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Chronique : Ce rap qui ne parle plus – Lettre aux rappeurs Béninois
30/12/2015 à 11h51 par La redaction

Mylène Flicka, jeune bloggeuse béninoise s’est exprimée sur le manque d’authenticité dont souffre le rap béninois selon elle. Une lettre ouverte aux rappeurs béninois… Un vrai cri du coeur… Excellent ! Lisez plutôt !
———–

Yo, les bros. Yo, les sistas du rap game. Mes très chers, ceci est peut-être des mots de trop, des mots qui ne trouveront ni écho, ni eau. Mais ce sont des mots “straight outta my heart”.

On nous a souvent dépeint un rap avilissant, dégradant et indécent. Mais vous avez gagné le pari de changer les perceptions et habitudes et de créer une culture nouvelle où ce style de musique devient un comportement. Vous avez réussi à changer le visage de nos voix, et du plus jeune au plus vieux, du plus bavard au plus taciturne, de la télé à nos chambres, tout un peuple saccade ses mots. Le rap est devenu notre geste banal, notre playlist pérenne, l’une des rares jarres trouées à trouver les doigts d’un peuple entier.

Mais malgré ce doux son de cloches, quelque part, au détour d’une rime, derrière un rythme, quelque chose grince.

Le milieu du disque est florissant, l’inspiration aussi abondante que les vocations. Cependant, nous, vos oreilles, avons perdu la foi en vous, en votre capacité à nous comprendre et à nous exprimer.

Hier, par un mouvement trop souvent répété ces temps-ci, j’ai fouillé la mémoire de notre culture rap. J’ai ressenti un grand vide. Froid. Un vide qui m’a poussée à oser ces lignes.

 

Très chers rappeurs, le peuple a soif de rap authentique.

 

Nous avons bu la dernière goutte de Vodka, épuisé la dernière caisse de desperados. Nous avons sniffé la dernière ligne de coke et fumé le dernier joint. Nous avons copulé avec la dernière vigueur et satisfait nos pires fantasmes, dansé sur le dernier hit et frimé dans la dernière caisse. Nous avons hurlé le dernier refrain, utilisé la dernière insulte et vécu tous vos ego-trips. Nous vous avons donné vos vues, votre buzz. Aujourd’hui, nos couilles, nos envies de chair et nos portefeuilles ont été vidés pour vous, nos egos ont été caressés mais nos cœurs et nos esprits sont vides.

 

Vos paroles ne nous parlent plus.

 

A force de vouloir faire du chiffre et du fric, vous en avez oublié votre public. A force de vous baser sur des statistiques biaisées pour nous servir du commercial, vous en avez oublié que le rappeur était avant tout un artiste. La musique est le langage de l’âme. Qu’on me lynche si je pense que le rap est le meilleur langage de notre génération. Qu’on m’assomme si je pense que ce langage n’existe plus quand le businessmen prend le mic et que l’artiste se terre. Vous vous êtes fait happer par les stéréotypes. Vous enchaînez les egotrips, vous avez oublié la crise, la vie qui ne va pas, nos espoirs qui se suicident. Quelque part, le beat cloche.

La vie au Bénin, à Joncquet, à Agla, à Zongo ou à Calavi, serait-elle devenue si belle pour que vous nous racontiez des réalités de la Haie-Vive? De la dernière pute à sauter, de la dernière hoverboard , de cette vie imaginaire de riche ? La vie dans les ghettos, les fins de mois et les fins d’études sont-elles devenues si easy qu’on en entende plus parler?

 

Où sont les rappeurs de nos malheurs? Ceux-là qui parlent à nos cœurs ? 

 

Jusqu’à quand attendrons-nous les rimes qui racontent des émotions, comprennent nos combats, jusqu’à quand attendrons-nous le mic qui hurlera ce que nous sommes, qui parlera de la rue,des misères, des tessons, des balafres, des problèmes de chaque jour?

Hier, mes chers, j’ai eu envie d’entendre un flow qui me dira mes souffrances, me reconfortera, une voix qui rappera mes tourments et me motivera, un Béninois qui me dira que je ne suis pas seule, que j’ai des frères qui triment aussi.

Hier, mes chers, j’ai cherché dans ma playlist un rap pour mon coeur, je n’ai trouvé que des ego-trips. Des paroles qui vous célèbrent vous, mais ne nous chantent pas, nous. Mon coeur avait besoin d’un rap fort, il a rencontré un silence fait de mots faibles.

Mes très chers rappeurs, si le chiffre vous importe tant, rappez pour une banque! De grâce, libérez le rap Béninois des éternels egotrips car nous avons soif de rimes éternelles, de vraies punchlines pour nous défouler. La génération suivante se méprend déjà sur ce qu’est le rap parce qu’elle n’en voit qu’un côté. Nous en avons marre de vos clashs de pré-puberté, de votre paranoïa des haters.

Pas besoin d’un doctorat pour faire des rimes sales et des punchlines malades, Dr Dre n’était-il pas un mauvais élève?

Devrons-nous toujours traverser les frontières du pays pour trouver satisfaction? On en a marre d’écouter du Youss ou du Badi. Nous voulons nos 229.

Où sont les talents vrais et frais du rap 229 pur, dur et authentique?

Très chers rappeurs, rendez-nous le trône de la street. Vous l’avez perdu le jour où vous avez cessé de parler de nos cicatrices.

Cordialement,

Straight outta my heart.

