Doingbuzz – Le pouvoir de l'information à votre portée
Côte d’Ivoire / Affaire Yodé et Siro devant la justice: Tiburce Koffi appelle le procureur Adou à la retenue
03/12/2020 à 18h14 par La redaction

L’actualité ivoirienne est marquée ces jours-ci par la convocation des artistes Zouglou, Yodé et Siro devant la justice, pour avoir tenu des propos jugés outrageants à l’encontre du procureur Adou Richard lors d’un concert. L’affaire fait grand bruit sur les bords de la lagune Ebrié. Plusieurs artistes et personnalités se mobilisent pour soutenir les icones du Zouglou, qui visiblement sont dans de beaux draps.

L’écrivain et Président du Conseil d’Administration du Burida, Tiburce Koffi n’est pas resté en marge de ces vagues de soutien à l’égard des deux figures de proue de la musique ivoirienne. Dans une lettre l’homme a invité le procureur de la République à suspendre ses poursuites et régler cette situation à l’amiable.

Vous trouverez ci-dessous la lettre de Tiburce Koffi au procureur :

M. le Procureur, je me serais fait un devoir civique de venir physiquement à vous afin que, dans la discrétion et l’élégance d’une conversation entre gens civilisés, nous puissions trouver une solution à la situation qui nous préoccupe et qui justifie cette lettre ouverte qui traduit l’urgence dans laquelle nous sommes. Cette urgence, c’est la libération des chanteurs Yodé et Siro.

Yodé et Siro. Deux noms, deux stars, deux idoles de ce qui représente la musique ivoirienne de ces trois dernières décennies : le zouglou, charmant mouvement chorégraphico-musical d’inspiration populaire et authentiquement ivoirien. Le zouglou.

Mieux que le coupé décalé, le « broutage » et l’enfer sonore des gigas maquis, le zouglou est tout ce qui reste comme activité et comportement social salubres à la jeunesse désolée de ce pays nôtre. Deux de ses adeptes les plus représentatifs sont en ce moment en garde-à-vue, en attendant sans doute leur transfèrement à la Maca – circuit classique que fait subir l’appareil judiciaire de notre pays à tout citoyen réfractaire à l’ordre public.

M. le Procureur, le temps (qui presse) ne me permet pas de m’instruire comme il convient, de ce dossier. Et nulle intention de ma part de contester votre autorité. Après tout, être républicain (et je prétends l’être), c’est accepter de respecter le pacte social qui me lie à l’ensemble du corps communautaire, et me soumettre à la loi, prescription impersonnelle, qui a été édictée. Yodé et Siro ont-ils enfreint à la loi ?

En réalité, là n’est pas la question. La question (car il y en a une), c’est l’opportunité de cette garde-à-vue, spectre d’un emprisonnement dont l’onde de choc pourrait, davantage plus des propos gênants préférés par ces artistes populaires, perturber le climat social.

M. le Procureur, nul doute que vous avez avec vous la loi, idiome de l’autorité de l’État. Et je suis d’accord avec vous que la loi doit être exercée afin de juguler les instincts mauvais (ou grégaires) des citoyens, pour la stabilité du corps social. La loi est force coercitive, brutale, offensive, répressive. À des fins dissuasives. Et, diriger, c’est éviter de se laisser surprendre par le désordre.

Je sais et comprends tous ces principes majeurs qui guident les actes des détenteurs de Pouvoirs (exécutifs, législatifs, spirituels, politiques, etc.) Mais, au-dessus ou en deçà de la loi, il y a, défiant les émotions, les impératifs des dirigeances, et la raison objective, LE RESSENTI des peuples. Faute de ne pas tenir compte de cette donne, des pouvoirs régnants ont fini par chuter de la grue où ils étaient perchés, saouls de puissance et de suffisance.

M. le Procureur, la loi qui autorise à sévir admet aussi l’existence principielle d’une autre loi qui permet de pardonner. Telle est la nécessaire dialectique de la Justice. L’usage exacerbé de la force républicaine peut altérer, par abus, sa crédibilité et son efficacité.

Je suis sûr que vous avez saisi le sens de ma démarche. Elle n’est pas celle d’un syndicaliste mystificateur au langage offensif, offensant, revendicatif et inutilement chargé de menaces agaçantes ; elle est encore moins celle d’un politicien calculateur et fourbe – j’ai quitté pour de bon cet univers qui n’est pas fait pour moi.

