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Armand Koffi, LES MILLE ET UNE VIES D’UN ARTISTE MULTIFACETTE, VIRTUOSE DE LA MUSIQUE SACRÉE (PORTRAIT)
26/07/2020 à 10h30 par La redaction

Pharmacien de formation, musicien par passion et biologiste en devenir, Armand Koffi s’est donné pour mission de soigner les corps par le médicament, mais aussi les cœurs par le chant sacré.

Pharmacien de formation, musicien par passion et biologiste en devenir, Armand Koffi s’est donné pour mission de soigner les corps par le médicament, mais aussi les cœurs par le chant sacré. Artiste polyvalent et presque complet, il a maintes cordes à son arc : auteur-compositeur, interprète, metteur en scène, chorégraphe, décorateur de scène, percussionniste, maître de chœur. Ce prodigieux talent artistique, il le dédie au père céleste. Longtemps resté dans l’ombre, il a décidé depuis deux ans de se lancer en tant que chantre. Après son premier single intitulé, «Amour infini» (2019), le jeune artiste a sorti «Praise» son deuxième, fin févier 2020, ainsi que son premier clip. «Alpha Omega» et «Mon berger» ses deux prochains singles sont en gestation, prévus pour fin juillet. Sans répit, il mijote patiemment son premier album attendu en 2021, au grand dam des fans qui s’impatientent. Mais qu’importe ! Armand fait les choses et va au rythme de la providence. Méticuleux certes, ce docteur en pharmacie veut toujours se laisser guider volontiers par Dieu. Et quel que jeune qu’il soit, sa production musicale est assez foisonnante : plus de 200 compositions depuis l’âge de 12 ans. Nous ouvrons le cahier de vie de ce chantre très prometteur pour lire  page après page. Voyage express dans le KOFFILand. PORTRAIT.

Il n’est sorti ni d’un conservatoire, ni d’une école des beaux-arts, mais Armand Koffi excelle dans l’art de la musique chrétienne sacrée. Musicien dans l’âme, il est à la fois théoricien et praticien parce qu’en plus de transmettre (enseigner la musique), il compose, chante et interprète. Il s’agit d’un ténor dont la puissance vocale  tranche avec la corpulence. Vif et svelte, un peu réservé, ce musicien passionné de belles harmonies est de taille moyenne. La vivacité se lit dans son regard  d’artiste et la discrétion dans son pas malgré sa démarche, quelquefois martial tel un soldat. Longtemps resté à l’ombre des chorales, il a enfin décidé, depuis 2018, de se lancer professionnellement. Depuis lors, il enchaine des singles. Le jeune artiste y trace patiemment, mais très sereinement son chemin. Armand Koffi «apporte surtout de la fraicheur» dans la musique religieuse chrétienne d’Afrique. Il y puise d’ailleurs dans les profondeurs du riche patrimoine culturel du continent. Compositeur prolifique et aguerri, Armand a à son actif plus de deux cents (200) compositions, notamment des chants liturgiques.

Fervent catholique et ancien séminariste, il composait ses premiers airs musicaux depuis le séminaire, en laissant sceptique sa mère qui le met en garde contre tout plagiat parce que le trouvant trop jeune.  L’inspiration fructueuse, toutes les circonstances de la vie sont bonnes pour traduire sa reconnaissance à Dieu à travers un morceau. Quand cela arrive, c’est irrésistible, même en plein sommeil, tel un somnambule, Armand se réveille précipitamment pour coucher et fixer sa musique sur un support. Élevé dans la foi catholique, très jeune, Armand était investi dans l’église et projetait de devenir prêtre.

Au commencement était le séminaire…

Né en Côte d’Ivoire d’un père homme d’affaires et d’une mère coiffeuse, l’éducation d’Armand fut la synthèse d’un savant dosage de cette mère très diplomate et d’un père quelque peu martial, dont le simple regard suffisait pour savoir qu’on était en  sens interdit et qu’il faille se ressaisir. Issu d’une fratrie de 7 enfants dont 3 filles, Armand occupe la 4è position. Ce qui lui confère un certain confort pour parler aux plus grands comme aux plus jeunes que lui. Après son Certificat d’Études Primaires en 2002, Armand rejoint le petit Séminaire, trois ans après son grand frère (devenu prêtre). Dès la 6è,il s’intéresse à la musique et se fait initier au solfège et à quelques instruments. Le talent musical qui sommeillait en lui, va très vite s’aiguiser à tel point que, pendant ses vacances, de retour sur sa paroisse, il partageait ses connaissances.

A  12 ans, il avait déjà du cran pour officier comme maître de chœur d’une chorale d’enfants. Mieux, à partir de ses 14 ans, c’est devant des pères et mères de famille (chorale des adultes) que Armand se tient sur ses frêles jambes d’ado pour enseigner les chants et, n’hésitant pas à remonter les bretelles à d’éventuels perturbateurs de ses séances. «Maman, tiens toi bien tranquille parce que tu bavardes», lançait-il au besoin à une choriste. Au demeurant, très jeune, Armand Koffi avait déjà acquis un brevet de respectabilité pour ses talents artistico-musicaux. Initié très tôt à la musique, c’est à partir de la 2nde (moyen séminaire), qu’il va passer à la vitesse supérieure». Le maniement d’ instruments tels que le piano, la guitare basse, ne lui est pas totalement étranger, même s’il ne les pratique pas. Il a préféré s’investir à fond  dans les harmonies. Élève brillant, Armand  était «beaucoup plus à l’aise dans les matières scientifiques». Mais absorbé par la musique, son investissement en cette science a failli compromettre sa scolarité à un moment donné avant qu’il ne se ressaisisse. Outre la musique, ce qu’il aime c’est prendre soin des autres.

 Le virus de la médecine, puis de la pharmacie

Au séminaire, différentes fonctions sont généralement assignées aux prêtres en devenir : maître de chœur, infirmier-adjoint, sacristain, décorateur, etc. Armand n’y a pas échappé. Maître de chœur et assistant infirmier, après avoir «flirté» avec des rouleaux de sparadrap, des tensiomètres, des saturometres et autre thermomètre, il finira par choper le virus de la médecine/pharmacie. En clair, c’est dans l’infirmerie du séminaire que naît son intérêt pour la médecine d’abord, puis la pharmacie ensuite. «Maître de chœur, j’étais aussi  tout le temps avec le responsable infirmier, de telle sorte que quand un ami avait un bobo et que l’infirmier était occupé, je puisse apporter de petits soins à un autre. J’ai vraiment aimé ce que je faisais», se souvient-il. Mais de manière naturelle et spontanée, Armand a toujours eu le sens de ses semblables. Empathique et compatissant, c’est ce sens de l’altérité qui le pousse vers les métiers où son écoute est sollicitée, où il doit donner de l’attention et de la bienveillance, donner d’égard et du réconfort aux autres. Il eût été prêtre, tous ces attributs lui auraient été d’une grande utilité pour sa mission. Mais pharmacien, il en a aussi et toujours bien besoin.

