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Un mariage, un enterrement : comment Blida est devenue le premier foyer de contagion en Algérie
07/04/2020 à 10h09 par La redaction

Depuis la détection des premiers cas de coronavirus lors d’un mariage, mi-février, la « ville des roses » est devenue le principal foyer de la pandémie en Algérie.

Au matin du 6 avril, l’Algérie comptait officiellement 1 320 personnes atteintes du Covid-19 et 152 décès. Près de 40% d’entre elles étaient prises en charge à Blida. La région a gagné un nouveau surnom depuis l’apparition du premier cas, mi-février : le « Wuhan algérien », du nom de la ville chinoise d’où est partie l’épidémie.

« À Blida, on se rend visite avec ou sans occasion, c’est resté un coin très familial, explique Chérifa Kheddar, qui y est née et qui préside l’association Djazairouna, destinée aux victimes du terrorisme. Ici, les rituels sont respectés comme dans les temps passés. Les fêtes familiales durent une semaine au minimum. Toutes les étapes des préparatifs – de mariages, de fiançailles, de circoncisions – sont l’occasion de regrouper un grand nombre de proches. »

Un mariage, un enterrement

Et c’est justement d’un mariage que tout est parti, mi-février donc. Parmi les invités : une famille venue de France et testée positive au Covid-19 à son retour dans l’Hexagone. Laquelle prévient les proches restés au pays. Rapidement, l’enquête épidémiologique permet d’identifier deux premières contaminations dans le domicile où ont séjourné les voyageurs. Deux porteurs sains, qui à leur tour ont contaminé d’autres personnes. Début mars, il est presque déjà trop tard : 52 personnes se présentent à l’hôpital de Boufarik, dans le nord de la wilaya de Blida, avec les symptômes du Covid-19. Onze sont testées positives.

Si les autorités se veulent encore rassurantes, la chaîne de transmission, elle, est déjà en marche. Et l’épidémie progresse à grands pas. Jour après jour, de nouveaux cas se déclarent. Le 13 mars, une dame d’une grande famille de la ville décède. Malaise cardiaque ? Coronavirus ? Les raisons ne sont pas encore connues – ou omises, affirment certains – lorsque la défunte est enterrée par sa famille. L’inhumation draine tout ce que la ville compte de notables, loin des mesures préconisées par les autorités pour éviter les rassemblements. Famille, connaissances et voisins sont nombreux à venir présenter leurs condoléances. Un nouveau foyer de contamination apparaît.

Car les tests effectués post-mortem concluent que la défunte était bel et bien porteuse du virus. Quelques jours après les funérailles, des proches de la dame décèdent à leur tour, un par un. Et depuis, les habitants de Blida et sa région pleurent leurs morts tous les jours. Ce mercredi 1er avril encore, avec la disparition d’un important industriel de la région, Abdelkader Tayeb-Ezzraïmi, fondateur et propriétaire du géant de l’agroalimentaire SIM, dont les usines sont installées à Blida. L’homme d’affaires a lui aussi péri des suites du Covid-19.

Confinement et pénuries

Depuis le 23 mars, la wilaya est coupée du pays : plus un bien, plus une personne n’entre ou ne sort sans autorisation. Le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné le confinement de la région, pour une période de dix jours renouvelable. Sur les réseaux sociaux, les photos des internautes montrent des véhicules de l’armée bloquant les principaux points d’entrée. À l’intérieur de la wilaya, les marchés et les administrations publiques ont fermé.

Des habitants dénoncent la situation difficile des familles de travailleurs journaliers, désormais sans revenus. Et se plaignent aussi du manque de nourriture. Les services de la wilaya avaient pourtant  annoncé des mesures pour garantir « la disponibilité de tous les produits de base, en vue d’éviter toute perturbation ». Des cafouillages sont venus mettre à mal cette promesse : les commerces d’alimentation générale et les boulangeries ont été contraints de suspendre leur activité les premiers jours, avant que les autorités ne leur accordent le droit d’ouvrir à nouveau, une semaine après le début du confinement, en raison de la pénurie de produits de première nécessité.

