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« Gbagbo s’est-il sacrifié pour rien ? » Qu’en est-il de son esprit qui habiterait nombre d’Africains?
04/01/2020 à 19h47 par La redaction

« Laurent Gbagbo s’est-il sacrifié pour rien ? Écrivain, Chercheur, Jean-Claude Djereke dresse ici un bilan critique de la lutte de l’ancien président ivoirien.

Quand Laurent Gbagbo fut illégalement transféré de Korhogo à la Haye, il se trouva des militants et sympathisants du Front populaire ivoirien pour affirmer qu’on pouvait emprisonner un homme sans emprisonner ses idées (c’est aussi mon avis) et que des milliers d’Ivoiriens et d’Africains partageaient désormais les idées de l’ancien président ivoirien, autrement dit avaient embrassé sa vision et son combat pour une Afrique libre et souveraine. Certains osèrent même avancer qu’il n’y avait plus un mais des millions de Gbagbo en Afrique dans la mesure où de nombreux Africains, selon eux, adhéraient avec Gbagbo aux 3 causes suivantes: la fermeture des bases militaires françaises en Afrique, la fin du franc CFA et la non-immixtion de la France dans les affaires africaines.

7 ans après la déportation de Laurent Gbagbo qui, il ne faut pas avoir honte de le reconnaître, ne suscita qu’une timide protestation sur le continent, qu’en est-il de l’esprit Gbagbo qui habiterait nombre d’Africains? Où sont les millions de Gbagbo? Ces derniers ont-ils mené des actions concrètes dont leur champion pourrait être fier s’il recouvrait la liberté en 2019?

 

Avant d’apporter une réponse à ces questions, il convient de rappeler quelle était la vision de Gbagbo et quelles batailles il livra. Ce rappel est important car suivre un homme, crier ou chanter son nom à tout bout de champ sans savoir ce qu’il a en tête, ni ce qu’il a fait (les traces qu’il a laissées), n’a aucun sens.

Le rêve de Laurent Gbagbo

Gbagbo rêvait, et ce rêve ne me semble pas avoir été abandonné par lui, d’une Côte d’Ivoire maîtresse de son destin, démocratique et dans laquelle les fruits de la croissance profitent à tous. C’est du moins ce qui ressort de la lecture des ouvrages comme “Agir pour les libertés”, “Côte d”Ivoire: Pour une alternative démocratique”, “Fonder une nation africaine démocratique et socialiste en Côte d’Ivoire” ou “Côte d’Ivoire: Bâtir la paix sur la démocratie et la prospérité”. Quand nous disons que l’esprit de Gbagbo est ou vit en nous, sommes-nous porteurs du même rêve que lui? Regardons-nous dans la même direction que lui? Gbagbo n’attendit personne pour mener le combat d’une Côte d’Ivoire démocratique

Au début des années 1990, Gbagbo vivait dans un pays où les libertés fondamentales parmi lesquelles la liberté d’opinion, la liberté d’expression et la liberté d’association, étaient confisquées par Félix Houphouët. Celui-ci était hostile à l’existence d’autres partis politiques, syndicats et journaux que les siens. Pour lutter contre cet état de choses, Gbagbo ne demanda pas aux Ivoiriens de l’extérieur de rentrer à Abidjan. Il ne les attendit pas pour se battre. Il mobilisa plutôt sur place des hommes et des femmes épris de justice et de liberté. C’est avec ces personnes-là qu’il protesta pacifiquement, le 18 février 1992, contre la décision d’Houphouët de ne pas sanctionner les militaires qui, en pleine nuit, avaient blessé des étudiants et violé des étudiantes à la cité universitaire de Yopougon en mai 1991.

Pour être complet sur cette époque, je dois ajouter qu’Houphouët avait plus de moyens et plus de soutiens à l’Élysée que Dramane Ouattara. Gbagbo savait à quoi il s’exposait sous cet Houphouët qui crachait du feu mais jamais il ne fit le choix du silence et de l’inaction. C’est bien beau de dire que Gbagbo n’est plus le seul à refuser l’injustice et la dictature mais, si l’esprit de Gbagbo nous habitait vraiment, nous ne serions pas en train de dire “allons doucement car nous sommes pressés” ou en train d’attendre qu’il sorte de prison, lui qui n’est plus maître de son destin, pour affronter avec lui ceux qui ont pris notre pays en otage.

 

Lui n’avait pas peur de risquer sa vie parce qu’il souffrait de voir son pays géré comme une propriété privée. Le bien ou la santé du pays passait avant sa petite personne. Quant à nous, nous protégeons jalousement nos vies et nous préférons laisser des voyous et assassins détruire notre bien commun en attendant que l’homme de 73 ans vienne se battre encore pour nous et nous nomme ici ou là quand il aura triomphé car on a l’impression que le fameux slogan “On attend Gbagbo” veut dire: on attend qu’il reprenne la lutte là où il l’avait laissée; on attend qu’il vienne tuer le gibier et qu’il donne à chacun (e) un morceau de ce gibier.

 

Y a-t-il des millions de Gbagbo? Non, il y a un seul Gbagbo et c’est celui qui est malheureusement détenu à la Haye depuis 2011 sans que ceux qui se réclament de lui ou prétendent avoir épousé sa façon de voir et de faire fassent preuve de patriotisme, de courage et de détermination comme lui. Arrêtons donc de nous gargariser de formules et de mots creux. Reconnaissons que nous suivons cet homme, non parce que nous avons envie de nous battre pour libérer notre pays comme lui, mais pour qu’il nous mette le pain dans la bouche après avoir pris des coups à notre place.

