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Angola : l’ex-président dos Santos à la retraite après quatre décennies de règne
08/09/2018 à 19h46 par Steven Ablam Kpoglo

Après des mois de querelles, l'ex-chef d'État, Jose Eduardo dos Santos, a cédé samedi 8 septembre la présidence du parti au pouvoir, le Mouvement populaire de libération de l'Angola à José Lourenço, son successeur à la tête du pays.

Son départ marque la fin d’une ère. L'ancien président Jose Eduardo dos Santos a fait samedi 8 septembre ses adieux à la vie politique angolaise qu'il a écrasée de sa présence pendant près de quarante ans. Il a fini par céder les rênes du parti au pouvoir en Angola à l'actuel chef d'État, José Lourenço.

A 76 ans, Jose Eduardo dos Santos a prononcé son dernier discours de "camarade numéro 1" devant plus 300 délégués du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA), réunis en congrès extraordinaire dans la capitale Luanda. "Il n'existe aucune activité humaine épargnée par les erreurs, j'assume celles que j'ai faites car on dit que l'on apprend de ses erreurs", a déclaré l'ancien maître du pays.

José Eduardo dos Santos a régné d'une main de fer sur l'Angola de 1979 à 2017. Il est crédité d'avoir sorti le pays de la guerre fratricide qui l'a ensanglanté jusqu'en 2002. Mais cette réussite a eu pour revers le clientélisme et la corruption.

"Je n'ai jamais voulu ce poste"

Malade, il n'a pas sollicité l'an dernier le renouvellement de son mandat aux élections et a cédé la tête du pays à son ancien ministre de la Défense Joao Lourenço. Mais il avait conservé la direction du tout-puissant MPLA, au pouvoir depuis l'indépendance en 1975. "Je n'ai jamais voulu ce poste et je ne pensais pas pouvoir l'occuper pendant de si nombreuses années mais les circonstances m'y ont forcé", a assuré l’e-chef d’État samedi.

Après le départ de José Eduardo dos Santos, les délégués du parti doivent formellement élire samedi après-midi Joao Lourenço, 64 ans, seul candidat. Ce passage de témoin vient mettre un terme à une année politique marquée, contre toute attente, par des frictions à peine masquées entre les deux hommes.

Le clan dos Santos, écarté des secteurs clefs de l’économie

En choisissant pour dauphin un cacique de son régime, José Eduardo dos Santos pensait pouvoir couler une retraite paisible. Ses proches contrôlaient les secteurs stratégiques de l'économie, comme la compagnie pétrolière nationale confiée à sa milliardaire de fille Isabel. Propriétaire de pans entiers de l'économie, sa fille Isabel est considérée comme la femme la plus riche d'Afrique par le magazine américain Forbes.

À la surprise générale, celui qui était présenté comme le "docile" Joao Lourenço s'est vite affranchi de l'autorité de son prédécesseur en s'attaquant de front à son empire. Au nom de la relance d'une économie en crise et de la lutte contre la corruption, il a débarqué Isabel dos Santos de la direction de la Sonangol et son demi-frère Jose Filomeno, dit "Zenu", de celle du fonds souverain du pays. En quelques mois, la plupart des proches du clan dos Santos ont été méthodiquement écartés de la tête des institutions, des entreprises publiques et du parti. Ce grand ménage a vivement irrité l'ancien président.

>> À lire : En Angola, le nouveau président s’attaque à l’establishment dos Santos

En coulisses, le bras de fer entre dos Santos et Lourenço s'est prolongé jusqu'au dernier jour. L'ex-chef d'État aurait bien voulu jouer les prolongations à la présidence du MPLA jusqu'en avril 2019, mais l'actuel président angolais le lui a refusé aussi sec en fixant son départ à samedi.

Solidement installé aux commandes du pays, Joao Lourenço va désormais devoir s'atteler à concrétiser le "miracle économique" qu'il a promis aux Angolais. Intronisé à la tête du parti, il dispose désormais de toutes les commandes du pays.

