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Une vache modifiée pour produire du lait humain
18/09/2019 à 14h58 par Steven Ablam Kpoglo

Des chercheurs argentins ont greffé deux gènes de femme à une vache pour que l'animal produise des enzymes spécifiques au lait maternel humain. Une avancée prometteuse qui suscite toutefois quelques réserves.

Sur les photos, Rosita ISA ressemble à une jolie génisse, dotée du pelage fauve caractéristique de sa race, les «Jersey». Dans les faits, elle est une prouesse scientifique. Pour la première fois, des scientifiques ont réussi à modifier le génome d'une vache pour lui ajouter deux gènes humains contrôlant la production d'enzymes dans le lait.

Cette innovation a été réalisée en Argentine, par des chercheurs de l'Institut national de technologie agricole et de l'université de San Martin. Rosita, qui résulte d'un clonage, est née le 6 avril. Depuis, elle est surveillée 24 heures sur 24. Dans dix mois, les chercheurs devraient, en effectuant une simulation de grossesse, confirmer si les protéines humaines la lactoferrine et le lysozyme - sont bien présentes dans son lait. A l'âge adulte, Rosita devrait donner naissance à «des petits qui auront des gènes modifiés dans 25 à 30% des cas», puisque les gènes ne sont pas systématiquement transmis à la descendance, estime Nicolas Mucci, l'un des trois responsables des recherches. Soit autant d'animaux capables de produire ce lait amélioré.

La lactoferrine existe chez tous les mammifères et permet d'améliorer l'absorption de fer pour la fabrication des globules rouges. Mais elle est spécifique à chaque espèce et la lactoferrine bovine n'agit pas sur les humains. Le lysozyme est un agent anti-infectieux que l'on trouve peu dans le lait de vache, mais qui est très présent dans le lait maternel pendant la première semaine de lactation.

Nicolas Mucci affirme que le lait ainsi produit changera la donne pour les bébés en les «protégeant contre des maladies et en améliorant l'absorption de fer».

Pas consommable par les nourrissons

Le Pr Patrick Tounian, secrétaire général de la Société française de pédiatrie (SFP), met toutefois en garde contre les raccourcis séduisants. «Il s'agit d'une première étape très intéressante, mais le lait produit par cette vache est encore loin d'être du lait maternel», souligne-t-il. «Pour y parvenir, il faudrait transférer à la vache l'ensemble du génome régissant la production de lait chez la femme», soit bien plus de deux gènes, à considérer que cela soit possible.

«Ce lait reste donc impropre à la consommation des nourrissons, qui ne tolèrent que le vrai lait maternel et les laits maternisés, dont la composition est strictement réglementée», rappelle encore le pédiatre-nutritionniste. Selon lui, le principal attrait du lait de Rosita tient à son enrichissement en lactoferrine. Cette enzyme améliore l'absorption par l'organisme du fer contenu dans le lait de vache, ordinairement mal assimilé. «La SFP recommande de donner aux enfants de 1 à 3 ans du lait de croissance, enrichi en acides gras essentiels, vitamines et minéraux. Mais dans un cas sur deux, les parents ne respectent pas ce conseil et donnent directement à leur enfant du lait de vache. Pour ceux-là, un lait enrichi en lactoferrine serait effectivement préférable à du lait ordinaire». Ce lait pourrait également être bénéfique aux adultes et adolescents qui consomment peu ou pas de viande.

En mars, des chercheurs chinois avaient déjà annoncé avoir créé un troupeau de 200 vaches capables de produire du lait enrichi de trois enzymes humaines le lysozyme, la lactoferrine et l'alpha-lactalbumine grâce à une technique différente de celle utilisée par les Argentins. Les informations sont restées assez floues, mais le scientifique à la tête du projet, Li Ning, prévoyait une mise sur le marché d'ici une dizaine d'années.

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Des chercheurs argentins ont greffé deux gènes de femme à une vache pour que l'animal produise des enzymes spécifiques au lait maternel humain. Une avancée prometteuse qui suscite toutefois quelques réserves.

Sur les photos, Rosita ISA ressemble à une jolie génisse, dotée du pelage fauve caractéristique de sa race, les «Jersey». Dans les faits, elle est une prouesse scientifique. Pour la première fois, des scientifiques ont réussi à modifier le génome d'une vache pour lui ajouter deux gènes humains contrôlant la production d'enzymes dans le lait.

Cette innovation a été réalisée en Argentine, par des chercheurs de l'Institut national de technologie agricole et de l'université de San Martin. Rosita, qui résulte d'un clonage, est née le 6 avril. Depuis, elle est surveillée 24 heures sur 24. Dans dix mois, les chercheurs devraient, en effectuant une simulation de grossesse, confirmer si les protéines humaines la lactoferrine et le lysozyme - sont bien présentes dans son lait. A l'âge adulte, Rosita devrait donner naissance à «des petits qui auront des gènes modifiés dans 25 à 30% des cas», puisque les gènes ne sont pas systématiquement transmis à la descendance, estime Nicolas Mucci, l'un des trois responsables des recherches. Soit autant d'animaux capables de produire ce lait amélioré.

La lactoferrine existe chez tous les mammifères et permet d'améliorer l'absorption de fer pour la fabrication des globules rouges. Mais elle est spécifique à chaque espèce et la lactoferrine bovine n'agit pas sur les humains. Le lysozyme est un agent anti-infectieux que l'on trouve peu dans le lait de vache, mais qui est très présent dans le lait maternel pendant la première semaine de lactation.

Nicolas Mucci affirme que le lait ainsi produit changera la donne pour les bébés en les «protégeant contre des maladies et en améliorant l'absorption de fer».

Pas consommable par les nourrissons

Le Pr Patrick Tounian, secrétaire général de la Société française de pédiatrie (SFP), met toutefois en garde contre les raccourcis séduisants. «Il s'agit d'une première étape très intéressante, mais le lait produit par cette vache est encore loin d'être du lait maternel», souligne-t-il. «Pour y parvenir, il faudrait transférer à la vache l'ensemble du génome régissant la production de lait chez la femme», soit bien plus de deux gènes, à considérer que cela soit possible.

«Ce lait reste donc impropre à la consommation des nourrissons, qui ne tolèrent que le vrai lait maternel et les laits maternisés, dont la composition est strictement réglementée», rappelle encore le pédiatre-nutritionniste. Selon lui, le principal attrait du lait de Rosita tient à son enrichissement en lactoferrine. Cette enzyme améliore l'absorption par l'organisme du fer contenu dans le lait de vache, ordinairement mal assimilé. «La SFP recommande de donner aux enfants de 1 à 3 ans du lait de croissance, enrichi en acides gras essentiels, vitamines et minéraux. Mais dans un cas sur deux, les parents ne respectent pas ce conseil et donnent directement à leur enfant du lait de vache. Pour ceux-là, un lait enrichi en lactoferrine serait effectivement préférable à du lait ordinaire». Ce lait pourrait également être bénéfique aux adultes et adolescents qui consomment peu ou pas de viande.

En mars, des chercheurs chinois avaient déjà annoncé avoir créé un troupeau de 200 vaches capables de produire du lait enrichi de trois enzymes humaines le lysozyme, la lactoferrine et l'alpha-lactalbumine grâce à une technique différente de celle utilisée par les Argentins. Les informations sont restées assez floues, mais le scientifique à la tête du projet, Li Ning, prévoyait une mise sur le marché d'ici une dizaine d'années.

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