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Le syndrome du poisson rouge
07/06/2020 à 00h03 par La redaction

Il y a des choses dans notre vie que nous aimerions pouvoir nous rappeler, d’autres oublier. C’est un art que de pouvoir oublier, art dans lequel certains semblent passés maîtres, même dans les plus hautes sphères, affligés d’une troublante amnésie chronique ou syndrome du poisson rouge.

Le poisson rouge se caractérise par une capacité mémorielle extrêmement limitée. Cela implique que « tout est nouveau pour lui ». Le poisson rouge tourne et vire dans son bocal. Il semble redécouvrir le monde à chaque tour. Toutes les huit secondes, sa mémoire s’efface.

Les masques sont inutiles. Effacement de mémoire. Les masques sont nécessaires. Effacement de mémoire. Les soignants manquent de masques. Effacement de mémoire. Il n’y a jamais eu de pénurie de masques. Pause. On essaye de comprendre avant que l’amnésie-confusion nous gagne, avant de refaire des tours incessants dans notre aquarium confinés. Huit secondes. C’est le temps qui nous est imparti pour saisir l’insaisissable avant que la logorrhée interminable ne se poursuive. On se répète les mots, on cherche la définition du mot « pénurie » sur le net. On tape. On clique.

Pénurie (nom féminin) : Manque de ce qui est nécessaire ; insuffisance. [1]

On a juste le temps de lire. Pas le temps de comprendre. Les neuf secondes de notre capacité d’attention, évaluées par des ingénieurs de Google, sont déjà écoulées. On avait une seconde de plus que le poisson rouge pour comprendre l’incompréhensible. Trop tard. On ne peut pas être connectés et écouter en même temps. On n’est pas multitâches. Ecran noir. Déconnexion. On reprend le fil de l’allocution télévisée. On a perdu les liens. Tout devient incohérent. On se heurte à une réalité implacable. Notre mémoire fuite. Telle la coque d’un vieux rafiot pris dans les remous. L’on s’agite, l’on brasse si fort que notre bocal se fendille. Et l’on se prend la vague en pleine face. Trop secoués pour reprendre prestement nos esprits et notre lucidité. Le tsunami est violent. Plus rien dans le bocal ; le vide dans le ciboulot. Et l’on coule, et l’on échoue lamentablement au fond du canapé. L’on s’accroche aux accoudoirs pour ne pas flancher. Les secondes s’égrènent, notre mémoire se fractalise, se dilate et on se perd encore dans les myriades de couleurs et de formes. Kaléidoscope étourdissant. On est subjugués. Enivrés par toutes ces teintes. On a oublié les mots. Grisés par tant de vacuité. Et l’on continue de regarder la pantomime pixelisée. Celui que nous tentons en vain de comprendre semble lui aussi avoir des oublis et des absences. On est rassurés, on se sent moins seuls. On se sentirait presque compris…

L’illusion de l’omission est belle. Elle nous berce. Elle nous fait oublier l’essentiel. Elle nous fait sortir de l’affligeante réalité. On voudrait tellement y croire pour se persuader que tout va bien. Plus qu’outrancière, l’omission est délétère, car somme toute volontaire. La volonté de confisquer la mémoire collective, la volonté d’être un personnage d’envergure dans cette crise inestimable, quitte à renier ce qui avait été dit précédemment. L’omission devient non-dit. L’omission devient mensonge. On nous aurait donc menti ? Le constat est accablant. On est désorientés par cette manœuvre de falsification. On est encore plus accablés qu’avant. Le monde d’après promet… entre non-dits et oublis. La défiance est à son comble.

Et comme un poisson rouge dans son aquarium que l'absence de mémoire longue empêche de comprendre qu'il tourne en rond, l’on oublie que la situation actuelle résulte de choix délibérés et de manques d’initiative renforçant l’état confusion dans lequel plonge la nation...

« Qui contrôle le passé contrôle l’avenir », écrivait George Orwell. Puissions-nous retrouver une mémoire collective forte et solidaire pour reprendre les rênes de notre destinée… Sans quoi il ne nous resterait plus qu’à faire comme le poisson rouge, tourner en rond dans notre bocal en nous posant inlassablement la question de savoir à quoi nous pensions huit secondes plus tôt. Et avant d’avoir fini de nous la poser, nous souviendrions-nous encore quelle était la question ?

