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Les influenceurs français commencent seulement à parler des violences policières
07/06/2020 à 18h36 par La redaction

La mort de George Floyd a entraîné un mouvement de contestation historique aux États-Unis. Une prise de conscience qui a commencé sur les réseaux sociaux où de plus en plus d’influenceurs ont décidé de prendre la parole. En France, les prises de position sont plus timides.

«Cette vidéo, elle faisait froid dans le dos, se souvient Hadi*, jeune homme de 20 ans qui vit à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). C’était un matin, je venais de me réveiller. Je vais sur Instagram et je vois la vidéo en entier. Je crois que c’était un média américain qui l’avait publiée. Je me rendais pas compte que le mec était mort à la fin. C’est plus tard dans la journée que je vois que j’ai reçu des messages. Un pote sensible me dit : “T’es sérieux ? T’aurais pu prévenir que tu partages ça.” Il m’envoie le lien d’un article, en anglais. L’article explique les circonstances de la mort et là je me dis : Putainil est mort. C’est sérieux ce qui se passe. » 

Cette vidéo a fait le tour du monde dans la presse. Et les influenceurs de tous pays en la partageant sur les réseaux sociaux en ont amplifié la résonance. Le 25 mai, George Floyd, un homme noir américain de 46 ans, meurt lentement pendant son arrestation par trois policiers à Minneapolis, dans le Minnesota. L’un d’entre eux, l’officier Derek Chauvin, exerce une pression prolongée du genou sur son cou. George Floyd suffoque et le dit, le répète, puis au bout de quelques minutes, plus rien. Il sera déclaré mort à 21 h 25. Ces interminables huit minutes et 46 secondes sont venues s’imposer aux yeux du monde par les réseaux sociaux.

« Je n’ai pas pu la regarder en entier », explique de son côté Krystel, jeune fille de 14 ans qui vit à Millas, dans les Pyrénées-Orientales. « À nos âges on ne devrait pas voir des choses comme ça », ajoute t-elle. C’est l’une de ses influenceuses préférées qui a posté la vidéo, Avani Gregg, Américaine de 17 ans et star de TikTok.

© lilpapivoni

Depuis son lancement il y a deux ans, le réseau social TikTok fait un carton chez les plus jeunes. Sur les 800 millions d’utilisateurs dans le monde, la moitié a moins de 25 ans. Ils dansent ou chantent en playback sur des chansons connues, des extraits sonores, de séries ou de films. Sauf que, depuis la mort de George Floyd, la plateforme a vu se multiplier les contenus relatifs aux violences policières. Par milliers, des jeunes ont décidé d’utiliser les codes du réseau social pour interpeller leur audience, d’abord sur la mort de George Floyd, puis, plus globalement, sur le racisme.

Le mot-dièse #BlackLivesMatter explose les scores sur le réseau social chinois avec plus de 6 milliards de vues. On y croise un photographe qui met en scène de jeunes personnes noires lors d’une séance de photos prônant l’antiracisme. Sept millions de pouces ont liké. En fond sonore, un remix que l’on retrouve dans de nombreuses vidéos dénonçant les violences policières et le racisme, mêlant This is America du chanteur afro-américain Childish Gambino et Congratulations du jeune rappeur texan Post Malone. Selon le site spécialisé américain Mashable, ce remix est devenu « un hymne pour protester contre la brutalité policière ».

 

C’est sur ce même remix qu’une jeune Afro-Américaine, @m0umou, suivie sur TikTok par 28 000 personnes, a réalisé une courte vidéo destinée à frapper les esprits. On la voit, larmes aux yeux et portable qui filme, assurer : « Rassurez-vous, je filme, ça va aller. Restez calmes. » Puis survient le bruit d’un coup de feu. À l’image est précisé « gunshot » alors que Childish Gambino chante : « C’est ça l’Amérique. Elle te prend par surprise. Regarde comment je vis maintenant. La police fait n’importe quoi maintenant. C’est ça l’Amérique. »

À l’image, le visage de la jeune femme afro-américaine en pleurs est entrecoupé de photos d’hommes et de femmes noirs morts entre les mains de la police, comme Trayvon Martin, Michael Brown ou encore Sandra Bland, avec en fond sonore Childish Gambino qui répète : « C’est ça l’Amérique. » La vidéo de @m0umou dure 17 secondes et a été vue 475 000 fois. Dans son fil, la vidéo est coincée entre une pastille vidéo où elle présente ses artistes préférés et une autre où elle se filme, en prenant différentes poses avec un Pikachu virtuel, le héros du jeu vidéo japonais Pokemon.

