Actualité Politique, Économie, Sport , en France et du reste
Fin du Ramadan, les cordonniers sénégalais se frottent les mains en attendant la Korité (Aïd)
10/05/2021 à 13h41 par La redaction
Publicité
Publicité

C’est bientôt la fin du mois de ramadan et les préparatifs vont bon train, dans un pays comme le Sénégal, où 9 5% de la population sont des musulmans, donc prêts à célébrer l’Aïd El-Fitr. Les cordonniers ne sont pas en reste et se frottent déjà les mains avec des commandes à la pelle. Ils rejettent même les derniers clients venus pour se procurer des chausseurs en vue de se faire beau pour les besoins de la fête.

Publicité

Dans la semaine, les Sénégalais, comme les musulmans du monde entier, boucleront la période de jeûne, vécue sur un mois. Ils achèvent en effet le mois béni de ramadan, dans la beauté. Du moins, en se faisant beau. Aucun détail n’est à écarter. Les tailleurs sont débordés, avec leur mission d’habiller des millions de Sénégalais décidés à passer la fête dans leurs plus eaux habits. L’habillement étant un tout, les chaussures ont aussi leur grande importance pendant toute fête d’Aïd El-Fitr. AFRIK.COM a fait un petit détour à la Rue 11 de la Médina, à Dakar, la capitale sénégalaise, temple de la chaussure dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Connue pour regrouper la quasi-totalité des cordonniers et maroquiniers de Dakar, la Rue 11 de la Médina, sixième ruelle de la partie impaire des artères de ce quartier (Médina), en partant, parallèlement, de l’Avenue Malick Sy, après les 1, 3, 5, 7 et 9, est connue pour être la zone de prédilection des cordonniers. Ils y ont quasiment tous élu domicile, dans des ateliers d’environ 12 mètres carrés chacun, jouxtant le mur de clôture du stade Iba Mar Diop. Le bruit des radios et autres marteaux plante déjà le décor. L’odeur de la colle forte envahit les lieux. Chaque cordonnier s’active à remplir son contrat, qui avec des particuliers qui ont lancé une commande d’une ou deux paires de chaussures, qui d’autres avec un tiers revendeur, à qui ils doivent livrer une ou plusieurs douzaines de paires de chaussures.

Abdoulaye (nom d’emprunt), n’a pas une minute à perdre. Il doit honorer trois commandes qui doivent être livrées dans la sous-région. Deux cent paires de chaussures. Ce n’est pas une petite affaire et la pression se lit chez lui. « Ne me prenez pas en photo, s’il vous plaît. Vous pouvez prendre en photo les chaussures, mais pas moi. Merci de votre compréhension », lance-t-il gentiment. Nous sommes obligés de coopérer. Les 22 degrés qu’affichait le thermomètre, en cette soirée du samedi 8 mai 2021 ne pouvaient en rien empêcher Abdoulaye de transpirer à grosses gouttes. Entre la colle, l’assemblage, le geste était devenu automatique. Tel un robot !

A côte de lui, un autre cordonnier, qui a lui aussi préféré garder l’anonymat, mais que nous appelleront Samba (sur la photo), s’occupe des points préliminaires, à savoir la pose de la première garniture sur la semelle. Lui aussi va plus vite que l’éclair. Nous sommes dans une véritable usine, où le travail à la chaîne se fait avec une dextérité inégalable. « Combien coûte une paire de sandales ? », demande un client à Gora, lui aussi cordonnier, mais visiblement éloigné de cette pression que vivent ses collègues. « 5 000 FCFA », rétorque-t-il. « 5 000 FCFA ! C’est un peu cher

quand même, par rapport aux autres », lance le client. « Normal, mes chaussures sont en cuir, et cette matière coûte cher en ce moment », poursuit Gora, qui brandit fièrement son travail exposé au mur.

« Ces chaussures demandent un travail méticuleux. Je ne fais pas un travail à la va-vite comme les autres, je prends mon temps et fais de l’art. Nous sommes des artisans et il y a des normes à respecter. Je ne fais pas comme certains, prendre des commandes à gauche et à droite et ne pas pouvoir les honorer. Souvent, cela pose des problèmes entre certains cordonniers et les clients. Je pense que nous devons éviter ce genre de situation », nous confie Gora, un petit sourire au coin. Il était en train de décrocher des chaussures présentées au mur pour les montrer à un revendeur. « J’en veux une demi-douzaine, je peux payer 3 500 FCFA la paire », lance l’acheteur. « Même si vous achetiez tout mon stock, je ne peux pas vous les vendre à 4 000 FCFA la paire », lance timidement Gora, qui continue de traiter les gabarits, après avoir raccroché au mur les chaussures enveloppées dans un film plastique.

