Doingbuzz – Le pouvoir de l'information à votre portée
Madagascar: les violences conjugales en hausse pendant le confinement
11/06/2020 à 09h45 par La redaction
L’isolement forcé des familles au sein de leur foyer a conduit à une hausse des violences conjugales, selon une ONG qui a mené une enquête, restreinte à la capitale, confinement oblige. L’étude, rendue publique mardi, n'a été menée que dans 50 des quelques 200 quartiers qui composent la capitale Antananarivo.
C’est l’un des effets indirects des mesures adoptées pour lutter contre la pandémie. Dans la majorité des fokontany étudiés de la capitale, que ce soient des quartiers populaires ou résidentiels, le quotidien en vase clos a exacerbé les violences envers les personnes déjà vulnérables au sein de leur foyer.
Des signalements multipliés par cinq
Depuis janvier 2019, l’ONG C-For-C (Capacity-building For Communities), spécialisée dans la lutte contre les violences basées sur le genre – et qui a fait de l’implication des hommes dans cette lutte sa spécificité – recense les signalements effectués dans les fokontany par les femmes victimes de violences conjugales. Pour cette étude, les données d’avril 2019 ont été comparées à celles d’avril 2020, récoltées en plein confinement.
« Le confinement a accru le taux de pauvreté des habitants et cela a augmenté le taux de violences conjugales, explique Sariaka Nantenaina est la directrice exécutive de l’ONG. Dans la majorité des fokontany étudiés, et plus encore pour ceux des bas quartiers, les chiffres récoltés témoignent de cette augmentation des violences. Pour vous donner un exemple, en 2019 dans un fokontany avec lequel nous travaillons, une femme sur deux se disait victime de violences. Et là, durant le confinement, dans ce même fokontany, huit femmes sur dix ont rapporté subir des violences. »
Ces résultats coïncident également avec la hausse significative d’appels de victimes enregistrés sur la ligne verte (813) mise en service durant le confinement par l’UNFPA (le Fonds des Nations unies pour la population). En quelques semaines, le nombre de signalements par téléphone a été multiplié par cinq, précise l’agence onusienne.
Des amendes aux effets pervers
Mais l’étude de C-For-C montre aussi que certains quartiers ont enregistré des baisses de dénonciation. Toutefois, pour l’ONG, ces informations ne sont pas significatives. « Il y a certaines données qui sont irréelles. Avoir zéro plainte dans certains fokontany qui en enregistraient précédemment, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de violence. Cela signifie, à notre avis, qu’il y a un échec dans le système de la dénonciation de la violence », souligne la directrice de l’ONG.
D’après C-For-C, certaines maisons de quartiers ont instauré une sorte d’amende à payer à chaque dépôt de dénonciation. Le but : dissuader les couples de se disputer. Mais en pratique, si elle ne prévient pas les violences, cette amende dont le montant représente parfois le dixième du salaire mensuel d’un foyer, empêche financièrement la plupart des victimes de porter plainte. Un effet pervers dénoncé par l’association.
D’après l’enquête, les violences psychologiques ou financières sont totalement absentes des registres. Seules les violences physiques graves sont dénoncées. « Les victimes viennent quand elles sont vraiment à bout et ne supportent plus les coups » précise Sariaka Nantenaina.
« Que ce soit dans le sud, dans le nord, dans les 22 régions de Madagascar, il y a une culture du silence, regrette-t-elle. Les violences conjugales ne sont pas considérées vraiment comme une violence. C’est comme si c’était normal pour une femme de subir des violences de la part de son conjoint et que la femme doit juste se taire, ne pas porter plainte. »
Mais les choses pourraient changer progressivement. En novembre 2019, Madagascar s’est doté d’une loi condamnant les violences basées sur le genre. Leurs auteurs encourent désormais des peines de six mois à cinq ans de prison et des amendes allant jusqu’à 4 millions d’ariary (environ 1 000 euros).

RECEVEZ NOTRE NEWSLETTER ET ALERTE MAIL

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à Doingbuzz et recevoir une notification de chaque nouvel article par e-mail.

