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Mort de Stanley Ho, le roi des casinos de Macao
27/05/2020 à 00h16 par La redaction
Le milliardaire Stanley Ho, largement considéré comme l'artisan de l'insolent essor de l'ex-colonie portugaise, est décédé mardi à Hong Kong à 98 ans, a annoncé sa famille.
Connu comme le « parrain » des casinos macanais, le magnat né à Hong Kong avait vu sa fortune décoller de concert avec la spectaculaire transformation de Macao. Alors qu'elle était une grosse bourgade endormie il y a quelques décennies, l'ancienne colonie portugaise rétrocédée à la Chine en 1999, est devenue la capitale mondiale du jeu, avec un chiffre d'affaires dépassant celui de Las Vegas.
Le presque centenaire à la vie rocambolesque, père d'au moins 17 enfants de quatre lits différents, s'est éteint « paisiblement » dans un hôpital de Happy Valley, sur l'île de Hong Kong, a annoncé sa fille Pansy aux journalistes. De son côté, la chaîne d'État chinoise CCTV a présenté Stanley Ho comme « un entrepreneur patriote ».
Ho a construit son empire en obtenant le monopole de l'exploitation des casinos de Macao de 1962 jusqu'en 2002, date à laquelle le marché a été ouvert à la concurrence et explosé pour peser 80% du PIB de cette région chinoise semi-autonome.
Contrebandier
Aujourd'hui encore, sa Sociedade de Jogos de Macau Holdings (SJM) reste un des principaux acteurs du secteur dans le seul territoire chinois où les jeux d'argent sont autorisés.
Contrairement à la plupart des magnats hongkongais partis de rien pour s'élever dans le peloton de tête des fortunes du territoire, Stanley Ho, lui ne venait pas de nulle part. Né en 1921, il était le petit-neveu de Robert Hotung (1862-1956), un des premiers magnats asiatiques, qui fut au début du XXème siècle un des plus riches Hongkongais.
Mais la Grande dépression eut raison de la fortune familiale et, dans la foulée de l'invasion japonaise fin 1941, Stanley Ho s'enfuit à Macao avec presque rien. La Seconde Guerre mondiale est pour lui l'occasion de se refaire, au travers de la contrebande de produits de luxe de Macao vers la Chine, avant qu'il n'obtienne, en 1962, la première licence macanaise de casino.
Soupçonné de laisser les triades opérer dans ses établissements, il a toujours démenti et nié être de mèche avec la mafia macanaise. Il diversifiera progressivement ses affaires vers l'immobilier et la construction navale.
Après une période de vaches maigres due à la campagne anti-corruption lancée à partir de 2012 par le président chinois Xi Jinping, les revenus des casinos de l'ex-colonie portugaise sont repartis à la hausse en 2016, avant de s'effondrer totalement en début d'année à cause du coronavirus. La plupart des opérateurs de Macao, y compris SJM, ont cependant les reins solides, en raison des sommes amassées lors des années fastes.
La retraite à 96 ans
Expert des danses de salon, Stanley Ho ne cessait d'assurer qu'il n'avait personnellement jamais misé un dollar dans un casino. Il eut également une vie sentimentale mouvementée. Marié pour la première fois en 1942, il eut trois autres femmes, dont on ignore s'il les épousa ou non, qui lui donnèrent aussi des enfants. Il est ainsi le père de Lawrence Ho, qui dirige le groupe rival Melco International (Macao).
Ses apparitions se firent plus rares après une grave chute en 2009, à 87 ans, qui impliqua une opération du cerveau. Quand il se résolut à prendre sa retraite en 2018, à 96 ans, il était la 13e fortune hongkongaise, selon le magazine Forbes.
Cela faisait alors des années que la presse à sensation faisait ses choux gras de sa succession et des querelles d'héritage entre ses enfants. C'est à sa fille Daisy et sa quatrième « épouse » Angela Leong qu'il a confié les rênes de SJM Holding.

