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Etats-Unis : Après le limogeage du patron du FBI, Washington en état de crise
12/05/2017 à 10h18 par La redaction

L’irritation du président des États-Unis à l’endroit de James Comey, le directeur du FBI, était très palpable, mais qui aurait pu imaginer qu’il agisse aussi fortement ?

Le fameux « you’re fired », qui a rendu célèbre Donald Trump dans son émission de téléréalité The Apprentice, a encore été prononcé. Personne n’avait vu venir la crise qui s’est abattue sur Washington. L’annonce du limogeage de James Comey, le directeur du FBI a surpris jusqu’à l’intéressé lui-même, qui l’a appris mardi 9 mai par la télévision alors qu’il rendait visite à l’antenne de son agence à Los Angeles. The Conversation

Pour le Président des États-Unis, le directeur de la police fédérale a outrepassé son rôle et ses pouvoirs lorsqu’il a ordonné la fin de l’enquête sur les emails d’Hillary Clinton début juillet 2016, en pleine campagne présidentielle, ou lorsqu’il a ouvert une nouvelle enquête quelques jours à peine avant le scrutin.

Ce sont d’ailleurs les conclusions d’un rapport qui lui a été adressé par Jeff Sessions, l’Attorney General (ministre de la Justice), et Rod Rosenstein, son adjoint et qui l’a amené à prendre cette décision. Pour Donald Trump, cette attitude a été trop légère et a entamé gravement la confiance du public envers cette institution respectable.

LA VÉRITÉ EST PEUT-ÊTRE AILLEURS

La ficelle est un peu grosse pour l’opposition démocrate, qui l’a plutôt reliée aux enquêtes en cours sur les liens entre la campagne de Donald Trump et la Russie. Une enquête est notamment menée par une commission du Congrès. Mais le FBI avait également ouvert un dossier, depuis juillet 2016, comme James Comey l’a révélé le 20 mars dernier, lors d’une audition publique devant le Congrès :

J’ai reçu l’autorisation du ministère de la Justice de confirmer que le FBI, dans le cadre de sa mission de contre-espionnage, enquête sur les tentatives du gouvernement russe d’interférer dans l’élection présidentielle de 2016. Cela inclut des investigations sur la nature des liens entre des individus liés à l’équipe de campagne de Donald Trump et le gouvernement russe, et pour déterminer s’il y a eu coordination entre la campagne et les efforts russes.

Le désormais ancien directeur du FBI a exprimé à plusieurs reprises qu’il s’en voulait d’avoir peut-être fait pencher la balance en faveur de Donald Trump lors de la dernière élection. Il se rattrape bien depuis, ne perdant jamais une occasion de le contredire : ainsi à propos de l’affaire des écoutes supposées de la campagne de Trump et qui aurait été ordonnées par Barack Obama, il a également dit publiquement qu’elles n’avaient jamais existé.

UNE DÉCISION TRÈS INHABITUELLE

L’irritation du président à son endroit était, dès lors, très palpable, mais qui aurait pu imaginer qu’il agisse aussi fortement ?

Pour les Républicains, il s’agit d’un geste d’autorité, qui est entièrement justifié. Pourtant, les hauts postes fédéraux tels que la direction du FBI répondent à des règles particulières : le directeur est nommé pour 10 ans et ne peut être démis de ses fonctions que pour une cause grave. Toute la question est de définir la gravité qui permet ce limogeage.

Pour les leaders de l’opposition, Chuck Schumer en tête, mais également Nancy Pelosi, Bernie Sanders ou Elizabeth Warren, ce renvoi brutal est une « grave erreur » et ils n’hésitent pas à accuser le Président d’autoritarisme. Le seul précédent d’un tel licenciement a concerné William Sessions, renvoyé par Bill Clinton en 1993 pour avoir confondu les deniers du FBI avec les siens.

LE SPECTRE DU WATERGATE

L’absence d’une raison sérieuse, et le fait que ce limogeage ait tant tardé si on admet que la raison invoquée est acceptable ont troublé le monde politique et celui des médias. Les journaux américains, tout comme la plupart des télévisions et radios évoquent désormais le Watergate. En 1973, le Président Nixon avait démis de ses fonctions le procureur indépendant Archibald Cox, après avoir refusé de lui remettre les enregistrements dont il exigeait la communication. Cet épisode, connu désormais dans les livres d’histoire sous le nom de « Massacre du samedi soir », avait conduit le président à démissionner plutôt que de subir un procès en impeachment et une probable destitution.

Tout Washington se demande aujourd’hui si l’issue pourrait être aussi dramatique dans cette affaire. Les leaders de l’opposition exigent avec force la nomination d’un procureur indépendant pour faire toute la lumière sur les liens entre leur Président et le gouvernement russe. Les Républicains, de leur côté, s’expriment avec beaucoup plus de réserve et on constate que le Parti républicain semble décidé à faire bloc autour de son Président, estimant sans doute qu’il a encore grandement besoin de lui.

