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DEFICIT PLUVIOMETRE ET RISQUE DE DISETTE EN ZONE RURALE : Quand la rareté des pluies pose une question de survie
29/08/2018 à 17h42 par Steven Ablam Kpoglo

Une période de soudure plus longue que d’habitude ou simplement un risque certain de disette dans presque toute la partie nord et le centre ouest du pays. C’est la crainte qui hante aujourd’hui le sommeil des paysans et éleveurs face au déficit pluviométrique noté cette année sur une bonne partie du territoire national. Un phénomène qui n’est pas sans rappeler la sécheresse des années 70.

(Correspondance) – La disette menace le monde rural. La crainte est d’autant fondée que, à quelques jours de la fin du mois d’août connu pour être, d’habitude, un des mois les plus pluvieux de l’hivernage sénégalais, le ciel refuse d’ouvrir ses vannes comme pour conforter les prévisions météorologiques. Lesquelles avaient, avant le début de l’hivernage, sonné l’alerte en donnant l’information selon laquelle, l’hivernage qui se profile à l’horizon risque de connaître un déficit pluviométrique durant les premiers mois de saison à savoir mai, juin et juillet. Au terme de ce premier trimestre, la situation n’ayant connu aucune amélioration, l’Anacim est revenue et cette fois ci porteuse d’une information des plus alarmantes. La sécheresse s’est installée dans une bonne partie du pays car la ligne jaune est franchie pour le déficit pluviométrique. Une information d’autant fondée qu’elle se vérifie d’elle-même. Un simple tour dans les champs permet de se rendre compte de l’ampleur du sinistre. Les pousses, faute d’humidité, meurent sous l’effet des rayons solaires. Dans des zones argileuses comme la commune de Mont Rolland, la terre aride craquelle par endroits sous le regard impuissant des paysans qui ne savent plus quel Dieu implorer. Une situation qui, sauf extraordinaire, risque d’être catastrophique dans un pays comme le Sénégal où plus de 60 % de la population vivent en milieu rural. Les premières victimes de ces aléas climatiques sont sans nul doute les éleveurs et principalement ceux d’entre eux qui pratiquent l’élevage extensif. Avec l’approche de l’hivernage, tous les champs avaient été débroussaillés pour faire place à d’immenses espaces de terres nus ne laissant aux pasteurs que la seule ressource d’élaguer les arbres pour nourrir leurs troupeaux et les puits pour les abreuver. Des puits qu’ils disputent d’ailleurs avec les populations environnantes. Surtout avec le phénomène de privatisation des forages qui rend difficile l’accès à l’eau en milieu rural. Sans compter que, dans le département de Thiès, avec la pénurie d’eau que connaissent Dakar et ses environs, nombre de forages sur le plateau de Thiès et dans la zone des Niayes desservent ces dites localités qu’ils alimentent en eau potable. Une situation assez difficile qui fait renaître dans l’esprit de certains éleveurs l’idée de cette pratique qu’on croyait révolue : la transhumance. «Si mon père l’accepte, je pense que je vais vendre deux bœufs pour acheter de la nourriture pour la famille et partir avec le reste du troupeau dans la région du Saloum. Là-bas il parait qu’il y a des pâturages», dit Seydou Bâ trouvé avec son troupeau aux abords du village de Daral Peul dans la commune rural de Keur Mousseu. Pour combien de temps ? «Le temps que la situation redevienne normale. Il vaut mieux se déplacer que de regarder les animaux mourir sous mes yeux. Ici, on nous interdit de couper les arbres car nous sommes dans la forêt classée et nous n’avons pas assez d’argent pour acheter de l’aliment de bétail pendant toute l’année», répond-il.

Quid des agriculteurs qui se sont lassés de scruter le ciel et de croiser les doigts à chaque fois que des nuages pointent à l’horizon ? Pour eux, l’inquiétude est devenue le sentiment le mieux partagé face à cette soudure  qui n’en est qu’à son début ? Une situation terrible qui se pose en termes d’insécurité alimentaire pour ne pas dire de survie et qui appelle à une solidarité agissante et un appui conséquent des pouvoirs publics. Pour dire une attention toute particulière et une mobilisation de tous pour éviter qu’une disette s’installe dans le monde rural. Surtout quand on sait que, cette année 2018, a été déclarée par le chef de l’Etat année sociale. Alors vivement que ce décret ne soit pas un simple slogan et qu’il se traduise en accompagnement et soutien qui transcendent les clivages et considérations politico-politiciens. L’essentiel étant que le peuple, dans son entièreté, puisse traverser cette sécheresse sans grand dommage. Au-delà, force est de reconnaître le bien-fondé de la position du producteur agricole et coordonnateur de la fédération nationale de l’agriculture biologique, Ibrahima Seck qui trouve incompréhensible qu’un pays à vocation agricole comme le Sénégal ne fasse pas de la maîtrise de l’eau une priorité.

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Quid des agriculteurs qui se sont lassés de scruter le ciel et de croiser les doigts à chaque fois que des nuages pointent à l’horizon ? Pour eux, l’inquiétude est devenue le sentiment le mieux partagé face à cette soudure  qui n’en est qu’à son début ? Une situation terrible qui se pose en termes d’insécurité alimentaire pour ne pas dire de survie et qui appelle à une solidarité agissante et un appui conséquent des pouvoirs publics. Pour dire une attention toute particulière et une mobilisation de tous pour éviter qu’une disette s’installe dans le monde rural. Surtout quand on sait que, cette année 2018, a été déclarée par le chef de l’Etat année sociale. Alors vivement que ce décret ne soit pas un simple slogan et qu’il se traduise en accompagnement et soutien qui transcendent les clivages et considérations politico-politiciens. L’essentiel étant que le peuple, dans son entièreté, puisse traverser cette sécheresse sans grand dommage. Au-delà, force est de reconnaître le bien-fondé de la position du producteur agricole et coordonnateur de la fédération nationale de l’agriculture biologique, Ibrahima Seck qui trouve incompréhensible qu’un pays à vocation agricole comme le Sénégal ne fasse pas de la maîtrise de l’eau une priorité.

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