Essai du vaccin contre l’hépatite B en Guinée-Bissau : ce que l’on sait de la polémique

En Guinée-Bissau, un essai clinique qui prévoit de retarder le vaccin contre l'hépatite B chez une partie des nouveau-nés divise autorités, chercheurs et OMS. Le 19 octobre 2026, la police judiciaire a saisi des doses de vaccin et le statut de l'étude reste flou.

Vue aérienne des toits de Bissau, capitale de la Guinée-Bissau où se déroule le débat sur l'essai du vaccin contre l'hépatite B

En Guinée-Bissau, un essai clinique qui prévoit de retarder le vaccin contre l’hépatite B chez une partie des nouveau-nés divise autorités, chercheurs et OMS. Le 19 octobre 2026, la police judiciaire a saisi des doses de vaccin dans les locaux de l’équipe de recherche, et le statut réel de l’étude reste flou.

Sommaire6 parties
  1. Essai vaccin hépatite B en Guinée-Bissau : de quoi parle-t-on ?
  2. Pourquoi l’OMS et l’Africa CDC s’y opposent-elles ?
  3. Que s’est-il passé depuis janvier 2026 ?
  4. Que signifie la saisie des vaccins par la police ?
  5. Ce que cela change pour les familles
  6. À retenir

Essai vaccin hépatite B en Guinée-Bissau : de quoi parle-t-on ?

L’étude est menée par des chercheurs danois du Bandim Health Project, une équipe installée de longue date à Bissau et coordonnée par Peter Aaby et Christine Stabell Benn. Elle porte sur environ 14 000 nourrissons. Selon KOACI et Africanews, la moitié d’entre eux ne recevrait pas la dose de naissance et serait vaccinée seulement après six semaines de vie. L’autre moitié suivrait le calendrier recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui préconise une vaccination dès la naissance.

Le projet est financé en partie par les États-Unis. Africanews évoque une enveloppe de 1,6 million de dollars du ministère américain de la Santé. Le site britannique IBTimes parle de 3,2 millions de dollars au total, apportés par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et deux fondations privées.

Pourquoi l’OMS et l’Africa CDC s’y opposent-elles ?

Le cœur du débat est éthique. L’hépatite B est très répandue en Guinée-Bissau : d’après les données de l’OMS citées par Africanews, plus de 12 % des adultes vivent avec une infection chronique, et environ 2 % des enfants de moins de cinq ans sont infectés. La dose de naissance sert justement à empêcher la transmission de la mère à l’enfant.

  • L’OMS juge, dans sa déclaration du 13 février 2026, contraire à l’éthique un protocole qui prive des nouveau-nés d’une intervention vaccinale éprouvée. Son porte-parole, Tarik Jašarević, a évoqué des risques « graves et potentiellement irréversibles » pour les nouveau-nés, selon IBTimes.
  • L’Africa CDC, l’agence sanitaire de l’Union africaine, s’oppose également à l’essai et a fait état de discussions entre Washington et Bissau.
  • Des scientifiques, comme l’infectiologue américain Paul Offit, estiment qu’un tel essai serait difficilement acceptable aux États-Unis.

Le dossier est aussi politique : le secrétaire américain à la Santé, Robert F. Kennedy Jr., connu pour ses positions critiques sur les vaccins, a publiquement salué les chercheurs du projet.

Que s’est-il passé depuis janvier 2026 ?

Date Étape
Janvier 2026 L’essai est suspendu pour un examen éthique, après de vives critiques
Début octobre 2026 Le comité d’éthique de l’Université du Danemark du Sud donne son feu vert ; plusieurs membres démissionnent en signe de désaccord
12-13 octobre 2026 La presse annonce la reprise de l’étude, avec un dépistage de l’hépatite B chez les mères avant l’accouchement
19 octobre 2026 La police judiciaire saisit des doses de vaccin dans un centre de recherche de Bissau

Sources : Africanews, KOACI, IBTimes et la revue de presse d’allAfrica du 22 octobre 2026.

Que signifie la saisie des vaccins par la police ?

Dans un communiqué publié sur Facebook, la police judiciaire bissau-guinéenne indique enquêter sur les circonstances entourant un lot de vaccins. Elle précise que cette saisie ne prouve, à elle seule, aucun problème de qualité, de sécurité ou d’efficacité des doses. Aucune personne n’a été mise en cause publiquement à ce stade.

Les versions officielles se contredisent. Le ministre de la Santé, Quinhin Nantote, a démenti que l’étude aille de l’avant, tandis que l’équipe de Bandim a publié une lettre d’approbation du comité national d’éthique. Selon IBTimes, ces documents ne prouvent pas que toutes les autorisations gouvernementales ont été obtenues.

Ce que cela change pour les familles

La Guinée-Bissau prévoit de vacciner tous les nouveau-nés contre l’hépatite B à la naissance à partir de 2028, selon Africanews. D’ici là, les parents peuvent se renseigner auprès de leur centre de santé sur le calendrier vaccinal en vigueur. Une femme enceinte peut aussi demander un test de dépistage de l’hépatite B pendant le suivi de sa grossesse.

Ce débat intervient alors que l’Afrique de l’Ouest renforce sa vigilance sanitaire, comme le montre notre article sur le cas d’Ebola confirmé à Abuja, où l’OMS et le NCDC coordonnent le suivi des contacts.

Information générale, pas un conseil personnalisé. Pour toute question sur la vaccination de votre enfant, adressez-vous à un professionnel de santé ou aux autorités sanitaires de votre pays.

À retenir

  • Un essai sur 14 000 nourrissons prévoit de retarder la dose de naissance du vaccin contre l’hépatite B pour la moitié d’entre eux, ce que l’OMS juge contraire à l’éthique.
  • Le 19 octobre 2026, la police a saisi des doses de vaccin ; elle précise que cela ne remet pas en cause leur qualité.
  • Le ministère de la Santé dément la reprise de l’étude : son statut reste incertain. Suivez la suite dans notre rubrique Actualités.

Informations vérifiées le 23 octobre 2026 à partir des sources citées ; la situation peut évoluer.

Photo en tête d’article : istiyaqtanwar / Wikimedia Commons, licence CC BY 3.0.

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