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Pour en finir avec les fantasmes racistes de la beurette et de l’Arabe violent et violeur
09/06/2020 à 11h34 par La redaction

Du fantasme raciste de la beurette toujours aussi vif à celui de l’Arabe violent et violeur, Mediapart bat en brèche les clichés hérités de la domination sexuelle et coloniale au Maghreb avec les historiennes Naïma Yahi et Christelle Taraud

 

« TF1 raciste », « Je ne suis pas une beurette ». Voilà deux des hashtags viraux qui ont inondé le réseau social Twitter après la diffusion d’un épisode de la très populaire série télévisée « Joséphine, ange gardien » dimanche 31 mai sur la chaîne privée TF1, présentant un des personnages, Yasmina, comme « une beurette issue de banlieue ».

Fantasme sexiste, raciste, sexuel, « beurette » est l’un des nombreux clichés hérités de la domination sexuelle et coloniale au Maghreb qui perdure et révèle l’ampleur de l’impensé colonial, raciste en France. En témoigne la réaction du publicitaire Jacques Séguéla, emblématique d’un déni bien français, trouvant le mot « beurette » « poétique » comme « midinette ».

Des fantasmes racistes de la beurette ou encore de « l’Arabe violent et violeur » qui permettent d’essentialiser et de ne pas voir ces personnes comme des Français à part entière au mythe autour de la danseuse du ventre, Mediapart a battu en brèche ces clichés problématiques avec deux historiennes, deux féministes qui ont participé à l’ouvrage Sexualités, identités & corps colonisés (CNRS Éditions), invitées de notre émission « Maghreb Express ».

Un débat essentiel pour comprendre notamment quelques-unes des racines structurelles du racisme en France et qui donne des clés pour décrypter la très forte résonance dans l’Hexagone du meurtre de George Floyd, cet homme noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc aux États-Unis.

Christelle Taraud est spécialiste de l’histoire contemporaine du Maghreb, de l’histoire des femmes, du genre et des sexualités en contexte colonial, tout particulièrement au Maghreb. Elle est l’autrice notamment d’Amour interdit. Marginalité, prostitution, colonialisme. Maghreb 1830-1962 (Payot, 2012).

Naïma Yahi est historienne, spécialiste notamment des musiques maghrébines, titulaire d’un doctorat portant sur l’histoire culturelle des artistes algériens en France (1962-1987).

La sexualité dans les empires coloniaux et la domination des corps sont aujourd’hui des sujets de recherche majeurs, après avoir été longtemps enterrés ou réduits à l’anecdote. Jamais ces héritages n’avaient provoqué autant de débats dans nos sociétés.

Près de deux ans après les polémiques autour du livre Sexe, race & colonies (La Découverte), une cinquantaine de chercheurs ont publié un nouvel ouvrage sur le sujet : Sexualités, identités & corps colonisés aux éditions du CNRS.

S’il s’inscrit dans le prolongement de Sexe, race & colonies dont il réédite une quinzaine d’articles et balaie toujours six siècles d’Histoire, il s’en démarque dès l’introduction et se veut académique quand son prédécesseur était destiné au grand public.

Surtout, il ne contient aucune des centaines d’images qui jalonnent Sexe, race & colonies et qui ont enflammé les débats à la fin de l’année 2018 ; ce livre étant accusé notamment d’esthétiser l’insoutenable, la violence raciste des oppressions coloniales et de nier les victimes.

La parution de Sexualités, identités & corps colonisés est l’occasion de revenir sur ces débats d’une ampleur inédite et de mesurer à nouveau l’impact actuel de la domination coloniale et sexuelle sur les imaginaires, tant dans les sociétés hier colonisées notamment au Maghreb qu’en Occident.

Il permet de s’interroger encore : pourquoi traiter de sexualité dans des contextes esclavagistes, coloniaux et postcoloniaux demeure aussi difficile et sensible alors que c’est une question fondamentale pour analyser et comprendre des sociétés occidentales au passé comme au présent ?

Extraits

Christelle Taraud : « Ce livre n’est pas un mea culpa après Sexe, race & colonies. Le livre que nous avons publié en 2018 avait pour objectif d’être grand public. On peut parfois perdre de vue que certaines images peuvent être violentes et qu’il faut mieux les encadrer et les expliciter. La version anglophone à paraître l’année prochaine le sera avec un appareil de notes très conséquent. Ici, nous sommes dans une démarche plus scientifique. Ce livre est un espace de débat entre spécialistes et non-spécialistes, appartenant au monde académique, intéressés par ces questions. »

