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Un journaliste ivoirien à Ouattara : « un vrai leader n’a pas peur de partir et de céder son fauteuil »
08/12/2019 à 23h33 par La redaction

Alassane Ouattara veut-il vraiment quitter le pouvoir en 2020 pour une alternance en Côte d’Ivoire ? Le journaliste ivoirien Didier Dépry en doute.
Quelle bête a bien pu piquer le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, pour qu’il fasse ce revirement à 180 degrés ? Lui qui a longtemps affirmé qu’il souhaite ardemment passer le flambeau à une nouvelle génération de dirigeants ivoiriens. Il a même exhorté publiquement ses prédécesseurs (Gbagbo et Bédié) à s’inscrire comme lui dans cette logique. Qui consiste à renoncer à la présidentielle de 2020 et céder la place aux plus jeunes.

Le mardi 3 décembre 2019, lors d’un débat à Dakar (Sénégal) sur RFI/ France24 dont il était l’un des quatre invités avec son homologue sénégalais Macky Sall, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, et le président du cercle des économistes, Jean-Hervé Lorenzi, il a réitéré son engagement en ces termes : « Je crois fermement qu’il faut passer la main à une génération plus jeune, je travaille à cela. Macky Sall a 25 ans de moins que moi. Je pense à passer la main à une autre génération, je trouve cela normal. Ça fait 50 ans que je travaille. Qu’est-ce que je gagnerai à travailler encore plus longtemps sauf si les circonstances exceptionnelles m’obligent à le faire ? »

Pourquoi soutenir publiquement une telle profession de foi, le mardi 3 décembre, en terre étrangère alors que quelques jours auparavant, le samedi 30 novembre 2019, à Katiola, dans le Nord de la Côte d’Ivoire, à l’occasion d’une visite d’Etat, il embouchait une trompette diamétralement opposée. « La Côte d’Ivoire appartient aux prochaines générations et mon intention, c’est de transférer le pouvoir à une nouvelle génération, mais je veux que tous les gens de ma génération se mettent de côté, car s’ils se présentent alors je serai candidat ».

« MACKY SALL A 25 ANS DE MOINS QUE MOI. JE PENSE À PASSER LA MAIN À UNE AUTRE GÉNÉRATION, JE TROUVE CELA NORMAL »

Alassane Ouattara
Cette déclaration d’Alassane Ouattara qui sonne effectivement comme un revirement de position pose la question de la sincérité de l’engagement du chef de l’Etat. Veut-il vraiment quitter le pouvoir en 2020 après ses deux mandats et donner ainsi la chance à l’alternance démocratique en Côte d’Ivoire ? On pourrait maintenant en douter. Et croire qu’en vérité, M. Ouattara n’est pas différent de la majorité des chefs d’Etat africains qui s’accrochent au pouvoir en brandissant des arguments fallacieux du genre : « je vais rester parce que sans moi, le pays sera déstabilisé » ou encore « l’économie affiche une croissance si positive que je dois poursuivre le bon travail ». En clair, tout comme l’a dit Alassane Ouattara, lui-même, à Dakar, « les circonstances exceptionnelles » les « obligent » à se croire irremplaçables.

Que vaut le leadership sans alternance ou plus précisément sans relève ? Un vrai leader fait de la relève, une préoccupation cardinale et la prépare. Un vrai leader, que ce soit à la tête d’un pays, un parti politique ou une association quelconque, n’a pas peur de partir et de céder son fauteuil. Bien au contraire, il a hâte de le faire quand les signes des temps le recommandent. Un vrai leader ne se croit pas irremplaçable. Puisqu’il sait que la relève existe. Qu’il l’adoube profondément ou passablement.

Seul le gourou se croit irremplaçable. C’est le gourou qui rechigne à partir, à céder sa place. Le gourou n’a que faire de la relève. Il ne la veut pas et ne la prépare pas. Tous ceux, autour de lui, qui affichent des ambitions de vouloir lui succéder deviennent ses ennemis. Evidemment quand le gourou disparaît, c’est le chaos. La Côte d’Ivoire vit cette réalité depuis la mort d’Houphouët-Boigny. En Afrique, c’est le scénario le plus répandu. Le chaos après la disparition du gourou.

Alors qu’on peut aisément éviter cela en plaçant au cœur du leadership politique en Afrique, l’alternance et la relève. Le vrai problème de la Côte d’Ivoire et de nos Etats africains, au-delà de la pauvreté, de la maladie, de l’insécurité et du chômage, c’est l’absence d’un leadership qui inclut l’alternance et la relève. A la tête de leurs formations politiques ou quand ils parviennent au pouvoir, les responsables politiques africains deviennent des gourous qui ne rêvent que d’une chose : s’éterniser là. Les Ivoiriens qui avaient espérer qu’Alassane Ouattara romprait ce signe indien en 2020, ont été désillusionnés depuis la déclaration du samedi 30 novembre dernier au stade Thomas d’Aquin de Katiola.