 

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Il y a des choses dans notre vie que nous aimerions pouvoir nous rappeler, d’autres oublier. C’est un art que de pouvoir oublier, art dans lequel certains semblent passés maîtres, même dans les plus hautes sphères, affligés d’une troublante amnésie chronique ou syndrome du poisson rouge.

Le poisson rouge se caractérise par une capacité mémorielle extrêmement limitée. Cela implique que « tout est nouveau pour lui ». Le poisson rouge tourne et vire dans son bocal. Il semble redécouvrir le monde à chaque tour. Toutes les huit secondes, sa mémoire s’efface.

Les masques sont inutiles. Effacement de mémoire. Les masques sont nécessaires. Effacement de mémoire. Les soignants manquent de masques. Effacement de mémoire. Il n’y a jamais eu de pénurie de masques. Pause. On essaye de comprendre avant que l’amnésie-confusion nous gagne, avant de refaire des tours incessants dans notre aquarium confinés. Huit secondes. C’est le temps qui nous est imparti pour saisir l’insaisissable avant que la logorrhée interminable ne se poursuive. On se répète les mots, on cherche la définition du mot « pénurie » sur le net. On tape. On clique.

Pénurie (nom féminin) : Manque de ce qui est nécessaire ; insuffisance. [1]

On a juste le temps de lire. Pas le temps de comprendre. Les neuf secondes de notre capacité d’attention, évaluées par des ingénieurs de Google, sont déjà écoulées. On avait une seconde de plus que le poisson rouge pour comprendre l’incompréhensible. Trop tard. On ne peut pas être connectés et écouter en même temps. On n’est pas multitâches. Ecran noir. Déconnexion. On reprend le fil de l’allocution télévisée. On a perdu les liens. Tout devient incohérent. On se heurte à une réalité implacable. Notre mémoire fuite. Telle la coque d’un vieux rafiot pris dans les remous. L’on s’agite, l’on brasse si fort que notre bocal se fendille. Et l’on se prend la vague en pleine face. Trop secoués pour reprendre prestement nos esprits et notre lucidité. Le tsunami est violent. Plus rien dans le bocal ; le vide dans le ciboulot. Et l’on coule, et l’on échoue lamentablement au fond du canapé. L’on s’accroche aux accoudoirs pour ne pas flancher. Les secondes s’égrènent, notre mémoire se fractalise, se dilate et on se perd encore dans les myriades de couleurs et de formes. Kaléidoscope étourdissant. On est subjugués. Enivrés par toutes ces teintes. On a oublié les mots. Grisés par tant de vacuité. Et l’on continue de regarder la pantomime pixelisée. Celui que nous tentons en vain de comprendre semble lui aussi avoir des oublis et des absences. On est rassurés, on se sent moins seuls. On se sentirait presque compris…

L’illusion de l’omission est belle. Elle nous berce. Elle nous fait oublier l’essentiel. Elle nous fait sortir de l’affligeante réalité. On voudrait tellement y croire pour se persuader que tout va bien. Plus qu’outrancière, l’omission est délétère, car somme toute volontaire. La volonté de confisquer la mémoire collective, la volonté d’être un personnage d’envergure dans cette crise inestimable, quitte à renier ce qui avait été dit précédemment. L’omission devient non-dit. L’omission devient mensonge. On nous aurait donc menti ? Le constat est accablant. On est désorientés par cette manœuvre de falsification. On est encore plus accablés qu’avant. Le monde d’après promet… entre non-dits et oublis. La défiance est à son comble.

Et comme un poisson rouge dans son aquarium que l'absence de mémoire longue empêche de comprendre qu'il tourne en rond, l’on oublie que la situation actuelle résulte de choix délibérés et de manques d’initiative renforçant l’état confusion dans lequel plonge la nation...

« Qui contrôle le passé contrôle l’avenir », écrivait George Orwell. Puissions-nous retrouver une mémoire collective forte et solidaire pour reprendre les rênes de notre destinée… Sans quoi il ne nous resterait plus qu’à faire comme le poisson rouge, tourner en rond dans notre bocal en nous posant inlassablement la question de savoir à quoi nous pensions huit secondes plus tôt. Et avant d’avoir fini de nous la poser, nous souviendrions-nous encore quelle était la question ?

 

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