 

 

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Après des mois de querelles, l'ex-chef d'État, Jose Eduardo dos Santos, a cédé samedi 8 septembre la présidence du parti au pouvoir, le Mouvement populaire de libération de l'Angola à José Lourenço, son successeur à la tête du pays.

Son départ marque la fin d’une ère. L'ancien président Jose Eduardo dos Santos a fait samedi 8 septembre ses adieux à la vie politique angolaise qu'il a écrasée de sa présence pendant près de quarante ans. Il a fini par céder les rênes du parti au pouvoir en Angola à l'actuel chef d'État, José Lourenço.

A 76 ans, Jose Eduardo dos Santos a prononcé son dernier discours de "camarade numéro 1" devant plus 300 délégués du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA), réunis en congrès extraordinaire dans la capitale Luanda. "Il n'existe aucune activité humaine épargnée par les erreurs, j'assume celles que j'ai faites car on dit que l'on apprend de ses erreurs", a déclaré l'ancien maître du pays.

José Eduardo dos Santos a régné d'une main de fer sur l'Angola de 1979 à 2017. Il est crédité d'avoir sorti le pays de la guerre fratricide qui l'a ensanglanté jusqu'en 2002. Mais cette réussite a eu pour revers le clientélisme et la corruption.

"Je n'ai jamais voulu ce poste"

Malade, il n'a pas sollicité l'an dernier le renouvellement de son mandat aux élections et a cédé la tête du pays à son ancien ministre de la Défense Joao Lourenço. Mais il avait conservé la direction du tout-puissant MPLA, au pouvoir depuis l'indépendance en 1975. "Je n'ai jamais voulu ce poste et je ne pensais pas pouvoir l'occuper pendant de si nombreuses années mais les circonstances m'y ont forcé", a assuré l’e-chef d’État samedi.

Après le départ de José Eduardo dos Santos, les délégués du parti doivent formellement élire samedi après-midi Joao Lourenço, 64 ans, seul candidat. Ce passage de témoin vient mettre un terme à une année politique marquée, contre toute attente, par des frictions à peine masquées entre les deux hommes.

Le clan dos Santos, écarté des secteurs clefs de l’économie

En choisissant pour dauphin un cacique de son régime, José Eduardo dos Santos pensait pouvoir couler une retraite paisible. Ses proches contrôlaient les secteurs stratégiques de l'économie, comme la compagnie pétrolière nationale confiée à sa milliardaire de fille Isabel. Propriétaire de pans entiers de l'économie, sa fille Isabel est considérée comme la femme la plus riche d'Afrique par le magazine américain Forbes.

À la surprise générale, celui qui était présenté comme le "docile" Joao Lourenço s'est vite affranchi de l'autorité de son prédécesseur en s'attaquant de front à son empire. Au nom de la relance d'une économie en crise et de la lutte contre la corruption, il a débarqué Isabel dos Santos de la direction de la Sonangol et son demi-frère Jose Filomeno, dit "Zenu", de celle du fonds souverain du pays. En quelques mois, la plupart des proches du clan dos Santos ont été méthodiquement écartés de la tête des institutions, des entreprises publiques et du parti. Ce grand ménage a vivement irrité l'ancien président.

>> À lire : En Angola, le nouveau président s’attaque à l’establishment dos Santos

En coulisses, le bras de fer entre dos Santos et Lourenço s'est prolongé jusqu'au dernier jour. L'ex-chef d'État aurait bien voulu jouer les prolongations à la présidence du MPLA jusqu'en avril 2019, mais l'actuel président angolais le lui a refusé aussi sec en fixant son départ à samedi.

Solidement installé aux commandes du pays, Joao Lourenço va désormais devoir s'atteler à concrétiser le "miracle économique" qu'il a promis aux Angolais. Intronisé à la tête du parti, il dispose désormais de toutes les commandes du pays.

 

 

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