Un artiste inapte au chômage : du séminaire à la Fac

Quand Armand Koffi poussait les portes du séminaire en 2002, c’est évidemment pour aller vers le sacerdoce. Si on l’imagine prêtre,  on le verrait drapé dans sa longue soutane blanche, assortie d’une chasuble, une étole et de tous les autres accessoires, les deux mains jointes devant la poitrine. Mais après 7 ans d’immersion dans l’apprentissage de la vie consacrée, il change de trajectoire dès l’obtention du  Bac. Le jeune séminariste se sentait plutôt appelé à une autre mission dans la vie laïque. Le séminaire aura été toutefois un cadre idéal où a été forgée et formatée davantage sa formation spirituelle. C’est d’ailleurs dans cet environnement que ses talents artistiques ont d’abord éclos et ont eu un cadre d’expression et de maturation. Ensuite, il y a acquis diverses aptitudes qui, aujourd’hui, le rendent inapte à quelque forme de chômage que ce soit. Et enfin, c’est surtout au séminaire que sa vocation s’est précisée. Il quitte alors le séminaire, mais décide de servir Dieu autrement que dans le sacerdoce.

En fin du moyen séminaire passé sans faute, Armand fait part à ses parents et à son évêque de son désir d’étudier la médecine. Ce choix ne sera pas contrarié. A contrario, il a eu la bénédiction des uns et des autres, notamment de son évêque. Décision prise, il postule aux Facultés de médecine de Côte d’Ivoire, Tunisie et France. Contre toute attente, aucune des universités ciblées ne réagit. Or, étant sorti du séminaire, l’on pouvait aisément présumer d’un dossier respectable, d’un a priori favorable qui plaide en sa faveur. Mais en bon croyant, Armand reste patient et ne perd pas espoir.  Un jour, alors qu’il devait sortir avec son père, celui-ci lui propose  un détour chez  son ami pharmacien, occasion pour Armand d’échanger avec lui de son projet d’étude. Les choses vont aller très vite.

N’ayant pas eu de suite concernant la médecine et  comme son cœur balançait déjà pour la pharmacie, l’ami de son père, fait expédier son dossier à l’Université Cheikh Anta Diop où il sera inscrit in extremis en pharmacie. C’est dans ses cordes. Armand était fou amoureux de «dame Médecine». Mais comme cette dernière l’a fait attendre, il a préféré épouser sa proche cousine, «dame Pharmacie». Pour sûr, il avait les prédispositions à s’accommoder à l’une comme à l’autre. «Au séminaire, j’ai eu à développer certains potentiels comme la musique, mais aussi la passion de prendre soin de la santé de l’homme. Et cela se ressentait dans mon entourage», relève-t-il. Son dossier ainsi accepté à l’Ucad, Armand ne perd pas du temps pour rallier  Dakar en catastrophe.

Un voyage express pour Dakar

Un jour de 2010, Armand Koffi débarque à Dakar. Malgré son retard de deux mois, il saura s’organiser pour être à jour avec ses cours. Il s’adapte tout en gérant les difficultés. Dynamique et proactif, entreprenant, voire entrepreneur, le jeune étudiant est jaloux de son autonomie et de son indépendance, y compris vis-à-vis de ses parents. Au plus fort de la crise politique qui a secoué, la Côte d’Ivoire, marquée par le ralentissement de l’activité économique et la réduction de la mobilité, Armand n’a pas continué à espérer les «western» des siens. Il a fait tourner ses méninges et sorti une petite idée de génie qui va se révéler prometteuse. Il s’agissait, avec sa sœur, de créer un petit commerce parallèlement à leurs études.

La petite idée accouche d’une coquette petite entreprise de production de yaourts et de gâteaux. Leurs premiers clients étaient leur cercle d’amis proches. Cette startup, mine de rien, les aidera à se prendre en charge pendant une bonne période : paiement de loyer, factures, approvisionnement. Les parents étaient ainsi déchargés pendant quelques temps . Le business marchait fort bien à telle enseigne qu’ils ne puissent «satisfaire toutes les commandes». Sauf que le temps passant, les jeunes entrepreneurs vont être vite rattrapés par la charge des cours et obligés d’abandonner cette aventure entrepreneuriale pourtant bien partie. Ce que le jeune étudiant d’alors n’a pas abandonné, en revanche, c’est la musique.

La musique et moi, c’est je te tiens, tu me tiens

Féru de musique, Armand ne peut s’en passer. C’est son souffle de vie. Il la respire. D’ailleurs, en partance pour Dakar, en 2010, il a chargé 500 partitions dans ses valises. Une fois à l’aéroport, problème. Excès de colis signalé. Sa mère lui demande de renoncer à ses partitions. Elle estime que c’est d’ailleurs mieux pour qu’il se consacre davantage à ses études. Mais avant qu’il n’obtempère, son père trouve une alternative. Il propose à Armand d’emmener ses paperasses et de laisser plutôt des vêtements. En échange, son père lui tend de l’argent afin qu’il reconstruise une nouvelle garde-robe une fois à Dakar. Papa Koffi soutient que Armand ne «va pas faire qu’étudier tout le temps». «Il faut qu’il se distraie par moments et c’est la musique qu’il aime». Armand dit être «marqué par ce geste» de son père. En tout cas, c’est ainsi que son stock de partitions voyagera avec lui quoiqu’il n’envisageât pas, a priori, d’intégrer une chorale à Dakar. Mais les voies du seigneur demeurent toujours insondables.

Le coup de foudre pour la chorale SPJE

A Dakar, Armand n’avait pas de projet d’intégrer une chorale. Mais quand il découvre la chorale Saint Pierre Julien Eymard (SPJE), c’est le «coup de foudre». Irrésistiblement, ce dimanche-là, il s’est senti connecté tout de suite à cette chorale panafricaine composée à 95% d’étudiants d’Afrique de l’Ouest et du Centre. La messe était priante et ça a réveillé ses sensations de choriste et maître de chœur. Il finira par s’approcher et demande à intégrer le groupe. Mais étant donné le retard accusé sur l’année académique, il reste circonspect. N’étant pas du genre à faire les choses à moitié, il craignait de ne pas se donner à fond. Du coup, Armand fait non pas l’école buissonnière, mais «chorale buissonnière». Il accumule des absences tout en restant discret sur ses aptitudes musicales pendant quelque temps.

