde depuis le printemps arabe.« 

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