 

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Depuis se sont organisées des actions de solidarité – individuelles ou collectives – pour venir au secours de Blida et de ses habitants. Cette semaine, des convois sont arrivés de plusieurs régions, et une caravane de plusieurs quintaux de denrées alimentaires de base a été envoyée d’Alger, après la visite, lundi 30 mars, du Premier ministre Abdelaziz Djerad au CHU Frantz-Fanon de Blida.

Les industriels de la région mettent aussi la main à la poche. Les entreprises agroalimentaires ont fait don aux habitants démunis de semoule et de légumineuses, et les sociétés d’hygiène domestique et corporelle ont offert aux structures médicales d’importantes quantités de produits hygiéniques.

Répercussions économiques

« Les compagnies des autres secteurs ont réalisé des dons financiers qui nous ont permis d’acheter soixante lits médicalisés, plusieurs moniteurs de surveillance et autres produits nécessaires aux personnels soignants », détaille Kamel Moula, président du Club des entrepreneurs et industriels de la Mitija (CEIMI). « Un de nos membres est en lien avec le ministère de la Santé pour l’achat de respirateurs artificiels », poursuit le même, également directeur général des Laboratoires Vénus, avant d’ajouter que les « membres qui disposent de structures hôtelières ont mis gracieusement leurs établissements à disposition des personnels soignants, logés en pension complète ».

Bien que de nombreuses entreprises de secteurs non essentiels soient à l’arrêt, Moula rappelle que « les salariés en confinement continuent de percevoir leur salaire, ce qui est également une forme de solidarité, et les entreprises continuent de payer des charges sociales importantes ».

L’homme d’affaires craint d’importantes répercussions économiques si la situation perdure. À terme, PME et TPE pourraient devoir faire face à de graves problèmes de trésorerie. Des centaines d’entre elles seraient alors forcées de mettre la clé sous la porte. Une catastrophe économique pour la wilaya, mais aussi pour le pays : Blida est le deuxième pôle industriel de l’Algérie.

Épuisement du personnel de santé

Les hôpitaux menacent aussi de craquer. Les équipes travaillent sans relâche, dans des conditions difficiles, et le matériel de protection fait défaut. Mercredi 25 mars, la mort d’un ambulancier âgé de 50 ans de l’hôpital de Boufarik a provoqué l’émoi. L’homme, asthmatique, avait transporté plusieurs patients suspectés d’être contaminés de leur domicile jusqu’à l’hôpital, avant de contracter lui-même le virus. Après son décès, plusieurs travailleurs ont observé un sit-in devant l’hôpital pour protester contre le manque de moyens et l’indifférence des responsables envers les difficultés rencontrées par le personnel.

L'hôpital Boufarik dans la province de Blida, en Algérie, le 3 mars 2020.

BEAUCOUP DE MEMBRES DU PERSONNEL SOIGNANT SONT PORTEURS DU VIRUS SANS LE SAVOIR OU SANS LE FAIRE SAVOIR

Cette semaine, du matériel de protection a été réceptionné par certains services. « De quoi tenir une semaine », selon le fils d’un soignant du CHU Frantz-Fanon. « Ça reste insuffisant car ce matériel est jetable et la demande ne cesse de croître, précise une résidente en médecine du même hôpital. En outre, beaucoup de dons ont été détournés et ne sont pas parvenus aux médecins. » Le 30 mars, c’est le professeur Si Ahmed El Mahdi, chef de service de chirurgie générale et spécialiste de la transplantation rénale, qui décédait des suites de la maladie après plusieurs jours en soins intensifs. Il aurait été contaminé par une patiente de retour de l’étranger, à en croire les médias locaux.

