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Entre Trump et Twitter, la guerre est déclarée
06/06/2020 à 11h54 par La redaction

Minneapolis brûle, le Covid-19 tue, mais le président des États-Unis juge urgent de réglementer les réseaux sociaux, parce que Twitter a placé un avertissement sur deux de ses tweets, avant d’en masquer un troisième.

Il fallait faire quelque chose, dit-on à la Maison Blanche, après la décision de Twitter d’estampiller un tweet présidentiel : c’est parce que Trump affirmait qu’un vote par correspondance serait forcément truqué que le réseau social a décidé d’agir et d’apposer sur deux de ses messages un lien vers « les faits à propos des votes par correspondance ». Sur Facebook, le même message a été jugé conforme aux règles maison.

 © @realdonaldtrump© @realdonaldtrump
Les deux tweets de Donald Trump sur lesquels Twitter a ajouté un avertissement. © @realdonaldtrumpLes deux tweets de Donald Trump sur lesquels Twitter a ajouté un avertissement. © @realdonaldtrump

Les hostilités ont alors monté d’un cran. Trump a fait paraître un décret visant à restreindre les protections juridiques dont bénéficient les réseaux sociaux, et Twitter a de son côté pour la première fois masqué un tweet du président, à propos cette fois des émeutes en cours à Minneapolis, au motif d’une « glorification de la violence ».

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Le tweet dans ses versions masqué et démasqué.Le tweet dans ses versions masqué et démasqué.

« Ces voyous déshonorent la mémoire de George Floyd », écrit le président, « et je ne laisserai pas cela se produire. Je viens de parler au gouverneur Tim Walz et de lui dire que les militaires seront à ses côtés tout le temps. Au moindre problème, nous prendrons le contrôle, mais quand les pillages commencent, les tirs commencent. Merci ! » « Nous avons pris des mesures pour empêcher que d’autres personnes ne soient incitées à commettre des actes violents, mais nous avons gardé le tweet sur Twitter parce qu'il est important que le public puisse toujours le voir »a justifié Twitter.

Quelle part de responsabilité faut-il attribuer au réseaux sociaux dans les messages qu’ils véhiculent ? Désinformation, injures et discriminations, menaces sur la démocratie… De quoi faut-il les rendre responsables ? Le clash entre le président américain et Twitter et le décret qui s’ensuit sont un nouvel épisode de la bataille entreprise par les gouvernements à travers le monde pour tenter de réguler la parole en ligne et l’influence prise par les grandes plateformes de la Silicon Valley, Twitter, Facebook, Google (à travers ses résultats de recherche) sans oublier YouTube qui propulse les vidéos.

Mais alors qu’en France, les « plateformes » sont vilipendées par les autorités pour les contenus qu’elles laissent circuler, au point qu’une loi soit votée pour les obliger à en censurer certains en 24 heures, c’est de façon exactement inverse qu’aux États-Unis, Donald Trump pose la première pierre de son projet de régulation : pour lui, c’est la censure et un parti pris anti-conservateurs de Twitter, Google et Facebook qui menacent la démocratie américaine.

« Le président et ses alliés ont souvent accusé Twitter et Facebook d'avoir des biais contre les conservateurs, et ont résisté à passer à l’action jusqu'à cette semaine, lorsque Twitter a “fact-checké” ses propres fausses déclarations »résume le New York Times.

« Dans un pays qui a longtemps chéri la liberté d’expression, nous ne pouvons pas permettre à un nombre limité de plateformes en ligne de choisir le discours auquel les Américains peuvent accéder et qu’ils peuvent transmettre sur Internet. Cette pratique est fondamentalement anti-américaine et anti-démocratique. Lorsque de grandes et puissantes sociétés de médias sociaux censurent des opinions avec lesquelles elles ne sont pas d’accord, elles exercent un pouvoir dangereux. Elles cessent de fonctionner comme des tableaux d’affichage passifs et doivent être considérées et traitées comme des créateurs de contenu », écrit le président dans ce décret publié jeudi 28 mai.

Celui-ci vise à réduire la protection dont bénéficient les réseaux sociaux vis-à-vis des contenus publiés sur leurs services par leurs utilisateurs.

Comme en France, les sites qui opèrent aux États-Unis sont considérés comme hébergeurs et non comme éditeurs par la section 230(c) du Communications Decency Act, établie en 1996. Dans le viseur du président des États-Unis, cette section 230(c) offre à Facebook, Twitter, YouTube ou Google une immunité contre toute poursuite judiciaire liée aux contenus publiés par des tiers et leur donne la liberté d’intervenir sur leurs plateformes à leur guise – que ce soit pour censurer des messages, suspendre des comptes ou au contraire les promouvoir. « Aucun fournisseur ou utilisateur d’un service informatique interactif ne doit être traité comme l’éditeur ou l’émetteur d’une information fournie par un autre », dit le texte.