Mais cette cachoterie ne durera pas longtemps. Il sera démasqué de manière inattendue par les autres maîtres de chœur, quand un jour, en déchiffrant une partition, un maître de chœur s’est trompé. Sans réfléchir, Armand répète spontanément : «maestro, ce n’est pas ça !». Approché illico presto pour savoir si lui savait lire la musique, il essaie de se détourner en vain. Sur instance des maîtres de chœur, il finit par tout avouer : que oui il sait lire la musique, que oui, il est maître de chœur. Justement, un maitre de chœur s’en doutait parce que parfois, quand on déchiffrait les partitions, dans son coin, Armand avait de ces gestes ou mimiques qui ne trompent pas.

Une des valeurs sûres de la chorale SPJE

Quoique démasqué, maestro Armand hésitait à se lancer à fond de peur de trop s’investir dans la chorale au détriment de ses études. Les autres maîtres de chœur lui avaient proposé de prendre le temps de réfléchir. Au bout de quelque temps, Armand finira par s’engager. Depuis, lors il demeure l’une des valeurs sûres de cette chorale. Il sert avec générosité et abnégation.

Diane Sita Dawy, responsable de la cellule spirituelle de la chorale SPJE, se rappelle, l’arrivée de ce prodige, «le plus jeune» choriste à l’époque qu’«on protégeait beaucoup». «Il nous épatait par sa voix et par son humilité aussi parce que quand il a intégré la chorale, il n’a pas montré  tout de suite ses talents. Donc on découvrait les talents d’Armand petit à petit, au fur et à mesure», dit Diane. Depuis, le jeune prodige a  gratifié la chorale SPJE de dizaines de compositions cultes dans des rythmes et styles aussi divers que variés. Pendant longtemps, Armand a été le maître de chœur principal sachant que la chorale en compte tout un collège (près d’une dizaine). In fine, la chorale SPJE aura été un autre cadre d’expression de son potentiel musical en dehors de son pays. Toute chose qui a enrichi  cette chorale. «Armand a apporté un autre style dans la chorale, le style ivoirien. Ça a changé beaucoup de choses sur notre manière de chanter, de nous lâcher un peu sur scène. C’est une personne qui nous a poussés à bosser et à croire en nous. Chaque chose qu’il faisait, moi je disais toujours waouh !», s’emporte Diane Sita Dawy.

Une musique sans cloisons

Éclectique dans ses productions et ses appétences musicales, Armand c’est le maître de la louange et de l’adoration. Mais en termes  de genre musical, il ne s’interdit rien. Il compose aussi bien dans le style classique, gospel que dans le style plus contemporain (pop, slow), avec un point d’honneur pour les musiques africaines, son fertile terreau d’inspiration. Par exemple, «Praise», son deuxième single, est un mélange d’Afro beat, du coupé décalé et du «zoblazo» qui rappelle son compatriote Meiway. La chorale SPJE doit aussi à Armand quelques comédies musicales, inspirées des figures emblématiques bibliques comme Moïse, Job, Esther, Joseph, présentées lors des concerts annuels. Une très grande valeur ajoutée qui  distingue  cette chorale des autres au Sénégal. Cette innovation  apportée est toujours sur toutes les lèvres.  «A l’époque, on ne chantait que quelques chants de comédie musicale dans nos concerts. Mais une comédie musicale montée de toute pièce avec les choristes  comme de véritables artistes et chantée de bout en bout pendant plus d’une heure de temps, ça c’est l’œuvre de Armand», soutient Bertin Vivien Biamou-Bamou, premier maître de chœur de la chorale SPJE qui a convaincu Armand de prendre la chorale en main et qui l’a accompagné et appuyé. La carrière musicale d’Armand lancée depuis 2018, a été un peu un accouchement difficile.

Une foi éprouvée,  puis consolidée

Pendant sa formation à Dakar, Armand Koffi a senti, par moments, que sa foi était chancelante, presque en berne. Il éprouvait cela et des tiers le lui ont exprimé. «J’étais carrément distant du Seigneur malgré tous les efforts que je faisais. J’essayais d’entrer en intimité avec Dieu, mais je ne le mettais au-dessus de mes propres forces», confesse-t-il et d’ajouter : «Je n’arrivais plus vraiment à prier comme quand j’étais au séminaire. Je ne savais pas où j’allais basculer(…)». Perplexe, Armand tente de se remobiliser pour Dieu. A cette fin, il a prié, demandé, invoqué l’esprit, puis le seigneur s’est manifesté. «Lors d’une prière, j’ai demandé au seigneur tout au long de l’année 2018, de pouvoir véritablement se révéler à moi et de me dire réellement ce qu’il attend de moi», se souvient-il.  A cette demande expresse et sincère à Dieu adressée, la réponse ne se fera pas attendre. C’est la révélation. Il y eut une série, «des signes» et «des songes» qu’il saura lire avec sagesse.

«Des signes par milliers»  

L’introspection sur sa vie spirituelle a donné un résultat qui l’agrée. Toute chose qui présageait d’une belle amorce de sa mise en orbite  sur le plan musical. «Il y a plusieurs signes qui se seront manifestés à moi lors des prières (…), il y a des songes que j’ai eu à faire.(…)», révèle Armand. Il y eut surtout cette jeune fille qui, par cette soirée dominicale, va l’apostropher de manière impromptue au sortir de la messe . «Excusez-moi, je ne vous connais pas, d’ailleurs je n’étais pas sûre que c’était vous qui avez chanté. Mais quelque chose me poussait vers vous. Lorsque vous avez chanté, le chant était beau, mais vide», dit-elle. Sans mal le prendre, Armand réplique : «Comment ça, il était vide ?» – «C’est comme s’il y a quelque chose que vous voulez apporter aux autres et vous n’arrivez pas à le sortir. Vous chantez, mais vous ne le vivez pas, le chant», rétorque la jeune filleLoin d’être agacé par l’improbable entrevue, cet échange vient conforter ce que Armand lui-même se reprochait depuis quelque temps. Un bon prétexte pour revoir sa relation avec Dieu.

La «rencontre intime avec Dieu» lui a ouvert la voix/voie

Armand Koffi se savait musicalement talentueux, ses proches le lui rappelaient constamment et d’aucuns lui suggéraient de se lancer professionnellement. Mais quelque chose bloquait. C’est  finalement sa «rencontre intime et spécifique avec Jésus», qui va donner un coup de manivelle à sa carrière musicale. Il dit avoir «découvert Dieu autrement» en 2018. Désormais, les dés sont jetés, ses énergies d’artiste libérées. Le temps de Dieu a sonné. Sa mission de chantre est lancée. Une vocation impérieuse se dessine. Dieu a dit oui. A présent, place à l’action. Sa carrière d’artiste chrétien professionnel est mise en orbite. Des projets s’enchainent, des singles se suivent : 2019  «Amour infini», février 2020 «Praise», suivi d’un clip, «Alpha Omega» et «Mon berger» sont dans les starting-blocks août2020. Le showbiz, c’est aussi les bonnes adresses. Armand ne s’en privera pas s’il veut concrétiser ses projets.