Préoccupés et fatigués, les médecins craignent aussi pour leurs proches. Le fils d’un médecin explique « vivre dans une double angoisse : que mon père soit lui-même contaminé, et qu’il ramène la maladie à la maison ». « Beaucoup de membres du personnel soignant sont porteurs du virus sans le savoir ou sans le faire savoir, accuse une résidente en médecine du même hôpital. Certains sont en quarantaine, chez eux. » D’autres travaillent toujours.

Certains questionnent la véracité des bilans officiels livrés par le ministère de la Santé, lequel a interdit aux directeurs régionaux de la santé de communiquer sur la situation épidémique. « Les chiffres donnés à la télévision sont loin de la réalité que nous vivons ici, de ce que nous voyons dans les hôpitaux. C’est vraiment de la désinformation », affirme un acteur associatif local.

Les bénévoles à la rescousse

Pour se protéger, nombre de soignants ont préféré poser des arrêts, « surtout ceux qui souffrent de maladie chronique, vu le manque de moyens de protection. Certains chefs de service ont accepté ces arrêts de travail, d’autres non », ajoute un médecin de l’hôpital Frantz-Fanon. En parallèle, des jeunes se démènent pour apporter une aide au personnel. Avec son équipe de bénévoles, Nassim Bouzekri, 30 ans, fabrique et distribue gratuitement jusqu’à 1 000 visières de protection par jour.

« Nous avons réalisé des vidéos explicatives pour montrer aux gens comment fabriquer ces face shields et satisfaire la demande dans leur wilaya, assure Nassim Bouzekri. Nous couvrons Blida et les alentours, mais ce n’est pas suffisant. » Le même confirme que des demandes de travailleurs de la santé affluent de partout. Les produits nécessaires à la fabrication de ces visières, comme la colle, sont parfois durs à obtenir.

Aujourd’hui, son équipe approvisionne principalement l’hôpital Brahim-Tirichine, situé dans le centre-ville de Blida, et le service de réanimation du CHU Frantz-Fanon, où ces visières sont utilisées, en plus des équipements de protection individuel, pour les intubations de patients atteint du Covid-19. Le jeune homme se désole que les mesures de confinement ne soient pas suffisamment respectées, y compris au sein de la wilaya de Blida. « Les quartiers directement touchés, là où il y a eu plusieurs morts, se conforment aux consignes de sécurité, reconnaît Nassim. Mais dès qu’on quitte le centre, c’est affreux, les gens circulent normalement. La police surveille, mais certains trouvent toujours le moyen de sortir. » Le martyre de Blida n’est pas encore terminé.

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« À Blida, on se rend visite avec ou sans occasion, c’est resté un coin très familial, explique Chérifa Kheddar, qui y est née et qui préside l’association Djazairouna, destinée aux victimes du terrorisme. Ici, les rituels sont respectés comme dans les temps passés. Les fêtes familiales durent une semaine au minimum. Toutes les étapes des préparatifs – de mariages, de fiançailles, de circoncisions – sont l’occasion de regrouper un grand nombre de proches. »

Un mariage, un enterrement

Et c’est justement d’un mariage que tout est parti, mi-février donc. Parmi les invités : une famille venue de France et testée positive au Covid-19 à son retour dans l’Hexagone. Laquelle prévient les proches restés au pays. Rapidement, l’enquête épidémiologique permet d’identifier deux premières contaminations dans le domicile où ont séjourné les voyageurs. Deux porteurs sains, qui à leur tour ont contaminé d’autres personnes. Début mars, il est presque déjà trop tard : 52 personnes se présentent à l’hôpital de Boufarik, dans le nord de la wilaya de Blida, avec les symptômes du Covid-19. Onze sont testées positives.

