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Habibur Rahman, l’histoire d’un Bangladais ferrailleur au Sénégal
3Vision-Group
17/04/2021 à 11h22 par La redaction

Rien ne le prédestinait à vivre au Sénégal, où il était juste censé être de passage, car son objectif était de rallier l’Italie. Voilà déjà 11 bonnes années que Habibur Rahman, 41 ans, a quitté son Bangladesh natal, où il a laissé sa femme et ses deux filles, en quête d’un Eldorado qu’il pense avoir trouvé au pays de la Téranga (hospitalité). AFRIK.COM est allé à sa rencontre.

Il est 16 heures GMT, à Thiès, Capitale du rail, ville située à 70 kilomètres de Dakar. Nous sommes le vendredi 16 avril 2021. Derrière la gare routière de la ville, ici tout le monde est actif. Les bruits de marteau, de klaxon et autres cris décrivent l’ambiance d’une zone commerciale quasiment réservée à la vente de pièces automobiles, venant d’Europe, neuves où usées. Et c’est cette dernière catégorie qui intéresse Habibur Rahman, un Bangladais qui s’active dans la vente de ferraille.

Habibur RahmanDebout à l’entrée d’un atelier de tôlier, qui abrite son « magasin » de stockage, Habibur Rahman échange avec Madické Diouf, avec qui il partage le lieu de travail. Si le Bangladais s’active dans l’achat et la vente de ferraille, Diouf lui, répare les véhicules et autres pièces, notamment les câbles d’embrayage, les dessous d’aile de voitures, entre autres travaux visant à remettre en état certaines parties ou pièces endommagées des véhicules.

Avant que nous franchissions le seuil de l’atelier, Habibur Rahman est déjà à l’intérieur, où il rejoint deux jeunes mécaniciens venus lui proposer des pièces de voiture usées, fraîchement changées. Après un bref échange, le lot de pièces pouvait être pesé. Une fois le poids de la marchandise connue, le marchandage commence et est vite bouclé. Habibur Rahman sort son portefeuille et paye la note : 3 000 FCFA pour une dizaine de kilos de ferraille.

« C’est un travailleur et il est très sérieux dans ce qu’il fait. Il a par ailleurs un esprit de solidarité et est habité par un grand humanisme », nous souffle Madické Diouf. Des traits de caractère notés lors de la transaction avec les deux jeunes mécaniciens. Car le temps de marchander, les deux jeunes ont eu l’opportunité de taquiner Habibur Rahman, qui parle un wolof (dialecte le plus parlé au Sénégal) impeccable. Normal, en onze ans de présence au Sénégal.

Habibur Rahman« Je suis venu au Sénégal en 2010, avec comme objectif de rallier l’Italie, pour y exercer mon métier de soudeur métallique, spécialisé en chantier naval. Après des années de démarches non fructueuses, je suis finalement resté ici. Cela fait onze ans que je vis au Sénégal », confie fièrement Habibur Rahman, qui indique avoir une carte de séjour, mais veut plus. « Je veux la nationalité sénégalaise », argue-t-il.

Entre deux mots, nous sommes interrompus par un ouvrier. « Habib, peux-tu me prêter ta moto, s’il te plaît ? Je dois faire une petite course », lance le gaillard solide, debout sur 1m85 pour environ 90 kilos. « Vas-y doucement, ma moto n’est pas au top. Je traîne une petite panne, donc il faut rouler doucement avec », rétorque Habibur Rahman, qui lui file les clés de sa bécane. On pouvait alors poursuivre notre échange.

« Aujourd’hui, à défaut de me rendre en Italie, je suis ferrailleur au Sénégal. Mon travail consiste à acheter de la ferraille, de la stocker avant de la commercialiser. Une fois que je parviens à rassembler assez de ferraille capable de remplir un camion, je procède à la vente. Le camion chargé rallie Sébikotane (40 km de Dakar) où se trouve l’usine de transformation », détaille Habibur Rahman, qui confie s’en sortir avec ce job qu’il débute à 8 heures pour finir vers 19 heures GMT.

« Aujourd’hui, j’ai une carte de commerçant, Import/Export. Je voyage de temps en temps, notamment pour me rendre au Bangladesh, voir ma famille. J’ai une femme et deux filles : une de 10 ans et une autre de 16 ans. Depuis que je suis au Sénégal, je me suis rendu trois fois au pays, pour rendre visite à ma famille ».

Habibur Rahman Les dix années passées au Sénégal l’ont finalement fait découvrir ce pays d’Afrique de l’Ouest que Habibur Rahman trouve « beau ». « J’adore le Sénégal, qui est un beau pays et les gens sont accueillants. Je me sens bien ici. L’Italie, c’est une histoire ancienne, je ne compte plus aller ailleurs. On trouve tout ce qu’on veut au marché et on peut bien manger ici au Sénégal », lance Habibur Rahman, qui dit préparer seul tous les plats qu’il souhaite. « Des spécialités bien de chez moi, notamment à base de riz et de sauce au poisson ou au poulet ».