Le carnet d’adresse qui se bonifie

Après sa thèse de doctorat en pharmacie (2016), Armand Koffi a pris fonction dans une pharmacie dakaroise et a parallèlement enchainé avec sa spécialisation en biologie. Une nouvelle compétence qui le destine à la recherche. Sa carrière musicale définitivement lancée, il ne peut faire marche arrière et doit tenir tous ses engagements. Néophyte dans le show-biz, son carnet d’adresse prend d’ores et déjà de l’épaisseur. Il en aura besoin pour s’y faire. En plein dans la préparation de «Praise», par l’entremise du musicien bassiste Romuald N’guessan,  Armand Koffi a pu rencontrer des grands noms de la musique comme Frédéric Meiwey (le roi du Zo Gang), Gnahoré, Onel Mala, Alain Oyono. Dans un autre cadre, il a rencontré aussi le chantre Jean Claude Giannada. Ces contacts sont la voie royale pour  entrer de plain-pied dans le cercle très fermé du show-biz. Ces belles rencontres donneront sans doute un coup de pouce à sa future carrière.  Le jeune musicien est très apprécié dans son cercle d’ami-es.

«Le gout du travail bien fait»

Armand est attachant et ses proches le lui rendent bien. Dans notre petite enquête de proximité, quelques qualificatifs émergent unanimement et reviennent avec insistance concernant Armand. En lui, tous reconnaissent un travailleur déterminé, brillant, organisé, talentueux, rigoureux, méthodique, leader humble à la fois consensuel  et diplomate, parfois espiègle pour obtenir ce qu’il veut et  sachant faire confiance à ses collaborateurs. Armand c’est aussi un homme généreux qui aime l’excellence, prompte à aider et à partager, un damné du travail qui a «le gout du travail bien fait».

En dépit de ses aptitudes artistiques et ses qualités humaines  connues et reconnues, Guy Armand rase les murs et passe souvent inaperçu. «C’est un jeune très talentueux. Malgré tout ce qu’il a fait comme compositions, il ne cherche pas à se jouer la star ou à se mettre au-devant la scène », note Abel Sanou, ancien président de la chorale SPJE, qui estime que Armand «aime semer la joie autour de lui».  La joie justement, il sait la transmettre. Armand apparaît comme celui qui ajoute un grain de sel  à chaque fin de concert par des chants de louange afin de marquer l’événement d’une pierre blanche.

Il y a de la musique ans l’air

Formé par Armand Koffi, l’actuel maître de chœur principal de la chorale SPJE, Merveil Koudjo apprécie son mentor. «Il est très ouvert, serviable. Il n’est pas hypocrite. A la chorale, il n’hésite pas à aller vers toi, à aider les autres à aller de l’avantSi je suis maitre de cœur principal aujourd’hui, c’est grâce à lui. Il m’a formé et m’a fait confiance, il a décelé quelque chose en moi», affirme Merveil. La spontanéité de Armand  étend aussi  aux nouveaux choristes. Nouvellement venu à la chorale, Emmanuel Konan à expérimenté la bienveillance d’Armand. «Immense fut ma surprise lorsque un jour je me suis rendu compte qu’un numéro inconnu m avais envoyé un message sur Whatsapp. Quand, Je vérifie, je vois que c’est le grand maestro Armand».

Tête en l’air, l’un des défauts de ce leader inspirant, c’est qu’environ 90% de ses compositions ne sont pas écrites. Tout est stocké dans un coin de sa tête. Ce que déplorent à l’unisson Abel Sanou, Merveil Koudjo et Cie. Autrement  cela aurait permis à ses chants d’aller par-delà des frontières. Déjà beaucoup sont populaires dans sa paroisse Saint  Joseph de Medina de Dakar à cause de la chorale. Et pourtant «ce sont de très beaux chants. Ses chants sont simples et beaux à la fois. Son défaut quand même c’est qu’il n’écrit pas, il n’a pas le temps d’écrire ses chants et c’est dommage», remarque Merveil Koudjo.

Il est béni entre tous les maestros et la musique née de ses tripes est bénie

Leader inspirationnel et motivateur incondionnel, Armand est un bon «chef d’orchestre» qui coordonne, avec maestria l’équipe d’instrumentistes, de choristes, de solistes, comme l’atteste M. Sanou : «Armand est un excellent leader. Il sait mener à bien l’ensemble des équipes, aussi bien l’équipe des musiciens que des chantres et du chœur. Il sait motiver l’ensemble de ces différentes personnes. Il a un esprit très créatif et très débordant». Le leadership de Armand allie les styles à la fois participatif, consultatif, délégatif et négociateur selon les situations. Parfois espiègle, il est diplomate et sait comment obtenir des faveurs sans blesser l’autre. «Il est serviable, intelligent, il est futé, il est habile, C’est un bosseur. Le seigneur l’a tellement béni. Il est compatissant, doux et attentionné. Il est friand des choses du seigneur. Il a l’amour et la joie en lui», se lâche pour sa part Jean-Pierre Aguegee. Pointilleux, Armand est toujours prêt à pousser les limites dans le travail.

Un pharmacien pour une pharmacienne

Pour mieux peindre Armand, il faut peut-être se référer à sa fiancée, la pharmacienne Marie-Anne Loba.«Guy Armand, c’est  quelqu’un de bien. C’est un grand bosseur avant  tout, qui s’implique vraiment dans ce qu’il entreprend. Il y va jusqu’au bout, c’est quelqu’un de très simple qui met Dieu au-devant de tout ce qu’il entreprend». Elle ajoute : «Ce n’est pas quelqu’un de difficile qui va forcément  imposer ses choix. C’est quelqu’un qui est à l’écoute de l’autre». D’aucuns en lui, trouvent aussi un cuistot. Pas étonnant puisqu’élève, Armand participait aussi aux travaux ménagers conformément à une certaine organisation familiale en vertu de laquelle, les weekends, ce sont les hommes qui cuisinaient et que chacun devrait maîtriser la réalisation de son plat préféré. « C’est un bon cuisinier. Il cuisine super bien », relève Abel Sanou corroboré par Merveil.

L’art de la direction

On trouve aussi une certaine finesse dans sa manière de diriger. Diriger une chorale ou un chœur, c’est avoir un style propre et qu’on fait partager au chœur. C’est établir une communication avec  le chœur, non seulement par les mains, mais aussi par les signes du visage, voire du corps. La direction d’Armand est aussi un art : montrer ses dents aux choristes pour demander  de sourire, faire vibrer ses mains telle une poule s’échappant des mains de son propriétaire pour demander de donner plus. Former un coup de poing et lever le bras pour demander à monter.  La vie de maestro Armand, il la dédie au seigneur.  Il se rend utile pour la gloire de Dieu. Finalement qu’il eût quitté le séminaire ne change rien puisqu’il sert autant avec entrain dans la vie laïque qu’il aurait servi dans le sacerdoce. Son credo reste soigner les corps et guérir les âmes.