Naïma Yahi : « Il y a eu une hystérisation des échanges qui écrase toute contradiction. J’apprécie qu’il y ait eu un travail plus académique, là où nous devons réfléchir collectivement sur notre capacité à évoquer scientifiquement, et dans le débat public, des problématiques liées à ces questions postcoloniales. Chaque semaine, on voit deux camps fantomatiques renvoyés dos à dos. Il y a des nuances, des générations de chercheurs, une demande sociale forte notamment des enfants colonisés qui réclament une histoire du patrimoine des conflits, d’aller plus loin dans la prise en charge d’un passé douloureux qui ne passe pas. Le livre du CNRS nous offre ce temps-là, de poser et documenter les termes du débat, ce qu’un livre grand public ne nous offre pas forcément. »

Christelle Taraud : « On croit que la sexualité relève de l’intime, du privé, mais elle n’a rien de privé. Elle est puissamment politique, elle est un enjeu majeur du pouvoir et de la domination depuis toujours, depuis les sociétés préhistoriques, car elle est liée à la reproduction. Or le pouvoir, dès l’origine, a été accaparé par les hommes. Et donc la sexualité est un enjeu de rivalité important entre les hommes et le véhicule de cette rivalité en général, ce sont les femmes.

 

Évidemment cette histoire nous travaille individuellement, collectivement. Elle travaille les enfants issus des mondes colonisés, les enfants issus des mondes coloniaux. C’est possible de faire cette histoire ensemble dans un respect et une empathie revendiquée comme un espace de travail. L’hystérisation nous empêche de travailler ensemble. »

Naïma Yahi : « Du mythe de la danseuse du ventre au fantasme de la beurette, catégorie porno qui écrase ce label, il y a une filiation sur le temps long de ces imaginaires sur les corps. Il s’agit d’humilier le corps des femmes, des autres, des indigènes. […] « La beurette est l’avenir du beur », comme disait l’ancien directeur de Libération Serge July dans les années 1980, post-Marche des beurs. En 2020, on a l’impression que c’est la femme voilée, même plus le garçon, qui va mettre à bas la République. La beurette n’est plus l’avenir du beur, mais dans le même bateau. Il est intéressant de voir comment ces stéréotypes voyagent d’époque en époque, d’où l’importance d’aller creuser ces imaginaires pour comprendre ce qu’il en reste dans la perception de ces populations que l’on ne veut pas voir comme françaises. »

Christelle Taraud : « Mon travail s’inscrit dans une perspective féministe. Les questions raciales font aussi écho aux questions de droits des femmes. Toutes les études montrent que les femmes dites racisées sont beaucoup plus impactées par les violences et les discriminations faites aux femmes. Car souvent elles cumulent les facteurs : femmes, immigrées, appartenant aux classes les plus populaires. »

Naïma Yahi : « La place des femmes immigrées a tendance à être oubliée, car les flux migratoires étaient d’abord masculins. Elles ont souvent été effacées des luttes. Mon travail est de leur redonner leur place du point de vue social, culturel. »

 

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« TF1 raciste », « Je ne suis pas une beurette ». Voilà deux des hashtags viraux qui ont inondé le réseau social Twitter après la diffusion d’un épisode de la très populaire série télévisée « Joséphine, ange gardien » dimanche 31 mai sur la chaîne privée TF1, présentant un des personnages, Yasmina, comme « une beurette issue de banlieue ».

Fantasme sexiste, raciste, sexuel, « beurette » est l’un des nombreux clichés hérités de la domination sexuelle et coloniale au Maghreb qui perdure et révèle l’ampleur de l’impensé colonial, raciste en France. En témoigne la réaction du publicitaire Jacques Séguéla, emblématique d’un déni bien français, trouvant le mot « beurette » « poétique » comme « midinette ».

Des fantasmes racistes de la beurette ou encore de « l’Arabe violent et violeur » qui permettent d’essentialiser et de ne pas voir ces personnes comme des Français à part entière au mythe autour de la danseuse du ventre, Mediapart a battu en brèche ces clichés problématiques avec deux historiennes, deux féministes qui ont participé à l’ouvrage Sexualités, identités & corps colonisés (CNRS Éditions), invitées de notre émission « Maghreb Express ».

Un débat essentiel pour comprendre notamment quelques-unes des racines structurelles du racisme en France et qui donne des clés pour décrypter la très forte résonance dans l’Hexagone du meurtre de George Floyd, cet homme noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc aux États-Unis.

Christelle Taraud est spécialiste de l’histoire contemporaine du Maghreb, de l’histoire des femmes, du genre et des sexualités en contexte colonial, tout particulièrement au Maghreb. Elle est l’autrice notamment d’Amour interdit. Marginalité, prostitution, colonialisme. Maghreb 1830-1962 (Payot, 2012).

Naïma Yahi est historienne, spécialiste notamment des musiques maghrébines, titulaire d’un doctorat portant sur l’histoire culturelle des artistes algériens en France (1962-1987).

La sexualité dans les empires coloniaux et la domination des corps sont aujourd’hui des sujets de recherche majeurs, après avoir été longtemps enterrés ou réduits à l’anecdote. Jamais ces héritages n’avaient provoqué autant de débats dans nos sociétés.