Ma démarche est tout simplement celle d’un « responsable des destinées de la Cité » (Cheick Hamidou Kane.) En effet : Président du Conseil de Gestion et de Restructuration (COGER) du Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida), je ne saurais rester insensible à l’infortune qui frappe deux de mes associés les plus sympathiques et honorables.

M. le Procureur, sachez que les artistes de notoriété sont des motifs de fierté et d’optimisme pour les peuples, surtout aux périodes où ces peuples se sentent opprimés. Et, je peux vous le dire : ce peuple se sent blessé quelque part dans sa vie profonde ; blessé dans ses convictions et espérances, ses superstitions, ses croyances, ses rêves de bonheur bafoués. Heureusement pour ce peuple, Yodé et Siro existent pour cultiver en lui l’espoir ; car le silence devant la souffrance est désespérance et source de déflagration sociale. Oui, M. le Procureur, c’est ce genre de situations qui, répétées, génèrent des brutalités imprévisibles, voire des catastrophes.

Ma démarche, M. le Procureur et cher cadet (car vous l’êtes), est aussi celle du philosophe quêteur et réhabilitateur de sagesses oubliées ; elle est surtout celle de l’écrivain, personne attentive aux valeurs de liberté et d’amour. Elle est, enfin, celle du Médiateur et du Réconciliateur. Pour la sauvegarde de la paix sociale. Je vous en prie, M. le Procureur : trouvez les moyens juridiques pour libérer ces artistes. Tout le COGER du Burida que je préside saura vous adresser de chaleureuses et bienfaisantes félicitations pour cet acte… inspiré et productif.

En attendant, je demande aux artistes de mon pays de garder leur calme. Évitez, s’il vous plaît, tout débordement. Laissez-nous agir dans la discipline et le respect dû à l’autorité.

Tiburce Koffi

Ecrivain, Président du Conseil de Gestion et de restructuration du Burida.

RECEVEZ NOTRE NEWSLETTER ET ALERTE MAIL

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à Doingbuzz et recevoir une notification de chaque nouvel article par e-mail.

Rejoignez les 55 466 autres abonnés

Ne partez pas sans partager :

Contenu sponsorisé

Doingbuzz sur Télégram: Si vous êtes sur Télégramme abonnez vous !!
😍 ACTUALITE via Telegram
😍 Offre d'emploi via Telegram .
groupe emploi whatsapp doingbuzz -🇧🇯 Bénin- 🇧🇯 Bénin - 🇧🇯 Bénin -🇧🇯 Bénin-🇳🇪 Niger -🇳🇪 Niger - 🇸🇳 Sénégal - 🇸🇳 Sénégal - 🇸🇳 Sénégal - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo 🇨🇮- Côte d'Ivoire 🇨🇮- Côte d'Ivoire 🇨🇮- Côte d'Ivoire -🇨🇲 Cameroun -🇨🇲 Cameroun -🇨🇲 Cameroun -🇨🇲 Cameroun - 🇫🇷 France - 🇫🇷 France - 🇲🇱 Mali - 🇧🇫 Burkina Faso - 🇧🇫 Burkina Faso -🇬🇦 Gabon -🇬🇳 Guinéé - 🇲🇱 Mali - 🇲🇱 Mali - 🇨🇩 Congo RDC - 🇨🇬 Congo Brazzaville -🇲🇦 Maroc - 🇹🇩 Tchad -Pour les autres pays

NB: NE PAYEZ AUCUN FRAIS DE DOSSIERS POUR UNE OFFRE D’EMPLOI

Site de petites annonces/ site de vente et d'achat 100% Togo

togopapel Offre d'emploi et concours

Plus sur Doingbuzz

Actualités du jour sur Doingbuzz: Dimanche le 25 Janvier 2021

25/01/2021

Actualités du...

Nous vous proposons un condensé des articles...
Elle se faisait livrer de la chair humaine à la place de la viande

25/01/2021

Elle se...

Incroyable histoire. Selon ce que rapporte Abidjan...
covid

24/01/2021

Covid 19...

La Covid-19 continue de faire des dégâts...
étudiante

24/01/2021

Bénin :...

Une pratique commence par prendre de plus...
RDC/Manacovid : un ''produit efficace'' contre le Coronavirus

24/01/2021

RDC/Manacovid :...