F. ATAYODI

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Pharmacien de formation, musicien par passion et biologiste en devenir, Armand Koffi s’est donné pour mission de soigner les corps par le médicament, mais aussi les cœurs par le chant sacré.

Pharmacien de formation, musicien par passion et biologiste en devenir, Armand Koffi s’est donné pour mission de soigner les corps par le médicament, mais aussi les cœurs par le chant sacré. Artiste polyvalent et presque complet, il a maintes cordes à son arc : auteur-compositeur, interprète, metteur en scène, chorégraphe, décorateur de scène, percussionniste, maître de chœur. Ce prodigieux talent artistique, il le dédie au père céleste. Longtemps resté dans l’ombre, il a décidé depuis deux ans de se lancer en tant que chantre. Après son premier single intitulé, «Amour infini» (2019), le jeune artiste a sorti «Praise» son deuxième, fin févier 2020, ainsi que son premier clip. «Alpha Omega» et «Mon berger» ses deux prochains singles sont en gestation, prévus pour fin juillet. Sans répit, il mijote patiemment son premier album attendu en 2021, au grand dam des fans qui s’impatientent. Mais qu’importe ! Armand fait les choses et va au rythme de la providence. Méticuleux certes, ce docteur en pharmacie veut toujours se laisser guider volontiers par Dieu. Et quel que jeune qu’il soit, sa production musicale est assez foisonnante : plus de 200 compositions depuis l’âge de 12 ans. Nous ouvrons le cahier de vie de ce chantre très prometteur pour lire  page après page. Voyage express dans le KOFFILand. PORTRAIT.

Il n’est sorti ni d’un conservatoire, ni d’une école des beaux-arts, mais Armand Koffi excelle dans l’art de la musique chrétienne sacrée. Musicien dans l’âme, il est à la fois théoricien et praticien parce qu’en plus de transmettre (enseigner la musique), il compose, chante et interprète. Il s’agit d’un ténor dont la puissance vocale  tranche avec la corpulence. Vif et svelte, un peu réservé, ce musicien passionné de belles harmonies est de taille moyenne. La vivacité se lit dans son regard  d’artiste et la discrétion dans son pas malgré sa démarche, quelquefois martial tel un soldat. Longtemps resté à l’ombre des chorales, il a enfin décidé, depuis 2018, de se lancer professionnellement. Depuis lors, il enchaine des singles. Le jeune artiste y trace patiemment, mais très sereinement son chemin. Armand Koffi «apporte surtout de la fraicheur» dans la musique religieuse chrétienne d’Afrique. Il y puise d’ailleurs dans les profondeurs du riche patrimoine culturel du continent. Compositeur prolifique et aguerri, Armand a à son actif plus de deux cents (200) compositions, notamment des chants liturgiques.

Fervent catholique et ancien séminariste, il composait ses premiers airs musicaux depuis le séminaire, en laissant sceptique sa mère qui le met en garde contre tout plagiat parce que le trouvant trop jeune.  L’inspiration fructueuse, toutes les circonstances de la vie sont bonnes pour traduire sa reconnaissance à Dieu à travers un morceau. Quand cela arrive, c’est irrésistible, même en plein sommeil, tel un somnambule, Armand se réveille précipitamment pour coucher et fixer sa musique sur un support. Élevé dans la foi catholique, très jeune, Armand était investi dans l’église et projetait de devenir prêtre.

Au commencement était le séminaire…

Né en Côte d’Ivoire d’un père homme d’affaires et d’une mère coiffeuse, l’éducation d’Armand fut la synthèse d’un savant dosage de cette mère très diplomate et d’un père quelque peu martial, dont le simple regard suffisait pour savoir qu’on était en  sens interdit et qu’il faille se ressaisir. Issu d’une fratrie de 7 enfants dont 3 filles, Armand occupe la 4è position. Ce qui lui confère un certain confort pour parler aux plus grands comme aux plus jeunes que lui. Après son Certificat d’Études Primaires en 2002, Armand rejoint le petit Séminaire, trois ans après son grand frère (devenu prêtre). Dès la 6è,il s’intéresse à la musique et se fait initier au solfège et à quelques instruments. Le talent musical qui sommeillait en lui, va très vite s’aiguiser à tel point que, pendant ses vacances, de retour sur sa paroisse, il partageait ses connaissances.

A  12 ans, il avait déjà du cran pour officier comme maître de chœur d’une chorale d’enfants. Mieux, à partir de ses 14 ans, c’est devant des pères et mères de famille (chorale des adultes) que Armand se tient sur ses frêles jambes d’ado pour enseigner les chants et, n’hésitant pas à remonter les bretelles à d’éventuels perturbateurs de ses séances. «Maman, tiens toi bien tranquille parce que tu bavardes», lançait-il au besoin à une choriste. Au demeurant, très jeune, Armand Koffi avait déjà acquis un brevet de respectabilité pour ses talents artistico-musicaux. Initié très tôt à la musique, c’est à partir de la 2nde (moyen séminaire), qu’il va passer à la vitesse supérieure». Le maniement d’ instruments tels que le piano, la guitare basse, ne lui est pas totalement étranger, même s’il ne les pratique pas. Il a préféré s’investir à fond  dans les harmonies. Élève brillant, Armand  était «beaucoup plus à l’aise dans les matières scientifiques». Mais absorbé par la musique, son investissement en cette science a failli compromettre sa scolarité à un moment donné avant qu’il ne se ressaisisse. Outre la musique, ce qu’il aime c’est prendre soin des autres.

 Le virus de la médecine, puis de la pharmacie

Au séminaire, différentes fonctions sont généralement assignées aux prêtres en devenir : maître de chœur, infirmier-adjoint, sacristain, décorateur, etc. Armand n’y a pas échappé. Maître de chœur et assistant infirmier, après avoir «flirté» avec des rouleaux de sparadrap, des tensiomètres, des saturometres et autre thermomètre, il finira par choper le virus de la médecine/pharmacie. En clair, c’est dans l’infirmerie du séminaire que naît son intérêt pour la médecine d’abord, puis la pharmacie ensuite. «Maître de chœur, j’étais aussi  tout le temps avec le responsable infirmier, de telle sorte que quand un ami avait un bobo et que l’infirmier était occupé, je puisse apporter de petits soins à un autre. J’ai vraiment aimé ce que je faisais», se souvient-il. Mais de manière naturelle et spontanée, Armand a toujours eu le sens de ses semblables. Empathique et compatissant, c’est ce sens de l’altérité qui le pousse vers les métiers où son écoute est sollicitée, où il doit donner de l’attention et de la bienveillance, donner d’égard et du réconfort aux autres. Il eût été prêtre, tous ces attributs lui auraient été d’une grande utilité pour sa mission. Mais pharmacien, il en a aussi et toujours bien besoin.