Deux jeunes femmes filment, et postent sur les réseaux sociaux, des vidéos du rassemblement du 2 juin à l'appel du collectif Vérité pour Adama. © Rachida El AzzouziDeux jeunes femmes filment, et postent sur les réseaux sociaux, des vidéos du rassemblement du 2 juin à l'appel du collectif Vérité pour Adama. © Rachida El Azzouzi

Quelques jours après la mort de George Floyd, Avani Gregg, 17 ans, suivie par plus de 20 millions de personnes sur TikTok, postait un lien permettant de faire des dons sur le site de Black Lives Matter.

« Sur TikTok, je voyais de plus en plus de photos de profil avec des poings levés. J’ai vu une vidéo d’une fille qui expliquait ce que voulait dire ce symbole. J’ai été touchée et je l’ai mis aussi en photo de profil », explique de son côté la jeune Krystel, qui dit suivre beaucoup plus d’influenceurs américains que de français et qui avoue, aussi, en savoir plus sur la mort de George Floyd que sur celle d’Adama Traoré.

« Mais depuis une semaine je m’informe sur ce sujet, assure t-elle. Je me sens concernée parce que mon père est blanc et que ma mère est noire. Je suis métisse et ce genre de crime raciste ça pourrait arriver à quelqu’un de ma famille. » 

Pour sa part, à 20 ans, Sabrina ne s’aventure plus trop sur TikTok. « Ce n’est plus de mon âge », tranche-t-elle. Pourtant, elle a gardé l’application sur son téléphone dont la mémoire est majoritairement occupée par les applications de réseaux sociaux puisqu’elle jongle entre Facebook, Twitter, Instagram et Snapchat. Elle aussi a vu, sur les réseaux sociaux, la vidéo où George Floyd meurt, jusqu’au bout. « Tu le vois très clairement perdre connaissance et ça choque, se souvient-elle. C’est ce choc qui a créé un tel mouvement. » 

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La mort de George Floyd a entraîné un mouvement de contestation historique aux États-Unis. Une prise de conscience qui a commencé sur les réseaux sociaux où de plus en plus d’influenceurs ont décidé de prendre la parole. En France, les prises de position sont plus timides.

«Cette vidéo, elle faisait froid dans le dos, se souvient Hadi*, jeune homme de 20 ans qui vit à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). C’était un matin, je venais de me réveiller. Je vais sur Instagram et je vois la vidéo en entier. Je crois que c’était un média américain qui l’avait publiée. Je me rendais pas compte que le mec était mort à la fin. C’est plus tard dans la journée que je vois que j’ai reçu des messages. Un pote sensible me dit : “T’es sérieux ? T’aurais pu prévenir que tu partages ça.” Il m’envoie le lien d’un article, en anglais. L’article explique les circonstances de la mort et là je me dis : Putainil est mort. C’est sérieux ce qui se passe. » 

Cette vidéo a fait le tour du monde dans la presse. Et les influenceurs de tous pays en la partageant sur les réseaux sociaux en ont amplifié la résonance. Le 25 mai, George Floyd, un homme noir américain de 46 ans, meurt lentement pendant son arrestation par trois policiers à Minneapolis, dans le Minnesota. L’un d’entre eux, l’officier Derek Chauvin, exerce une pression prolongée du genou sur son cou. George Floyd suffoque et le dit, le répète, puis au bout de quelques minutes, plus rien. Il sera déclaré mort à 21 h 25. Ces interminables huit minutes et 46 secondes sont venues s’imposer aux yeux du monde par les réseaux sociaux.

« Je n’ai pas pu la regarder en entier », explique de son côté Krystel, jeune fille de 14 ans qui vit à Millas, dans les Pyrénées-Orientales. « À nos âges on ne devrait pas voir des choses comme ça », ajoute t-elle. C’est l’une de ses influenceuses préférées qui a posté la vidéo, Avani Gregg, Américaine de 17 ans et star de TikTok.