Au Congo, des chercheurs ont annoncé la...
Vitale : l'artiste donne plus d'informations sur son mariage

24/01/2021

Vitale :...

Vitale, la diva du coupé décalé ivoirien ...
Togo : Global Trade Corporation lance un ambitieux projet pour booster l’agriculture et l’élevage

24/01/2021

Togo : Global...

Globale Trade Corporation est une entreprise togolaise...
fiancé,fille

23/01/2021

« Je jalouse...

 Il y a des histoires comme celle...
Que sait-on des variants du Covid-19 ?

23/01/2021

Que sait-on...

Apparemment, les variants du Covid-19 font craindre...
Entreprise lettonie

23/01/2021

Lettonie :...

Kantora est une entreprise en lettonie dont...
Paris : Une rue porte désormais le nom de Thomas Sankara

23/01/2021

Paris :...

Un hommage à Thomas Sankara ? Dans une...
Côte d’Ivoire : le parti de Guillaume Soro boycotte les législatives

23/01/2021

Côte d’Ivoire...

Après avoir offert un immense spectacle durant...
Football : Bonne nouvelle pour kolo Touré

23/01/2021

Football :...

Bonne nouvelle pour kolo Touré. Le Champion...
CHAN 2021: Ouganda vs Togo: Ouro Agoro Ismaël élu homme du match

23/01/2021

CHAN 2021:...

Les éperviers locaux du Togo ont battu...
Jeux Olympiques de Tokyo: Le premier ministre japonais confirme la tenue des JO

23/01/2021

Jeux Olympiques...

  le gouvernement japonais dément toute intention...
donald trump

23/01/2021

Donald Trump...

Donald Trump a été accusé le 13...
CHAN 2021: Les éperviers locaux se relancent dans le groupe C

23/01/2021

CHAN 2021:...

Le Togo a enregistré sa première victoire...
Extraterrestres : 2700 documents déclassifiés pour prouver leur existence

23/01/2021

Extraterrestres :...

2700 documents déclassifiés pour prouver l'existence  des...
Singuila, un homme à la voix d'or, au timbre envoûtant, et aux mots ensorcelant.

23/01/2021

Singuila, un...

  Quand on parle de Singuila, la...
Tonto Dikeh , un modèle pour les femmes africaines.

23/01/2021

Tonto Dikeh...

Aujourd'hui tu es connu grâce à ton...

L’actualité ivoirienne est marquée ces jours-ci par la convocation des artistes Zouglou, Yodé et Siro devant la justice, pour avoir tenu des propos jugés outrageants à l’encontre du procureur Adou Richard lors d’un concert. L’affaire fait grand bruit sur les bords de la lagune Ebrié. Plusieurs artistes et personnalités se mobilisent pour soutenir les icones du Zouglou, qui visiblement sont dans de beaux draps.

L’écrivain et Président du Conseil d’Administration du Burida, Tiburce Koffi n’est pas resté en marge de ces vagues de soutien à l’égard des deux figures de proue de la musique ivoirienne. Dans une lettre l’homme a invité le procureur de la République à suspendre ses poursuites et régler cette situation à l’amiable.

Vous trouverez ci-dessous la lettre de Tiburce Koffi au procureur :

M. le Procureur, je me serais fait un devoir civique de venir physiquement à vous afin que, dans la discrétion et l’élégance d’une conversation entre gens civilisés, nous puissions trouver une solution à la situation qui nous préoccupe et qui justifie cette lettre ouverte qui traduit l’urgence dans laquelle nous sommes. Cette urgence, c’est la libération des chanteurs Yodé et Siro.

Yodé et Siro. Deux noms, deux stars, deux idoles de ce qui représente la musique ivoirienne de ces trois dernières décennies : le zouglou, charmant mouvement chorégraphico-musical d’inspiration populaire et authentiquement ivoirien. Le zouglou.

Mieux que le coupé décalé, le « broutage » et l’enfer sonore des gigas maquis, le zouglou est tout ce qui reste comme activité et comportement social salubres à la jeunesse désolée de ce pays nôtre. Deux de ses adeptes les plus représentatifs sont en ce moment en garde-à-vue, en attendant sans doute leur transfèrement à la Maca – circuit classique que fait subir l’appareil judiciaire de notre pays à tout citoyen réfractaire à l’ordre public.

