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Weinstein: «il n’y a pas de succès dans l’industrie cinématographique sans sacrifices »

Publié par La redaction

Harvey Weinstein, le producteur le plus puissant de Hollywood ne trouve personne pour le défendre. Les plaintes pour harcèlement sexuel s’accumulent. Dans le milieu, tout le monde était au courant mais l’ogre tenait les films et les carrières au creux de sa main.

Hollywood l’appelait « Harvey », comme s’il n’y en avait qu’un. Un seul comptait vraiment. Harvey, l’homme le plus remercié aux Oscars. Après Dieu. Vendredi, en jean et tee-shirt noir, mal rasé, Harvey Weinstein, le flamboyant producteur, quitte, comme chaque week-end, sa maison du West Village, à Manhattan, les bras chargés de dossiers. Sourire aux lèvres, comme si de rien n’était… Il aurait pourtant de quoi se faire des cheveux blancs.

A Hollywood, tous le connaissaient et admiraient le parcours fulgurant de ce gamin du Queens, d’abord promoteur de concerts, qui avait fait de Miramax, créé en 1979 avec son frère Bob, le royaume des films indépendants. Après l’avoir revendu en 1993 à Disney, il fonde, en 2005, la Weinstein Company.

Aussi brillant qu’arrogant et coléreux, le producteur me confiait il y a quelques années : « Chaque fois que vous lisez “Harvey est dur”, il faut remplacer l’adjectif par “honnête” ! » On le surnommait l’homme « aux doigts d’argent », d’après le film de Tim Burton, pour son don inné à remonter les films et à les sauver, mais il était le premier à se vanter d’avoir un caractère de cochon. C’est pour lutter contre sa toute-puissance que l’Académie des Oscars décide, en 2005, de réduire le délai qui sépare les Golden Globes de la cérémonie la plus importante de Hollywood.

Personne d’autre que lui ne pouvait, au lendemain du 11 septembre, convaincre Paul McCartney puis les Who de participer à des concerts de charité au profit des victimes : 30 millions de dollars de recettes ! On lui doit certainement, ces vingt-cinq dernières années, quelques-uns des plus grands succès du cinéma.

Sur 249 nominations aux Oscars, il en gagne 60 dont 6 pour le meilleur film. Sans Weinstein aux ficelles, « The Artist » (meilleur film) et Jean Dujardin (meilleur acteur) auraient eu bien peu de chances, comme Marion Cotillard (meilleure actrice) et sa « Môme ». Sans lui aux manettes, Meryl Streep, Nicole Kidman, Jennifer Lawrence, Gwyneth Paltrow, Juliette Binoche, Catherine Zeta-Jones, Penélope Cruz, Cate Blanchett, Kate Winslet, toutes oscarisées, ne seraient pas où elles en sont aujourd’hui.

Les membres du conseil d’administration de l’Amfar, dont il est un des présidents, sont partis les premiers à l’attaque. Ils critiquent le financement du gala pendant le Festival de Cannes 2015 et l’accusent d’avoir versé 600 000 dollars à l’American Repertory Theater de Harvard sans leur consentement. Plus grave, l’enquête du « New York Times ». Se basant sur des interviews, un mémo de sa compagnie et une série d’e-mails, elle a révélé les mauvais traitements qu’il a fait subir aux femmes pendant plus de trois décennies. Huit d’entre elles l’accusent de harcèlement sexuel.

Pire peut-être : pour acheter leur silence, il aurait versé à certaines de 80 000 à 150 000 dollars… Entre autres à Rose McGowan, 23 ans à l’époque, coincée dans une chambre pendant le festival de Sundance. Ashley Judd – celle qui a sonné l’alarme – se souvient parfaitement que pendant le tournage du « Collectionneur », en 1997, il l’a fait venir dans sa chambre à l’hôtel Peninsula, son QG de Beverly Hills, sous prétexte d’un petit déjeuner de travail. Elle a dû repousser des avances brutales.

Il y a eu aussi une assistante, à Londres, puis une employée, Emily Nestor, à qui il promet de booster sa carrière. Et, en 2015, un mannequin italien. De peur de représailles, d’autres femmes, plus vulnérables, ont préféré rester dans l’anonymat, de même que beaucoup de membres de son personnel à qui il a fait signer des clauses de confidentialité leur interdisant de faire ou dire quoi que ce soit qui pourrait ternir sa réputation.
Ces accusations sont-elles une surprise ? Pas vraiment. C’est même un secret de polichinelle à Hollywood. Tout le monde savait ! Weinstein avait « le bras long » et il valait mieux ne pas se fâcher avec lui. Il avait le pouvoir de faire et défaire les carrières, Hollywood lui mangeait dans la main. Ce qui explique sans doute, aujourd’hui, le silence assourdissant de ceux dont il a fait la fortune. Parce que voilà, ce fou de cinéma qui se décrit lui-même comme un connard et un génie, ce roi du marketing… l’est aussi de la promotion canapé. Tyran prêt à tout pour obtenir ce qu’il veut, du côté professionnel comme privé.

Au faîte de sa puissance, il est un des plus grands donateurs du Parti démocrate. Il a réuni des millions de dollars pour les Clinton comme pour Obama dont la fille, Malia, a fait un stage dans sa compagnie avant d’intégrer Harvard. En juin 2016, dans son appartement de Manhattan, il organise encore pour Hillary, qu’il soutient depuis des années, une levée de fonds à laquelle assistent les plus grandes stars, dont Jennifer Lopez. Puis, il donne 5 millions de dollars à l’Université de Caroline du Sud pour créer des bourses dans le but d’aider les femmes metteurs en scène.

Armé des plus grands avocats et d’une armada de publicistes, Harvey Weinstein entame sa plus grande bataille

L’affaire Weinstein éclate alors que Bill Cosby, la grande star du « Cosby Show », la série la plus importante de l’histoire de la télévision américaine, est accusé d’avoir donné des « qualuuds », un sédatif hypnotique, à des femmes avant de les violer ; une soixantaine l’ont publiquement accusé d’agression sexuelle.

Bill O’Reilly, présentateur vedette de la chaîne conservatrice Fox News, soupçonné lui aussi de harcèlement, a été limogé ; ses chances de rebondir, comme il l’a toujours fait, sont pratiquement nulles. Les associés de Weinstein dans la maison de production dont il possède 47 % l’ont viré par e-mail, un tiers du conseil d’administration a déjà démissionné. On est en droit de se demander quel sera, sans lui, le futur de sa compagnie.

D’autres prédateurs, connus pour des comportements déplorables avec les femmes, ont pourtant parfaitement réussi. Sans parler de Donald Trump, devenu président d’un pays où mettre la main aux fesses d’une femme qui n’est pas la sienne peut valoir la prison.

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