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Côte d’Ivoire : Tensions et accusations de détournement au sein du RHDP

Côte D'Ivoire : Tensions Et Accusations De Détournement Au Sein Du Rhdp

 

Les coulisses du pouvoir ivoirien sont secouées par des tensions internes et des conflits de loyauté au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), le parti au pouvoir. Les accusations récentes de Joël N’Guessan, ancien ministre des Droits de l’Homme et membre influent du Conseil politique du RHDP, ont mis en lumière des divisions profondes.

Joël N’Guessan a publiquement dénoncé certains cadres du gouvernement, les accusant de complicité dans des actes de mauvaise gouvernance. L’affaire remonte à quelques années, lorsqu’il présidait le Comité de gestion du Fonds de Développement de la Formation Professionnelle (FDFP). À l’époque, N’Guessan avait suspendu Ange Léonid Barry Battesti, ex-secrétaire général du FDFP, suite à un audit révélant des dysfonctionnements graves et la disparition de près de quatre milliards de francs CFA.

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« Ange Barry-Battesti a été nommé sur ma recommandation, » a révélé Joël N’Guessan. « Mais ce que j’ai constaté, c’est qu’il avait le pouvoir des signatures sur les comptes. En moins de deux ans, l’inspection générale d’État a mené un audit, et près de quatre milliards ont disparu. J’ai donc décidé de le suspendre. »

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Cette décision a été mal accueillie par les soutiens de Barry-Battesti, dont l’ex-Premier ministre Achi Patrick et le ministre du Patrimoine, du Portefeuille de l’État et des Entreprises publiques, Moussa Sanogo. Selon N’Guessan, ces figures influentes auraient exercé des pressions sur le président de la République pour obtenir sa suspension ainsi que celle de Battesti.

N’Guessan a exprimé sa frustration face à l’inaction des autorités malgré les preuves tangibles de corruption. « Quand des gens volent et qu’on a des preuves concrètes, et qu’ils ne sont pas traduits en justice, c’est comme si on encourageait la corruption, » a-t-il déclaré, soulignant l’impact négatif sur l’image du parti au pouvoir. Il a cité les chiffres alarmants du ministre Zoro Bi Épiphane, évoquant des détournements annuels de fonds en Côte d’Ivoire estimés entre 1200 et 1400 milliards de francs CFA, soit près d’un dixième du budget national.

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En réponse, le ministre Moussa Sanogo a fermement rejeté les accusations lors d’une déclaration publique le 14 mai. Il a souligné les avancées du pays dans la lutte contre la corruption, rappelant que la Côte d’Ivoire a gagné 31 places sur l’indice de perception de la corruption de Transparency International. Il a nié toute connaissance préalable d’Ange Léonid Barry Battesti avant sa nomination au FDFP et a critiqué les décisions unilatérales de N’Guessan, qu’il a qualifiées d’infraction aux procédures en vigueur.

Sanogo a également rappelé l’importance du devoir de réserve des hauts fonctionnaires pour préserver l’image du pays, insistant sur le respect des règles strictes et légales concernant les nominations et révocations des responsables de structures publiques.