Si les autorités se veulent encore rassurantes, la chaîne de transmission, elle, est déjà en marche. Et l’épidémie progresse à grands pas. Jour après jour, de nouveaux cas se déclarent. Le 13 mars, une dame d’une grande famille de la ville décède. Malaise cardiaque ? Coronavirus ? Les raisons ne sont pas encore connues – ou omises, affirment certains – lorsque la défunte est enterrée par sa famille. L’inhumation draine tout ce que la ville compte de notables, loin des mesures préconisées par les autorités pour éviter les rassemblements. Famille, connaissances et voisins sont nombreux à venir présenter leurs condoléances. Un nouveau foyer de contamination apparaît.

Car les tests effectués post-mortem concluent que la défunte était bel et bien porteuse du virus. Quelques jours après les funérailles, des proches de la dame décèdent à leur tour, un par un. Et depuis, les habitants de Blida et sa région pleurent leurs morts tous les jours. Ce mercredi 1er avril encore, avec la disparition d’un important industriel de la région, Abdelkader Tayeb-Ezzraïmi, fondateur et propriétaire du géant de l’agroalimentaire SIM, dont les usines sont installées à Blida. L’homme d’affaires a lui aussi péri des suites du Covid-19.

Confinement et pénuries

Depuis le 23 mars, la wilaya est coupée du pays : plus un bien, plus une personne n’entre ou ne sort sans autorisation. Le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné le confinement de la région, pour une période de dix jours renouvelable. Sur les réseaux sociaux, les photos des internautes montrent des véhicules de l’armée bloquant les principaux points d’entrée. À l’intérieur de la wilaya, les marchés et les administrations publiques ont fermé.

Des habitants dénoncent la situation difficile des familles de travailleurs journaliers, désormais sans revenus. Et se plaignent aussi du manque de nourriture. Les services de la wilaya avaient pourtant  annoncé des mesures pour garantir « la disponibilité de tous les produits de base, en vue d’éviter toute perturbation ». Des cafouillages sont venus mettre à mal cette promesse : les commerces d’alimentation générale et les boulangeries ont été contraints de suspendre leur activité les premiers jours, avant que les autorités ne leur accordent le droit d’ouvrir à nouveau, une semaine après le début du confinement, en raison de la pénurie de produits de première nécessité.

 

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Les industriels de la région mettent aussi la main à la poche. Les entreprises agroalimentaires ont fait don aux habitants démunis de semoule et de légumineuses, et les sociétés d’hygiène domestique et corporelle ont offert aux structures médicales d’importantes quantités de produits hygiéniques.

Répercussions économiques

« Les compagnies des autres secteurs ont réalisé des dons financiers qui nous ont permis d’acheter soixante lits médicalisés, plusieurs moniteurs de surveillance et autres produits nécessaires aux personnels soignants », détaille Kamel Moula, président du Club des entrepreneurs et industriels de la Mitija (CEIMI). « Un de nos membres est en lien avec le ministère de la Santé pour l’achat de respirateurs artificiels », poursuit le même, également directeur général des Laboratoires Vénus, avant d’ajouter que les « membres qui disposent de structures hôtelières ont mis gracieusement leurs établissements à disposition des personnels soignants, logés en pension complète ».

Bien que de nombreuses entreprises de secteurs non essentiels soient à l’arrêt, Moula rappelle que « les salariés en confinement continuent de percevoir leur salaire, ce qui est également une forme de solidarité, et les entreprises continuent de payer des charges sociales importantes ».

L’homme d’affaires craint d’importantes répercussions économiques si la situation perdure. À terme, PME et TPE pourraient devoir faire face à de graves problèmes de trésorerie. Des centaines d’entre elles seraient alors forcées de mettre la clé sous la porte. Une catastrophe économique pour la wilaya, mais aussi pour le pays : Blida est le deuxième pôle industriel de l’Algérie.