Près de deux ans après les polémiques autour du livre Sexe, race & colonies (La Découverte), une cinquantaine de chercheurs ont publié un nouvel ouvrage sur le sujet : Sexualités, identités & corps colonisés aux éditions du CNRS.

S’il s’inscrit dans le prolongement de Sexe, race & colonies dont il réédite une quinzaine d’articles et balaie toujours six siècles d’Histoire, il s’en démarque dès l’introduction et se veut académique quand son prédécesseur était destiné au grand public.

Surtout, il ne contient aucune des centaines d’images qui jalonnent Sexe, race & colonies et qui ont enflammé les débats à la fin de l’année 2018 ; ce livre étant accusé notamment d’esthétiser l’insoutenable, la violence raciste des oppressions coloniales et de nier les victimes.

La parution de Sexualités, identités & corps colonisés est l’occasion de revenir sur ces débats d’une ampleur inédite et de mesurer à nouveau l’impact actuel de la domination coloniale et sexuelle sur les imaginaires, tant dans les sociétés hier colonisées notamment au Maghreb qu’en Occident.

Il permet de s’interroger encore : pourquoi traiter de sexualité dans des contextes esclavagistes, coloniaux et postcoloniaux demeure aussi difficile et sensible alors que c’est une question fondamentale pour analyser et comprendre des sociétés occidentales au passé comme au présent ?

Extraits

Christelle Taraud : « Ce livre n’est pas un mea culpa après Sexe, race & colonies. Le livre que nous avons publié en 2018 avait pour objectif d’être grand public. On peut parfois perdre de vue que certaines images peuvent être violentes et qu’il faut mieux les encadrer et les expliciter. La version anglophone à paraître l’année prochaine le sera avec un appareil de notes très conséquent. Ici, nous sommes dans une démarche plus scientifique. Ce livre est un espace de débat entre spécialistes et non-spécialistes, appartenant au monde académique, intéressés par ces questions. »

Naïma Yahi : « Il y a eu une hystérisation des échanges qui écrase toute contradiction. J’apprécie qu’il y ait eu un travail plus académique, là où nous devons réfléchir collectivement sur notre capacité à évoquer scientifiquement, et dans le débat public, des problématiques liées à ces questions postcoloniales. Chaque semaine, on voit deux camps fantomatiques renvoyés dos à dos. Il y a des nuances, des générations de chercheurs, une demande sociale forte notamment des enfants colonisés qui réclament une histoire du patrimoine des conflits, d’aller plus loin dans la prise en charge d’un passé douloureux qui ne passe pas. Le livre du CNRS nous offre ce temps-là, de poser et documenter les termes du débat, ce qu’un livre grand public ne nous offre pas forcément. »

Christelle Taraud : « On croit que la sexualité relève de l’intime, du privé, mais elle n’a rien de privé. Elle est puissamment politique, elle est un enjeu majeur du pouvoir et de la domination depuis toujours, depuis les sociétés préhistoriques, car elle est liée à la reproduction. Or le pouvoir, dès l’origine, a été accaparé par les hommes. Et donc la sexualité est un enjeu de rivalité important entre les hommes et le véhicule de cette rivalité en général, ce sont les femmes.

 

Évidemment cette histoire nous travaille individuellement, collectivement. Elle travaille les enfants issus des mondes colonisés, les enfants issus des mondes coloniaux. C’est possible de faire cette histoire ensemble dans un respect et une empathie revendiquée comme un espace de travail. L’hystérisation nous empêche de travailler ensemble. »

Naïma Yahi : « Du mythe de la danseuse du ventre au fantasme de la beurette, catégorie porno qui écrase ce label, il y a une filiation sur le temps long de ces imaginaires sur les corps. Il s’agit d’humilier le corps des femmes, des autres, des indigènes. […] « La beurette est l’avenir du beur », comme disait l’ancien directeur de Libération Serge July dans les années 1980, post-Marche des beurs. En 2020, on a l’impression que c’est la femme voilée, même plus le garçon, qui va mettre à bas la République. La beurette n’est plus l’avenir du beur, mais dans le même bateau. Il est intéressant de voir comment ces stéréotypes voyagent d’époque en époque, d’où l’importance d’aller creuser ces imaginaires pour comprendre ce qu’il en reste dans la perception de ces populations que l’on ne veut pas voir comme françaises. »

Christelle Taraud : « Mon travail s’inscrit dans une perspective féministe. Les questions raciales font aussi écho aux questions de droits des femmes. Toutes les études montrent que les femmes dites racisées sont beaucoup plus impactées par les violences et les discriminations faites aux femmes. Car souvent elles cumulent les facteurs : femmes, immigrées, appartenant aux classes les plus populaires. »

Naïma Yahi : « La place des femmes immigrées a tendance à être oubliée, car les flux migratoires étaient d’abord masculins. Elles ont souvent été effacées des luttes. Mon travail est de leur redonner leur place du point de vue social, culturel. »

 

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