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Mali : Des casques bleus sont chassés par les habitants
14/01/2020 à 07h04 par Aurel HANSINON

Mali : Des casques bleus sont chassés par les habitants

Les casques bleus ont connu meilleurs jours que les 2 et 4 janviers au Mali. Des patrouilles de la mission de l’ONU au Mali ont été chassées par des habitants de plusieurs villages du centre du pays. Une hostilité envers les Casques bleus nourrie par des rumeurs et la dégradation du contexte sécuritaire dans la région.

Ce 3 janvier, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent dans un ville du centre du Mali au moins deux véhicules des Nations unies – un blindé et un pick-up – contraints de rebrousser chemin sous la pression d’une foule en colère.

La Minusma évalue le nombre des manifestants à 300 et confirme que cet incident s’inscrit dans le contexte de démonstrations d’hostilités répétées dans la région : "Une patrouille se déplaçant pour établir une base opérationnelle temporaire dans le village de Boro [25 km à l’est de Bandiagara] a été bloquée à Bandiagara par la foule hostile et est donc retournée vers sa base. Plus tard dans la matinée, une patrouille conjointe de la police des Nations unies, d’observateurs militaires et de la gendarmerie nationale malienne a été bloquée par des populations très hostiles. Des jeunes ainsi que des femmes et des enfants à l’entrée de la ville de Bandiagara auraient lancé des pierres sur les véhicules de patrouille."

Lire aussi : Congo : Un pasteur publie des photos de sa maîtresse nue car elle l’a quitté

Depuis 2015, des affrontements très meurtriers opposent communautés peules – traditionnellement éleveurs – et dogons – pratiquant essentiellement l’agriculture –, chacune ayant créé des "groupes d’autodéfense", dans le centre du Mali. Ces violences créent un sentiment de vulnérabilité chez les habitants.

Amadou Louge, président du conseil local de la jeunesse de Bandiagara était parmi les manifestants. Le même jour, il cosignait une lettre adressée au préfet du cercle de Bandiagara demandant à ce que "la Minusma quitte sans délai tout le territoire du cercle de Bandiagara". Il explique à la rédaction des Observateurs se "méfier" des Casques bleus :

Nous sommes interpellés par les populations locales qui ne comprennent pas le mandat de la Minusma. Certaines personnes soupçonnent même qu’ils puissent être à la base des attaques puisqu’il arrive souvent que des attaques aient lieu dans des endroits qu’ils viennent de quitter !

C’est avant tout un problème de confiance entre les populations et la Minusma. Selon moi, leur présence sur le terrain devrait respecter deux préalables : d’une part, ils devraient intervenir directement sur les lieux des attaques et, d’autre part, ils devraient collaborer avec les autorités locales, patrouiller avec les forces armées maliennes (Fama).

Lire aussi : 11 août 2019, quand Soro disait : « les chars de la République sont impolis. Merci à Ouattara d’avoir acheté cet armement pour moi »

Depuis juin 2019, la Minusma a renforcé sa présence dans le centre du Mali pour faire face à la "détérioration alarmante de la situation sécuritaire" décrite dans le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui déplore que "les groupes terroristes gagnent du terrain". Il s’agit particulièrement du conflit entre communautés peules et dogons.

Cependant, il n’est pas du ressort de la Minusma de combattre le terrorisme au Mali. Comme le rappelait Binetou Keïta, sous-secrétaire générale des Nations unies pour l’Afrique, en décembre 2019 : "La lutte contre le terrorisme ne fait pas du tout partie du mandat des opérations de maintien de la paix. Les Casques bleus ont pour objectif de réduire les tensions et les violences, de permettre ensuite d’ouvrir les espaces de dialogue politique et de protéger les populations civiles."

Beaucoup de Maliens ne sont pas au courant du rôle précis de la Minusma, d’autres le rejettent et souhaiteraient plutôt que les Casques bleus mènent des opérations d’antiterrorisme aux côtés des Fama.