Rejoignez les 83 569 autres abonnés

Ne partez pas sans partager :

Contenu sponsorisé

DOINGBUZZ TV

Partagez l'opportunité que représente la plateforme Togopapel.com autour de vous.
Le site de petites annonces 100% gratuit et togolais est un outil inclusif pour vendre et acheter partout au Togo.

togopapel
WHATSAPP:

Vous êtes sur whatsapp, intégrez et récevez nos articles depuis nos groupes disponible sur whatsapp

🚨 DOINGBUZZ ACTUALITE
(PLEIN) DOINGBUZZ ACTUALITE(PLEIN) DOINGBUZZ ACTUALITE (PLEIN) DOINGBUZZ ACTUALITE (PLEIN) DOINGBUZZ ACTUALITE .
groupe emploi whatsapp doingbuzz-🇧🇯 Bénin- 🇧🇯 Bénin - 🇧🇯 Bénin -🇧🇯 Bénin-🇳🇪 Niger - 🇸🇳 Sénégal - 🇸🇳 Sénégal - 🇸🇳 Sénégal - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo - 🇹🇬 Togo 🇨🇮- Côte d'Ivoire 🇨🇮- Côte d'Ivoire 🇨🇮- Côte d'Ivoire -🇨🇲 Cameroun -🇨🇲 Cameroun -🇨🇲 Cameroun -🇨🇲 Cameroun - 🇫🇷 France - 🇫🇷 France - 🇲🇱 Mali - 🇧🇫 Burkina Faso - 🇧🇫 Burkina Faso -🇬🇦 Gabon -🇬🇳 Guinéé - 🇲🇱 Mali - 🇲🇱 Mali - 🇨🇩 Congo -Pour les autres pays

NB: NE PAYEZ AUCUN FRAIS DE DOSSIERS POUR UNE OFFRE D’EMPLOI

Plus de news

Violences en Côte d'Ivoire : Kerozen arrête la musique

23/10/2020

Violences en...

  La Côte d'Ivoire est en train...
La Togolaise Gisèle Victoria Magbo brille dans la diaspora

22/10/2020

La Togolaise...

Elle s’appelle Gisèle Victoria Magbo et est...
Pape François défend le droit des couples homosexuels

22/10/2020

Pape François...

Pour Pape François, les personnes homosexuelles ont...
Alpha Condé : « si la victoire me revient, je reste ouvert au dialogue »

22/10/2020

Alpha Condé :...

Dans le cadre du processus électoral en...
Mali : l'ex-président IBK et son épouse sont de retour

22/10/2020

Mali :...

  Renversé du pouvoir, l'ancien président malien...
Guinée : des observateurs de la CEDEAO surpris avec d'importantes sommes d'argent

22/10/2020

Guinée :...

Cette nouvelle pourrait envenimer la situation post-électorale...
Trump aurait un bureau et un compte bancaire en Chine

22/10/2020

Trump aurait...

  Le président américain, Donald Trump dispose...
Côte d'Ivoire : la Sotra enregistre une perte de deux milliards de FCFA

22/10/2020

Côte d’Ivoire...

  La désobéissance civile lancée par l'opposition...
Côte d'Ivoire/ CEI : le gouvernement réserve une place pour le PDCI

22/10/2020

Côte d’Ivoire/...

  Le gouvernement ivoirien a décidé d’examiner...
Mali : l’ex-président Keïta de retour à Bamako deux mois après avoir été renversé

22/10/2020

Mali :...

L’ancien président malien Ibrahim Boubacar Keïta (« IBK »),...
Opération Barkhane : 500 Chasseurs en route pour le Mali

22/10/2020

Opération Barkhane...

Le Premier régiment de chasseurs de Thierville...
$ 1,7 milliard d'aide pour le Burkina, le Mali et le Niger

22/10/2020

$ 1,7...

Encore une information sur l'aide, direz-vous ?...
Un nouveau coronavirus du porc susceptible d’infecter les humains

22/10/2020

Un nouveau...

Il se nomme SADS-CoV, le nouveau coronavirus...
Tensions préélectorales en Côte d’Ivoire, manifestations au Nigeria : la chanteuse Rocky Gold choquée, exprime son indignation

22/10/2020

Tensions préélectorales...

Les nouvelles ne sont pas bonnes dans...
Côte d’Ivoire / Revendications de la FESCI : Kandia Camara répond à la première organisation estudiantine et scolaire

22/10/2020

Côte d’Ivoire...

Suite au mot d’ordre de grève de...
Présidentielle / La Guinée bascule dans l’horreur…Alpha Condé livre un message

22/10/2020

Présidentielle /...

C’est un éternel recommencement en Guinée. Chaque...
Adama Bictogo, à propos de Simone Gbagbo, Affi, Mabri et Amon Tanoh: ” Ce sont des tonneaux vides…”

22/10/2020

Adama Bictogo,...

