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Maroc : Un lycéen jugé pour un post Facebook
22/01/2020 à 18h17 par Le Boy

Au Maroc, un jeune lycéen répondant au nom de Ayoub Mahfoud (18 ans) a été  jugé pour un post Facebook. Il avait publié sur Facebook les paroles d’une chanson rap  accompagnées d’une photo.

Le 17 décembre 2019 Ayoub Mahfoud avait été condamné à trois ans de prison en première instance pour « outrage à la personne du roi » et « injures à des hauts fonctionnaires ».  La condamnation du  gamin avait ému les réseaux sociaux et il est vite devenu l’une des figures du combat pour la liberté d’expression.

A la demande de la défense, la première audience en appel  du jeune lycéen a été reportée au 30 mars. « Nous aurons du temps pour nous préparer », souffle Hasna Alaoui,  une de ses avocats. Selon elle, ce délai supplémentaire va dans le sens de la liberté provisoire « surprise » obtenue quatre jours avant l’audience en appel. « Ce n’est pas habituel. Mais c’est un signe fort pour un jugement plus clément », espère l’avocate.

Les avocats doivent maintenant préparer leur défense pour obtenir la liberté définitive du jeune homme. « Ce n’est plus un dossier quelconque, c’est devenu une question de liberté », lance Hasna Alaoui. « Les quatre mots publiés sur Facebook ne désignent personne, aucune insulte n’est clairement formulée à l’encontre du roi et les rappeurs qui ont écrit la chanson n’ont pas été arrêtés pour leurs paroles », détaille l’avocate, pour qui le jugement en première instance était inattendu.

Après un mois et demi en cellule collective, le jeune homme originaire d’un quartier populaire de Meknès a donc pu rentrer chez lui le 16 janvier. « Cela fait du bien de retrouver l’ambiance de la maison. Je ne suis pas stressé, car je sens que je ne suis plus seul », confie timidement le lycéen qui prépare son baccalauréat. Fils d’un militaire à la retraite, il a continué à étudier en prison grâce aux livres et cahiers apportés par ses parents. Sa mère Fatima, affirme dans un grand sourire de soulagement : « Le plus important, c’est qu’il reprenne l’école ».

Ayoub Mahfoud a été exclu de son établissement faute d’avoir assisté aux cours pendant son séjour carcéral. « On va faire pression pour qu’il retourne au lycée dès la fin des vacances », explique Hasna Alaoui. Elle compte pour cela sur le soutien de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), une institution publique.

En face de la cour d’appel, une cinquantaine de militants de l’AMDH scandent : « Ayoub n’est pas le seul, libérez-les tous ! » Mégaphones, banderoles et photos du lycéen à la main, ils ont organisé un sit-in de soutien après l’audience. « Une vague de répression veut éteindre toute voix dissonante à travers le pays », commente Boughrib, membre de l’association.

A la sortie du tribunal, Fettouma Taoufik, avocate d’Ayoub Mahfoud et présidente de la section Meknès de l’AMDH acquiesce : « La liberté d’opinion et d’expression a été punie alors qu’elles sont garanties par la Constitution et par les conventions internationales. En trente ans, c’est la première fois que je traite le dossier d’un lycéen. Nous observons un recul des droits humains au niveau national ».

L’affaire Ayoub Mahfoud intervient dans un contexte marqué par une douzaine de condamnations pour des publications sur YouTube, Facebook ou Twitter, selon un groupe de défenseurs des droits humains. Un comité de soutien au journaliste Omar Radi et à tous les prisonniers d’opinion avait été créé après l’arrestation, le 26 décembre 2019, du journaliste de 33 ans pour « outrage à magistrat » suite à un message sur Twitter en avril.

Depuis sa liberté provisoire, Omar Radi milite activement à la « libération de tous les détenus politiques ». Sur les réseaux sociaux, la campagne #freekoulchi (« libérez-les tous ! ») a pris de l’ampleur. Le journaliste remarque que ce sont « souvent les mêmes charges qui sont retenues » comme « offense au roi », « incitation à la haine », « outrage à fonctionnaire public » ou « au drapeau national ». « Depuis 2011-2013, une partie du Code pénal n’était plus du tout utilisée, mais elle a été actionnée de nouveau. L’Etat policier réagit à une colère sociale qui augmente », estime Omar Radi.

Dans une interview accordée au magazine marocain Telquel, le ministre de la justice, Mohamed Benabdelkader, affirme qu’« il ne s’agit pas d’un recours excessif à la loi, mais tout simplement d’une application stricte de la loi et des textes juridiques en vigueur ». Il ajoute que, « même si l’approche répressive n’est pas la seule manière d’agir, elle reste le meilleur outil pour contrecarrer ces nouvelles infractions cybernétiques ».