Certains groupes exploitent ce sentiment en diffusant des accusations sans réel fondement sur le fait que, puisque la Minusma ne combat pas le terrorisme, c’est qu’elle soutient activement les groupes terroristes contre les autorités maliennes.

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Mali : Des casques bleus sont chassés par les habitants

Les casques bleus ont connu meilleurs jours que les 2 et 4 janviers au Mali. Des patrouilles de la mission de l’ONU au Mali ont été chassées par des habitants de plusieurs villages du centre du pays. Une hostilité envers les Casques bleus nourrie par des rumeurs et la dégradation du contexte sécuritaire dans la région.

Ce 3 janvier, des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent dans un ville du centre du Mali au moins deux véhicules des Nations unies – un blindé et un pick-up – contraints de rebrousser chemin sous la pression d’une foule en colère.

La Minusma évalue le nombre des manifestants à 300 et confirme que cet incident s’inscrit dans le contexte de démonstrations d’hostilités répétées dans la région : "Une patrouille se déplaçant pour établir une base opérationnelle temporaire dans le village de Boro [25 km à l’est de Bandiagara] a été bloquée à Bandiagara par la foule hostile et est donc retournée vers sa base. Plus tard dans la matinée, une patrouille conjointe de la police des Nations unies, d’observateurs militaires et de la gendarmerie nationale malienne a été bloquée par des populations très hostiles. Des jeunes ainsi que des femmes et des enfants à l’entrée de la ville de Bandiagara auraient lancé des pierres sur les véhicules de patrouille."

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Depuis 2015, des affrontements très meurtriers opposent communautés peules – traditionnellement éleveurs – et dogons – pratiquant essentiellement l’agriculture –, chacune ayant créé des "groupes d’autodéfense", dans le centre du Mali. Ces violences créent un sentiment de vulnérabilité chez les habitants.

Amadou Louge, président du conseil local de la jeunesse de Bandiagara était parmi les manifestants. Le même jour, il cosignait une lettre adressée au préfet du cercle de Bandiagara demandant à ce que "la Minusma quitte sans délai tout le territoire du cercle de Bandiagara". Il explique à la rédaction des Observateurs se "méfier" des Casques bleus :

Nous sommes interpellés par les populations locales qui ne comprennent pas le mandat de la Minusma. Certaines personnes soupçonnent même qu’ils puissent être à la base des attaques puisqu’il arrive souvent que des attaques aient lieu dans des endroits qu’ils viennent de quitter !

C’est avant tout un problème de confiance entre les populations et la Minusma. Selon moi, leur présence sur le terrain devrait respecter deux préalables : d’une part, ils devraient intervenir directement sur les lieux des attaques et, d’autre part, ils devraient collaborer avec les autorités locales, patrouiller avec les forces armées maliennes (Fama).

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Depuis juin 2019, la Minusma a renforcé sa présence dans le centre du Mali pour faire face à la "détérioration alarmante de la situation sécuritaire" décrite dans le dernier rapport du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui déplore que "les groupes terroristes gagnent du terrain". Il s’agit particulièrement du conflit entre communautés peules et dogons.

Cependant, il n’est pas du ressort de la Minusma de combattre le terrorisme au Mali. Comme le rappelait Binetou Keïta, sous-secrétaire générale des Nations unies pour l’Afrique, en décembre 2019 : "La lutte contre le terrorisme ne fait pas du tout partie du mandat des opérations de maintien de la paix. Les Casques bleus ont pour objectif de réduire les tensions et les violences, de permettre ensuite d’ouvrir les espaces de dialogue politique et de protéger les populations civiles."

Beaucoup de Maliens ne sont pas au courant du rôle précis de la Minusma, d’autres le rejettent et souhaiteraient plutôt que les Casques bleus mènent des opérations d’antiterrorisme aux côtés des Fama.

Certains groupes exploitent ce sentiment en diffusant des accusations sans réel fondement sur le fait que, puisque la Minusma ne combat pas le terrorisme, c’est qu’elle soutient activement les groupes terroristes contre les autorités maliennes.

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