Le Directeur Exécutif du RHDP, parti présidentiel...
Nigeria : les manifestations contre les brutalités policières ont déjà coûté à l’économie 1,8 milliard de dollars

22/10/2020

Nigeria :...

Les manifestations au Nigeria contre les brutalités...
En Côte d’Ivoire, des violences ethniques à Bongouanou, à quinze jours de la présidentielle

21/10/2020

En Côte...

A deux semaines de l’élection suprême, des...
Présidentielle en Côte d’Ivoire : un nouveau mort lors de manifestations

21/10/2020

Présidentielle en...

La tension monte dans le pays à...
L’isolement forcé des familles au sein de leur foyer a conduit à une hausse des violences conjugales, selon une ONG qui a mené une enquête, restreinte à la capitale, confinement oblige. L’étude, rendue publique mardi, n'a été menée que dans 50 des quelques 200 quartiers qui composent la capitale Antananarivo.
C’est l’un des effets indirects des mesures adoptées pour lutter contre la pandémie. Dans la majorité des fokontany étudiés de la capitale, que ce soient des quartiers populaires ou résidentiels, le quotidien en vase clos a exacerbé les violences envers les personnes déjà vulnérables au sein de leur foyer.
Des signalements multipliés par cinq
Depuis janvier 2019, l’ONG C-For-C (Capacity-building For Communities), spécialisée dans la lutte contre les violences basées sur le genre – et qui a fait de l’implication des hommes dans cette lutte sa spécificité – recense les signalements effectués dans les fokontany par les femmes victimes de violences conjugales. Pour cette étude, les données d’avril 2019 ont été comparées à celles d’avril 2020, récoltées en plein confinement.
« Le confinement a accru le taux de pauvreté des habitants et cela a augmenté le taux de violences conjugales, explique Sariaka Nantenaina est la directrice exécutive de l’ONG. Dans la majorité des fokontany étudiés, et plus encore pour ceux des bas quartiers, les chiffres récoltés témoignent de cette augmentation des violences. Pour vous donner un exemple, en 2019 dans un fokontany avec lequel nous travaillons, une femme sur deux se disait victime de violences. Et là, durant le confinement, dans ce même fokontany, huit femmes sur dix ont rapporté subir des violences. »
Ces résultats coïncident également avec la hausse significative d’appels de victimes enregistrés sur la ligne verte (813) mise en service durant le confinement par l’UNFPA (le Fonds des Nations unies pour la population). En quelques semaines, le nombre de signalements par téléphone a été multiplié par cinq, précise l’agence onusienne.
Des amendes aux effets pervers
Mais l’étude de C-For-C montre aussi que certains quartiers ont enregistré des baisses de dénonciation. Toutefois, pour l’ONG, ces informations ne sont pas significatives. « Il y a certaines données qui sont irréelles. Avoir zéro plainte dans certains fokontany qui en enregistraient précédemment, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de violence. Cela signifie, à notre avis, qu’il y a un échec dans le système de la dénonciation de la violence », souligne la directrice de l’ONG.
D’après C-For-C, certaines maisons de quartiers ont instauré une sorte d’amende à payer à chaque dépôt de dénonciation. Le but : dissuader les couples de se disputer. Mais en pratique, si elle ne prévient pas les violences, cette amende dont le montant représente parfois le dixième du salaire mensuel d’un foyer, empêche financièrement la plupart des victimes de porter plainte. Un effet pervers dénoncé par l’association.
D’après l’enquête, les violences psychologiques ou financières sont totalement absentes des registres. Seules les violences physiques graves sont dénoncées. « Les victimes viennent quand elles sont vraiment à bout et ne supportent plus les coups » précise Sariaka Nantenaina.
« Que ce soit dans le sud, dans le nord, dans les 22 régions de Madagascar, il y a une culture du silence, regrette-t-elle. Les violences conjugales ne sont pas considérées vraiment comme une violence. C’est comme si c’était normal pour une femme de subir des violences de la part de son conjoint et que la femme doit juste se taire, ne pas porter plainte. »
Mais les choses pourraient changer progressivement. En novembre 2019, Madagascar s’est doté d’une loi condamnant les violences basées sur le genre. Leurs auteurs encourent désormais des peines de six mois à cinq ans de prison et des amendes allant jusqu’à 4 millions d’ariary (environ 1 000 euros).

RECEVEZ NOTRE NEWSLETTER ET ALERTE MAIL

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à Doingbuzz et recevoir une notification de chaque nouvel article par e-mail.

Rejoignez les 83 569 autres abonnés

Ne partez pas sans partager :

Laisser votre commentaire