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Une économiste française de la BCE attise la polémique
06/06/2020 à 10h45 par La redaction

Directrice générale adjointe pour la politique monétaire, l’économiste française Natacha Valla n’a pas attendu d’avoir quitté son poste pour annoncer qu’elle allait siéger au conseil d’administration du géant du luxe LVMH, et au conseil consultatif de Tikehau Capital. Ce qui relance la controverse sur les « revolving doors ».

Dans le prolongement de la crise financière de la fin des années 2000, un grand débat éthique avait agité la communauté des économistes sur la consanguinité qu’acceptaient beaucoup d’entre eux entre leur activité et le monde de la finance ou des affaires. Aux États-Unis, c’est le documentaire Inside Job, réalisé par Charles Ferguson, qui lui avait donné un très large écho. En France, plusieurs publications, dont celles de l’économiste Jean Gadrey ou encore mon essai sur Les Imposteurs de l’économie (Don Quichotte) avaient aussi contribué à donner de la force à cette controverse autour des économistes au service de la finance.

Las ! Ce débat semble désormais bien lointain. Car si, au plus fort de ces polémiques, de nombreux organismes se sont dotés de chartes éthiques pour prévenir les possibles conflits d’intérêts – ce fut le cas à l’époque à l’École d’économie de Paris, à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), et dans de nombreuses autres enceintes… –, la consanguinité semble de nouveau fréquemment la règle. Et cela ne paraît plus choquer grand monde. En cherche-t-on un exemple, il suffit de s’attarder sur celui de l’économiste Natacha Valla, qui est la parfaite illustration de ce système, celui connu à Bruxelles ou Strasbourg, sous le sobriquet des « revolving doors » (portes tournantes) – une formule couramment employée pour pointer les liaisons dangereuses entre les responsables publics et le monde de la finance et la possible « capture » des politiques publiques par des intérêts privés.

L’économiste est en effet au cœur d’une polémique parce que, officiant aujourd’hui à la Banque centrale européenne (BCE), elle n’a pas attendu d’avoir quitté son poste pour annoncer qu’elle allait siéger au conseil d’administration du géant du luxe LVMH, fonction qu’elle avait déjà occupée dans le passé, et qu’elle allait intégrer le conseil consultatif de Tikehau Capital, un fonds d’investissement auquel elle a aussi été liée dans le passé.

Ce qui retient l’attention lorsque l’on observe la carrière professionnelle de l’économiste, c’est qu’elle suit constamment un mouvement d’essuie-glace : un jour dans le privé, le lendemain dans le public, le surlendemain encore dans le privé, et ainsi de suite sans discontinuer. C’est même plus spectaculaire que cela puisque l’intéressée n’est pas toujours alternativement dans le privé puis dans le public ; il peut lui arriver d’être simultanément des deux côtés en même temps.

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Natacha Valla a éludé les questions précises que nous lui avons posées (voir l’onglet « Prolonger » associé à cet article) et nous a juste fait une déclaration de portée générale : « Mon parcours professionnel a toujours été largement publicisé et est donc connu de tous. J’ai, à chaque étape de ma carrière, apporté une attention particulière aux respects des règles éthiques et de réserve consubstantielles à l’exercice des fonctions que j’exerçais, notamment pour celles que j’occupais dans les institutions publiques que vous mentionnez. J’ai toujours eu à cœur d’exercer mon métier d’économiste, en toutes circonstances, dans le strict respect de ces principes de transparence et d’éthique professionnelle. »

Si l’on observe le curriculum vitæ qu’elle a elle-même établi sur le réseau professionnel LinkedIn, on en prend aussitôt la mesure.

Première période : Natacha Valla est du côté de l’intérêt général puisqu’elle est économiste de 2001 à 2008 à la Banque centrale européenne (BCE). Deuxième période : elle bascule dans le privé, dans la finance pour être précis, puisqu’elle exerce alors, de 2008 à 2014, dans la banque d’investissement américaine Goldman Sachs, avec le titre de directrice exécutive de Goldman Sachs Global Economic Research.