« Est-ce que ces chaussures beige, là en haut, sont en daim ? », demande une cliente, qui nous confie être une « Ivoiro-Béninoise ». « Non, elles sont en simili cuir », répond un des cordonniers, qui avait la marchandise au-dessus de sa tête. Il se retourne et pointe une autre paire de chaussures, de couleur marron, pour indiquer à la dame que « celles-là sont en daim ». « Non, j’en veux une paire de couleur beige », réplique l’Ivoiro-Béninoise, qui avait déjà foulé la seuil de la port de l’atelier, dans le sens de la sortie. Elle n’aura sûrement pas du mal à trouver chaussure à son pied et à son goût, dans ce temple dakarois de la chaussure.

Le travail se poursuit dans le vacarme certes, mais aussi et surtout une ambiance bon enfant, histoire d’éviter la pression imposée par les commandes loin d’être honorées. Il reste encore quelques jours avant la fête de l’Aïd El-Fitr et tous espèrent honorer leur engagement et entrer en possession du solde après avoir empoché une avance conséquente lors de la commande. Une belle opération financière qui permettra à certains cordonniers de poursuivre les travaux de construction de leur maison, qui d’autres de se payer du mobilier de maison, alors que d’autres en profiteront pour verser la dot à la famille de la promise. Dans tous les cas, ils se frotteront tous les mains et iront passer la fête de Korité en famille, loin de la capitale sénégalaise, où ils ne sont que pour gagner leur vie, à la sueur de leur front.

Fin Du Ramadan, Les Cordonniers Sénégalais Se Frottent Les Mains En Attendant La Korité (Aïd) Fin Du Ramadan, Les Cordonniers Sénégalais Se Frottent Les Mains En Attendant La Korité (Aïd) Fin Du Ramadan, Les Cordonniers Sénégalais Se Frottent Les Mains En Attendant La Korité (Aïd) Fin Du Ramadan, Les Cordonniers Sénégalais Se Frottent Les Mains En Attendant La Korité (Aïd)

Publicité
Ne partez pas sans partager :

Vous êtes sur whatsapp,intégrez et recevez nos articles depuis nos groupes disponible sur le whatsapp

🚨DOINGBUZZ ACTUALITE NEW Pour offres d'emploi 👉🏾 -🇨🇲 Cameroun -🇨🇲 Cameroun  -🇨🇲 Cameroun  groupe emploi whatsapp doingbuzz

Cliquer ici pour les autres groupes👆



Plus de news

Laurent Gbagbo : La Cdpa Célèbre Son Retour

18/06/2021

Laurent Gbagbo...

Publicité Publicité Bienvenue chez toi, camarade Laurent...
Le Mouvement Conscience Mandela Salue Le Retour Du Président Laurent Koudou Gbagbo

18/06/2021

Le Mouvement...

Publicité Publicité   Le Mouvement Conscience Mandela...
Francis Mvemba Réagit Aux Nouvelles Critiques Sur Son Mariage Avec Coco Emilia

17/06/2021

FRANCIS MVEMBA...

Publicité Publicité Alors que son mariage avec...
Emmanuel Macron Est Optimiste Pour La Technologie Africaine Au Salon Vivatech

17/06/2021

Emmanuel Macron...

Publicité Publicité   Le 16 juin 2021,...
La Résidence De Gbagbo Assiégée Par Les Manifestants

17/06/2021

La résidence...

Publicité Publicité   Laurent Gbagbo, étant définitivement...
Laurent Gbagbo Pose Enfin Ses Pieds Sur Le Sol Ivoirien ( Photos)

17/06/2021

Laurent Gbagbo...

Publicité Publicité Publicité C'est la joie chez...
Des Partisans De Gbagbo Empêchés Par Des Microbes Sur L'Autoroute De Yopougon - Adjamé (Vidéo)

17/06/2021

Des partisans...

Publicité Publicité     C'est une vidéo...
Côte D'Ivoire : Une Très Mauvaise Nouvelle Pour Guillaume Soro

17/06/2021

Côte d’Ivoire...

Publicité Publicité Une très mauvaise nouvelle pour...
Retour De Laurent Gbagbo : Voici Le Message De Simone Gbagbo Avant D’aller À L’aéroport (Vidéo)

17/06/2021

Retour de...

