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Obama n’a pas juste démoli Trump. Il a aussi prononcé un fantastique discours
21/08/2020 à 10h56 par La redaction

On l’attendait au tournant, en vedette de cette troisième soirée de la convention démocrate. Barack Obama a stupéfié, avec un discours au canon contre Trump, et une mise en garde historique sur les enjeux de cette présidentielle.

 

Faites-nous plaisir : arrêtez de lire cet article, toutes affaires cessantes (vous avez le droit d’y revenir ensuite). Si vous ne l’avez pas encore fait, courez lire le discours de Barack Obama, mercredi soir, à la convention démocrate. Ou mieux, regardez la vidéo. Toute la vidéo. Vous n’êtes pas Américain ? Peu importe, chaque mot vous parlera. Président de la République ? Ce sera votre minute d’humilité.

On a suivi Obama, toutes ces années. On était à la convention de Boston, en 2004, quand il avait surgi au grand jour. Et dans la chaleur d’un stade géant de Denver bourré à craquer, un soir de 2008, quand il accepta la nomination démocrate. On avait été bluffé. Mais ce mercredi soir, son speech venu du fond des tripes a littéralement stupéfait l’Amérique. On attendait un ex-président, on a vécu un moment d’histoire.

« Il ne peut pas rempiler ? »

Mais le véritable moment historique a eu lieu quelques minutes plus tard, quand Kamala Harris a accepté la nomination de candidate à la vice-présidente. Première femme noire dans ce cas et peut-être, demain, première femme noire présidente, tant il est vrai que la vice-présidence constitue un marchepied idéal pour la Maison-Blanche.

Son heure a sonné, et c’est d’elle et de Joe Biden que l’on parlera jusqu’à l’élection. Plus tellement d’Obama. Mais hier, combien de milliers d’Américains ont murmuré, en écoutant ce qui ressemblait plus à un cri du cœur qu’à un discours : « Can we have him again ? » « Vous êtes sûr qu’il ne peut pas rempiler ? »

On peut bien sûr s’arrêter à ce qui a sauté aux yeux de tous : la démolition calme, méthodique, létale de Donald Trump. Genre Muhammad Ali un jour de grande forme. Cela a commencé sotto voce « Je n’ai jamais imaginé que mon successeur embrasserait ma vision. » Et puis les coups se sont mis à pleuvoir.

« J’espérais, pour le bien de notre pays, que Donald Trump pourrait montrer un certain intérêt à prendre le travail au sérieux, qu’il puisse en venir à sentir le poids de la charge et découvrir une certaine vénération pour la démocratie qui avait été placée sous sa garde. Mais cela ne s’est jamais produit. »Trump, a-t-il accusé, a traité la présidence comme « un show de télé-réalité de plus, dont il s’est servi pour capter l’attention qu’il recherche tant ». En somme, un homme qui « ne s’est pas intéressé à trouver ce qui rassemble » et qui « n’a pas mûri dans ce job, parce qu’il en est incapable ».

Plus qu’une revanche

Cela aurait pu n’être qu’une revanche, un K.-O. en guise de solde de tout compte pour quatre années de démontage obsessionnel et vindicatif, par Trump, de tout ce qu’avait accompli son prédécesseur. Mais Obama est allé bien au-delà – ou plutôt, il a visé plus haut. L’ex-président a détaillé les frustrations, déceptions, révoltes des générations passées d’Américains face à un système qui les a si souvent laissés sur le bas-côté ou pire, opprimés. « Si quelqu’un avait bien le droit de juger que cette démocratie ne marchait pas, c’était ces Américains. Nos ancêtres », a-t-il rappelé. Il y avait au passage plus qu’une once d’autocritique, dans son aveu de faiblesse des présidents face aux intérêts particuliers, aux lobbies.

« Je comprends que de nombreux Américains ne croient plus au gouvernement », a-t-il dit, mais pour saluer aussitôt ces générations qui ont choisi l’activisme plutôt que le cynisme et qui, « d’une façon ou d’une autre, se sont dit qu’elles allaient faire fonctionner » leur système de gouvernement. Message aux jeunes qui ont manifesté ces derniers mois : « Votre système d’auto-gouvernement peut être l’instrument qui vous aidera à transformer vos convictions en réalité ».

A condition de voter. C’est la démocratie qui sera en jeu, ni plus ni moins, le 3 novembre prochain. « Ce président et ceux qui sont au pouvoir […] comptent sur votre cynisme », et « cette administration a montré qu’elle détruira notre démocratie si elle doit en passer par là pour gagner », a-t-il averti.

« Ne les laissez pas se saisir de votre pouvoir. Ne les laissez pas confisquer votre démocratie. »Obama parlait sans public depuis le musée de la Révolution américaine, à Philadelphie, il a terminé son discours par un sombre et sobre « Stay Safe. God Bless ». « Prenez soin de vous. Dieu vous bénisse ». Il n’y avait rien à ajouter.

LES GRANDES DATES DE LA PRÉSIDENTIELLE AMÉRICAINE

La campagne électorale américaine a été bouleversée par la pandémie de Covid-19. Voici les principales étapes de la présidentielle du 3 novembre qui verra s’affronter le républicain Donald Trump, candidat à sa réélection, et le démocrate et ancien vice-président Joe Biden.