Un artiste inapte au chômage : du séminaire à la Fac

Quand Armand Koffi poussait les portes du séminaire en 2002, c’est évidemment pour aller vers le sacerdoce. Si on l’imagine prêtre,  on le verrait drapé dans sa longue soutane blanche, assortie d’une chasuble, une étole et de tous les autres accessoires, les deux mains jointes devant la poitrine. Mais après 7 ans d’immersion dans l’apprentissage de la vie consacrée, il change de trajectoire dès l’obtention du  Bac. Le jeune séminariste se sentait plutôt appelé à une autre mission dans la vie laïque. Le séminaire aura été toutefois un cadre idéal où a été forgée et formatée davantage sa formation spirituelle. C’est d’ailleurs dans cet environnement que ses talents artistiques ont d’abord éclos et ont eu un cadre d’expression et de maturation. Ensuite, il y a acquis diverses aptitudes qui, aujourd’hui, le rendent inapte à quelque forme de chômage que ce soit. Et enfin, c’est surtout au séminaire que sa vocation s’est précisée. Il quitte alors le séminaire, mais décide de servir Dieu autrement que dans le sacerdoce.

En fin du moyen séminaire passé sans faute, Armand fait part à ses parents et à son évêque de son désir d’étudier la médecine. Ce choix ne sera pas contrarié. A contrario, il a eu la bénédiction des uns et des autres, notamment de son évêque. Décision prise, il postule aux Facultés de médecine de Côte d’Ivoire, Tunisie et France. Contre toute attente, aucune des universités ciblées ne réagit. Or, étant sorti du séminaire, l’on pouvait aisément présumer d’un dossier respectable, d’un a priori favorable qui plaide en sa faveur. Mais en bon croyant, Armand reste patient et ne perd pas espoir.  Un jour, alors qu’il devait sortir avec son père, celui-ci lui propose  un détour chez  son ami pharmacien, occasion pour Armand d’échanger avec lui de son projet d’étude. Les choses vont aller très vite.

N’ayant pas eu de suite concernant la médecine et  comme son cœur balançait déjà pour la pharmacie, l’ami de son père, fait expédier son dossier à l’Université Cheikh Anta Diop où il sera inscrit in extremis en pharmacie. C’est dans ses cordes. Armand était fou amoureux de «dame Médecine». Mais comme cette dernière l’a fait attendre, il a préféré épouser sa proche cousine, «dame Pharmacie». Pour sûr, il avait les prédispositions à s’accommoder à l’une comme à l’autre. «Au séminaire, j’ai eu à développer certains potentiels comme la musique, mais aussi la passion de prendre soin de la santé de l’homme. Et cela se ressentait dans mon entourage», relève-t-il. Son dossier ainsi accepté à l’Ucad, Armand ne perd pas du temps pour rallier  Dakar en catastrophe.

Un voyage express pour Dakar

Un jour de 2010, Armand Koffi débarque à Dakar. Malgré son retard de deux mois, il saura s’organiser pour être à jour avec ses cours. Il s’adapte tout en gérant les difficultés. Dynamique et proactif, entreprenant, voire entrepreneur, le jeune étudiant est jaloux de son autonomie et de son indépendance, y compris vis-à-vis de ses parents. Au plus fort de la crise politique qui a secoué, la Côte d’Ivoire, marquée par le ralentissement de l’activité économique et la réduction de la mobilité, Armand n’a pas continué à espérer les «western» des siens. Il a fait tourner ses méninges et sorti une petite idée de génie qui va se révéler prometteuse. Il s’agissait, avec sa sœur, de créer un petit commerce parallèlement à leurs études.

La petite idée accouche d’une coquette petite entreprise de production de yaourts et de gâteaux. Leurs premiers clients étaient leur cercle d’amis proches. Cette startup, mine de rien, les aidera à se prendre en charge pendant une bonne période : paiement de loyer, factures, approvisionnement. Les parents étaient ainsi déchargés pendant quelques temps . Le business marchait fort bien à telle enseigne qu’ils ne puissent «satisfaire toutes les commandes». Sauf que le temps passant, les jeunes entrepreneurs vont être vite rattrapés par la charge des cours et obligés d’abandonner cette aventure entrepreneuriale pourtant bien partie. Ce que le jeune étudiant d’alors n’a pas abandonné, en revanche, c’est la musique.

La musique et moi, c’est je te tiens, tu me tiens

Féru de musique, Armand ne peut s’en passer. C’est son souffle de vie. Il la respire. D’ailleurs, en partance pour Dakar, en 2010, il a chargé 500 partitions dans ses valises. Une fois à l’aéroport, problème. Excès de colis signalé. Sa mère lui demande de renoncer à ses partitions. Elle estime que c’est d’ailleurs mieux pour qu’il se consacre davantage à ses études. Mais avant qu’il n’obtempère, son père trouve une alternative. Il propose à Armand d’emmener ses paperasses et de laisser plutôt des vêtements. En échange, son père lui tend de l’argent afin qu’il reconstruise une nouvelle garde-robe une fois à Dakar. Papa Koffi soutient que Armand ne «va pas faire qu’étudier tout le temps». «Il faut qu’il se distraie par moments et c’est la musique qu’il aime». Armand dit être «marqué par ce geste» de son père. En tout cas, c’est ainsi que son stock de partitions voyagera avec lui quoiqu’il n’envisageât pas, a priori, d’intégrer une chorale à Dakar. Mais les voies du seigneur demeurent toujours insondables.

Le coup de foudre pour la chorale SPJE

A Dakar, Armand n’avait pas de projet d’intégrer une chorale. Mais quand il découvre la chorale Saint Pierre Julien Eymard (SPJE), c’est le «coup de foudre». Irrésistiblement, ce dimanche-là, il s’est senti connecté tout de suite à cette chorale panafricaine composée à 95% d’étudiants d’Afrique de l’Ouest et du Centre. La messe était priante et ça a réveillé ses sensations de choriste et maître de chœur. Il finira par s’approcher et demande à intégrer le groupe. Mais étant donné le retard accusé sur l’année académique, il reste circonspect. N’étant pas du genre à faire les choses à moitié, il craignait de ne pas se donner à fond. Du coup, Armand fait non pas l’école buissonnière, mais «chorale buissonnière». Il accumule des absences tout en restant discret sur ses aptitudes musicales pendant quelque temps.

Mais cette cachoterie ne durera pas longtemps. Il sera démasqué de manière inattendue par les autres maîtres de chœur, quand un jour, en déchiffrant une partition, un maître de chœur s’est trompé. Sans réfléchir, Armand répète spontanément : «maestro, ce n’est pas ça !». Approché illico presto pour savoir si lui savait lire la musique, il essaie de se détourner en vain. Sur instance des maîtres de chœur, il finit par tout avouer : que oui il sait lire la musique, que oui, il est maître de chœur. Justement, un maitre de chœur s’en doutait parce que parfois, quand on déchiffrait les partitions, dans son coin, Armand avait de ces gestes ou mimiques qui ne trompent pas.

