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UN EX-HAUT RESPONSABLE RWANDAIS VISÉ PAR UNE ENQUÊTE EN FRANCE POUR « CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ »
25/07/2020 à 19h10 par La redaction

Une enquête préliminaire a été ouverte pour « crimes contre l’humanité » contre Aloys Ntiwiragabo, chef des renseignements militaires pendant le génocide au Rwanda en 1994, qui vivrait en France, a annoncé samedi 25 juillet à l’Agence France-Presse (AFP) le Parquet national antiterroriste (PNAT). L’enquête a été ouverte vendredi après la publication d’un article de Mediapart affirmant avoir retrouvé cet homme, âgé de 72 ans, près d’Orléans.

Selon une source judiciaire, M. Ntiwiragabo ne faisait l’objet d’aucune plainte en France et n’était ni recherché par Interpol, ni par la justice française, ni par la justice rwandaise. Il a fait l’objet par le passé de mandats d’arrêt de la part du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) qui ont été levés depuis plusieurs années, a-t-on ajouté.

Le pôle « crimes contre l’humanité » du tribunal de Paris avait cherché à l’entendre comme témoin en 2012 dans une enquête et avait sollicité les autorités rwandaises. Ces dernières, selon la source judiciaire, avaient répondu que M. Ntiwiragabo était réfugié dans un pays africain.

Huit cent mille morts en trois mois

Dans des actes d’accusation datant de 1998, visant des personnes suspectées de figurer parmi les responsables du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, des procureurs du TPIR ont mentionné ce responsable. Selon l’Organisation des Nations unies (ONU), le génocide a fait au moins 800 000 morts en trois mois au Rwanda.

M. Ntiwiragabo est évoqué comme faisant partie d’un groupe de onze responsables qui, « dès la fin de 1990 jusqu’à juillet 1994 (…), se sont entendus entre eux et avec d’autres pour élaborer un plan dans l’intention d’exterminer la population civile tutsi et d’éliminer des membres de l’opposition et se maintenir ainsi au pouvoir ».

Dans un autre acte de 2002 visant quatre de ces onze personnes, M. Ntiwiragabo est décrit comme ayant « mis à jour » des « listes de personnes identifiées comme étant l’ennemi » – les Tutsi – et « ses complices » – des membres de l’opposition – afin de les « exécuter ».

Présence en France

Le 16 mai, l’arrestation après une cavale de vingt-cinq ans du « financier » du génocide rwandais, Félicien Kabuga, près de Paris, avait jeté une lumière crue sur la présence ancienne et la traque tardive de présumés génocidaires en France, qui resta jusqu’au bout l’alliée du dernier régime hutu du Rwanda.

La cour d’appel de Paris a émis début juin un avis favorable à sa remise à la justice internationale, mais M. Kabuga s’est pourvu en cassation. L’audience est prévue le 2 septembre.

La même cour d’appel de Paris a par ailleurs confirmé début juillet le non-lieu dans l’enquête sur l’attentat déclencheur du génocide de 1994, une affaire qui empoisonne les relations diplomatiques franco-rwandaises depuis plus de vingt ans. Les avocats des familles des victimes ont annoncé un pourvoi en cassation.

 

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Une enquête préliminaire a été ouverte pour « crimes contre l’humanité » contre Aloys Ntiwiragabo, chef des renseignements militaires pendant le génocide au Rwanda en 1994, qui vivrait en France, a annoncé samedi 25 juillet à l’Agence France-Presse (AFP) le Parquet national antiterroriste (PNAT). L’enquête a été ouverte vendredi après la publication d’un article de Mediapart affirmant avoir retrouvé cet homme, âgé de 72 ans, près d’Orléans.

Selon une source judiciaire, M. Ntiwiragabo ne faisait l’objet d’aucune plainte en France et n’était ni recherché par Interpol, ni par la justice française, ni par la justice rwandaise. Il a fait l’objet par le passé de mandats d’arrêt de la part du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) qui ont été levés depuis plusieurs années, a-t-on ajouté.

Le pôle « crimes contre l’humanité » du tribunal de Paris avait cherché à l’entendre comme témoin en 2012 dans une enquête et avait sollicité les autorités rwandaises. Ces dernières, selon la source judiciaire, avaient répondu que M. Ntiwiragabo était réfugié dans un pays africain.

Huit cent mille morts en trois mois

Dans des actes d’accusation datant de 1998, visant des personnes suspectées de figurer parmi les responsables du génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, des procureurs du TPIR ont mentionné ce responsable. Selon l’Organisation des Nations unies (ONU), le génocide a fait au moins 800 000 morts en trois mois au Rwanda.

M. Ntiwiragabo est évoqué comme faisant partie d’un groupe de onze responsables qui, « dès la fin de 1990 jusqu’à juillet 1994 (…), se sont entendus entre eux et avec d’autres pour élaborer un plan dans l’intention d’exterminer la population civile tutsi et d’éliminer des membres de l’opposition et se maintenir ainsi au pouvoir ».

Dans un autre acte de 2002 visant quatre de ces onze personnes, M. Ntiwiragabo est décrit comme ayant « mis à jour » des « listes de personnes identifiées comme étant l’ennemi » – les Tutsi – et « ses complices » – des membres de l’opposition – afin de les « exécuter ».

Présence en France

Le 16 mai, l’arrestation après une cavale de vingt-cinq ans du « financier » du génocide rwandais, Félicien Kabuga, près de Paris, avait jeté une lumière crue sur la présence ancienne et la traque tardive de présumés génocidaires en France, qui resta jusqu’au bout l’alliée du dernier régime hutu du Rwanda.

La cour d’appel de Paris a émis début juin un avis favorable à sa remise à la justice internationale, mais M. Kabuga s’est pourvu en cassation. L’audience est prévue le 2 septembre.

La même cour d’appel de Paris a par ailleurs confirmé début juillet le non-lieu dans l’enquête sur l’attentat déclencheur du génocide de 1994, une affaire qui empoisonne les relations diplomatiques franco-rwandaises depuis plus de vingt ans. Les avocats des familles des victimes ont annoncé un pourvoi en cassation.

 

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