Mali : la CEDEAO inflige de lourdes sanctions à la junte

La relation entre la junte militaire malienne et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), n’est pas au beau fixe. Le principal bloc régional d’Afrique de l’Ouest va fermer les frontières avec le Mali et imposer de lourdes sanctions économiques en réponse aux retards dans la tenue des élections après le coup d’État militaire en 2020.

L’annonce a été faite ce dimanche 09 janvier 2021 à l’issue d’un sommet extraordinaire des dirigeants de la CEDEAO, dans la capitale ghanéenne, Accra. La rencontre visait à discuter d’une proposition des autorités de transition maliennes visant à organiser des élections en décembre 2025, au lieu du mois prochain comme convenu initialement.

Dans son communiqué, la CEDEAO a déclaré qu’elle jugeait le calendrier proposé pour une transition totalement inacceptable. Ce calendrier “signifie simplement qu’un gouvernement de transition militaire illégitime prendra le peuple malien en otage”, a-t-elle déclaré.

L’organisation sous régionale comportant 15 pays membres a déclaré qu’il avait convenu d’imposer des sanctions supplémentaires avec effet immédiat, notamment la fermeture des frontières terrestres et aériennes des membres avec le Mali, la suspension des transactions financières non essentielles et le gel des avoirs de l’État malien dans les banques centrales et commerciales de la CEDEAO.

Pendant ce temps, l’Union monétaire régionale (UEMOA) a demandé à toutes les institutions financières sous son égide de suspendre le Mali avec effet immédiat, coupant ainsi l’accès du pays aux marchés financiers régionaux.

La CEDEAO rejette le programme électoral de la junte militaire

Après le putsch ayant permis de renverser le président élu Ibrahim Boubacar Keita en août 2020, le colonel Assimi Goïta a organisé un second coup d’État de facto en mai 2021, chassant un gouvernement civil intérimaire. Cette action a perturbé le calendrier des réformes et a été largement condamnée par la diplomatie.

Le 30 décembre, après la fin de la conférence sur la réforme du Mali, le gouvernement a proposé une période de transition de six mois à cinq ans, à compter du 1er janvier 2022. Lors d’une visite la semaine dernière, le médiateur de la CEDEAO, Goodluck Jonathan, a demandé au gouvernement militaire de réviser ce plan.

Samedi 08 janvier 2022, les dirigeants militaires ont soumis une nouvelle proposition de calendrier, selon la télévision d’État malienne. Cette démarche vise à “maintenir le dialogue et la bonne coopération avec la CEDEAO“, a déclaré le ministre des affaires étrangères Diop, sans donner de détails. Apparemment, ce plan n’a pas non plus suscité l’intérêt des pays de l’Afrique de l’Ouest.

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