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La mission de l’armée française dans le Sahel semble impossible
13/01/2020 à 09h44 par Aimé AMSON

L’expansion de groupes djihadistes devient de plus en plus galopante dans le Sahel depuis quelques années. La France dans sa volonté de lutter contre ce fléau avait déployé son armée au Mali le 12 Janvier 2013. Mais après sept ans de bataille, le spécialiste des questions africaines Marc-Antoine Pérouse de Montclos, directeur de recherches à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) indique que l’armée française a échoué dans sa mission.

Dans un entretien avec le journal français le monde au sujet de son ouvrage intitulé « Guerre perdue », Marc-Antoine Pérouse de Montclos estime que l’armée française se trouve « prise dans une sorte de piège »

« Oui, on a confié à l’armée française une mission impossible. Au Mali, le djihadisme n’a jamais été que le symptôme d’un Etat défaillant. L’armée française est intervenue à Tombouctou alors que le fond du problème se trouvait à Bamako. Que peut faire la France dans un tel contexte ? A l’époque, elle aurait pu se contenter de donner un coup de semonce aux djihadistes en bombardant certaines de leurs positions, puis se retirer. Au lieu de cela, on se retrouve avec 4 500 hommes pris dans une sorte de piège, qui pourrait devenir notre Afghanistan. Pour l’instant, côté français, il n’y a pas eu énormément de pertes humaines, malgré l’accident d’hélicoptères de fin novembre : 41 hommes en sept ans, ce n’est pas l’Algérie. Mais le problème de fond, c’est l’inanité de cette intervention. Je ne vois pas comment la France peut réussir à sauver cette partie de l’Afrique en s’appuyant sur des armées défaillantes », a expliqué Marc-Antoine au journal le monde.

Pour le spécialiste, aucun des objectifs donnés par l’armée française en commençant la mission n’est atteint. Donc ce qui laisse un mauvais bilan.

« Clairement, le bilan n’est pas bon. En janvier 2013, le déploiement des troupes françaises a débuté avec deux grands objectifs : empêcher l’enracinement des groupes djihadistes dans le nord du Mali et restaurer la souveraineté de l’Etat malien sur l’ensemble du territoire. Aucun n’a été atteint. Le pays reste coupé en deux. Dans le nord, des groupes rebelles taxent les populations et les services publics ne fonctionnent pas, ou peu. Et pour gagner Bamako par la route depuis Gao, il faut passer par le Niger puis le Burkina Faso », a-t-il indiqué.

Pour lui, la France a donné un coup de « pied dans la fourmilière » des groupes djihadistes. Le résultat est qu’ils se sont dispersés puis ont émergé dans des zones où ils ne se trouvaient pas avant, comme le nord du Burkina Faso ou le Macina, dans le centre du Mali, « On observe donc plutôt une extension du phénomène. Et ces groupes, qui étaient fragmentés et ne s’entendaient pas forcément, se sont regroupés, avec désormais un ennemi commun : la France. La présence militaire étrangère leur donne une légitimité » a-t-il déploré.

Pour rappel, l’ouvrage intitulé « Guerre perdue » de Marc-Antoine va paraitre le 15 janvier prochain.

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L’expansion de groupes djihadistes devient de plus en plus galopante dans le Sahel depuis quelques années. La France dans sa volonté de lutter contre ce fléau avait déployé son armée au Mali le 12 Janvier 2013. Mais après sept ans de bataille, le spécialiste des questions africaines Marc-Antoine Pérouse de Montclos, directeur de recherches à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) indique que l’armée française a échoué dans sa mission.

Dans un entretien avec le journal français le monde au sujet de son ouvrage intitulé « Guerre perdue », Marc-Antoine Pérouse de Montclos estime que l’armée française se trouve « prise dans une sorte de piège »

« Oui, on a confié à l’armée française une mission impossible. Au Mali, le djihadisme n’a jamais été que le symptôme d’un Etat défaillant. L’armée française est intervenue à Tombouctou alors que le fond du problème se trouvait à Bamako. Que peut faire la France dans un tel contexte ? A l’époque, elle aurait pu se contenter de donner un coup de semonce aux djihadistes en bombardant certaines de leurs positions, puis se retirer. Au lieu de cela, on se retrouve avec 4 500 hommes pris dans une sorte de piège, qui pourrait devenir notre Afghanistan. Pour l’instant, côté français, il n’y a pas eu énormément de pertes humaines, malgré l’accident d’hélicoptères de fin novembre : 41 hommes en sept ans, ce n’est pas l’Algérie. Mais le problème de fond, c’est l’inanité de cette intervention. Je ne vois pas comment la France peut réussir à sauver cette partie de l’Afrique en s’appuyant sur des armées défaillantes », a expliqué Marc-Antoine au journal le monde.

Pour le spécialiste, aucun des objectifs donnés par l’armée française en commençant la mission n’est atteint. Donc ce qui laisse un mauvais bilan.

« Clairement, le bilan n’est pas bon. En janvier 2013, le déploiement des troupes françaises a débuté avec deux grands objectifs : empêcher l’enracinement des groupes djihadistes dans le nord du Mali et restaurer la souveraineté de l’Etat malien sur l’ensemble du territoire. Aucun n’a été atteint. Le pays reste coupé en deux. Dans le nord, des groupes rebelles taxent les populations et les services publics ne fonctionnent pas, ou peu. Et pour gagner Bamako par la route depuis Gao, il faut passer par le Niger puis le Burkina Faso », a-t-il indiqué.

Pour lui, la France a donné un coup de « pied dans la fourmilière » des groupes djihadistes. Le résultat est qu’ils se sont dispersés puis ont émergé dans des zones où ils ne se trouvaient pas avant, comme le nord du Burkina Faso ou le Macina, dans le centre du Mali, « On observe donc plutôt une extension du phénomène. Et ces groupes, qui étaient fragmentés et ne s’entendaient pas forcément, se sont regroupés, avec désormais un ennemi commun : la France. La présence militaire étrangère leur donne une légitimité » a-t-il déploré.

Pour rappel, l’ouvrage intitulé « Guerre perdue » de Marc-Antoine va paraitre le 15 janvier prochain.

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