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Assassinat du président haïtien : cette vidéo d’une minute montrant l’assaut

Assassinat Du Président Haïtien : Cette Vidéo D'Une Minute Montrant L'Assaut

Le Président d’Haïti, Jovenel Moïse, a été assassiné dans la nuit du 6 au 7 juillet dans sa résidence privée du 5e arrondissement de Pèlerin. Dans une vidéo amateure diffusée dans la matinée du 7 juillet, on peut voir plusieurs hommes armés près de son domicile. Selon un témoin qui habitait à environ 300 mètres du site, la fusillade a commencé peu après minuit et s’est poursuivie jusqu’à 2 heures du matin.

Le contenu des 27 secondes de cette vidéo 

Cette vidéo montre cinq membres du personnel armés éclairant une route avec des lampes de poche puis marchant lentement vers la porte d’une maison. L’un d’eux portait une arme très similaire au fusil d’assaut AK 47.

On peut reconnaître les voix de deux hommes, ils semblent être près de la caméra. Ils ont dit en français : « C’est parti. Les secondes avant la fin de cette vidéo confirment qu’elle a bien été filmée près de la résidence du feu président Jovenel Moïse. En effet, un graffiti est dessiné sur un mur, sans qu’on en cerne immédiatement le sens et on lit bien les mots “team” et “jove…”.

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La trace de ce graffiti et de celui à sa gauche, moins lisible, est également retrouvée dans des vidéos qui documentent des manifestations qui ont été organisées par le passé devant le domicile du président Jovenel Moïse. Celle-ci est située à quelques dizaines de mètres d’un poste de police, dans le bas du 5e arrondissement à Pétionville. 

Même s’il n’y a aucune preuve que les hommes sur la vidéo soient les assaillants ou les policiers déployés pour les arrêter, aucune attaque armée n’a été répertoriée ces dernières années à proximité du domicile du président, élu en 2017.

Pour finir, une voiture blanche, semblable à celle visible au centre de la vidéo, encerclée par les hommes armés, a été filmée le lendemain sur le site de la fusillade et était criblé de balles. Il est donc probable que ces images soient bien l’illustration de l’assassinat du président dans la nuit 6 au 7 juillet 2021.

Ce que nous savons sur cette affaire

Notre Observateur Niepce Zéphirin, habitant dans le même arrondissement que le feu président Jovenel Moïse a pu entendre ce qu’il s’est passé. Il rapporte : “on a entendu beaucoup de détonations dès minuit ou minuit trente. Tout le monde à la maison était choqué. Je dirais que ça a duré environ deux heures. Depuis, nous sommes cloîtrés à la maison, nous ne savons pas du tout comment la situation va évoluer. J’ai juste vu passer des blindés de la police dans la rue.” Il ajoute en disant qu’en Haïti la situation politico-sociale depuis plusieurs mois est très tendue et la sortie sud de la capitale Port-au-Prince est bloquée par des gangs depuis environ un mois. Ces gangs, dit il, gagnent du terrain et font régner le chaos : “l’État s’est affaibli et je redoute que cet assassinat ne vienne encore aggraver la situation.”

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Par ailleurs, d’autres vidéos ont largement circulé ce mercredi. Dans l’une, on y entend la voix d’un homme qui fait des annonces au mégaphone, avec un accent américain. En anglais, mais aussi en espagnol. Il affirme qu’une “opération de la DEA” est en cours, faisant référence à l’agence fédérale américaine chargée de la lutte contre le trafic de drogue, et demande à “tout le monde de rester à couvert”. Ces vidéos sont trop sombres pour être géolocalisées. Et on entend même dans l’une d’elle un coup de feu. 

Les propos entendus dans cette vidéo faisant référence à la DEA ont également été rapportés par des témoins interrogés par le Guardian ou le Miami Herald et par notre Observateur : “On a aussi entendu des hommes parler au mégaphone, ils se sont identifiés comme des agents de la DEA. Personnellement, je les ai entendus parler en anglais et en créole.” Même le Premier ministre sortant, Claude Joseph, l’a confirmé.

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Selon une source gouvernementale anonyme, citée par le Miami Herald, les hommes ayant conduit cette opération seraient en fait des “mercenaires”.

Une force de maintien de la paix de l’ONU a été mise en place en 2004 pour aider à stabiliser le pays, et ne s’est retirée qu’en 2017, mais les troubles n’ont montré aucun signe de fin. La mort du président Jovenel Moïse en est la preuve, car ce dernier était très critiqué pour sa gestion de la crise sécuritaire.

 

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