Le football espagnol est en deuil. Jesús de Miguel, attaquant du CD Tenerife âgé de 30 ans, est mort ce mardi 3 novembre, quelques heures après un violent choc avec le gardien du FC Andorre, Jesús Owono, lors d’un match de deuxième division. Les images de la collision ont fait le tour des réseaux sociaux et bouleversé le monde du football, avant qu’une vague d’insultes racistes ne s’abatte sur le gardien.
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Un choc dans les dernières minutes de Tenerife – Andorre
Lundi 2 novembre, Tenerife reçoit Andorre au stade Heliodoro Rodríguez López, dans le cadre de la deuxième division espagnole (LaLiga Hypermotion). Le score est de deux buts partout et la rencontre entre dans ses dernières minutes. Jesús de Miguel se lance alors en contre-attaque. Face à lui, Jesús Owono, le gardien andorran, sort loin de sa surface pour couper la route du ballon.
Les deux hommes se percutent violemment. Le gardien se relève rapidement. L’attaquant, lui, reste au sol. Ses coéquipiers comprennent très vite que la situation est grave : Jesús de Miguel a perdu connaissance. Pris en charge par les secours sur la pelouse, il quitte le terrain sur civière avant d’être transporté à l’hôpital.
Quelques heures d’espoir, puis l’annonce de son décès
Dans la nuit, le club canarien publie un premier communiqué inquiétant : l’état neurologique de son joueur s’est aggravé. Mardi matin, la nouvelle tombe. Tenerife annonce le décès de Jesús de Miguel Alameda, survenu à 8 heures, dans un message où le club se dit brisé par la douleur et incapable de trouver des mots de consolation.
La famille du joueur a remercié tous ceux qui lui ont témoigné leur soutien et demandé le plus grand respect de sa vie privée. Le FC Andorre a lui aussi exprimé sa peine, se disant dévasté et adressant ses condoléances à la famille, aux coéquipiers et au club de Tenerife. La Police nationale espagnole a ouvert une enquête sur les circonstances du drame.
Qui était Jesús de Miguel, artisan de la remontée de Tenerife ?
Né à Madrid le 21 septembre 1996, Jesús de Miguel était passé par les centres de formation du Lugo Fuenlabrada et du CD Leganés. Attaquant de grande taille (1,89 m), il avait ensuite fait son chemin dans les divisions inférieures, notamment à Unionistas de Salamanque puis au CD Castellón.
Il avait rejoint Tenerife en juillet 2025 avec un contrat de trois ans, alors que le club venait de chuter en troisième division. La saison dernière, il a été l’un des grands artisans de la remontée immédiate de l’équipe en deuxième division. C’est donc dans ce championnat qu’il avait contribué à retrouver, devant son public, que sa vie s’est brutalement arrêtée.
Jesús Owono visé par une vague d’insultes racistes
Au deuil s’est rapidement ajoutée une autre polémique. Si la grande majorité des messages publiés sur les réseaux sociaux sont des hommages et des condoléances, une partie des internautes s’en est prise violemment au gardien d’Andorre, Jesús Owono. La presse espagnole rapporte une avalanche de messages haineux le traitant d’« assassin », accompagnés d’insultes racistes visant sa couleur de peau et ses origines africaines, ainsi que de menaces.
Certaines vidéos l’accusant d’arrogance au moment de quitter la pelouse ont été largement partagées pour nourrir ces attaques. Face à ce déferlement, le portier a fini par désactiver son compte Instagram et fermer ses profils sur les réseaux sociaux.
La haine en ligne a même touché un innocent. Michel Owono, défenseur équato-guinéen du club catalan de Can Vidalet, a révélé avoir reçu des messages racistes, des insultes et des menaces de mort de la part d’internautes qui l’avaient confondu avec le gardien andorran, simplement à cause de leur nom de famille. Le joueur a publié des captures de ces messages, rappelé qu’il n’avait aucun lien avec le drame et adressé ses condoléances à la famille de Jesús de Miguel. Son club lui a apporté son soutien.
Plusieurs médias espagnols ont fermement dénoncé ces attaques. Les images montrent un choc dans une action de jeu, que la presse décrit comme fortuit. L’enquête ouverte par la police doit établir précisément les circonstances du drame, mais rien ne justifie les insultes, les menaces ni le racisme dirigés contre un joueur.
Le football sous le choc
La disparition de Jesús de Miguel relance une fois encore le débat sur la sécurité des joueurs face aux chocs à la tête, notamment lors des sorties de gardiens. Elle rappelle aussi, malheureusement, combien le racisme reste présent sur les réseaux sociaux dès qu’un joueur noir se retrouve au cœur d’une polémique. Mais pour l’heure, à Tenerife comme dans toute l’Espagne, l’heure est au recueillement autour d’un joueur parti à seulement 30 ans.
DoingBuzz présente ses sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à l’ensemble du CD Tenerife.
Photo : le stade Heliodoro Rodríguez López, à Santa Cruz de Tenerife. Crédit : Mentxuwiki / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.



















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