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RETOUR SUR… DANEMARK – PAYS-BAS 1992 : L’AUTRE CONTE D’ANDERSEN
01/07/2020 à 09h43 par La redaction

Un cri déchire la nuit de Göteborg ce 22 juin 1992. Un hurlement plutôt, précédé d’un bruit sec. Jamais Henrik Andersen n’oubliera ce son proche de celui « d’une branche qui casse ». Encore moins l’image de sa rotule sortie de son genou ou encore l’effroi sur le visage de ses coéquipiers.

En 2016, l’ancien arrière gauche est revenu pour Le Monde sur cette scène traumatique, cette 70e minute de la demi-finale de l’Euro face aux Pays-Bas. « Je suis sur le côté gauche. Van Basten arrive avec le ballon. Il perd un peu l’équilibre, son ­genou plié heurte le mien », détaille celui dont le mulet blond a laissé place à des cheveux en épis grisonnants.

Henrik Andersen, blessé au genou, le 22 juin 1992 à Göteborg (Suède).

Et dire que jamais le genou du Néerlandais n’aurait dû rencontrer celui du défenseur du FC Cologne à l’époque. En juin 1992, le Danemark dit non à Maastricht et à la monnaie unique, mais sa sélection s’invite à l’Euro chez le voisin suédois sans avoir réservéLe 30 mai en effet, l’ONU décide de mettre sous embargo le régime de Slobodan Milosevic. Dès le lendemain, l’UEFA exclut du championnat d’Europe la Yougoslavie où un sélectionneur bosnien (Ivica Osim) dirige des Serbes et des Monténégrins en pleins préparatifs pour la compétition. Il y a désormais une place à prendre.

Premier miracle, le Danemark est repêché au bénéfice de sa deuxième place derrière la Yougoslavie dans son groupe de qualifications. La nouvelle cuisine promise par Richard Moller Nielsen à sa femme doit attendre un peu. Mais, pour le sélectionneur, très critiqué, préparer un Euro en moins de deux semaines, et avec des joueurs déjà partis en vacances pour certains, ressemble aussi à du bricolage.

Minigolf et déjeuner au McDo

Pendant les qualifications, les frères Laudrup ont claqué la porte, en conflit avec Moller Nielsen. Star du football danois et du FC Barcelone, Michael, l’aîné, préfère poursuivre ses vacances. « Je pense que Michael avait peur du ridicule ou je ne sais quoi », avance Andersen. Moins borné ou plus influençable, son cadet Brian accepte la main tendue par son sélectionneur. D’autres promettent à leur compagne qu’il s’agit de l’affaire d’une dizaine de jours, le temps de prendre la porte dans un groupe composé de la Suède, l’Angleterre et la France.

De loin, ces Danois font l’effet de touristes débarqués en claquettes pour profiter de la piscine de leur hôtel à défaut de bronzer sur les plages de la Costa Brava. Entraîneur réputé rigide, Moller Nielsen s’adapte. Il alterne les entraînements avec le minigolf et autorise même un déjeuner collectif au McDonald’s voisin. « C’était un peu le bordel. Lors des premiers entraînements, l’équipe n’était pas en forme, raconte le défenseur John Sivebaek à So FootIl y avait pas mal de différences entre ceux qui venaient de finir la saison et ceux qui revenaient de vacances»

Arrive un second miracle. Malgré un point pris en deux matchs, les Danois peuvent rêver à une qualification en cas de victoire de la Suède face à l’Angleterre, conjuguée à un succès contre les Bleus de Michel Platini. A 1-1, le compte n’y est pas. Surgit alors Lars Elstrup. A la 78e minute, le remplaçant trompe d’une frappe en pivot Bruno Martini. La Suède remplit sa part du travail et le Danemark fête son héros également connu pour avoir rejoint, plus tard, une secte anarcho-bouddhiste ou interrompu un match en courant nu au milieu des joueurs.

Séance de tirs au but sous morphine

Et voilà comment Henrik Andersen se retrouve à défendre sur le triple Ballon d’or du Milan AC. A ce moment-là, son équipe mène 2-1. Quand il arrive aux urgences, les Pays-Bas ont égalisé par Frank Rijkaard. « On m’a fait une piqûre de morphine, poursuit l’ancien joueur. J’ai écouté la séance de tirs au but victorieuse grâce au haut-parleur de l’hôpital. »

Il entend alors que Peter Schmeichel a détourné le tir de… van Basten et qualifié le Danemark pour une finale qu’il n’aurait pas pu jouer pour cause de suspension. « On va gagner pour Henrik », annonce Moller Nielsen.

En 2016, l’intéressé revenait avec un mélange de nostalgie et de tristesse sur ce match. A 27 ans, il est alors au sommet de sa carrière, courtisé par les plus prestigieux clubs italiens. « Cette demi-finale est à la fois le sommet de ma carrière et ce qui l’a stoppée », souffle celui qui figurait dans le onze-type de cet Euro 92.

Après presque un an de convalescence, Andersen est victime d’une rupture d’un ligament croisé dès son deuxième match de reprise. Sa carrière ne s’en relève pas. « Quand j’ai repris, j’ai fait quelques matchs à 50 %. J’avais la volonté de revenir mais je n’avais plus la même puissance. » La morale des contes d’Andersen peut parfois être cruelle.