Les passions pourraient pourtant se déchaîner avec la nomination du remplaçant de James Comey – qui devrait intervenir très vite –, car les démocrates n’accepteront jamais que l’agence qui mènera cette enquête à haut risque soit dirigée par un conservateur ou par quelqu’un de trop proche de Donald Trump.

Avec Le Contrepoints.org

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Pour le Président des États-Unis, le directeur de la police fédérale a outrepassé son rôle et ses pouvoirs lorsqu’il a ordonné la fin de l’enquête sur les emails d’Hillary Clinton début juillet 2016, en pleine campagne présidentielle, ou lorsqu’il a ouvert une nouvelle enquête quelques jours à peine avant le scrutin.

Ce sont d’ailleurs les conclusions d’un rapport qui lui a été adressé par Jeff Sessions, l’Attorney General (ministre de la Justice), et Rod Rosenstein, son adjoint et qui l’a amené à prendre cette décision. Pour Donald Trump, cette attitude a été trop légère et a entamé gravement la confiance du public envers cette institution respectable.

LA VÉRITÉ EST PEUT-ÊTRE AILLEURS

La ficelle est un peu grosse pour l’opposition démocrate, qui l’a plutôt reliée aux enquêtes en cours sur les liens entre la campagne de Donald Trump et la Russie. Une enquête est notamment menée par une commission du Congrès. Mais le FBI avait également ouvert un dossier, depuis juillet 2016, comme James Comey l’a révélé le 20 mars dernier, lors d’une audition publique devant le Congrès :

J’ai reçu l’autorisation du ministère de la Justice de confirmer que le FBI, dans le cadre de sa mission de contre-espionnage, enquête sur les tentatives du gouvernement russe d’interférer dans l’élection présidentielle de 2016. Cela inclut des investigations sur la nature des liens entre des individus liés à l’équipe de campagne de Donald Trump et le gouvernement russe, et pour déterminer s’il y a eu coordination entre la campagne et les efforts russes.

Le désormais ancien directeur du FBI a exprimé à plusieurs reprises qu’il s’en voulait d’avoir peut-être fait pencher la balance en faveur de Donald Trump lors de la dernière élection. Il se rattrape bien depuis, ne perdant jamais une occasion de le contredire : ainsi à propos de l’affaire des écoutes supposées de la campagne de Trump et qui aurait été ordonnées par Barack Obama, il a également dit publiquement qu’elles n’avaient jamais existé.

UNE DÉCISION TRÈS INHABITUELLE

L’irritation du président à son endroit était, dès lors, très palpable, mais qui aurait pu imaginer qu’il agisse aussi fortement ?

Pour les Républicains, il s’agit d’un geste d’autorité, qui est entièrement justifié. Pourtant, les hauts postes fédéraux tels que la direction du FBI répondent à des règles particulières : le directeur est nommé pour 10 ans et ne peut être démis de ses fonctions que pour une cause grave. Toute la question est de définir la gravité qui permet ce limogeage.

Pour les leaders de l’opposition, Chuck Schumer en tête, mais également Nancy Pelosi, Bernie Sanders ou Elizabeth Warren, ce renvoi brutal est une « grave erreur » et ils n’hésitent pas à accuser le Président d’autoritarisme. Le seul précédent d’un tel licenciement a concerné William Sessions, renvoyé par Bill Clinton en 1993 pour avoir confondu les deniers du FBI avec les siens.

LE SPECTRE DU WATERGATE

L’absence d’une raison sérieuse, et le fait que ce limogeage ait tant tardé si on admet que la raison invoquée est acceptable ont troublé le monde politique et celui des médias. Les journaux américains, tout comme la plupart des télévisions et radios évoquent désormais le Watergate. En 1973, le Président Nixon avait démis de ses fonctions le procureur indépendant Archibald Cox, après avoir refusé de lui remettre les enregistrements dont il exigeait la communication. Cet épisode, connu désormais dans les livres d’histoire sous le nom de « Massacre du samedi soir », avait conduit le président à démissionner plutôt que de subir un procès en impeachment et une probable destitution.

Tout Washington se demande aujourd’hui si l’issue pourrait être aussi dramatique dans cette affaire. Les leaders de l’opposition exigent avec force la nomination d’un procureur indépendant pour faire toute la lumière sur les liens entre leur Président et le gouvernement russe. Les Républicains, de leur côté, s’expriment avec beaucoup plus de réserve et on constate que le Parti républicain semble décidé à faire bloc autour de son Président, estimant sans doute qu’il a encore grandement besoin de lui.

Les passions pourraient pourtant se déchaîner avec la nomination du remplaçant de James Comey – qui devrait intervenir très vite –, car les démocrates n’accepteront jamais que l’agence qui mènera cette enquête à haut risque soit dirigée par un conservateur ou par quelqu’un de trop proche de Donald Trump.

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