Violences meurtrières, boycott de l’opposition : la crise électorale ivoirienne en 6 points

Découvrez les 6 points de la crise électorale ivoirienne du boycott de l’opposition qui refuse les résultats et la victoire de Ouattara.

La Côte d’Ivoire traverse une crise électorale, beaucoup moins grave toutefois que celle de 2010-2011, la tension retombant et le pays reprenant son activité depuis jeudi.

  • Mêmes acteurs, scénario différent
    Il y a un air de déjà-vu mais le film est différent.

Les acteurs sont les mêmes : le président Alassane Ouattara, l’ancien président Henri Konan Bédié, l’ex-président Laurent Gbagbo et le chef rebelle Guillaume Soro.

Quelques similarités: un camp qui ne reconnait pas les résultats, des violences ethniques, des barrages.

 

Mais la situation est différente. Jusqu’en 2010, il y avait un pouvoir au sud (Gbagbo) et une rébellion au nord (pro-Ouattara). Le président Gbagbo avait refusé de reconnaitre sa défaite électorale face à Ouattara lors de l’élection. Si les violences ont fait au moins une quarantaine de morts ces dernières semaines, le bilan était beaucoup plus lourd en 2010-2011 avec 3.000 morts et un pays où il était impossible de circuler.

« Tout fonctionne. On ne peut pas transposer la crise de 2010-2011 », assure le parti au pouvoir.

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« Contrairement au camp Ouattara en 2010, l’opposition n’a pas d’armée » en 2020, souligne Rodrigue Koné, analyste politique.

Issouf, 47 ans, tailleur dans le quartier populaire d’Adjame, avait fui Abidjan en 2010 et sa boutique avait été pillée. « Cette fois, il y a des tensions, le gens ont peur, mais il n’y a rien ».

L’opposition estime que le taux de participation est de « 8% ou moins » et que le président « Ouattara n’est pas légitime ».

Le taux de participation est de 53,90% selon la commission électorale, mais près d’un quart des bureaux de vote n’ont pas pu ouvrir, privant de la possibilté de voter près de 1,5 millions d’inscrits.

  • Impasse de l’opposition
    « La stratégie de l’opposition a montré ses limites. En boycottant l’élection et en créant Conseil national de transition (CNT), elle s’est mise hors du cadre institutionnel », explique Rodrigue Koné.

Pour le parti au pouvoir, « l’opposition savait qu’elle allait perdre alors elle n’a jamais voulu aller aux élections ».

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Certains leaders sont arrêtés ou en fuite, d’autres dont l’ancien président Henri Konan Bédié sont bloqués à leur domicile.

« Le CNT est vraiment isolé. Leur démarche est perçue comme une aventure sans issue », estime Sylvain N’Guessan, analyste politique.

L’opposition « semble évoluer dans une réalité parallèle », estime un diplomate, qui souligne toutefois que des discussions sont ouvertes en coulisses.

  • Ouattara, si fort que ça ?
    « Il n’y a que le dialogue pour sortir de cette situation de crise politique », analyse M. N’Guessan, malgré le fait que l’opposition est divisée et faible.

« Ouattara pourrait former un gouvernement d’union nationale et accepter de réformer la commission électorale » en vue des législatives, poursuit-il.

Mais avant, « il faut que l’opposition reconnaisse la victoire d’Alassane Ouattara », indique-t-on du côté du pouvoir.

Pour le moment, le président Ouattara a adopté une attitude ferme envers les opposants. Il doit toutefois sortir du bourbier et regagner la confiance de la communauté internationale qui n’a pas apprécié sa candidature à un troisième mandat.

  • Le cas Gbagbo
    De source de la présidence, Ouattara devrait permettre le « retour dès que possible » en Côte d’Ivoire de l’ex-président Laurent Gbagbo, toujours populaire, qui attend en Belgique un éventuel appel de la cour pénale internationale, mais aussi… un passeport.
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On a apprécié à la présidence que Gbagbo n’appelle pas à la « désobéissance civile » comme le reste de l’opposition et se soit montré défavorable à la participation des cadres de son parti au CNT.

Il reste à savoir quel rôle l’ancien président veut jouer. « Sa voix peut porter », estime Rodrigue Koné.

  • Le cas Soro
    « Soro s’est suicidé politiquement » avec son appel à l’insurrection de l’armée qui n’a été suivi d’aucun effet. La présidence n’entend lui faire aucun cadeau: « S’il rentre c’est pour aller en prison ».

Soro qui avait réussi à troquer le costume de rebelle pour celui d’homme politique (ancien Premier ministre et président de l’Assemblée) est à nouveau un rebelle.

Son appel depuis l’étranger lui vaut désormais des inimitiés diplomatiques. Ses proches en Côte d’Ivoire sont en prison et il n’a pu démontrer qu’il avait une base prête à le soutenir.

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