Attention, l’article suivant contient des spoilers sur la nouvelle série Netflix Lupin, avec Omar Sy. Si vous ne l’avez pas encore vue, mieux vaut arrêter là votre lecture et aller voir notre présentation de la série.

La série Lupin peut-elle entrer au panthéon des meilleures séries Netflix ? Voici, avec beaucoup d’espoir, la question que l’on se pose à l’heure de lancer le premier épisode du programme avec Omar Sy. Pour ce qui est des programmes made in France, reconnaissons que la barre à franchir n’est pas très haute. Mais, on envie de rêver un peu plus grand. Voici le bilan.
Lupin, Omar Sy et le vide sur Netflix
Dans cette série pour laquelle on ne peut découvrir à l’heure actuelle que les cinq premiers épisodes (la suite à l’été), Omar Sy occupe tout l’écran. Pas besoin de chercher un second acteur pour lui rendre la réplique. Au mieux, il s’agira d’Arsène Lupin lui-même, omniprésent à travers les références littéraires, les vêtements et bien sûr les méthodes d’Assane Diop, le voleur, plus ou moins gentleman incarné par la star. Si on sent Omar Sy presque habité par le rôle à certains moments, il peine aussi à faire plus que surnager. A force de porter à lui tout seul la série sur les épaules, le rythme s’essouffle très vite.
Si les séquences ont souvent un air de “déjà-vu”, la série tente pourtant de revisiter de façon contemporaine cette oeuvre littéraire magistrale. En invoquant les inégalités raciales et sociales, Lupin affichait pourtant ses ambitions. Un projet qui a d’ailleurs nourri les critiques d’une partie des internautes qui ne comprenaient pas comment Arsène Lupin pouvait être incarné par Omar Sy, l’acteur ne correspondant pas au “profil” puisqu’il est noir. Mais paradoxalement, c’est ce que met à profit Assane Diop, parce que comme il le dit avec justesse, en tant que noir ou personnel de ménage, il devient rapidement invisible, oublié des regards.
Mais, tout cela ne saurait compenser les errements de la série. Accumulant les clichés (la journaliste et son chien, les grands méchants patrons…) et desservie par des dialogues plutôt creux, Lupin ne tient rapidement plus la route. Pas suffisamment en tout cas pour qu’on puisse la considérer comme une nouvelle référence. Sous le vernis classy du premier épisode, on se retrouve souvent face à une série “typiquement française”, sans profondeur et monotone, qui ne dépareillerait pas en fin de soirée sur la TNT. Très loin de ce que l’on était en droit d’espérer. Gérard Depardieu et Gad Elmaleh en avaient donné la preuve par le passé, on ne sauve pas une série avec un grand nom. Même s’il s’agit d’Omar Sy. Une chose est tout de même sûre, les ventes des romans de Maurice Leblanc devraient connaître un pic. Un moindre mal.


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