La troisième époque, qui va de 2014 à 2018, est plus embrouillée puisque l’économiste est tout à la fois du côté du privé et du côté du public, avec des périodes de chevauchement où elle est des deux côtés en même temps. De février 2014 à juillet 2016, elle est en effet directrice adjointe au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) qui est le principal centre français de recherche et d’expertise en économie internationale et qui, depuis sa fondation en 1978, est placé auprès du premier ministre. De décembre 2015 à mai 2018, elle siège aussi au conseil d’administration des Autoroutes du sud de la France (ASF), filiale de Vinci. De décembre 2015 à mai 2018, elle est par ailleurs chef de la division politique et stratégie de la Banque européenne d’investissement (BEI). D’avril 2016 à mai 2018, elle a aussi siégé (aux côtés de Nicolas Sarkozy) au conseil d’administration du groupe Accor. Et exactement pendant la même période, elle a également siégé au conseil d’administration du groupe LVMH. Et elle a aussi siégé, de janvier 2017 à mai 2018 au conseil de surveillance de Tikehau Capital, un fonds financier qui a été créé par des anciens de Goldman Sachs et qui a accueilli François Fillon, après son naufrage lors de l’élection présidentielle de 2017.

En quelques années, l’économiste se fait donc un formidable carnet d’adresses puisqu’elle côtoie Nicolas Sarkozy, travaille dans la même entreprise que François Fillon et se réunit périodiquement avec Bernard Arnault, la troisième plus grande fortune mondiale.

Dans une déclaration d’intérêt remplie par elle pour le Conseil d’analyse économique, dont elle a aussi était membre de juillet 2016 à juin 2018, Natacha Valla signale en outre qu’elle a perçu une rémunération en 2014 que lui a versée Carmin, un groupe de services financiers.

Pendant cette période, il y a bel et bien eu des chevauchements pendant lesquels l’économiste était simultanément du côté public (Cepii ou BEI) et du côté du privé. Ce qui, en France, ne pose pas qu’un problème éthique, cela pose tout autant un problème de légalité, car la loi interdit à un agent public de siéger au sein du conseil d’administration d’une entreprise privée.

Selon de très bonnes sources, cela fait d’ailleurs des vagues à l’époque au Cepii. Car à la fin juillet 2015, l’économiste quitte l’établissement public pour rejoindre la BEI. Elle se met en disponibilité sous la forme d’un congé sans solde pour convenance personnelle et prévoit de revenir au Cepii le 1er juillet 2016. Mais trois mois avant cette échéance, en avril 2016, le directeur du Cepii, Sébastien Jean, selon nos informations, apprend par la presse que Natacha Valla fait son entrée au conseil de LVMH – sans remarquer qu’elle fait aussi son entrée le même mois au conseil d’Accor et qu’elle siège déjà depuis plusieurs mois dans celui d’ASF. Sébastien Jean se renseigne donc sur les textes et leur application auprès de la direction des services administratifs et financiers des services du premier ministre et obtient la confirmation qu’un tel engagement n’est pas compatible avec la réintégration de l’économiste au Cepii. Ce qu’il fait savoir à l’intéressée. L’économiste jette donc l’éponge et décide alors de ne pas demander sa réintégration au Cepii.

Mais l’onde de choc atteint aussi la BEI où l’économiste reste du même coup jusqu’en mai 2018. Selon de très bonnes sources, les instances dirigeantes de la banque n’apprécient guère, elles non plus, cette situation, mais les lourdeurs des procédures de conformité dans cette instance européenne sont telles que Natacha Valla quitte finalement la banque sans incident. Avec le recul, les instances dirigeantes de la banque peinent donc à admettre leur manque de vigilance. « Notre Secrétariat général était parfaitement au courant de la position de Natacha Valla dans des conseils d’administration. Ses mandats ont été étudiés par le département “clearance” de la BEI comme le prévoient nos statuts, et le département l’a autorisée à les conserver dans la mesure où son travail d’analyste et d’économiste n’avait aucun lien avec l’aspect opérationnel de la banque (prêts, instructions de dossiers), et que de par sa position elle n’avait aucune influence possible sur ces opérations », nous a expliqué Cyrille Lachèvre, porte-parole de la BEI.

La réponse peut surprendre car l’économiste siège à cette époque dans des conseils de sociétés relevant de secteurs (finance et autoroutes notamment) où opère aussi la BEI. Alors pourquoi la BEI accepte-t-elle que l’économiste garde ses mandats alors que la BCE exigera qu’elle les abandonne ? Cette différence de traitement entre deux institutions financières européennes apparaît totalement incohérent. Et cela donne de la BEI une image pour le moins laxiste.

Quoi qu’il en soit, quand, en mai 2018, l’économiste engage une nouvelle étape de sa carrière en devenant directrice générale adjointe pour la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), l’institution qu’elle rejoint est au courant des vagues que sa nouvelle recrue a suscitées peu avant à la BEI, et exige d’elle, pour qu’elle entre en fonction, qu’elle abandonne ses mandats dans les conseils d’administration des groupes français. Ce qu’elle se résigne donc à faire.