Une des valeurs sûres de la chorale SPJE

Quoique démasqué, maestro Armand hésitait à se lancer à fond de peur de trop s’investir dans la chorale au détriment de ses études. Les autres maîtres de chœur lui avaient proposé de prendre le temps de réfléchir. Au bout de quelque temps, Armand finira par s’engager. Depuis, lors il demeure l’une des valeurs sûres de cette chorale. Il sert avec générosité et abnégation.

Diane Sita Dawy, responsable de la cellule spirituelle de la chorale SPJE, se rappelle, l’arrivée de ce prodige, «le plus jeune» choriste à l’époque qu’«on protégeait beaucoup». «Il nous épatait par sa voix et par son humilité aussi parce que quand il a intégré la chorale, il n’a pas montré  tout de suite ses talents. Donc on découvrait les talents d’Armand petit à petit, au fur et à mesure», dit Diane. Depuis, le jeune prodige a  gratifié la chorale SPJE de dizaines de compositions cultes dans des rythmes et styles aussi divers que variés. Pendant longtemps, Armand a été le maître de chœur principal sachant que la chorale en compte tout un collège (près d’une dizaine). In fine, la chorale SPJE aura été un autre cadre d’expression de son potentiel musical en dehors de son pays. Toute chose qui a enrichi  cette chorale. «Armand a apporté un autre style dans la chorale, le style ivoirien. Ça a changé beaucoup de choses sur notre manière de chanter, de nous lâcher un peu sur scène. C’est une personne qui nous a poussés à bosser et à croire en nous. Chaque chose qu’il faisait, moi je disais toujours waouh !», s’emporte Diane Sita Dawy.

Une musique sans cloisons

Éclectique dans ses productions et ses appétences musicales, Armand c’est le maître de la louange et de l’adoration. Mais en termes  de genre musical, il ne s’interdit rien. Il compose aussi bien dans le style classique, gospel que dans le style plus contemporain (pop, slow), avec un point d’honneur pour les musiques africaines, son fertile terreau d’inspiration. Par exemple, «Praise», son deuxième single, est un mélange d’Afro beat, du coupé décalé et du «zoblazo» qui rappelle son compatriote Meiway. La chorale SPJE doit aussi à Armand quelques comédies musicales, inspirées des figures emblématiques bibliques comme Moïse, Job, Esther, Joseph, présentées lors des concerts annuels. Une très grande valeur ajoutée qui  distingue  cette chorale des autres au Sénégal. Cette innovation  apportée est toujours sur toutes les lèvres.  «A l’époque, on ne chantait que quelques chants de comédie musicale dans nos concerts. Mais une comédie musicale montée de toute pièce avec les choristes  comme de véritables artistes et chantée de bout en bout pendant plus d’une heure de temps, ça c’est l’œuvre de Armand», soutient Bertin Vivien Biamou-Bamou, premier maître de chœur de la chorale SPJE qui a convaincu Armand de prendre la chorale en main et qui l’a accompagné et appuyé. La carrière musicale d’Armand lancée depuis 2018, a été un peu un accouchement difficile.

Une foi éprouvée,  puis consolidée

Pendant sa formation à Dakar, Armand Koffi a senti, par moments, que sa foi était chancelante, presque en berne. Il éprouvait cela et des tiers le lui ont exprimé. «J’étais carrément distant du Seigneur malgré tous les efforts que je faisais. J’essayais d’entrer en intimité avec Dieu, mais je ne le mettais au-dessus de mes propres forces», confesse-t-il et d’ajouter : «Je n’arrivais plus vraiment à prier comme quand j’étais au séminaire. Je ne savais pas où j’allais basculer(…)». Perplexe, Armand tente de se remobiliser pour Dieu. A cette fin, il a prié, demandé, invoqué l’esprit, puis le seigneur s’est manifesté. «Lors d’une prière, j’ai demandé au seigneur tout au long de l’année 2018, de pouvoir véritablement se révéler à moi et de me dire réellement ce qu’il attend de moi», se souvient-il.  A cette demande expresse et sincère à Dieu adressée, la réponse ne se fera pas attendre. C’est la révélation. Il y eut une série, «des signes» et «des songes» qu’il saura lire avec sagesse.

«Des signes par milliers»  

L’introspection sur sa vie spirituelle a donné un résultat qui l’agrée. Toute chose qui présageait d’une belle amorce de sa mise en orbite  sur le plan musical. «Il y a plusieurs signes qui se seront manifestés à moi lors des prières (…), il y a des songes que j’ai eu à faire.(…)», révèle Armand. Il y eut surtout cette jeune fille qui, par cette soirée dominicale, va l’apostropher de manière impromptue au sortir de la messe . «Excusez-moi, je ne vous connais pas, d’ailleurs je n’étais pas sûre que c’était vous qui avez chanté. Mais quelque chose me poussait vers vous. Lorsque vous avez chanté, le chant était beau, mais vide», dit-elle. Sans mal le prendre, Armand réplique : «Comment ça, il était vide ?» – «C’est comme s’il y a quelque chose que vous voulez apporter aux autres et vous n’arrivez pas à le sortir. Vous chantez, mais vous ne le vivez pas, le chant», rétorque la jeune filleLoin d’être agacé par l’improbable entrevue, cet échange vient conforter ce que Armand lui-même se reprochait depuis quelque temps. Un bon prétexte pour revoir sa relation avec Dieu.

La «rencontre intime avec Dieu» lui a ouvert la voix/voie

Armand Koffi se savait musicalement talentueux, ses proches le lui rappelaient constamment et d’aucuns lui suggéraient de se lancer professionnellement. Mais quelque chose bloquait. C’est  finalement sa «rencontre intime et spécifique avec Jésus», qui va donner un coup de manivelle à sa carrière musicale. Il dit avoir «découvert Dieu autrement» en 2018. Désormais, les dés sont jetés, ses énergies d’artiste libérées. Le temps de Dieu a sonné. Sa mission de chantre est lancée. Une vocation impérieuse se dessine. Dieu a dit oui. A présent, place à l’action. Sa carrière d’artiste chrétien professionnel est mise en orbite. Des projets s’enchainent, des singles se suivent : 2019  «Amour infini», février 2020 «Praise», suivi d’un clip, «Alpha Omega» et «Mon berger» sont dans les starting-blocks août2020. Le showbiz, c’est aussi les bonnes adresses. Armand ne s’en privera pas s’il veut concrétiser ses projets.

