Samedi 31 octobre 2026, le Sénégal a écrit une page d’histoire. Au stade Abdoulaye Wade de Diamniadio, la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 a lancé le tout premier événement olympique jamais organisé sur le sol africain. Un spectacle salué presque unanimement, même si quelques fausses notes n’ont pas échappé aux spectateurs.
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L’Afrique accueille le monde pour la première fois
C’est la quatrième édition des JOJ d’été, mais pour le continent, c’est une première absolue. Du 31 octobre au 13 novembre, quelque 2 700 jeunes athlètes venus du monde entier s’affrontent dans une vingtaine de disciplines, entre Dakar, Diamniadio et Saly.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a officiellement déclaré les Jeux ouverts, aux côtés de la présidente du Comité international olympique, la Zimbabwéenne Kirsty Coventry. Dans son discours, le chef de l’État a insisté sur la portée continentale de l’événement : ce n’est pas seulement le Sénégal qui reçoit, mais « tout un continent qui ouvre ses bras au monde ». Plusieurs dirigeants africains, dont le président comorien Azali Assoumani, ont assisté à la soirée.
La culture sénégalaise à l’honneur
Pendant près d’une heure et demie, le spectacle intitulé « L’Envol de Sitoé » a déroulé un récit en trois temps, « Hier, Aujourd’hui, Demain », autour de la transmission entre les générations et de l’héritage culturel africain.
Moment fort de la soirée : l’hymne national, interprété par la chanteuse et guitariste Kya Loum, qui avait déjà tenu ce rôle à Athènes lors de la remise de la flamme olympique en septembre. La grande voix de la musique traditionnelle Kiné Lam a fait vibrer le stade, tandis que Dip Doundou Guiss et Souleymane Faye ont illustré la diversité musicale du pays, du rap au mbalax.
La lutte sénégalaise, sport roi du pays, a occupé une place de choix. Le public a aussi eu droit à une danse du lion, à une artiste peignant à l’envers, à une battle de hip-hop et à un tableau saisissant : environ 360 danseurs dessinant ensemble la carte de l’Afrique. Les groupes de supporters du 12e Gaïndé, de Lebou Gui et d’Allez Casa ont également pris part à la fête.

Un savoir-faire 100 % local
Derrière ce succès, une équipe sénégalaise. La direction des cérémonies a été confiée à Khady Niang, qui avait notamment participé à l’organisation des Jeux olympiques de Rio 2016. Le créateur Ibrahima « Xali » Cissé a signé la direction artistique et Adama Diop la mise en scène.
Au total, plus de 1 100 artistes, danseurs, figurants et techniciens ont été mobilisés, après quelque 250 heures de répétition. Les près de 1 500 costumes ont tous été confectionnés au Sénégal, une façon de mettre en avant l’artisanat national devant les caméras du monde entier.
Le pari est réussi. La presse nationale et internationale a salué la soirée, et les réseaux sociaux se sont enflammés d’une fierté qui dépasse largement les frontières du pays. Pour beaucoup, cette cérémonie apporte la preuve que l’Afrique est capable d’accueillir des événements mondiaux de grande envergure.
Des fausses notes tout de même
Tout n’a pas été parfait pour autant. Des voix critiques ont relevé des places vides dans certaines tribunes au début de la cérémonie, des difficultés d’accès au stade et une circulation laborieuse des spectateurs avant et après le spectacle, notamment autour de la gare du TER. Des points que les organisateurs devront corriger pour la suite.
L’absence de Youssou Ndour sur scène a aussi fait parler. Présent dans les tribunes VIP, le roi du mbalax n’a pas chanté. La directrice des cérémonies a expliqué qu’il avait bien été sollicité, mais qu’il avait préféré laisser toute la place au spectacle, de peur peut-être de l’éclipser.
Sur les réseaux, plusieurs influenceurs sénégalais suivis par des millions de personnes ont été pris à partie pour leur silence autour de l’événement. Leurs défenseurs répliquent qu’il faudrait d’abord savoir s’ils avaient été invités ou associés à la communication des Jeux.
D’autres critiques sont plus politiques. Certains observateurs appellent à faire le bilan des dépenses publiques engagées et des retombées économiques réelles. Le sujet rejoint la controverse sur la dette publique : une association de la diaspora sénégalaise en Italie a ainsi rappelé que plusieurs infrastructures utilisées, comme le stade Abdoulaye Wade, la Dakar Arena ou le TER, ont été construites sous l’ancien président Macky Sall et sont liées, selon elle, au débat sur la « dette cachée ». Avant même la cérémonie, la répartition de certains marchés et la communication du comité d’organisation avaient déjà suscité des grincements de dents.
Une fierté qui dépasse les critiques
Ces réserves méritent d’être entendues, notamment pour tirer les leçons de cette expérience. Mais elles ne gâchent pas l’essentiel : pour la première fois, la flamme olympique brille en Afrique, et c’est le Sénégal qui l’a allumée. Pendant deux semaines, Dakar est la capitale de la jeunesse sportive mondiale, et le continent tout entier peut en être fier.
Photo de une : supporters sénégalais (illustration). Crédit : Jeanpierrekepseu / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0.




















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