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Avis d’inexpert – Le faux-devin ne peut être une source pour un journaliste (Par Jean Meïssa DIOP)
18/02/2017 à 11h18 par La redaction

Passées les compétitions de la Coupe d’Afrique 2017 (remportée par le Cameroun qui a écarté le Sénégal à l’étape des quarts de finale), le moment nous semble venu de rappeler à certains devins leur propre débâcle ayant consisté à annoncer le triomphe final du Sénégal. Et par-delà ces faux-gourous, les organes de presse qui leur ont ouvert l’espace pour pérorer sur ce qui se révèlera faussetés. Qui de ces ‘’voyantes’’ et ‘’voyants’’ incapables de voir au-delà de l’instant présent où ils et elles faisaient leurs prédictions avait dit quoi ?

Ils et elles se comptent sur les doigts d’une main certes, mais puisqu’on ne prête qu’aux riches, on ne peut que citer au premier chef Selbé Ndom, surnommée la pythie nationale qui, pour donner de la vraisemblance à ses élucubrations, recommanda aux Lions de faire des ‘’sacrifices de deux bœufs et de chaussures’’. ‘’Aliou Cissé et ses hommes ne seront pas déçus’’, avait-elle prophétisé dans le journal dakarois L’As. Eh bien ! Malheureusement pour elle, Cissé et ses hommes sont revenus bredouilles de l’expédition sénégalaise au Gabon. Déjà en 2002, ce fut un certain El Hadj Ousmane Sarr qui crut pouvoir enrayer les mauvais présages d’un concurrent voyant jurant de la défaite du Sénégal face au Cameroun. ‘’Personne ne peut empêcher cette équipe de remporter la Can si… ‘’, martela le marabout Sarr qui avait accompagné, dit-il, l’équipe lors de la Coupe d’Afrique 2002 au Mali. Les Lions du Sénégal vaincraient moyennant des sacrifices. C’était en 2012. Toujours des sacrifices, mais toujours rien ; vanité que tout cela.

Le problème de ce côté-ci de notre propos est la propension complaisante et la crédulité avec lesquelles une certaine presse sénégalaise offre son espace à ces voyants qui ne voient rien du tout. ‘’Selbé Ndom a sa presse ! ‘’, s’est indignée une fois une dame navrée de voir cette spécialiste de la mantique passer toujours à côté de sa propre plaque. Elle et consorts s’épanchent dans les colonnes des journaux, dans les rubriques audiovisuelles des portails internet… Beaucoup de radios et les télés ont compris très tôt la prudence de ne pas se laisser berner par ce sensationnalisme qui débouche sur du faux.

Au bout des comptes, il se pose un problème d’éthique et de déontologie de voir un organe de presse se faire l’écrin de déclarations fondées sur du sable mouvant. Oui, parce qu’il y a problème à relayer ce dont on est sûr qu’il est inexact, une fausse information. Certainement qu’un jour, le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (Cored) consacrera un ‘’Cas d’école’’ à l’intérêt rédactionnel d’une certaine presse à ces diseurs d’avenir. Le public doit être épargné. Et le devoir du Cored en tant que structure d’autorégulation de la presse sénégalaise est de persuader les journalistes à plus de circonspection, de précaution face aux dérives de charlatans qui ont fait la preuve de leur incompétence. C’est à voir d’ailleurs si peut-être crédité d’une quelconque compétence un individu dont la vocation est de jargonner, de jouer aux Thomas Diafoirus (le médecin du Malade imaginaire de Molière). ‘’Ils n’en savent guère plus que nous, mais n’ayant pas vraiment confiance en eux, l’utilisation d’un code secret, une langue de bois les protège, du moins le croient-ils’’, écrit Françoise Gomarin dans son blog www.françoisegomarin.fr.

La presse mérite d’être sensibilisée voire dissuadée dans l’amplification de ces prédictions qui n’en sont pas du tout, mais qui créent chez le public un espoir qui sera déçu. Une fois peut passer, mais répéter les mêmes faussetés est inacceptable.

Nous disions plus haut que les radios et les télés se sont démarquées des élucubrations de charlatans, mais certaines radios dont la ligne éditoriale repose sur la voyance ne sont pas exemptes de reproches. Loin s’en faut. Quand un auditeur appelle pour connaître son futur et qu’au moment où le devin lui fait des révélations, la conversation est coupée faute de crédit téléphone. Et pourtant, le voyant pouvait continuer ses pronostics et son interlocutrice ou interlocuteur à l’écouter à la radio sans avoir besoin de liaison téléphonique. C’est là que se trouve la logique mercantile de ces ‘’radios-voyance‘’ : plus de prédictions si l’auditeur n’a plus de crédit à son téléphone.