Le carnet d’adresse qui se bonifie

Après sa thèse de doctorat en pharmacie (2016), Armand Koffi a pris fonction dans une pharmacie dakaroise et a parallèlement enchainé avec sa spécialisation en biologie. Une nouvelle compétence qui le destine à la recherche. Sa carrière musicale définitivement lancée, il ne peut faire marche arrière et doit tenir tous ses engagements. Néophyte dans le show-biz, son carnet d’adresse prend d’ores et déjà de l’épaisseur. Il en aura besoin pour s’y faire. En plein dans la préparation de «Praise», par l’entremise du musicien bassiste Romuald N’guessan,  Armand Koffi a pu rencontrer des grands noms de la musique comme Frédéric Meiwey (le roi du Zo Gang), Gnahoré, Onel Mala, Alain Oyono. Dans un autre cadre, il a rencontré aussi le chantre Jean Claude Giannada. Ces contacts sont la voie royale pour  entrer de plain-pied dans le cercle très fermé du show-biz. Ces belles rencontres donneront sans doute un coup de pouce à sa future carrière.  Le jeune musicien est très apprécié dans son cercle d’ami-es.

«Le gout du travail bien fait»

Armand est attachant et ses proches le lui rendent bien. Dans notre petite enquête de proximité, quelques qualificatifs émergent unanimement et reviennent avec insistance concernant Armand. En lui, tous reconnaissent un travailleur déterminé, brillant, organisé, talentueux, rigoureux, méthodique, leader humble à la fois consensuel  et diplomate, parfois espiègle pour obtenir ce qu’il veut et  sachant faire confiance à ses collaborateurs. Armand c’est aussi un homme généreux qui aime l’excellence, prompte à aider et à partager, un damné du travail qui a «le gout du travail bien fait».

En dépit de ses aptitudes artistiques et ses qualités humaines  connues et reconnues, Guy Armand rase les murs et passe souvent inaperçu. «C’est un jeune très talentueux. Malgré tout ce qu’il a fait comme compositions, il ne cherche pas à se jouer la star ou à se mettre au-devant la scène », note Abel Sanou, ancien président de la chorale SPJE, qui estime que Armand «aime semer la joie autour de lui».  La joie justement, il sait la transmettre. Armand apparaît comme celui qui ajoute un grain de sel  à chaque fin de concert par des chants de louange afin de marquer l’événement d’une pierre blanche.

Il y a de la musique ans l’air

Formé par Armand Koffi, l’actuel maître de chœur principal de la chorale SPJE, Merveil Koudjo apprécie son mentor. «Il est très ouvert, serviable. Il n’est pas hypocrite. A la chorale, il n’hésite pas à aller vers toi, à aider les autres à aller de l’avantSi je suis maitre de cœur principal aujourd’hui, c’est grâce à lui. Il m’a formé et m’a fait confiance, il a décelé quelque chose en moi», affirme Merveil. La spontanéité de Armand  étend aussi  aux nouveaux choristes. Nouvellement venu à la chorale, Emmanuel Konan à expérimenté la bienveillance d’Armand. «Immense fut ma surprise lorsque un jour je me suis rendu compte qu’un numéro inconnu m avais envoyé un message sur Whatsapp. Quand, Je vérifie, je vois que c’est le grand maestro Armand».

Tête en l’air, l’un des défauts de ce leader inspirant, c’est qu’environ 90% de ses compositions ne sont pas écrites. Tout est stocké dans un coin de sa tête. Ce que déplorent à l’unisson Abel Sanou, Merveil Koudjo et Cie. Autrement  cela aurait permis à ses chants d’aller par-delà des frontières. Déjà beaucoup sont populaires dans sa paroisse Saint  Joseph de Medina de Dakar à cause de la chorale. Et pourtant «ce sont de très beaux chants. Ses chants sont simples et beaux à la fois. Son défaut quand même c’est qu’il n’écrit pas, il n’a pas le temps d’écrire ses chants et c’est dommage», remarque Merveil Koudjo.

Il est béni entre tous les maestros et la musique née de ses tripes est bénie

Leader inspirationnel et motivateur incondionnel, Armand est un bon «chef d’orchestre» qui coordonne, avec maestria l’équipe d’instrumentistes, de choristes, de solistes, comme l’atteste M. Sanou : «Armand est un excellent leader. Il sait mener à bien l’ensemble des équipes, aussi bien l’équipe des musiciens que des chantres et du chœur. Il sait motiver l’ensemble de ces différentes personnes. Il a un esprit très créatif et très débordant». Le leadership de Armand allie les styles à la fois participatif, consultatif, délégatif et négociateur selon les situations. Parfois espiègle, il est diplomate et sait comment obtenir des faveurs sans blesser l’autre. «Il est serviable, intelligent, il est futé, il est habile, C’est un bosseur. Le seigneur l’a tellement béni. Il est compatissant, doux et attentionné. Il est friand des choses du seigneur. Il a l’amour et la joie en lui», se lâche pour sa part Jean-Pierre Aguegee. Pointilleux, Armand est toujours prêt à pousser les limites dans le travail.

Un pharmacien pour une pharmacienne

Pour mieux peindre Armand, il faut peut-être se référer à sa fiancée, la pharmacienne Marie-Anne Loba.«Guy Armand, c’est  quelqu’un de bien. C’est un grand bosseur avant  tout, qui s’implique vraiment dans ce qu’il entreprend. Il y va jusqu’au bout, c’est quelqu’un de très simple qui met Dieu au-devant de tout ce qu’il entreprend». Elle ajoute : «Ce n’est pas quelqu’un de difficile qui va forcément  imposer ses choix. C’est quelqu’un qui est à l’écoute de l’autre». D’aucuns en lui, trouvent aussi un cuistot. Pas étonnant puisqu’élève, Armand participait aussi aux travaux ménagers conformément à une certaine organisation familiale en vertu de laquelle, les weekends, ce sont les hommes qui cuisinaient et que chacun devrait maîtriser la réalisation de son plat préféré. « C’est un bon cuisinier. Il cuisine super bien », relève Abel Sanou corroboré par Merveil.

L’art de la direction

On trouve aussi une certaine finesse dans sa manière de diriger. Diriger une chorale ou un chœur, c’est avoir un style propre et qu’on fait partager au chœur. C’est établir une communication avec  le chœur, non seulement par les mains, mais aussi par les signes du visage, voire du corps. La direction d’Armand est aussi un art : montrer ses dents aux choristes pour demander  de sourire, faire vibrer ses mains telle une poule s’échappant des mains de son propriétaire pour demander de donner plus. Former un coup de poing et lever le bras pour demander à monter.  La vie de maestro Armand, il la dédie au seigneur.  Il se rend utile pour la gloire de Dieu. Finalement qu’il eût quitté le séminaire ne change rien puisqu’il sert autant avec entrain dans la vie laïque qu’il aurait servi dans le sacerdoce. Son credo reste soigner les corps et guérir les âmes.

F. ATAYODI

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