Publicité Publicité   La femme de l’ancien...
Retour De Laurent Gbagbo : Voici La Réaction Officielle De Guillaume Soro

17/06/2021

Retour de...

Publicité Publicité M. Laurent GBAGBO, ancien Président...
Chris Yapi : « Retour Le 17 Juin 2021 En Côte D’ivoire : Un Sombre Traquenard Se Prépare Contre Laurent Gbagbo »

17/06/2021

Chris Yapi...

Publicité Publicité ChrIs Yapi, le fameux, fait...
Chris Yapi : « Retour De Laurent Gbagbo En Côte D’ivoire : Voici Ce Qui Se Prépare »

17/06/2021

Chris Yapi...

Publicité Publicité   Chris Yapi sort de...
Coronavirus : Le Japon Au Chevet De La Tunisie

17/06/2021

Coronavirus :...

Publicité Publicité Le Japon a procédé à...
Aéroport D'Abidjan-Félix Houphouët Boigny : L’heure D’arrivée De Laurent Gbagbo Est Modifiée

17/06/2021

Aéroport d’Abidjan-Félix...

Publicité Publicité   Il y a eu...
La Résidence De Gbagbo Assiégée Par Les Manifestants

17/06/2021

La résidence...

Publicité Publicité Laurent Gbagbo, étant définitivement acquitté...
Algérie : Tebboune Qualifié De « Danger » Pour Son Pays !

17/06/2021

Algérie :...

Publicité Publicité Le Président algérien, Abdelmadjid Tebboune,...
Boko Haram Frappe Au Nigeria Et Tue Trois Soldats

17/06/2021

Boko Haram...

Publicité Publicité Une attaque menée par des...
La Cpi A Un Nouveau Procureur

17/06/2021

La CPI...

Publicité Publicité   Fatou  Bensouda passe la...
Covid-19 : L’astrazeneca Est-Il Vraiment Inefficace ?

17/06/2021

COVID-19 :...

Publicité Publicité L’AstraZeneca est encore au centre...
Côte D’ivoire/ Prison À Vie Pour Soro, 20 Ans Pour Soul To Soul: Alain Lobognon Libéré Bientôt ?

17/06/2021

Côte d’Ivoire/...

Publicité Publicité Le procès de Guillaume Soro...
Publicité
Publicité

C’est bientôt la fin du mois de ramadan et les préparatifs vont bon train, dans un pays comme le Sénégal, où 9 5% de la population sont des musulmans, donc prêts à célébrer l’Aïd El-Fitr. Les cordonniers ne sont pas en reste et se frottent déjà les mains avec des commandes à la pelle. Ils rejettent même les derniers clients venus pour se procurer des chausseurs en vue de se faire beau pour les besoins de la fête.

Publicité

Dans la semaine, les Sénégalais, comme les musulmans du monde entier, boucleront la période de jeûne, vécue sur un mois. Ils achèvent en effet le mois béni de ramadan, dans la beauté. Du moins, en se faisant beau. Aucun détail n’est à écarter. Les tailleurs sont débordés, avec leur mission d’habiller des millions de Sénégalais décidés à passer la fête dans leurs plus eaux habits. L’habillement étant un tout, les chaussures ont aussi leur grande importance pendant toute fête d’Aïd El-Fitr. AFRIK.COM a fait un petit détour à la Rue 11 de la Médina, à Dakar, la capitale sénégalaise, temple de la chaussure dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.

Connue pour regrouper la quasi-totalité des cordonniers et maroquiniers de Dakar, la Rue 11 de la Médina, sixième ruelle de la partie impaire des artères de ce quartier (Médina), en partant, parallèlement, de l’Avenue Malick Sy, après les 1, 3, 5, 7 et 9, est connue pour être la zone de prédilection des cordonniers. Ils y ont quasiment tous élu domicile, dans des ateliers d’environ 12 mètres carrés chacun, jouxtant le mur de clôture du stade Iba Mar Diop. Le bruit des radios et autres marteaux plante déjà le décor. L’odeur de la colle forte envahit les lieux. Chaque cordonnier s’active à remplir son contrat, qui avec des particuliers qui ont lancé une commande d’une ou deux paires de chaussures, qui d’autres avec un tiers revendeur, à qui ils doivent livrer une ou plusieurs douzaines de paires de chaussures.