Ensuite, il y a aspect éthique dans ces voyances à la radio : la mantique, c’est quand même un moment de communication strictement confidentielle entre un devin et celui ou celle qui le et la consulte. Pourquoi ces radios-voyance conçoivent-elles cette séance comme devant être à la portée d’auditeurs à qui les résultats ne sont pas destinés ? Question…

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Passées les compétitions de la Coupe d’Afrique 2017 (remportée par le Cameroun qui a écarté le Sénégal à l’étape des quarts de finale), le moment nous semble venu de rappeler à certains devins leur propre débâcle ayant consisté à annoncer le triomphe final du Sénégal. Et par-delà ces faux-gourous, les organes de presse qui leur ont ouvert l’espace pour pérorer sur ce qui se révèlera faussetés. Qui de ces ‘’voyantes’’ et ‘’voyants’’ incapables de voir au-delà de l’instant présent où ils et elles faisaient leurs prédictions avait dit quoi ?

Ils et elles se comptent sur les doigts d’une main certes, mais puisqu’on ne prête qu’aux riches, on ne peut que citer au premier chef Selbé Ndom, surnommée la pythie nationale qui, pour donner de la vraisemblance à ses élucubrations, recommanda aux Lions de faire des ‘’sacrifices de deux bœufs et de chaussures’’. ‘’Aliou Cissé et ses hommes ne seront pas déçus’’, avait-elle prophétisé dans le journal dakarois L’As. Eh bien ! Malheureusement pour elle, Cissé et ses hommes sont revenus bredouilles de l’expédition sénégalaise au Gabon. Déjà en 2002, ce fut un certain El Hadj Ousmane Sarr qui crut pouvoir enrayer les mauvais présages d’un concurrent voyant jurant de la défaite du Sénégal face au Cameroun. ‘’Personne ne peut empêcher cette équipe de remporter la Can si… ‘’, martela le marabout Sarr qui avait accompagné, dit-il, l’équipe lors de la Coupe d’Afrique 2002 au Mali. Les Lions du Sénégal vaincraient moyennant des sacrifices. C’était en 2012. Toujours des sacrifices, mais toujours rien ; vanité que tout cela.

Le problème de ce côté-ci de notre propos est la propension complaisante et la crédulité avec lesquelles une certaine presse sénégalaise offre son espace à ces voyants qui ne voient rien du tout. ‘’Selbé Ndom a sa presse ! ‘’, s’est indignée une fois une dame navrée de voir cette spécialiste de la mantique passer toujours à côté de sa propre plaque. Elle et consorts s’épanchent dans les colonnes des journaux, dans les rubriques audiovisuelles des portails internet… Beaucoup de radios et les télés ont compris très tôt la prudence de ne pas se laisser berner par ce sensationnalisme qui débouche sur du faux.

Au bout des comptes, il se pose un problème d’éthique et de déontologie de voir un organe de presse se faire l’écrin de déclarations fondées sur du sable mouvant. Oui, parce qu’il y a problème à relayer ce dont on est sûr qu’il est inexact, une fausse information. Certainement qu’un jour, le Conseil pour l’observation des règles d’éthique et de déontologie dans les médias (Cored) consacrera un ‘’Cas d’école’’ à l’intérêt rédactionnel d’une certaine presse à ces diseurs d’avenir. Le public doit être épargné. Et le devoir du Cored en tant que structure d’autorégulation de la presse sénégalaise est de persuader les journalistes à plus de circonspection, de précaution face aux dérives de charlatans qui ont fait la preuve de leur incompétence. C’est à voir d’ailleurs si peut-être crédité d’une quelconque compétence un individu dont la vocation est de jargonner, de jouer aux Thomas Diafoirus (le médecin du Malade imaginaire de Molière). ‘’Ils n’en savent guère plus que nous, mais n’ayant pas vraiment confiance en eux, l’utilisation d’un code secret, une langue de bois les protège, du moins le croient-ils’’, écrit Françoise Gomarin dans son blog www.françoisegomarin.fr.

La presse mérite d’être sensibilisée voire dissuadée dans l’amplification de ces prédictions qui n’en sont pas du tout, mais qui créent chez le public un espoir qui sera déçu. Une fois peut passer, mais répéter les mêmes faussetés est inacceptable.

Nous disions plus haut que les radios et les télés se sont démarquées des élucubrations de charlatans, mais certaines radios dont la ligne éditoriale repose sur la voyance ne sont pas exemptes de reproches. Loin s’en faut. Quand un auditeur appelle pour connaître son futur et qu’au moment où le devin lui fait des révélations, la conversation est coupée faute de crédit téléphone. Et pourtant, le voyant pouvait continuer ses pronostics et son interlocutrice ou interlocuteur à l’écouter à la radio sans avoir besoin de liaison téléphonique. C’est là que se trouve la logique mercantile de ces ‘’radios-voyance‘’ : plus de prédictions si l’auditeur n’a plus de crédit à son téléphone.

Ensuite, il y a aspect éthique dans ces voyances à la radio : la mantique, c’est quand même un moment de communication strictement confidentielle entre un devin et celui ou celle qui le et la consulte. Pourquoi ces radios-voyance conçoivent-elles cette séance comme devant être à la portée d’auditeurs à qui les résultats ne sont pas destinés ? Question…

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