« La CEDEAO est un organisme corrompu à l’excès… »

Après le coup d’Etat militaire du dimanche 5 septembre 2021 en Guinée qui a occasionné la chute du président Alpha Condé, la Commission économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a suspendu la Guinée de ses instances. Elle a même exigé la libération du président déchu et l’organisation d’élections libres et transparentes dans un délai de 6 mois.

Pour Tierno Monénembo qui fait partie de ceux qui pensent que Alpha Condé devrait passer devant les tribunaux de la Guinée pour répondre de sa « gestion » et de sa « répression sauvage » dans le cadre de la contestation contre son 3e mandat, « la CEDEAO n’a rien à nous dire ».

Renversé du pouvoir le dimanche 5 septembre 2021 par des militaires avec à leur tête le colonel Mamady Doumbouya, Alpha Condé 83 ans, ne pourra pas achever son 3e mandat acquis malgré de vives contestations dans son pays. Depuis sa chute, il est détenu par les nouveaux dirigeants guinéens.

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Pour Tierno Monénembo, de son vrai nom Thierno Saïdou, Diallo Alpha Condé doit passer devant les tribunaux. L’écrivain guinéen a, en effet, soutenu sur les ondes de RFI (Radio France internationale) : « Il faut qu’il passe devant un tribunal, qu’il s’explique sur sa gestion, sur la répression sauvage qui a causé des centaines de morts depuis qu’il est arrivé au pouvoir”. Toutefois, en tant qu’être humain, l’écrivain a déclaré qu’il « faut respecter sa vie, sa dignité et son honneur ».

Plus d’une semaine après sa chute, Alpha Condé n’a toujours pas admis qu’il a été évincé du pouvoir. Il refuse de signer une quelconque lettre de démission, préférant plutôt mourir. Pendant ce temps, la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) tente de mettre la pression sur les putschistes.

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En effet, les chefs d’État ont décidé, au cours d’un sommet qui s’est tenu le jeudi 16 septembre 2021 à Accra, du maintien de la suspension de la Guinée, de la tenue de l’élection présidentielle dans un délai de six mois, de la mise en œuvre des sanctions ciblées visant les putschistes, à savoir l’interdiction de sortir de voyage des membres du CNDR ainsi que les membres de leurs familles et le gel de leurs avoirs. Une délégation de chefs d’État membres de la CEDEAO, arrivée en Guinée le vendredi 17 septembre 2021, a été huée par une foule hostile.

Pour Tierno Monénembo, écrivain guinéen, son pays n’a pas à tenir compte de l’avis de la CEDEAO qu’il qualifie de corrompue. Dans ses propos, il a martelé haut et fort : “La CEDEAO n’a rien à nous dire. Les Guinéens n’ont pas à tenir compte de son avis. La CEDEAO est un organisme corrompu à l’excès qui a soutenu la falsification de la constitution, qui n’a rien dit quand Alpha Condé a fait son coup d’Etat institutionnel. Ils l’ont soutenu, du moins tacitement. Maintenant, ils poussent des cris d’or frais parce qu’il y a eu un coup d’Etat militaire. C’est de l’hypocrisie pure et simple”.

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En somme, opposé au 3e mandat de l’ex-président Alpha Condé, Tierno Monénembo assure que cette organisation sous-régionale a plutôt intérêt que Alpha Condé revienne aux affaires estimant que : “Tout le monde sait à quel point les gens de la CEDEAO sont corrompus. Ce sont des gens qui mangeaient dans les mains d’Alpha Condé. Ils seraient très contents que Alpha Condé revienne”.

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