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Rien ne le prédestinait à vivre au Sénégal, où il était juste censé être de passage, car son objectif était de rallier l’Italie. Voilà déjà 11 bonnes années que Habibur Rahman, 41 ans, a quitté son Bangladesh natal, où il a laissé sa femme et ses deux filles, en quête d’un Eldorado qu’il pense avoir trouvé au pays de la Téranga (hospitalité). AFRIK.COM est allé à sa rencontre.

Il est 16 heures GMT, à Thiès, Capitale du rail, ville située à 70 kilomètres de Dakar. Nous sommes le vendredi 16 avril 2021. Derrière la gare routière de la ville, ici tout le monde est actif. Les bruits de marteau, de klaxon et autres cris décrivent l’ambiance d’une zone commerciale quasiment réservée à la vente de pièces automobiles, venant d’Europe, neuves où usées. Et c’est cette dernière catégorie qui intéresse Habibur Rahman, un Bangladais qui s’active dans la vente de ferraille.

Habibur RahmanDebout à l’entrée d’un atelier de tôlier, qui abrite son « magasin » de stockage, Habibur Rahman échange avec Madické Diouf, avec qui il partage le lieu de travail. Si le Bangladais s’active dans l’achat et la vente de ferraille, Diouf lui, répare les véhicules et autres pièces, notamment les câbles d’embrayage, les dessous d’aile de voitures, entre autres travaux visant à remettre en état certaines parties ou pièces endommagées des véhicules.

Avant que nous franchissions le seuil de l’atelier, Habibur Rahman est déjà à l’intérieur, où il rejoint deux jeunes mécaniciens venus lui proposer des pièces de voiture usées, fraîchement changées. Après un bref échange, le lot de pièces pouvait être pesé. Une fois le poids de la marchandise connue, le marchandage commence et est vite bouclé. Habibur Rahman sort son portefeuille et paye la note : 3 000 FCFA pour une dizaine de kilos de ferraille.

« C’est un travailleur et il est très sérieux dans ce qu’il fait. Il a par ailleurs un esprit de solidarité et est habité par un grand humanisme », nous souffle Madické Diouf. Des traits de caractère notés lors de la transaction avec les deux jeunes mécaniciens. Car le temps de marchander, les deux jeunes ont eu l’opportunité de taquiner Habibur Rahman, qui parle un wolof (dialecte le plus parlé au Sénégal) impeccable. Normal, en onze ans de présence au Sénégal.

Habibur Rahman« Je suis venu au Sénégal en 2010, avec comme objectif de rallier l’Italie, pour y exercer mon métier de soudeur métallique, spécialisé en chantier naval. Après des années de démarches non fructueuses, je suis finalement resté ici. Cela fait onze ans que je vis au Sénégal », confie fièrement Habibur Rahman, qui indique avoir une carte de séjour, mais veut plus. « Je veux la nationalité sénégalaise », argue-t-il.

Entre deux mots, nous sommes interrompus par un ouvrier. « Habib, peux-tu me prêter ta moto, s’il te plaît ? Je dois faire une petite course », lance le gaillard solide, debout sur 1m85 pour environ 90 kilos. « Vas-y doucement, ma moto n’est pas au top. Je traîne une petite panne, donc il faut rouler doucement avec », rétorque Habibur Rahman, qui lui file les clés de sa bécane. On pouvait alors poursuivre notre échange.

« Aujourd’hui, à défaut de me rendre en Italie, je suis ferrailleur au Sénégal. Mon travail consiste à acheter de la ferraille, de la stocker avant de la commercialiser. Une fois que je parviens à rassembler assez de ferraille capable de remplir un camion, je procède à la vente. Le camion chargé rallie Sébikotane (40 km de Dakar) où se trouve l’usine de transformation », détaille Habibur Rahman, qui confie s’en sortir avec ce job qu’il débute à 8 heures pour finir vers 19 heures GMT.

« Aujourd’hui, j’ai une carte de commerçant, Import/Export. Je voyage de temps en temps, notamment pour me rendre au Bangladesh, voir ma famille. J’ai une femme et deux filles : une de 10 ans et une autre de 16 ans. Depuis que je suis au Sénégal, je me suis rendu trois fois au pays, pour rendre visite à ma famille ».

Habibur Rahman Les dix années passées au Sénégal l’ont finalement fait découvrir ce pays d’Afrique de l’Ouest que Habibur Rahman trouve « beau ». « J’adore le Sénégal, qui est un beau pays et les gens sont accueillants. Je me sens bien ici. L’Italie, c’est une histoire ancienne, je ne compte plus aller ailleurs. On trouve tout ce qu’on veut au marché et on peut bien manger ici au Sénégal », lance Habibur Rahman, qui dit préparer seul tous les plats qu’il souhaite. « Des spécialités bien de chez moi, notamment à base de riz et de sauce au poisson ou au poulet ».

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