© lilpapivoni

Depuis son lancement il y a deux ans, le réseau social TikTok fait un carton chez les plus jeunes. Sur les 800 millions d’utilisateurs dans le monde, la moitié a moins de 25 ans. Ils dansent ou chantent en playback sur des chansons connues, des extraits sonores, de séries ou de films. Sauf que, depuis la mort de George Floyd, la plateforme a vu se multiplier les contenus relatifs aux violences policières. Par milliers, des jeunes ont décidé d’utiliser les codes du réseau social pour interpeller leur audience, d’abord sur la mort de George Floyd, puis, plus globalement, sur le racisme.

Le mot-dièse #BlackLivesMatter explose les scores sur le réseau social chinois avec plus de 6 milliards de vues. On y croise un photographe qui met en scène de jeunes personnes noires lors d’une séance de photos prônant l’antiracisme. Sept millions de pouces ont liké. En fond sonore, un remix que l’on retrouve dans de nombreuses vidéos dénonçant les violences policières et le racisme, mêlant This is America du chanteur afro-américain Childish Gambino et Congratulations du jeune rappeur texan Post Malone. Selon le site spécialisé américain Mashable, ce remix est devenu « un hymne pour protester contre la brutalité policière ».

 

C’est sur ce même remix qu’une jeune Afro-Américaine, @m0umou, suivie sur TikTok par 28 000 personnes, a réalisé une courte vidéo destinée à frapper les esprits. On la voit, larmes aux yeux et portable qui filme, assurer : « Rassurez-vous, je filme, ça va aller. Restez calmes. » Puis survient le bruit d’un coup de feu. À l’image est précisé « gunshot » alors que Childish Gambino chante : « C’est ça l’Amérique. Elle te prend par surprise. Regarde comment je vis maintenant. La police fait n’importe quoi maintenant. C’est ça l’Amérique. »

À l’image, le visage de la jeune femme afro-américaine en pleurs est entrecoupé de photos d’hommes et de femmes noirs morts entre les mains de la police, comme Trayvon Martin, Michael Brown ou encore Sandra Bland, avec en fond sonore Childish Gambino qui répète : « C’est ça l’Amérique. » La vidéo de @m0umou dure 17 secondes et a été vue 475 000 fois. Dans son fil, la vidéo est coincée entre une pastille vidéo où elle présente ses artistes préférés et une autre où elle se filme, en prenant différentes poses avec un Pikachu virtuel, le héros du jeu vidéo japonais Pokemon.

Deux jeunes femmes filment, et postent sur les réseaux sociaux, des vidéos du rassemblement du 2 juin à l'appel du collectif Vérité pour Adama. © Rachida El AzzouziDeux jeunes femmes filment, et postent sur les réseaux sociaux, des vidéos du rassemblement du 2 juin à l'appel du collectif Vérité pour Adama. © Rachida El Azzouzi

Quelques jours après la mort de George Floyd, Avani Gregg, 17 ans, suivie par plus de 20 millions de personnes sur TikTok, postait un lien permettant de faire des dons sur le site de Black Lives Matter.

« Sur TikTok, je voyais de plus en plus de photos de profil avec des poings levés. J’ai vu une vidéo d’une fille qui expliquait ce que voulait dire ce symbole. J’ai été touchée et je l’ai mis aussi en photo de profil », explique de son côté la jeune Krystel, qui dit suivre beaucoup plus d’influenceurs américains que de français et qui avoue, aussi, en savoir plus sur la mort de George Floyd que sur celle d’Adama Traoré.

« Mais depuis une semaine je m’informe sur ce sujet, assure t-elle. Je me sens concernée parce que mon père est blanc et que ma mère est noire. Je suis métisse et ce genre de crime raciste ça pourrait arriver à quelqu’un de ma famille. » 

Pour sa part, à 20 ans, Sabrina ne s’aventure plus trop sur TikTok. « Ce n’est plus de mon âge », tranche-t-elle. Pourtant, elle a gardé l’application sur son téléphone dont la mémoire est majoritairement occupée par les applications de réseaux sociaux puisqu’elle jongle entre Facebook, Twitter, Instagram et Snapchat. Elle aussi a vu, sur les réseaux sociaux, la vidéo où George Floyd meurt, jusqu’au bout. « Tu le vois très clairement perdre connaissance et ça choque, se souvient-elle. C’est ce choc qui a créé un tel mouvement. » 

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