M. le Procureur, le temps (qui presse) ne me permet pas de m’instruire comme il convient, de ce dossier. Et nulle intention de ma part de contester votre autorité. Après tout, être républicain (et je prétends l’être), c’est accepter de respecter le pacte social qui me lie à l’ensemble du corps communautaire, et me soumettre à la loi, prescription impersonnelle, qui a été édictée. Yodé et Siro ont-ils enfreint à la loi ?

En réalité, là n’est pas la question. La question (car il y en a une), c’est l’opportunité de cette garde-à-vue, spectre d’un emprisonnement dont l’onde de choc pourrait, davantage plus des propos gênants préférés par ces artistes populaires, perturber le climat social.

M. le Procureur, nul doute que vous avez avec vous la loi, idiome de l’autorité de l’État. Et je suis d’accord avec vous que la loi doit être exercée afin de juguler les instincts mauvais (ou grégaires) des citoyens, pour la stabilité du corps social. La loi est force coercitive, brutale, offensive, répressive. À des fins dissuasives. Et, diriger, c’est éviter de se laisser surprendre par le désordre.

Je sais et comprends tous ces principes majeurs qui guident les actes des détenteurs de Pouvoirs (exécutifs, législatifs, spirituels, politiques, etc.) Mais, au-dessus ou en deçà de la loi, il y a, défiant les émotions, les impératifs des dirigeances, et la raison objective, LE RESSENTI des peuples. Faute de ne pas tenir compte de cette donne, des pouvoirs régnants ont fini par chuter de la grue où ils étaient perchés, saouls de puissance et de suffisance.

M. le Procureur, la loi qui autorise à sévir admet aussi l’existence principielle d’une autre loi qui permet de pardonner. Telle est la nécessaire dialectique de la Justice. L’usage exacerbé de la force républicaine peut altérer, par abus, sa crédibilité et son efficacité.

Je suis sûr que vous avez saisi le sens de ma démarche. Elle n’est pas celle d’un syndicaliste mystificateur au langage offensif, offensant, revendicatif et inutilement chargé de menaces agaçantes ; elle est encore moins celle d’un politicien calculateur et fourbe – j’ai quitté pour de bon cet univers qui n’est pas fait pour moi.

Ma démarche est tout simplement celle d’un « responsable des destinées de la Cité » (Cheick Hamidou Kane.) En effet : Président du Conseil de Gestion et de Restructuration (COGER) du Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida), je ne saurais rester insensible à l’infortune qui frappe deux de mes associés les plus sympathiques et honorables.

M. le Procureur, sachez que les artistes de notoriété sont des motifs de fierté et d’optimisme pour les peuples, surtout aux périodes où ces peuples se sentent opprimés. Et, je peux vous le dire : ce peuple se sent blessé quelque part dans sa vie profonde ; blessé dans ses convictions et espérances, ses superstitions, ses croyances, ses rêves de bonheur bafoués. Heureusement pour ce peuple, Yodé et Siro existent pour cultiver en lui l’espoir ; car le silence devant la souffrance est désespérance et source de déflagration sociale. Oui, M. le Procureur, c’est ce genre de situations qui, répétées, génèrent des brutalités imprévisibles, voire des catastrophes.

Ma démarche, M. le Procureur et cher cadet (car vous l’êtes), est aussi celle du philosophe quêteur et réhabilitateur de sagesses oubliées ; elle est surtout celle de l’écrivain, personne attentive aux valeurs de liberté et d’amour. Elle est, enfin, celle du Médiateur et du Réconciliateur. Pour la sauvegarde de la paix sociale. Je vous en prie, M. le Procureur : trouvez les moyens juridiques pour libérer ces artistes. Tout le COGER du Burida que je préside saura vous adresser de chaleureuses et bienfaisantes félicitations pour cet acte… inspiré et productif.

En attendant, je demande aux artistes de mon pays de garder leur calme. Évitez, s’il vous plaît, tout débordement. Laissez-nous agir dans la discipline et le respect dû à l’autorité.

Tiburce Koffi

Ecrivain, Président du Conseil de Gestion et de restructuration du Burida.

RECEVEZ NOTRE NEWSLETTER ET ALERTE MAIL

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à Doingbuzz et recevoir une notification de chaque nouvel article par e-mail.

Rejoignez les 55 466 autres abonnés

Ne partez pas sans partager :

Laisser votre commentaire