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Tunisie : Deux ex-dictateurs arrêtés dans des affaires de corruption liées à Ben Ali

Tunisie : Deux Ex-Dictateurs Arrêtés Dans Des Affaires De Corruption Liées À Ben Ali

 

Mercredi dernier, deux personnalités influentes de la scène politique tunisienne ont été écrouées dans le cadre de deux enquêtes distinctes portant sur des allégations de corruption financière. Marouane Mabrouk, 51 ans, un homme d’affaires éminent et ex-gendre de l’ancien dictateur Zine El Abidine Ben Ali, a été visé par un mandat de dépôt de six jours renouvelable. Parallèlement, Abderrahim Zouari, 79 ans, ancien ministre des Transports et du Tourisme sous le régime de Ben Ali, a également été incarcéré en vertu d’un mandat de dépôt de cinq jours renouvelable. Ces arrestations surviennent dans le cadre d’enquêtes sur la gestion d’une entreprise confisquée par l’État et des allégations d’obtention d’avantages indus grâce à ses fonctions ministérielles.

Abderrahim Zouari

Marouane Mabrouk, qui dirige l’un des plus grands groupes tunisiens englobant des entreprises telles que Géant, Monoprix, Orange et Banque BIAT, est accusé de corruption dans la gestion du groupe alimentaire Saïda, une entreprise confisquée par l’État. Les enquêteurs soupçonnent Mabrouk d’avoir pris le contrôle de l’entreprise alors que l’État était contributeur au capital, ce qui constitue un délit. D’autre part, Abderrahim Zouari fait face à des accusations découlant d’une plainte déposée par une organisation non gouvernementale, concernant des soupçons de corruption dans un marché public, exploitant ses fonctions ministérielles à des fins personnelles.

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Marouane Mabrouk, ancien mari de Cyrine Ben Ali, l’une des filles de l’ex-dictateur, est également le co-dirigeant de l’entreprise familiale Mabrouk, qui contrôle l’opérateur Orange Tunisie. Suite à la Révolution démocratique de 2011, les avoirs de Mabrouk ont été saisis et transférés au fonds Karama Holding, chargé de superviser les biens mal acquis du clan Ben Ali.

Ces arrestations interviennent dans un contexte politique tendu, alors que le président tunisien Kais Saied tente de stabiliser l’économie du pays, endetté à hauteur de 80%. En mars 2022, Saied a créé une commission de « réconciliation pénale », offrant aux accusés la possibilité d’abandonner les poursuites judiciaires moyennant le versement de pénalités ou la réalisation de grands projets. Cependant, en mars 2023, le chef de cette commission a été limogé après avoir échoué à collecter les sommes escomptées, estimées à 4 milliards d’euros selon un rapport officiel.

Ces récentes arrestations soulignent l’engagement continu des autorités tunisiennes à lutter contre la corruption et à traduire en justice les responsables présumés, marquant ainsi une étape importante dans la quête de la Tunisie pour l’établissement d’une gouvernance transparente et responsable.