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Directrice générale adjointe pour la politique monétaire, l’économiste française Natacha Valla n’a pas attendu d’avoir quitté son poste pour annoncer qu’elle allait siéger au conseil d’administration du géant du luxe LVMH, et au conseil consultatif de Tikehau Capital. Ce qui relance la controverse sur les « revolving doors ».

Dans le prolongement de la crise financière de la fin des années 2000, un grand débat éthique avait agité la communauté des économistes sur la consanguinité qu’acceptaient beaucoup d’entre eux entre leur activité et le monde de la finance ou des affaires. Aux États-Unis, c’est le documentaire Inside Job, réalisé par Charles Ferguson, qui lui avait donné un très large écho. En France, plusieurs publications, dont celles de l’économiste Jean Gadrey ou encore mon essai sur Les Imposteurs de l’économie (Don Quichotte) avaient aussi contribué à donner de la force à cette controverse autour des économistes au service de la finance.

Las ! Ce débat semble désormais bien lointain. Car si, au plus fort de ces polémiques, de nombreux organismes se sont dotés de chartes éthiques pour prévenir les possibles conflits d’intérêts – ce fut le cas à l’époque à l’École d’économie de Paris, à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), et dans de nombreuses autres enceintes… –, la consanguinité semble de nouveau fréquemment la règle. Et cela ne paraît plus choquer grand monde. En cherche-t-on un exemple, il suffit de s’attarder sur celui de l’économiste Natacha Valla, qui est la parfaite illustration de ce système, celui connu à Bruxelles ou Strasbourg, sous le sobriquet des « revolving doors » (portes tournantes) – une formule couramment employée pour pointer les liaisons dangereuses entre les responsables publics et le monde de la finance et la possible « capture » des politiques publiques par des intérêts privés.

L’économiste est en effet au cœur d’une polémique parce que, officiant aujourd’hui à la Banque centrale européenne (BCE), elle n’a pas attendu d’avoir quitté son poste pour annoncer qu’elle allait siéger au conseil d’administration du géant du luxe LVMH, fonction qu’elle avait déjà occupée dans le passé, et qu’elle allait intégrer le conseil consultatif de Tikehau Capital, un fonds d’investissement auquel elle a aussi été liée dans le passé.

Ce qui retient l’attention lorsque l’on observe la carrière professionnelle de l’économiste, c’est qu’elle suit constamment un mouvement d’essuie-glace : un jour dans le privé, le lendemain dans le public, le surlendemain encore dans le privé, et ainsi de suite sans discontinuer. C’est même plus spectaculaire que cela puisque l’intéressée n’est pas toujours alternativement dans le privé puis dans le public ; il peut lui arriver d’être simultanément des deux côtés en même temps.

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Natacha Valla a éludé les questions précises que nous lui avons posées (voir l’onglet « Prolonger » associé à cet article) et nous a juste fait une déclaration de portée générale : « Mon parcours professionnel a toujours été largement publicisé et est donc connu de tous. J’ai, à chaque étape de ma carrière, apporté une attention particulière aux respects des règles éthiques et de réserve consubstantielles à l’exercice des fonctions que j’exerçais, notamment pour celles que j’occupais dans les institutions publiques que vous mentionnez. J’ai toujours eu à cœur d’exercer mon métier d’économiste, en toutes circonstances, dans le strict respect de ces principes de transparence et d’éthique professionnelle. »

Si l’on observe le curriculum vitæ qu’elle a elle-même établi sur le réseau professionnel LinkedIn, on en prend aussitôt la mesure.

Première période : Natacha Valla est du côté de l’intérêt général puisqu’elle est économiste de 2001 à 2008 à la Banque centrale européenne (BCE). Deuxième période : elle bascule dans le privé, dans la finance pour être précis, puisqu’elle exerce alors, de 2008 à 2014, dans la banque d’investissement américaine Goldman Sachs, avec le titre de directrice exécutive de Goldman Sachs Global Economic Research.