Abdoulaye (nom d’emprunt), n’a pas une minute à perdre. Il doit honorer trois commandes qui doivent être livrées dans la sous-région. Deux cent paires de chaussures. Ce n’est pas une petite affaire et la pression se lit chez lui. « Ne me prenez pas en photo, s’il vous plaît. Vous pouvez prendre en photo les chaussures, mais pas moi. Merci de votre compréhension », lance-t-il gentiment. Nous sommes obligés de coopérer. Les 22 degrés qu’affichait le thermomètre, en cette soirée du samedi 8 mai 2021 ne pouvaient en rien empêcher Abdoulaye de transpirer à grosses gouttes. Entre la colle, l’assemblage, le geste était devenu automatique. Tel un robot !

A côte de lui, un autre cordonnier, qui a lui aussi préféré garder l’anonymat, mais que nous appelleront Samba (sur la photo), s’occupe des points préliminaires, à savoir la pose de la première garniture sur la semelle. Lui aussi va plus vite que l’éclair. Nous sommes dans une véritable usine, où le travail à la chaîne se fait avec une dextérité inégalable. « Combien coûte une paire de sandales ? », demande un client à Gora, lui aussi cordonnier, mais visiblement éloigné de cette pression que vivent ses collègues. « 5 000 FCFA », rétorque-t-il. « 5 000 FCFA ! C’est un peu cher

quand même, par rapport aux autres », lance le client. « Normal, mes chaussures sont en cuir, et cette matière coûte cher en ce moment », poursuit Gora, qui brandit fièrement son travail exposé au mur.

« Ces chaussures demandent un travail méticuleux. Je ne fais pas un travail à la va-vite comme les autres, je prends mon temps et fais de l’art. Nous sommes des artisans et il y a des normes à respecter. Je ne fais pas comme certains, prendre des commandes à gauche et à droite et ne pas pouvoir les honorer. Souvent, cela pose des problèmes entre certains cordonniers et les clients. Je pense que nous devons éviter ce genre de situation », nous confie Gora, un petit sourire au coin. Il était en train de décrocher des chaussures présentées au mur pour les montrer à un revendeur. « J’en veux une demi-douzaine, je peux payer 3 500 FCFA la paire », lance l’acheteur. « Même si vous achetiez tout mon stock, je ne peux pas vous les vendre à 4 000 FCFA la paire », lance timidement Gora, qui continue de traiter les gabarits, après avoir raccroché au mur les chaussures enveloppées dans un film plastique.

« Est-ce que ces chaussures beige, là en haut, sont en daim ? », demande une cliente, qui nous confie être une « Ivoiro-Béninoise ». « Non, elles sont en simili cuir », répond un des cordonniers, qui avait la marchandise au-dessus de sa tête. Il se retourne et pointe une autre paire de chaussures, de couleur marron, pour indiquer à la dame que « celles-là sont en daim ». « Non, j’en veux une paire de couleur beige », réplique l’Ivoiro-Béninoise, qui avait déjà foulé la seuil de la port de l’atelier, dans le sens de la sortie. Elle n’aura sûrement pas du mal à trouver chaussure à son pied et à son goût, dans ce temple dakarois de la chaussure.

Le travail se poursuit dans le vacarme certes, mais aussi et surtout une ambiance bon enfant, histoire d’éviter la pression imposée par les commandes loin d’être honorées. Il reste encore quelques jours avant la fête de l’Aïd El-Fitr et tous espèrent honorer leur engagement et entrer en possession du solde après avoir empoché une avance conséquente lors de la commande. Une belle opération financière qui permettra à certains cordonniers de poursuivre les travaux de construction de leur maison, qui d’autres de se payer du mobilier de maison, alors que d’autres en profiteront pour verser la dot à la famille de la promise. Dans tous les cas, ils se frotteront tous les mains et iront passer la fête de Korité en famille, loin de la capitale sénégalaise, où ils ne sont que pour gagner leur vie, à la sueur de leur front.

Fin Du Ramadan, Les Cordonniers Sénégalais Se Frottent Les Mains En Attendant La Korité (Aïd) Fin Du Ramadan, Les Cordonniers Sénégalais Se Frottent Les Mains En Attendant La Korité (Aïd) Fin Du Ramadan, Les Cordonniers Sénégalais Se Frottent Les Mains En Attendant La Korité (Aïd) Fin Du Ramadan, Les Cordonniers Sénégalais Se Frottent Les Mains En Attendant La Korité (Aïd)

Publicité
Ne partez pas sans partager :

Laisser votre commentaire