Épuisement du personnel de santé

Les hôpitaux menacent aussi de craquer. Les équipes travaillent sans relâche, dans des conditions difficiles, et le matériel de protection fait défaut. Mercredi 25 mars, la mort d’un ambulancier âgé de 50 ans de l’hôpital de Boufarik a provoqué l’émoi. L’homme, asthmatique, avait transporté plusieurs patients suspectés d’être contaminés de leur domicile jusqu’à l’hôpital, avant de contracter lui-même le virus. Après son décès, plusieurs travailleurs ont observé un sit-in devant l’hôpital pour protester contre le manque de moyens et l’indifférence des responsables envers les difficultés rencontrées par le personnel.

L'hôpital Boufarik dans la province de Blida, en Algérie, le 3 mars 2020.

BEAUCOUP DE MEMBRES DU PERSONNEL SOIGNANT SONT PORTEURS DU VIRUS SANS LE SAVOIR OU SANS LE FAIRE SAVOIR

Cette semaine, du matériel de protection a été réceptionné par certains services. « De quoi tenir une semaine », selon le fils d’un soignant du CHU Frantz-Fanon. « Ça reste insuffisant car ce matériel est jetable et la demande ne cesse de croître, précise une résidente en médecine du même hôpital. En outre, beaucoup de dons ont été détournés et ne sont pas parvenus aux médecins. » Le 30 mars, c’est le professeur Si Ahmed El Mahdi, chef de service de chirurgie générale et spécialiste de la transplantation rénale, qui décédait des suites de la maladie après plusieurs jours en soins intensifs. Il aurait été contaminé par une patiente de retour de l’étranger, à en croire les médias locaux.

Préoccupés et fatigués, les médecins craignent aussi pour leurs proches. Le fils d’un médecin explique « vivre dans une double angoisse : que mon père soit lui-même contaminé, et qu’il ramène la maladie à la maison ». « Beaucoup de membres du personnel soignant sont porteurs du virus sans le savoir ou sans le faire savoir, accuse une résidente en médecine du même hôpital. Certains sont en quarantaine, chez eux. » D’autres travaillent toujours.

Certains questionnent la véracité des bilans officiels livrés par le ministère de la Santé, lequel a interdit aux directeurs régionaux de la santé de communiquer sur la situation épidémique. « Les chiffres donnés à la télévision sont loin de la réalité que nous vivons ici, de ce que nous voyons dans les hôpitaux. C’est vraiment de la désinformation », affirme un acteur associatif local.

Les bénévoles à la rescousse

Pour se protéger, nombre de soignants ont préféré poser des arrêts, « surtout ceux qui souffrent de maladie chronique, vu le manque de moyens de protection. Certains chefs de service ont accepté ces arrêts de travail, d’autres non », ajoute un médecin de l’hôpital Frantz-Fanon. En parallèle, des jeunes se démènent pour apporter une aide au personnel. Avec son équipe de bénévoles, Nassim Bouzekri, 30 ans, fabrique et distribue gratuitement jusqu’à 1 000 visières de protection par jour.

« Nous avons réalisé des vidéos explicatives pour montrer aux gens comment fabriquer ces face shields et satisfaire la demande dans leur wilaya, assure Nassim Bouzekri. Nous couvrons Blida et les alentours, mais ce n’est pas suffisant. » Le même confirme que des demandes de travailleurs de la santé affluent de partout. Les produits nécessaires à la fabrication de ces visières, comme la colle, sont parfois durs à obtenir.

Aujourd’hui, son équipe approvisionne principalement l’hôpital Brahim-Tirichine, situé dans le centre-ville de Blida, et le service de réanimation du CHU Frantz-Fanon, où ces visières sont utilisées, en plus des équipements de protection individuel, pour les intubations de patients atteint du Covid-19. Le jeune homme se désole que les mesures de confinement ne soient pas suffisamment respectées, y compris au sein de la wilaya de Blida. « Les quartiers directement touchés, là où il y a eu plusieurs morts, se conforment aux consignes de sécurité, reconnaît Nassim. Mais dès qu’on quitte le centre, c’est affreux, les gens circulent normalement. La police surveille, mais certains trouvent toujours le moyen de sortir. » Le martyre de Blida n’est pas encore terminé.

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