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HAUSSE DES FRAIS UNIVERSITAIRES EN FRANCE : QUEL IMPACT SUR LES ÉTUDIANTS AFRICAINS ?
30/07/2020 à 17h07 par La redaction

Dès la rentrée prochain, les étudiants étrangers extra-européens devront débourser jusqu’à seize fois plus que leurs homologues européens pour s’inscrire dans une université française. Un système qualifié « d’élitiste » par les syndicats étudiants.

Le 19 novembre 2018, Édouard Philippe, alors encore Premier ministre, annonçait la mise en place d’une nouvelle « stratégie d’attractivité » intitulée « Bienvenue en France/Choose France ». Parmi les mesures annoncées, l’instauration de frais d’inscription différenciés pour les étudiants extra-européens. Ceux-ci devront désormais payer seize fois plus pour avoir le droit de s’asseoir sur les bancs d’une université française.

Dès la rentrée prochaine, les étudiants ressortissants de pays non-membres de l’Union européenne devront s’acquitter de frais d’inscription de 2 770 euros en licence et de 3 770 euros en master, contre respectivement 170 et 243 euros pour les jeunes Européens… Une décision qui inquiète les étudiants africains qui représentent aujourd’hui 45 % des étrangers venus étudier en France.

Pour tenter de calmer la colère qui n’a pas manqué de s’exprimer lors de ces annonces, le gouvernement français a annoncé des « aides et des exonérations totales ou partielles » pour les plus défavorisés. Mais elles ne bénéficieront qu’à environ 10 % de l’effectif total des élèves actuellement inscrits.

Le Conseil d’État valide

Saisi par plusieurs organisation étudiantes, dont l’Unef, qui réclamaient la suspension de ces frais différenciés car leur principe remet en cause « le droit à un égal accès à la formation », le Conseil d’État a rejeté le recours. Dans leur décision, rendue le 1 er juillet, les sages ont notamment estimé que le montant des droits d’inscription « demeurent inférieurs au coût réel de la formation ». Le Conseil d’État a également précisé que « les étudiants en mobilité internationale pourront être éligibles » à certaines des bourses annuelles, notamment celles allouées par les ambassades françaises à l’étranger.

Pas de quoi calmer les critiques, qui attaquent depuis des mois « l’élitisme » de ce « Bienvenue en France » Dans une tribune publiée début juin par des syndicats étudiants, des associations d’étudiants étrangers et des personnalité politiques, les signataires accusent l’exécutif français de « transformer notre société en un cercle de plus en plus élitiste où les universités se métamorphosent en clubs privés. Clubs ouverts uniquement aux pays considérés comme « intéressants », et non pas à ceux du continent africain par exemple, où les étudiant·e·s devraient pouvoir étudier chez eux. »

Les étudiants africains en première ligne

Si ils sont loin d’être les seuls à être concernés par la mesure, les étudiants africains n’en sont pas moins concernés au premier chef. En 2019, déjà, et alors même que les frais d’inscription différenciés en fonction de l’origine des étudiants étrangers n’avaient pas de caractère obligatoire, au contraire de la rentrée prochaine, dans les universités, les candidatures africaines avaient baissé de 30 à 50 %, selon la Conférence des présidents d’université.

« C’est tout simplement inaccessible. Je ne peux pas me permettre de mettre autant d’argent dans un diplôme que je peux obtenir dans mon propre pays. C’est une somme beaucoup trop importante, qui me permettrait de subvenir aux besoins de ma famille et d’investir dans plusieurs projets, si je restais au Sénégal », témoigne Cheikh, étudiant sénégalais qui souhaitait effectuer son master de communication dans l’Hexagone, qui a fini par prendre la décision de rester au Sénégal.

C’est exactement l’objectif de cette mesure. Et Florent Bonaventure, directeur de la communication et des études de Campus France, ne s’en cache pas, bien au contraire.  « Cette augmentation des frais de scolarité est une bonne manière de promouvoir les enseignements des établissements africains », assure-t-il. Le porte-parole de Campus France insiste également sur un nouveau programme, mis en place en parallèle au lancement de « Bienvenue en France » : les Partenariats avec l’enseignement supérieur africain (PEA), qui concernent des universités dans 18 pays du continent définis comme « prioritaires ».

La balle dans le camps des universités

« Cette politique permettra aux universités d’examiner et de sélectionner de manière plus pointilleuse ses élèves », se félicite Florent Bonaventure, qui renvoie aux universités la responsabilité d’ouvrir un peu plus la porte – ou pas – aux étudiants extra-européens. « Les ratios d’extra-européens dépendront des exonérations attribuées par les universités », souligne le directeur de la communication de Campus France.

Pour le moment, dans les universités, une certaine forme de résistance s’organise. L’université de Grenoble a opté, dès 2019, pour ouvrir l’exonération des frais à  l’intégralité de ses étudiants extra-européens. Mesure qu’elle poursuivra à la rentrée prochaine, tout comme celle d’Orléans, qui a décidé de renoncer aux frais différenciés alors qu’elle les pratiquait l’an dernier.