La troisième époque, qui va de 2014 à 2018, est plus embrouillée puisque l’économiste est tout à la fois du côté du privé et du côté du public, avec des périodes de chevauchement où elle est des deux côtés en même temps. De février 2014 à juillet 2016, elle est en effet directrice adjointe au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (CEPII) qui est le principal centre français de recherche et d’expertise en économie internationale et qui, depuis sa fondation en 1978, est placé auprès du premier ministre. De décembre 2015 à mai 2018, elle siège aussi au conseil d’administration des Autoroutes du sud de la France (ASF), filiale de Vinci. De décembre 2015 à mai 2018, elle est par ailleurs chef de la division politique et stratégie de la Banque européenne d’investissement (BEI). D’avril 2016 à mai 2018, elle a aussi siégé (aux côtés de Nicolas Sarkozy) au conseil d’administration du groupe Accor. Et exactement pendant la même période, elle a également siégé au conseil d’administration du groupe LVMH. Et elle a aussi siégé, de janvier 2017 à mai 2018 au conseil de surveillance de Tikehau Capital, un fonds financier qui a été créé par des anciens de Goldman Sachs et qui a accueilli François Fillon, après son naufrage lors de l’élection présidentielle de 2017.

En quelques années, l’économiste se fait donc un formidable carnet d’adresses puisqu’elle côtoie Nicolas Sarkozy, travaille dans la même entreprise que François Fillon et se réunit périodiquement avec Bernard Arnault, la troisième plus grande fortune mondiale.

Dans une déclaration d’intérêt remplie par elle pour le Conseil d’analyse économique, dont elle a aussi était membre de juillet 2016 à juin 2018, Natacha Valla signale en outre qu’elle a perçu une rémunération en 2014 que lui a versée Carmin, un groupe de services financiers.

Pendant cette période, il y a bel et bien eu des chevauchements pendant lesquels l’économiste était simultanément du côté public (Cepii ou BEI) et du côté du privé. Ce qui, en France, ne pose pas qu’un problème éthique, cela pose tout autant un problème de légalité, car la loi interdit à un agent public de siéger au sein du conseil d’administration d’une entreprise privée.

Selon de très bonnes sources, cela fait d’ailleurs des vagues à l’époque au Cepii. Car à la fin juillet 2015, l’économiste quitte l’établissement public pour rejoindre la BEI. Elle se met en disponibilité sous la forme d’un congé sans solde pour convenance personnelle et prévoit de revenir au Cepii le 1er juillet 2016. Mais trois mois avant cette échéance, en avril 2016, le directeur du Cepii, Sébastien Jean, selon nos informations, apprend par la presse que Natacha Valla fait son entrée au conseil de LVMH – sans remarquer qu’elle fait aussi son entrée le même mois au conseil d’Accor et qu’elle siège déjà depuis plusieurs mois dans celui d’ASF. Sébastien Jean se renseigne donc sur les textes et leur application auprès de la direction des services administratifs et financiers des services du premier ministre et obtient la confirmation qu’un tel engagement n’est pas compatible avec la réintégration de l’économiste au Cepii. Ce qu’il fait savoir à l’intéressée. L’économiste jette donc l’éponge et décide alors de ne pas demander sa réintégration au Cepii.

Mais l’onde de choc atteint aussi la BEI où l’économiste reste du même coup jusqu’en mai 2018. Selon de très bonnes sources, les instances dirigeantes de la banque n’apprécient guère, elles non plus, cette situation, mais les lourdeurs des procédures de conformité dans cette instance européenne sont telles que Natacha Valla quitte finalement la banque sans incident. Avec le recul, les instances dirigeantes de la banque peinent donc à admettre leur manque de vigilance. « Notre Secrétariat général était parfaitement au courant de la position de Natacha Valla dans des conseils d’administration. Ses mandats ont été étudiés par le département “clearance” de la BEI comme le prévoient nos statuts, et le département l’a autorisée à les conserver dans la mesure où son travail d’analyste et d’économiste n’avait aucun lien avec l’aspect opérationnel de la banque (prêts, instructions de dossiers), et que de par sa position elle n’avait aucune influence possible sur ces opérations », nous a expliqué Cyrille Lachèvre, porte-parole de la BEI.

La réponse peut surprendre car l’économiste siège à cette époque dans des conseils de sociétés relevant de secteurs (finance et autoroutes notamment) où opère aussi la BEI. Alors pourquoi la BEI accepte-t-elle que l’économiste garde ses mandats alors que la BCE exigera qu’elle les abandonne ? Cette différence de traitement entre deux institutions financières européennes apparaît totalement incohérent. Et cela donne de la BEI une image pour le moins laxiste.

Quoi qu’il en soit, quand, en mai 2018, l’économiste engage une nouvelle étape de sa carrière en devenant directrice générale adjointe pour la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE), l’institution qu’elle rejoint est au courant des vagues que sa nouvelle recrue a suscitées peu avant à la BEI, et exige d’elle, pour qu’elle entre en fonction, qu’elle abandonne ses mandats dans les conseils d’administration des groupes français. Ce qu’elle se résigne donc à faire.

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