HAMADOU AHIDJO : le premier président du Cameroun !

 

HAMADOU BABATOURA AHIDJO est le premier camerounais a  présidé aux destinées de son pays.   Né le 24 août 1924 à Nassaro au Cameroun, il est décédé le 30. novembre 1989 à Dakar au Sénégal. D’obédience musulmane, AHIDJO fait ses études primaires à Garoua et le supérieur à Yaoundé. Entré en politique en 1947, il a eu le privilège de proclamer  l’indépendance du Cameroun le 1er janvier 196O.  A la faveur d’un scrutin tenu la même année il a été confirmé dans ses fonctions de président et y restera jusqu’en 1982. Contre toute attente il annonce sa démission le 4 novembre 1982 pour des raisons injustifiées. L’essentiel de l’article sera consacré à la vie politique de l’Homme AHIDJO en général et à son vécu présidentiel jusqu’à sa démission.

 

La carrière politique de HAMADOU AHIDJO

 

Il a été découvert par GUY Georgy, un administrateur colonial. Cet  lui a  permis de faire ses premiers pas dans la politique. En 1947 il est élu à l’Assemblée Territoriale. De 1953 à 1957 il est  conseiller de l’assemblée de l’union française  et en  devient le président 1957.

A la faveur de son œuvre relative à la consolidation de l’union des groupes politiques contre les mouvements contestataires pendant les années 1950, il sera nommé  vice-premier ministre chargé de l’intérieur en mai 1957. Ainsi commençait la chute  d’André Marie MBIDA premier ministre de cette époque. Ce dernier finira par démissionner en février 1958 cédant involontairement son fauteuil à AHIDJO qui bénéficie du soutien  des ministres du nord Cameroun qui lui  obéissent sans faille.

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A peine porté aux fonctions de premier ministre, monsieur BABATOURA apparait charismatique fin et stratégique aux yeux du consul général de Grande-Bretagne qui le qualifie en ces termes « qu’il est doté d’une personnalité prononcée et d’opinions très ancrées, teintées de cynisme ».Pour accéder à la magistrature suprême, AHIDJO AHMADOU  a bataillé fort contre l’opposition de l’UPC (union des populations du Cameroun)  Ainsi que les affidés de Paul Soppo Priso  et ceux d’André Mbida.

 

AHIDJO  en tant que président de la république du Cameroun

 

Il est élu président de la république du Cameroun en 1960 avec le soutien de son parti politique UC (union camerounaise). Ceci avec l’aide de l’armée française qui a combattu les rebellions organisées par l’UPC. La raison qui pousse la France à faire de lui leur levier était de faire tomber le parti de Mbida considéré dangereux pour l’ordre. « La France accordera l’Independence à ceux qui la réclamaient le moins, après avoir éliminé politiquement et militairement ceux qui la réclamaient avec le plus d’intransigeance » déclare Pierre Messmer ancien haut-commissaire français.

Bien que le pays soit indépendant, l’ambassadeur français Jean Pierre Bénard continue de tirer les ficelles dans l’ombre. Chaque ministre camerounais était assisté par un conseillé français. La France garde la souveraineté dans les domaines stratégiques  du pays. Ainsi le secteur monétaire est confié à son ancienne puissance et bien d’autres  ressources aussi.  La majeure partie de l’armée camerounaise reste française ainsi que le chef d’état-major. Dès le début des années 1960 le chef de l’Etat instaure un régime autoritaire. Personne n’avait le droit de contredire le parti au pouvoir. Il y’avait les peines de mort, les interdictions de rassemblements, obéissance absolu…

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En 1961 le pays devient un Etat fédéral. La femme d’André Marie Mbida qui est Margueritte Mbida se présente comme leader du PDC aux élections législatives de 1964. Alors qu’elle est condamnée à 3 trois ans de prison elle remporte l’élection mais cette victoire lui sera arrachée au nom de l’unité nationale. En 1966 HAMADOU AHIDJO fonde UNC (union nationale camerounaise) le parti unique. Etant donné que  Mbida est sous résidence surveillée, AHIDJO  va réussir à déstabiliser  l’UPC avec l’aide des militaires. Dans les années 1970 les camerounais de l’opposition continuaient de subir les enlèvements  temporaires ou définitifs.

En 1972 l’Etat unitaire est proclamé. Un article portant répression des actes homosexuels est inséré dans le code pénal. Le Cameroun commence à produire le pétrole en 1977. L’économie  camerounaise commence à décoller ; malheureusement, les deniers publics subiront aussitôt des détournements pour être   gardés dans les banques françaises.

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La chute de l’ex président

 

Le 4 novembre 1982, HAMADOU BABATOURA AHIDJO âgé de 58 ans prononce un discours aux antennes de la radio nationale  pour annoncer sa démission. Celui qui était jusqu’à lors président de la  République Unie du Cameroun justifie sa décision par des raisons de santé.  Selon la constitution c’est le premier ministre  qui doit lui succéder.  Logiquement PAUL BIYA, dernier Premier Ministre sous le règne du démissionnaire prend  le pouvoir  à l’âge de 49 ans.

Quelques mois plus tard AHIDJO se rend compte qu’il a été trompé par les français sur son état de santé, il tente un coup d’état en 1984 pour reprendre le pourvoir. Malheureusement il va échouer, puis sera poursuivi et condamné  pour  atteinte à la sureté de l’Etat. Exilé successivement en France, en Espagne et au Sénégal depuis 1983 il ne rentra plus jamais au Cameroun. Il décède au Sénégal  1983 d’une crise cardiaque, sera enterré au cimetière Bakhiya de Yoff.

 

 

Martine TCHADEU

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