Pré-campagne agitée au Tchad : Affiches prématurées et tensions électorales

Pré-campagne agitée au Tchad : Affiches prématurées et tensions électorales

Alors que la campagne présidentielle au Tchad doit débuter le 14 avril en vue de l’élection du 6 mai 2024, les rues de la capitale, N’Djamena, sont déjà jonchées d’affiches des candidats à la présidence. Parmi eux, le président de transition Mahamat Kaka et son Premier ministre Succès Masra se démarquent avec une présence précoce sur le terrain.

Cependant, cette avance n’est pas sans controverse. Certains concurrents, comme le Dr Nasra Djimasrgar, dénoncent le début anticipé de la campagne par ces deux candidats, affirmant qu’ils ont commencé leurs activités de campagne dès le 1er avril.

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Pour le Dr Nasra Djimasrgar, candidat numéro 10 sur la liste, cette situation est frustrante et sérieusement préjudiciable à l’équité du processus électoral. En effet, le code électoral prévoit un temps de campagne de 21 jours, mais avec ce démarrage anticipé, Mahamat Kaka et Succès Masra bénéficieraient de 35 jours de campagne, créant ainsi un déséquilibre manifeste.

Les réactions ne se limitent pas à la dénonciation. L’ancien Premier ministre et candidat, Albert Pahami, pointe du doigt l’Agence Nationale de Gestion des Élections (ANGE) pour son incapacité à réprimer ces violations du code électoral. Il exprime ainsi des inquiétudes quant à la neutralité et à l’autorité de l’administration électorale.

Face à cette polémique, l’Agence Nationale de Gestion des Élections a réagi en exigeant que Mahamat Kaka et Succès Masra retirent leurs affiches de manière immédiate. Cependant, si aucune action n’est entreprise dans les 24 heures, d’autres candidats menacent de prendre des mesures pour se faire entendre.

Cette pré-campagne tumultueuse soulève des questions sur l’intégrité du processus électoral au Tchad et met en lumière les défis auxquels est confrontée la démocratie dans le pays.