Retrouvez notre Top 30 des matchs qui ont marqué l’Euro

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Un cri déchire la nuit de Göteborg ce 22 juin 1992. Un hurlement plutôt, précédé d’un bruit sec. Jamais Henrik Andersen n’oubliera ce son proche de celui « d’une branche qui casse ». Encore moins l’image de sa rotule sortie de son genou ou encore l’effroi sur le visage de ses coéquipiers.

En 2016, l’ancien arrière gauche est revenu pour Le Monde sur cette scène traumatique, cette 70e minute de la demi-finale de l’Euro face aux Pays-Bas. « Je suis sur le côté gauche. Van Basten arrive avec le ballon. Il perd un peu l’équilibre, son ­genou plié heurte le mien », détaille celui dont le mulet blond a laissé place à des cheveux en épis grisonnants.

Henrik Andersen, blessé au genou, le 22 juin 1992 à Göteborg (Suède).

Et dire que jamais le genou du Néerlandais n’aurait dû rencontrer celui du défenseur du FC Cologne à l’époque. En juin 1992, le Danemark dit non à Maastricht et à la monnaie unique, mais sa sélection s’invite à l’Euro chez le voisin suédois sans avoir réservéLe 30 mai en effet, l’ONU décide de mettre sous embargo le régime de Slobodan Milosevic. Dès le lendemain, l’UEFA exclut du championnat d’Europe la Yougoslavie où un sélectionneur bosnien (Ivica Osim) dirige des Serbes et des Monténégrins en pleins préparatifs pour la compétition. Il y a désormais une place à prendre.

Premier miracle, le Danemark est repêché au bénéfice de sa deuxième place derrière la Yougoslavie dans son groupe de qualifications. La nouvelle cuisine promise par Richard Moller Nielsen à sa femme doit attendre un peu. Mais, pour le sélectionneur, très critiqué, préparer un Euro en moins de deux semaines, et avec des joueurs déjà partis en vacances pour certains, ressemble aussi à du bricolage.

Minigolf et déjeuner au McDo

Pendant les qualifications, les frères Laudrup ont claqué la porte, en conflit avec Moller Nielsen. Star du football danois et du FC Barcelone, Michael, l’aîné, préfère poursuivre ses vacances. « Je pense que Michael avait peur du ridicule ou je ne sais quoi », avance Andersen. Moins borné ou plus influençable, son cadet Brian accepte la main tendue par son sélectionneur. D’autres promettent à leur compagne qu’il s’agit de l’affaire d’une dizaine de jours, le temps de prendre la porte dans un groupe composé de la Suède, l’Angleterre et la France.

De loin, ces Danois font l’effet de touristes débarqués en claquettes pour profiter de la piscine de leur hôtel à défaut de bronzer sur les plages de la Costa Brava. Entraîneur réputé rigide, Moller Nielsen s’adapte. Il alterne les entraînements avec le minigolf et autorise même un déjeuner collectif au McDonald’s voisin. « C’était un peu le bordel. Lors des premiers entraînements, l’équipe n’était pas en forme, raconte le défenseur John Sivebaek à So FootIl y avait pas mal de différences entre ceux qui venaient de finir la saison et ceux qui revenaient de vacances»

Arrive un second miracle. Malgré un point pris en deux matchs, les Danois peuvent rêver à une qualification en cas de victoire de la Suède face à l’Angleterre, conjuguée à un succès contre les Bleus de Michel Platini. A 1-1, le compte n’y est pas. Surgit alors Lars Elstrup. A la 78e minute, le remplaçant trompe d’une frappe en pivot Bruno Martini. La Suède remplit sa part du travail et le Danemark fête son héros également connu pour avoir rejoint, plus tard, une secte anarcho-bouddhiste ou interrompu un match en courant nu au milieu des joueurs.

Séance de tirs au but sous morphine

Et voilà comment Henrik Andersen se retrouve à défendre sur le triple Ballon d’or du Milan AC. A ce moment-là, son équipe mène 2-1. Quand il arrive aux urgences, les Pays-Bas ont égalisé par Frank Rijkaard. « On m’a fait une piqûre de morphine, poursuit l’ancien joueur. J’ai écouté la séance de tirs au but victorieuse grâce au haut-parleur de l’hôpital. »

Il entend alors que Peter Schmeichel a détourné le tir de… van Basten et qualifié le Danemark pour une finale qu’il n’aurait pas pu jouer pour cause de suspension. « On va gagner pour Henrik », annonce Moller Nielsen.

En 2016, l’intéressé revenait avec un mélange de nostalgie et de tristesse sur ce match. A 27 ans, il est alors au sommet de sa carrière, courtisé par les plus prestigieux clubs italiens. « Cette demi-finale est à la fois le sommet de ma carrière et ce qui l’a stoppée », souffle celui qui figurait dans le onze-type de cet Euro 92.

Après presque un an de convalescence, Andersen est victime d’une rupture d’un ligament croisé dès son deuxième match de reprise. Sa carrière ne s’en relève pas. « Quand j’ai repris, j’ai fait quelques matchs à 50 %. J’avais la volonté de revenir mais je n’avais plus la même puissance. » La morale des contes d’Andersen peut parfois être cruelle.

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