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Le milliardaire Stanley Ho, largement considéré comme l'artisan de l'insolent essor de l'ex-colonie portugaise, est décédé mardi à Hong Kong à 98 ans, a annoncé sa famille.
Connu comme le « parrain » des casinos macanais, le magnat né à Hong Kong avait vu sa fortune décoller de concert avec la spectaculaire transformation de Macao. Alors qu'elle était une grosse bourgade endormie il y a quelques décennies, l'ancienne colonie portugaise rétrocédée à la Chine en 1999, est devenue la capitale mondiale du jeu, avec un chiffre d'affaires dépassant celui de Las Vegas.
Le presque centenaire à la vie rocambolesque, père d'au moins 17 enfants de quatre lits différents, s'est éteint « paisiblement » dans un hôpital de Happy Valley, sur l'île de Hong Kong, a annoncé sa fille Pansy aux journalistes. De son côté, la chaîne d'État chinoise CCTV a présenté Stanley Ho comme « un entrepreneur patriote ».
Ho a construit son empire en obtenant le monopole de l'exploitation des casinos de Macao de 1962 jusqu'en 2002, date à laquelle le marché a été ouvert à la concurrence et explosé pour peser 80% du PIB de cette région chinoise semi-autonome.
Contrebandier
Aujourd'hui encore, sa Sociedade de Jogos de Macau Holdings (SJM) reste un des principaux acteurs du secteur dans le seul territoire chinois où les jeux d'argent sont autorisés.
Contrairement à la plupart des magnats hongkongais partis de rien pour s'élever dans le peloton de tête des fortunes du territoire, Stanley Ho, lui ne venait pas de nulle part. Né en 1921, il était le petit-neveu de Robert Hotung (1862-1956), un des premiers magnats asiatiques, qui fut au début du XXème siècle un des plus riches Hongkongais.
Mais la Grande dépression eut raison de la fortune familiale et, dans la foulée de l'invasion japonaise fin 1941, Stanley Ho s'enfuit à Macao avec presque rien. La Seconde Guerre mondiale est pour lui l'occasion de se refaire, au travers de la contrebande de produits de luxe de Macao vers la Chine, avant qu'il n'obtienne, en 1962, la première licence macanaise de casino.
Soupçonné de laisser les triades opérer dans ses établissements, il a toujours démenti et nié être de mèche avec la mafia macanaise. Il diversifiera progressivement ses affaires vers l'immobilier et la construction navale.
Après une période de vaches maigres due à la campagne anti-corruption lancée à partir de 2012 par le président chinois Xi Jinping, les revenus des casinos de l'ex-colonie portugaise sont repartis à la hausse en 2016, avant de s'effondrer totalement en début d'année à cause du coronavirus. La plupart des opérateurs de Macao, y compris SJM, ont cependant les reins solides, en raison des sommes amassées lors des années fastes.
La retraite à 96 ans
Expert des danses de salon, Stanley Ho ne cessait d'assurer qu'il n'avait personnellement jamais misé un dollar dans un casino. Il eut également une vie sentimentale mouvementée. Marié pour la première fois en 1942, il eut trois autres femmes, dont on ignore s'il les épousa ou non, qui lui donnèrent aussi des enfants. Il est ainsi le père de Lawrence Ho, qui dirige le groupe rival Melco International (Macao).
Ses apparitions se firent plus rares après une grave chute en 2009, à 87 ans, qui impliqua une opération du cerveau. Quand il se résolut à prendre sa retraite en 2018, à 96 ans, il était la 13e fortune hongkongaise, selon le magazine Forbes.
Cela faisait alors des années que la presse à sensation faisait ses choux gras de sa succession et des querelles d'héritage entre ses enfants. C'est à sa fille Daisy et sa quatrième « épouse » Angela Leong qu'il a confié les rênes de SJM Holding.

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