Avec Lemonde

Lire aussi : Un lycéen découvre une exoplanète après seulement 3 jours de stage à la NASA

Lire aussi : France : un lycéen placé en garde à vue après avoir frappé son prof

 

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Au Maroc, un jeune lycéen répondant au nom de Ayoub Mahfoud (18 ans) a été  jugé pour un post Facebook. Il avait publié sur Facebook les paroles d’une chanson rap  accompagnées d’une photo.

Le 17 décembre 2019 Ayoub Mahfoud avait été condamné à trois ans de prison en première instance pour « outrage à la personne du roi » et « injures à des hauts fonctionnaires ».  La condamnation du  gamin avait ému les réseaux sociaux et il est vite devenu l’une des figures du combat pour la liberté d’expression.

A la demande de la défense, la première audience en appel  du jeune lycéen a été reportée au 30 mars. « Nous aurons du temps pour nous préparer », souffle Hasna Alaoui,  une de ses avocats. Selon elle, ce délai supplémentaire va dans le sens de la liberté provisoire « surprise » obtenue quatre jours avant l’audience en appel. « Ce n’est pas habituel. Mais c’est un signe fort pour un jugement plus clément », espère l’avocate.

Les avocats doivent maintenant préparer leur défense pour obtenir la liberté définitive du jeune homme. « Ce n’est plus un dossier quelconque, c’est devenu une question de liberté », lance Hasna Alaoui. « Les quatre mots publiés sur Facebook ne désignent personne, aucune insulte n’est clairement formulée à l’encontre du roi et les rappeurs qui ont écrit la chanson n’ont pas été arrêtés pour leurs paroles », détaille l’avocate, pour qui le jugement en première instance était inattendu.

Après un mois et demi en cellule collective, le jeune homme originaire d’un quartier populaire de Meknès a donc pu rentrer chez lui le 16 janvier. « Cela fait du bien de retrouver l’ambiance de la maison. Je ne suis pas stressé, car je sens que je ne suis plus seul », confie timidement le lycéen qui prépare son baccalauréat. Fils d’un militaire à la retraite, il a continué à étudier en prison grâce aux livres et cahiers apportés par ses parents. Sa mère Fatima, affirme dans un grand sourire de soulagement : « Le plus important, c’est qu’il reprenne l’école ».

Ayoub Mahfoud a été exclu de son établissement faute d’avoir assisté aux cours pendant son séjour carcéral. « On va faire pression pour qu’il retourne au lycée dès la fin des vacances », explique Hasna Alaoui. Elle compte pour cela sur le soutien de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), une institution publique.

En face de la cour d’appel, une cinquantaine de militants de l’AMDH scandent : « Ayoub n’est pas le seul, libérez-les tous ! » Mégaphones, banderoles et photos du lycéen à la main, ils ont organisé un sit-in de soutien après l’audience. « Une vague de répression veut éteindre toute voix dissonante à travers le pays », commente Boughrib, membre de l’association.

A la sortie du tribunal, Fettouma Taoufik, avocate d’Ayoub Mahfoud et présidente de la section Meknès de l’AMDH acquiesce : « La liberté d’opinion et d’expression a été punie alors qu’elles sont garanties par la Constitution et par les conventions internationales. En trente ans, c’est la première fois que je traite le dossier d’un lycéen. Nous observons un recul des droits humains au niveau national ».

L’affaire Ayoub Mahfoud intervient dans un contexte marqué par une douzaine de condamnations pour des publications sur YouTube, Facebook ou Twitter, selon un groupe de défenseurs des droits humains. Un comité de soutien au journaliste Omar Radi et à tous les prisonniers d’opinion avait été créé après l’arrestation, le 26 décembre 2019, du journaliste de 33 ans pour « outrage à magistrat » suite à un message sur Twitter en avril.

Depuis sa liberté provisoire, Omar Radi milite activement à la « libération de tous les détenus politiques ». Sur les réseaux sociaux, la campagne #freekoulchi (« libérez-les tous ! ») a pris de l’ampleur. Le journaliste remarque que ce sont « souvent les mêmes charges qui sont retenues » comme « offense au roi », « incitation à la haine », « outrage à fonctionnaire public » ou « au drapeau national ». « Depuis 2011-2013, une partie du Code pénal n’était plus du tout utilisée, mais elle a été actionnée de nouveau. L’Etat policier réagit à une colère sociale qui augmente », estime Omar Radi.

Dans une interview accordée au magazine marocain Telquel, le ministre de la justice, Mohamed Benabdelkader, affirme qu’« il ne s’agit pas d’un recours excessif à la loi, mais tout simplement d’une application stricte de la loi et des textes juridiques en vigueur ». Il ajoute que, « même si l’approche répressive n’est pas la seule manière d’agir, elle reste le meilleur outil pour contrecarrer ces nouvelles infractions cybernétiques ».

Avec Lemonde

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