Du 17 au 20 août Convention d’investiture démocrate, qui doit désigner formellement Joe Biden comme candidat du parti. Habituellement coup d’envoi officiel de la campagne, réunissant des milliers de personnes, elle a dû être profondément remaniée en raison de l’épidémie. Organisée à Milwaukee, dans l’Etat-clé du Wisconsin, elle est essentiellement virtuelle.

Du 24 au 27 août Convention républicaine, qui sera elle aussi majoritairement virtuelle, même si quelques événements doivent encore se tenir à Charlotte, en Caroline du Nord.

29 septembre Premier débat télévisé entre Donald Trump et Joe Biden, à Cleveland (Ohio). Deux autres suivront : le 15 octobre à Miami (Floride) et le 22 octobre à Nashville (Tennessee).

3 novembre Jour de l’élection.

20 janvier 2021 Cérémonie d’investiture.

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On a suivi Obama, toutes ces années. On était à la convention de Boston, en 2004, quand il avait surgi au grand jour. Et dans la chaleur d’un stade géant de Denver bourré à craquer, un soir de 2008, quand il accepta la nomination démocrate. On avait été bluffé. Mais ce mercredi soir, son speech venu du fond des tripes a littéralement stupéfait l’Amérique. On attendait un ex-président, on a vécu un moment d’histoire.

« Il ne peut pas rempiler ? »

Mais le véritable moment historique a eu lieu quelques minutes plus tard, quand Kamala Harris a accepté la nomination de candidate à la vice-présidente. Première femme noire dans ce cas et peut-être, demain, première femme noire présidente, tant il est vrai que la vice-présidence constitue un marchepied idéal pour la Maison-Blanche.

Son heure a sonné, et c’est d’elle et de Joe Biden que l’on parlera jusqu’à l’élection. Plus tellement d’Obama. Mais hier, combien de milliers d’Américains ont murmuré, en écoutant ce qui ressemblait plus à un cri du cœur qu’à un discours : « Can we have him again ? » « Vous êtes sûr qu’il ne peut pas rempiler ? »

On peut bien sûr s’arrêter à ce qui a sauté aux yeux de tous : la démolition calme, méthodique, létale de Donald Trump. Genre Muhammad Ali un jour de grande forme. Cela a commencé sotto voce « Je n’ai jamais imaginé que mon successeur embrasserait ma vision. » Et puis les coups se sont mis à pleuvoir.

« J’espérais, pour le bien de notre pays, que Donald Trump pourrait montrer un certain intérêt à prendre le travail au sérieux, qu’il puisse en venir à sentir le poids de la charge et découvrir une certaine vénération pour la démocratie qui avait été placée sous sa garde. Mais cela ne s’est jamais produit. »Trump, a-t-il accusé, a traité la présidence comme « un show de télé-réalité de plus, dont il s’est servi pour capter l’attention qu’il recherche tant ». En somme, un homme qui « ne s’est pas intéressé à trouver ce qui rassemble » et qui « n’a pas mûri dans ce job, parce qu’il en est incapable ».

Plus qu’une revanche

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« Je comprends que de nombreux Américains ne croient plus au gouvernement », a-t-il dit, mais pour saluer aussitôt ces générations qui ont choisi l’activisme plutôt que le cynisme et qui, « d’une façon ou d’une autre, se sont dit qu’elles allaient faire fonctionner » leur système de gouvernement. Message aux jeunes qui ont manifesté ces derniers mois : « Votre système d’auto-gouvernement peut être l’instrument qui vous aidera à transformer vos convictions en réalité ».

A condition de voter. C’est la démocratie qui sera en jeu, ni plus ni moins, le 3 novembre prochain. « Ce président et ceux qui sont au pouvoir […] comptent sur votre cynisme », et « cette administration a montré qu’elle détruira notre démocratie si elle doit en passer par là pour gagner », a-t-il averti.

« Ne les laissez pas se saisir de votre pouvoir. Ne les laissez pas confisquer votre démocratie. »Obama parlait sans public depuis le musée de la Révolution américaine, à Philadelphie, il a terminé son discours par un sombre et sobre « Stay Safe. God Bless ». « Prenez soin de vous. Dieu vous bénisse ». Il n’y avait rien à ajouter.

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Du 17 au 20 août Convention d’investiture démocrate, qui doit désigner formellement Joe Biden comme candidat du parti. Habituellement coup d’envoi officiel de la campagne, réunissant des milliers de personnes, elle a dû être profondément remaniée en raison de l’épidémie. Organisée à Milwaukee, dans l’Etat-clé du Wisconsin, elle est essentiellement virtuelle.

Du 24 au 27 août Convention républicaine, qui sera elle aussi majoritairement virtuelle, même si quelques événements doivent encore se tenir à Charlotte, en Caroline du Nord.

29 septembre Premier débat télévisé entre Donald Trump et Joe Biden, à Cleveland (Ohio). Deux autres suivront : le 15 octobre à Miami (Floride) et le 22 octobre à Nashville (Tennessee).

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