Source
Mylène Flicka
www.myleneflicka.com

Et vous Doingbuzz FUN  qu’en pensez-vous ? Le rap de chez vous, vous satisfait-il ? Commentez !

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Mylène Flicka, jeune bloggeuse béninoise s’est exprimée sur le manque d’authenticité dont souffre le rap béninois selon elle. Une lettre ouverte aux rappeurs béninois… Un vrai cri du coeur… Excellent ! Lisez plutôt !
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Yo, les bros. Yo, les sistas du rap game. Mes très chers, ceci est peut-être des mots de trop, des mots qui ne trouveront ni écho, ni eau. Mais ce sont des mots “straight outta my heart”.

On nous a souvent dépeint un rap avilissant, dégradant et indécent. Mais vous avez gagné le pari de changer les perceptions et habitudes et de créer une culture nouvelle où ce style de musique devient un comportement. Vous avez réussi à changer le visage de nos voix, et du plus jeune au plus vieux, du plus bavard au plus taciturne, de la télé à nos chambres, tout un peuple saccade ses mots. Le rap est devenu notre geste banal, notre playlist pérenne, l’une des rares jarres trouées à trouver les doigts d’un peuple entier.

Mais malgré ce doux son de cloches, quelque part, au détour d’une rime, derrière un rythme, quelque chose grince.

Le milieu du disque est florissant, l’inspiration aussi abondante que les vocations. Cependant, nous, vos oreilles, avons perdu la foi en vous, en votre capacité à nous comprendre et à nous exprimer.

Hier, par un mouvement trop souvent répété ces temps-ci, j’ai fouillé la mémoire de notre culture rap. J’ai ressenti un grand vide. Froid. Un vide qui m’a poussée à oser ces lignes.

 

Très chers rappeurs, le peuple a soif de rap authentique.

 

Nous avons bu la dernière goutte de Vodka, épuisé la dernière caisse de desperados. Nous avons sniffé la dernière ligne de coke et fumé le dernier joint. Nous avons copulé avec la dernière vigueur et satisfait nos pires fantasmes, dansé sur le dernier hit et frimé dans la dernière caisse. Nous avons hurlé le dernier refrain, utilisé la dernière insulte et vécu tous vos ego-trips. Nous vous avons donné vos vues, votre buzz. Aujourd’hui, nos couilles, nos envies de chair et nos portefeuilles ont été vidés pour vous, nos egos ont été caressés mais nos cœurs et nos esprits sont vides.

 

Vos paroles ne nous parlent plus.

 

A force de vouloir faire du chiffre et du fric, vous en avez oublié votre public. A force de vous baser sur des statistiques biaisées pour nous servir du commercial, vous en avez oublié que le rappeur était avant tout un artiste. La musique est le langage de l’âme. Qu’on me lynche si je pense que le rap est le meilleur langage de notre génération. Qu’on m’assomme si je pense que ce langage n’existe plus quand le businessmen prend le mic et que l’artiste se terre. Vous vous êtes fait happer par les stéréotypes. Vous enchaînez les egotrips, vous avez oublié la crise, la vie qui ne va pas, nos espoirs qui se suicident. Quelque part, le beat cloche.

La vie au Bénin, à Joncquet, à Agla, à Zongo ou à Calavi, serait-elle devenue si belle pour que vous nous racontiez des réalités de la Haie-Vive? De la dernière pute à sauter, de la dernière hoverboard , de cette vie imaginaire de riche ? La vie dans les ghettos, les fins de mois et les fins d’études sont-elles devenues si easy qu’on en entende plus parler?

 

Où sont les rappeurs de nos malheurs? Ceux-là qui parlent à nos cœurs ? 

 

Jusqu’à quand attendrons-nous les rimes qui racontent des émotions, comprennent nos combats, jusqu’à quand attendrons-nous le mic qui hurlera ce que nous sommes, qui parlera de la rue,des misères, des tessons, des balafres, des problèmes de chaque jour?

Hier, mes chers, j’ai eu envie d’entendre un flow qui me dira mes souffrances, me reconfortera, une voix qui rappera mes tourments et me motivera, un Béninois qui me dira que je ne suis pas seule, que j’ai des frères qui triment aussi.

Hier, mes chers, j’ai cherché dans ma playlist un rap pour mon coeur, je n’ai trouvé que des ego-trips. Des paroles qui vous célèbrent vous, mais ne nous chantent pas, nous. Mon coeur avait besoin d’un rap fort, il a rencontré un silence fait de mots faibles.

Mes très chers rappeurs, si le chiffre vous importe tant, rappez pour une banque! De grâce, libérez le rap Béninois des éternels egotrips car nous avons soif de rimes éternelles, de vraies punchlines pour nous défouler. La génération suivante se méprend déjà sur ce qu’est le rap parce qu’elle n’en voit qu’un côté. Nous en avons marre de vos clashs de pré-puberté, de votre paranoïa des haters.

Pas besoin d’un doctorat pour faire des rimes sales et des punchlines malades, Dr Dre n’était-il pas un mauvais élève?

Devrons-nous toujours traverser les frontières du pays pour trouver satisfaction? On en a marre d’écouter du Youss ou du Badi. Nous voulons nos 229.

Où sont les talents vrais et frais du rap 229 pur, dur et authentique?

Très chers rappeurs, rendez-nous le trône de la street. Vous l’avez perdu le jour où vous avez cessé de parler de nos cicatrices.

Cordialement,

Straight outta my heart.

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Mylène Flicka
www.myleneflicka.com

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