Si des GOR (Gbagbo ou rien) pensent que je me trompe, qu’ils me démontrent le contraire en 2019 !

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« Laurent Gbagbo s’est-il sacrifié pour rien ? Écrivain, Chercheur, Jean-Claude Djereke dresse ici un bilan critique de la lutte de l’ancien président ivoirien.

Quand Laurent Gbagbo fut illégalement transféré de Korhogo à la Haye, il se trouva des militants et sympathisants du Front populaire ivoirien pour affirmer qu’on pouvait emprisonner un homme sans emprisonner ses idées (c’est aussi mon avis) et que des milliers d’Ivoiriens et d’Africains partageaient désormais les idées de l’ancien président ivoirien, autrement dit avaient embrassé sa vision et son combat pour une Afrique libre et souveraine. Certains osèrent même avancer qu’il n’y avait plus un mais des millions de Gbagbo en Afrique dans la mesure où de nombreux Africains, selon eux, adhéraient avec Gbagbo aux 3 causes suivantes: la fermeture des bases militaires françaises en Afrique, la fin du franc CFA et la non-immixtion de la France dans les affaires africaines.

7 ans après la déportation de Laurent Gbagbo qui, il ne faut pas avoir honte de le reconnaître, ne suscita qu’une timide protestation sur le continent, qu’en est-il de l’esprit Gbagbo qui habiterait nombre d’Africains? Où sont les millions de Gbagbo? Ces derniers ont-ils mené des actions concrètes dont leur champion pourrait être fier s’il recouvrait la liberté en 2019?

 

Avant d’apporter une réponse à ces questions, il convient de rappeler quelle était la vision de Gbagbo et quelles batailles il livra. Ce rappel est important car suivre un homme, crier ou chanter son nom à tout bout de champ sans savoir ce qu’il a en tête, ni ce qu’il a fait (les traces qu’il a laissées), n’a aucun sens.

Le rêve de Laurent Gbagbo

Gbagbo rêvait, et ce rêve ne me semble pas avoir été abandonné par lui, d’une Côte d’Ivoire maîtresse de son destin, démocratique et dans laquelle les fruits de la croissance profitent à tous. C’est du moins ce qui ressort de la lecture des ouvrages comme “Agir pour les libertés”, “Côte d”Ivoire: Pour une alternative démocratique”, “Fonder une nation africaine démocratique et socialiste en Côte d’Ivoire” ou “Côte d’Ivoire: Bâtir la paix sur la démocratie et la prospérité”. Quand nous disons que l’esprit de Gbagbo est ou vit en nous, sommes-nous porteurs du même rêve que lui? Regardons-nous dans la même direction que lui? Gbagbo n’attendit personne pour mener le combat d’une Côte d’Ivoire démocratique

Au début des années 1990, Gbagbo vivait dans un pays où les libertés fondamentales parmi lesquelles la liberté d’opinion, la liberté d’expression et la liberté d’association, étaient confisquées par Félix Houphouët. Celui-ci était hostile à l’existence d’autres partis politiques, syndicats et journaux que les siens. Pour lutter contre cet état de choses, Gbagbo ne demanda pas aux Ivoiriens de l’extérieur de rentrer à Abidjan. Il ne les attendit pas pour se battre. Il mobilisa plutôt sur place des hommes et des femmes épris de justice et de liberté. C’est avec ces personnes-là qu’il protesta pacifiquement, le 18 février 1992, contre la décision d’Houphouët de ne pas sanctionner les militaires qui, en pleine nuit, avaient blessé des étudiants et violé des étudiantes à la cité universitaire de Yopougon en mai 1991.

Pour être complet sur cette époque, je dois ajouter qu’Houphouët avait plus de moyens et plus de soutiens à l’Élysée que Dramane Ouattara. Gbagbo savait à quoi il s’exposait sous cet Houphouët qui crachait du feu mais jamais il ne fit le choix du silence et de l’inaction. C’est bien beau de dire que Gbagbo n’est plus le seul à refuser l’injustice et la dictature mais, si l’esprit de Gbagbo nous habitait vraiment, nous ne serions pas en train de dire “allons doucement car nous sommes pressés” ou en train d’attendre qu’il sorte de prison, lui qui n’est plus maître de son destin, pour affronter avec lui ceux qui ont pris notre pays en otage.

 

Lui n’avait pas peur de risquer sa vie parce qu’il souffrait de voir son pays géré comme une propriété privée. Le bien ou la santé du pays passait avant sa petite personne. Quant à nous, nous protégeons jalousement nos vies et nous préférons laisser des voyous et assassins détruire notre bien commun en attendant que l’homme de 73 ans vienne se battre encore pour nous et nous nomme ici ou là quand il aura triomphé car on a l’impression que le fameux slogan “On attend Gbagbo” veut dire: on attend qu’il reprenne la lutte là où il l’avait laissée; on attend qu’il vienne tuer le gibier et qu’il donne à chacun (e) un morceau de ce gibier.

 

Y a-t-il des millions de Gbagbo? Non, il y a un seul Gbagbo et c’est celui qui est malheureusement détenu à la Haye depuis 2011 sans que ceux qui se réclament de lui ou prétendent avoir épousé sa façon de voir et de faire fassent preuve de patriotisme, de courage et de détermination comme lui. Arrêtons donc de nous gargariser de formules et de mots creux. Reconnaissons que nous suivons cet homme, non parce que nous avons envie de nous battre pour libérer notre pays comme lui, mais pour qu’il nous mette le pain dans la bouche après avoir pris des coups à notre place.

Si des GOR (Gbagbo ou rien) pensent que je me trompe, qu’ils me démontrent le contraire en 2019 !

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