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Alassane Ouattara veut-il vraiment quitter le pouvoir en 2020 pour une alternance en Côte d’Ivoire ? Le journaliste ivoirien Didier Dépry en doute.
Quelle bête a bien pu piquer le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, pour qu’il fasse ce revirement à 180 degrés ? Lui qui a longtemps affirmé qu’il souhaite ardemment passer le flambeau à une nouvelle génération de dirigeants ivoiriens. Il a même exhorté publiquement ses prédécesseurs (Gbagbo et Bédié) à s’inscrire comme lui dans cette logique. Qui consiste à renoncer à la présidentielle de 2020 et céder la place aux plus jeunes.

Le mardi 3 décembre 2019, lors d’un débat à Dakar (Sénégal) sur RFI/ France24 dont il était l’un des quatre invités avec son homologue sénégalais Macky Sall, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, et le président du cercle des économistes, Jean-Hervé Lorenzi, il a réitéré son engagement en ces termes : « Je crois fermement qu’il faut passer la main à une génération plus jeune, je travaille à cela. Macky Sall a 25 ans de moins que moi. Je pense à passer la main à une autre génération, je trouve cela normal. Ça fait 50 ans que je travaille. Qu’est-ce que je gagnerai à travailler encore plus longtemps sauf si les circonstances exceptionnelles m’obligent à le faire ? »

Pourquoi soutenir publiquement une telle profession de foi, le mardi 3 décembre, en terre étrangère alors que quelques jours auparavant, le samedi 30 novembre 2019, à Katiola, dans le Nord de la Côte d’Ivoire, à l’occasion d’une visite d’Etat, il embouchait une trompette diamétralement opposée. « La Côte d’Ivoire appartient aux prochaines générations et mon intention, c’est de transférer le pouvoir à une nouvelle génération, mais je veux que tous les gens de ma génération se mettent de côté, car s’ils se présentent alors je serai candidat ».

« MACKY SALL A 25 ANS DE MOINS QUE MOI. JE PENSE À PASSER LA MAIN À UNE AUTRE GÉNÉRATION, JE TROUVE CELA NORMAL »

Alassane Ouattara
Cette déclaration d’Alassane Ouattara qui sonne effectivement comme un revirement de position pose la question de la sincérité de l’engagement du chef de l’Etat. Veut-il vraiment quitter le pouvoir en 2020 après ses deux mandats et donner ainsi la chance à l’alternance démocratique en Côte d’Ivoire ? On pourrait maintenant en douter. Et croire qu’en vérité, M. Ouattara n’est pas différent de la majorité des chefs d’Etat africains qui s’accrochent au pouvoir en brandissant des arguments fallacieux du genre : « je vais rester parce que sans moi, le pays sera déstabilisé » ou encore « l’économie affiche une croissance si positive que je dois poursuivre le bon travail ». En clair, tout comme l’a dit Alassane Ouattara, lui-même, à Dakar, « les circonstances exceptionnelles » les « obligent » à se croire irremplaçables.

Que vaut le leadership sans alternance ou plus précisément sans relève ? Un vrai leader fait de la relève, une préoccupation cardinale et la prépare. Un vrai leader, que ce soit à la tête d’un pays, un parti politique ou une association quelconque, n’a pas peur de partir et de céder son fauteuil. Bien au contraire, il a hâte de le faire quand les signes des temps le recommandent. Un vrai leader ne se croit pas irremplaçable. Puisqu’il sait que la relève existe. Qu’il l’adoube profondément ou passablement.

Seul le gourou se croit irremplaçable. C’est le gourou qui rechigne à partir, à céder sa place. Le gourou n’a que faire de la relève. Il ne la veut pas et ne la prépare pas. Tous ceux, autour de lui, qui affichent des ambitions de vouloir lui succéder deviennent ses ennemis. Evidemment quand le gourou disparaît, c’est le chaos. La Côte d’Ivoire vit cette réalité depuis la mort d’Houphouët-Boigny. En Afrique, c’est le scénario le plus répandu. Le chaos après la disparition du gourou.

Alors qu’on peut aisément éviter cela en plaçant au cœur du leadership politique en Afrique, l’alternance et la relève. Le vrai problème de la Côte d’Ivoire et de nos Etats africains, au-delà de la pauvreté, de la maladie, de l’insécurité et du chômage, c’est l’absence d’un leadership qui inclut l’alternance et la relève. A la tête de leurs formations politiques ou quand ils parviennent au pouvoir, les responsables politiques africains deviennent des gourous qui ne rêvent que d’une chose : s’éterniser là. Les Ivoiriens qui avaient espérer qu’Alassane Ouattara romprait ce signe indien en 2020, ont été désillusionnés depuis la déclaration du samedi 30 novembre dernier au stade Thomas d’Aquin de Katiola.

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