L’ONU et des émissaires occidentaux exhortent la Tunisie à restaurer un organisme de surveillance judiciaire


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Le président tunisien Kais Saied fait face à une pression croissante de la part des juges, des Nations Unies et des puissances mondiales après avoir mis fin à une importante Institution de contrôle judiciaire, déclenchant de nouvelles accusations selon lesquelles il se dirige vers un régime autoritaire.

Saied a dissous le Conseil judiciaire suprême dimanche, des mois après avoir limogé le gouvernement et s’être emparé de pouvoirs étendus dans ce pays d’Afrique du Nord, souvent salué comme la seule démocratie à émerger des révoltes arabes de 2011.

Le chef du conseil, Youssef Bouzakher, a déclaré mardi à Reuters que ses membres défiaient la pression de Saied pour le fermer et discutaient par e-mail de leurs prochaines étapes pour s’opposer à cette décision.

Saied, un ancien professeur de droit, s’est longtemps insurgé contre le conseil, accusant les membres de bloquer les enquêtes sur les assassinats en 2013 des personnalités politiques de gauche Chokri Belaid et Mohamed Brahmi.

Il avait également accusé le parti islamiste Ennahdha, qui a joué un rôle central dans la politique tunisienne pendant la décennie entre la révolution et la prise de pouvoir de Saied, d’avoir infiltré le corps.

Le président, qui a placé la lutte contre la corruption au cœur de son programme, a insisté lundi sur le fait qu’il « n’interférerait jamais avec la justice » et que la suppression du conseil de la justice était nécessaire car les Tunisiens voulaient que le pays soit « nettoyé ».

Mais sa suppression du conseil, mis en place en 2016 pour protéger les juges de l’influence du gouvernement, a suscité un regain de colère des critiques qui disent qu’il installe une nouvelle dictature, 11 ans après la chute du dictateur Zine El Abidine Ben Ali.

Ces craintes ont été alimentées par le recours croissant aux tribunaux militaires pour juger des civils.

A Tunis, les émissaires du G7 et de l’Union européenne se sont dits « profondément préoccupés » par la démarche de Saied contre le conseil, « dont la mission est d’assurer le bon fonctionnement de la justice et le respect de son indépendance ».

« Un système judiciaire transparent, indépendant et efficace et la séparation des pouvoirs sont essentiels pour une démocratie qui fonctionne et qui sert son peuple », ont-ils déclaré.

La Tunisie est confrontée à une crise des finances publiques, les Tunisiens se plaignant déjà de la pénurie de certains biens et le gouverneur de la banque centrale avertissant d’un effondrement économique comme celui du Venezuela ou du Liban.

Alors que la Tunisie a entamé des pourparlers avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un plan de sauvetage jugé nécessaire pour débloquer d’autres aides financières, les donateurs ont exhorté Saied à adopter une approche inclusive des réformes.

Amnesty International a déclaré que « l’attaque » de Saied contre le corps était « une grave menace pour le droit à un procès équitable ».

« Si le président promulgue un décret pour dissoudre ou suspendre l’institution, cela sonnera le glas de l’indépendance judiciaire dans le pays », selon la directrice régionale du groupe de défense des droits, Heba Morayef.

Cela s’est produit quelques heures après que Washington – qui a souvent accordé à Saied le bénéfice du doute à la suite de démarches similaires – a également exprimé son inquiétude, qualifiant un système judiciaire indépendant « d’élément central d’une démocratie efficace et transparente ».

La décision de Saied a également suscité des critiques de la part de l’ONU à Genève, où la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, l’a qualifiée de « grand pas dans la mauvaise direction ».

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