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Dès la rentrée prochain, les étudiants étrangers extra-européens devront débourser jusqu’à seize fois plus que leurs homologues européens pour s’inscrire dans une université française. Un système qualifié « d’élitiste » par les syndicats étudiants.

Le 19 novembre 2018, Édouard Philippe, alors encore Premier ministre, annonçait la mise en place d’une nouvelle « stratégie d’attractivité » intitulée « Bienvenue en France/Choose France ». Parmi les mesures annoncées, l’instauration de frais d’inscription différenciés pour les étudiants extra-européens. Ceux-ci devront désormais payer seize fois plus pour avoir le droit de s’asseoir sur les bancs d’une université française.

Dès la rentrée prochaine, les étudiants ressortissants de pays non-membres de l’Union européenne devront s’acquitter de frais d’inscription de 2 770 euros en licence et de 3 770 euros en master, contre respectivement 170 et 243 euros pour les jeunes Européens… Une décision qui inquiète les étudiants africains qui représentent aujourd’hui 45 % des étrangers venus étudier en France.

Pour tenter de calmer la colère qui n’a pas manqué de s’exprimer lors de ces annonces, le gouvernement français a annoncé des « aides et des exonérations totales ou partielles » pour les plus défavorisés. Mais elles ne bénéficieront qu’à environ 10 % de l’effectif total des élèves actuellement inscrits.

Le Conseil d’État valide

Saisi par plusieurs organisation étudiantes, dont l’Unef, qui réclamaient la suspension de ces frais différenciés car leur principe remet en cause « le droit à un égal accès à la formation », le Conseil d’État a rejeté le recours. Dans leur décision, rendue le 1 er juillet, les sages ont notamment estimé que le montant des droits d’inscription « demeurent inférieurs au coût réel de la formation ». Le Conseil d’État a également précisé que « les étudiants en mobilité internationale pourront être éligibles » à certaines des bourses annuelles, notamment celles allouées par les ambassades françaises à l’étranger.

Pas de quoi calmer les critiques, qui attaquent depuis des mois « l’élitisme » de ce « Bienvenue en France » Dans une tribune publiée début juin par des syndicats étudiants, des associations d’étudiants étrangers et des personnalité politiques, les signataires accusent l’exécutif français de « transformer notre société en un cercle de plus en plus élitiste où les universités se métamorphosent en clubs privés. Clubs ouverts uniquement aux pays considérés comme « intéressants », et non pas à ceux du continent africain par exemple, où les étudiant·e·s devraient pouvoir étudier chez eux. »

Les étudiants africains en première ligne

Si ils sont loin d’être les seuls à être concernés par la mesure, les étudiants africains n’en sont pas moins concernés au premier chef. En 2019, déjà, et alors même que les frais d’inscription différenciés en fonction de l’origine des étudiants étrangers n’avaient pas de caractère obligatoire, au contraire de la rentrée prochaine, dans les universités, les candidatures africaines avaient baissé de 30 à 50 %, selon la Conférence des présidents d’université.

« C’est tout simplement inaccessible. Je ne peux pas me permettre de mettre autant d’argent dans un diplôme que je peux obtenir dans mon propre pays. C’est une somme beaucoup trop importante, qui me permettrait de subvenir aux besoins de ma famille et d’investir dans plusieurs projets, si je restais au Sénégal », témoigne Cheikh, étudiant sénégalais qui souhaitait effectuer son master de communication dans l’Hexagone, qui a fini par prendre la décision de rester au Sénégal.

C’est exactement l’objectif de cette mesure. Et Florent Bonaventure, directeur de la communication et des études de Campus France, ne s’en cache pas, bien au contraire.  « Cette augmentation des frais de scolarité est une bonne manière de promouvoir les enseignements des établissements africains », assure-t-il. Le porte-parole de Campus France insiste également sur un nouveau programme, mis en place en parallèle au lancement de « Bienvenue en France » : les Partenariats avec l’enseignement supérieur africain (PEA), qui concernent des universités dans 18 pays du continent définis comme « prioritaires ».

La balle dans le camps des universités

« Cette politique permettra aux universités d’examiner et de sélectionner de manière plus pointilleuse ses élèves », se félicite Florent Bonaventure, qui renvoie aux universités la responsabilité d’ouvrir un peu plus la porte – ou pas – aux étudiants extra-européens. « Les ratios d’extra-européens dépendront des exonérations attribuées par les universités », souligne le directeur de la communication de Campus France.

Pour le moment, dans les universités, une certaine forme de résistance s’organise. L’université de Grenoble a opté, dès 2019, pour ouvrir l’exonération des frais à  l’intégralité de ses étudiants extra-européens. Mesure qu’elle poursuivra à la rentrée prochaine, tout comme celle d’Orléans, qui a décidé de renoncer aux frais différenciés alors qu’elle les pratiquait l’an dernier.

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