A quoi sert le bitcoin ? Spéculer, trafiquer, acheter…


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Vous avez peut-être déjà entendu parler de cette crypto-monnaie, décentralisée et sous le contrôle d’aucun état ni d’aucune banque : le bitcoin. Créée il y a quelques années déjà cette monnaie prend de la valeur au fil des mois, malgré quelques crashs liés à son jeune âge elle arrive à garder une certaine stabilité et de plus en plus attire les spéculateurs.

Comment utiliser le bitcoin et surtout, qui l’accepte aujourd’hui en tant que réelle monnaie d’échange ? Une question à laquelle je tente de répondre en vous proposant quelques exemples de sites Internet avec lesquels vous pourrez utiliser vos bitcoins.

D’abord, il faut s’en procurer. Pour cela le site bitcoin.de comment à devenir une sérieuse référence dans le domaine. Alors que bon nombre de ses concurrents ont été victimes de piratages et ont dû ferme temporairement pour colmater les fuites, bitcoin.de est toujours en activité et propose d’acheter et de vendre des bitcoins simplement. Un système de notation de confiance des utilisateurs permets de minimiser les risques.

Dans la catégorie grands noms du web qui acceptent d’être payés avec cette monnaie virtuelle, on peut citer WordPress qui propose déjà ses offres payantes également aux utilisateurs de bitcoins, ainsi que Reddit qui lui aussi accepte d’être payé comme ça. On peut noter que même si la solution n’est pas encore intégrée, le CEO de Paypal et eBay John Donahoe s’est montré très intéressé par cette monnaie et assure réfléchir à une solution pour l’intégrer à ses plateformes.

Du côté français c’est encore un peu timide, une seule boutique à ma connaissance s’est ouverte et propose d’être payée en bitcoin, mais on compte déjà des sites spécialisés comme le site de petites annonces aubitcoin.fr qui permet de passer des petites annonces entres utilisateurs de bitcoin, en France.

 

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Alors que cette cryptomonnaie flambe, retour sur ses usages.

Le cours du bitcoin s’est envolé mercredi au-dessus de 11.000 dollars après avoir vu sa valeur multipliée par dix en moins d’un an, suscitant un intérêt des investisseurs mais aussi un risque de bulle croissants. A la mi-octobre, la monnaie cryptographique s’échangeait encore à 5.000 dollars, soit moins de la moitié des sommets atteints mercredi. La récente flambée est d’autant plus spectaculaire que le bitcoin avait commencé l’année autour de 1.000 dollars.

Il a été fortement stimulé le mois dernier, après que l’américain CME (Chicago Mercantile Exchange) Group, l’un des plus importants opérateurs boursiers mondiaux, a annoncé fin octobre le lancement prochain de contrats à terme de bitcoins. Cette annonce a déclenché une poussée de sa valeur, alors que le nombre de bitcoins pouvant être mis en circulation est limité.

De l’investisseur institutionnel au boursicoteur, du loueur de yacht au trafiquant de drogue, les usages du bitcoin, qui n’en finit donc plus de flamber, sont mouvants. Tour d’horizon.

 

 

Spéculer

Il y a ceux, comme les prix Nobel d’économie Jean Tirole et Joseph Stiglitz ou les patrons des grandes banques JPMorgan et Credit Suisse, qui crient à la « bulle » spéculative face à la progression fulgurante du bitcoin. La monnaie virtuelle est passée depuis janvier de 1.000 à 10.000 dollars l’unité. A son lancement en 2009, elle ne valait que quelques centimes.

L’opinion selon laquelle le bitcoin ne se nourrit que de spéculation est soutenue par les soubresauts de la monnaie, qui peut très bien perdre 2.000 dollars de valeur en quelques heures, puis rebondir.

Ces montagnes russes ne découragent pourtant pas les petits épargnants – « Même mamie veut » du bitcoin, titre le Wall Street Journal – ni des investisseurs plus institutionnels.

La Bourse de Chicago veut lancer des contrats à terme sur la monnaie virtuelle – ces instruments financiers permettent de prévoir aujourd’hui à quel prix on l’achètera dans un certain temps, et donc de parier sur son évolution. Le Nasdaq s’y préparerait lui aussi.

 

 

 

Trafiquer

Le bitcoin conserve une réputation sulfureuse de « monnaie du crime », associée à la drogue, au trafic d’armes, à la pédophilie.

« C’est le moyen de paiement principal sur le +darkweb+ », cet ensemble de sites cryptés échappant aux moteurs de recherche traditionnels, explique à l’AFP le colonel Nicolas Duvinage, chef du centre de lutte contre les criminalités numériques de la gendarmerie nationale.

Il note l’utilisation croissance du bitcoin pour « blanchir des fonds d’origine délictueuse » et « pour les extorsions en ligne ». Le 12 mai 2017, le monde a ainsi subi une cyberattaque sans précédent, affectant 300.000 ordinateurs dans 150 pays. L’attaque était lancée via « WannaCry », un virus qui verrouille les fichiers des utilisateurs, leur réclamant 300 dollars (275 euros) pour en recouvrer l’usage. La rançon était payable en bitcoin.

Nicolas Houy, chargé de recherches au CNRS et spécialiste du bitcoin, appelle pourtant à balayer « le fantasme et le folklore » qui l’entoure. « Ce n’est pas une devise anonyme, c’est une devise sous pseudonyme. Si des enquêteurs identifient une adresse, ils peuvent remonter toutes les transactions, pour toujours », explique-t-il.

En juillet, les gendarmes français ont annoncé avoir, pour la première fois en Europe, démantelé un trafic présumé de bitcoins.

 

 

 

Acheter

Il y a bien des restaurants et boutiques à la mode qui acceptent les bitcoins dans de grandes villes, certains sites de commerce en ligne ou des commerces pointus (le loueur de yacht monégasque Royal Yacht Brokers ou la maison italienne de vente aux enchères San’t Agustino), mais le phénomène reste peu répandu.

Sur le site français très fréquenté de vente entre particuliers « Le bon coin », il était certes possible mercredi d’acheter en bitcoin deux stères de bois ou une voiture d’occasion, mais les annonces de ce genre restent l’exception. Et si la chaîne de magasins Monoprix avait annoncé avec un certain enthousiasme en avril 2014 être « prête » à accepter le bitcoin pour les achats en ligne, le projet ne s’est à ce jour pas concrétisé.

« Acheter sa baguette en bitcoin, je n’y crois pas », déclare Nicolas Houy, pour qui la monnaie et son protocole informatique sous-jacent (« blockchain » ou chaîne de blocs) vont créer leurs propres usages. Par exemple dans des pays en voie de développement mieux équipés en smartphones qu’en distributeurs de billets, ou dont la devise ne cesse de se dévaluer.

La directrice générale du FMI Christine Lagarde avait décrit récemment ce phénomène comme une « dollarisation 2.0 », lorsque le bitcoin ou d’autres monnaies virtuelles supplantent le billet vert comme monnaie de substitution.

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