« L’immunité ne doit pas [...] protéger ceux qui prétendent offrir aux utilisateurs un forum de discussion libre et ouvert, mais qui en réalité utilisent leur pouvoir sur un moyen de communication vital pour se livrer à des actions trompeuses ou étouffer un débat libre et ouvert en censurant certains points de vue », rétorque le décret du président.

Concrètement, le décret demande au secrétaire d’État au commerce, en lien avec le ministre de la justice, et aux agences fédérales compétentes, celles du commerce (FTC) et des télécoms (FCC), de vérifier si la section 230(c) est correctement appliquée, et dans quelles conditions un hébergeur peut s’en prévaloir. Il menace les plateformes de les priver de la manne publicitaire fédérale, et de les poursuivre pour censure abusive.

« Twitter décide désormais de placer de manière sélective un avertissement sur certains tweets, d’une manière qui reflète clairement un parti pris politique. Comme cela a été rapporté, Twitter semble n’avoir jamais placé une telle étiquette sur le tweet d’un autre politicien. Pas plus tard que la semaine dernière, le député Adam Schiff continuait à tromper ses partisans en colportant le canular de collusion avec la Russie [...] et Twitter n’a pas signalé ces tweets », se plaint le président dans son décret.

Comme le rappelle un article du site The Verge, les conservateurs qui se plaignent de la censure dont ils sont victimes perdent régulièrement devant les tribunaux. Pire : un tribunal a même jugé que Trump ne pouvait pas bloquer des comptes Twitter qui l’avaient critiqué, et les empêcher ainsi de commenter ses messages. Pour les juges, le compte @realDonaldTrump constitue en lui-même un espace public protégé par le Premier amendement à la Constitution des États-Unis, amendement garant de la liberté d’expression.

 

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Minneapolis brûle, le Covid-19 tue, mais le président des États-Unis juge urgent de réglementer les réseaux sociaux, parce que Twitter a placé un avertissement sur deux de ses tweets, avant d’en masquer un troisième.

Il fallait faire quelque chose, dit-on à la Maison Blanche, après la décision de Twitter d’estampiller un tweet présidentiel : c’est parce que Trump affirmait qu’un vote par correspondance serait forcément truqué que le réseau social a décidé d’agir et d’apposer sur deux de ses messages un lien vers « les faits à propos des votes par correspondance ». Sur Facebook, le même message a été jugé conforme aux règles maison.

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Les deux tweets de Donald Trump sur lesquels Twitter a ajouté un avertissement. © @realdonaldtrumpLes deux tweets de Donald Trump sur lesquels Twitter a ajouté un avertissement. © @realdonaldtrump

Les hostilités ont alors monté d’un cran. Trump a fait paraître un décret visant à restreindre les protections juridiques dont bénéficient les réseaux sociaux, et Twitter a de son côté pour la première fois masqué un tweet du président, à propos cette fois des émeutes en cours à Minneapolis, au motif d’une « glorification de la violence ».

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Le tweet dans ses versions masqué et démasqué.Le tweet dans ses versions masqué et démasqué.

« Ces voyous déshonorent la mémoire de George Floyd », écrit le président, « et je ne laisserai pas cela se produire. Je viens de parler au gouverneur Tim Walz et de lui dire que les militaires seront à ses côtés tout le temps. Au moindre problème, nous prendrons le contrôle, mais quand les pillages commencent, les tirs commencent. Merci ! » « Nous avons pris des mesures pour empêcher que d’autres personnes ne soient incitées à commettre des actes violents, mais nous avons gardé le tweet sur Twitter parce qu'il est important que le public puisse toujours le voir »a justifié Twitter.

Quelle part de responsabilité faut-il attribuer au réseaux sociaux dans les messages qu’ils véhiculent ? Désinformation, injures et discriminations, menaces sur la démocratie… De quoi faut-il les rendre responsables ? Le clash entre le président américain et Twitter et le décret qui s’ensuit sont un nouvel épisode de la bataille entreprise par les gouvernements à travers le monde pour tenter de réguler la parole en ligne et l’influence prise par les grandes plateformes de la Silicon Valley, Twitter, Facebook, Google (à travers ses résultats de recherche) sans oublier YouTube qui propulse les vidéos.

Mais alors qu’en France, les « plateformes » sont vilipendées par les autorités pour les contenus qu’elles laissent circuler, au point qu’une loi soit votée pour les obliger à en censurer certains en 24 heures, c’est de façon exactement inverse qu’aux États-Unis, Donald Trump pose la première pierre de son projet de régulation : pour lui, c’est la censure et un parti pris anti-conservateurs de Twitter, Google et Facebook qui menacent la démocratie américaine.

« Le président et ses alliés ont souvent accusé Twitter et Facebook d'avoir des biais contre les conservateurs, et ont résisté à passer à l’action jusqu'à cette semaine, lorsque Twitter a “fact-checké” ses propres fausses déclarations »résume le New York Times.

« Dans un pays qui a longtemps chéri la liberté d’expression, nous ne pouvons pas permettre à un nombre limité de plateformes en ligne de choisir le discours auquel les Américains peuvent accéder et qu’ils peuvent transmettre sur Internet. Cette pratique est fondamentalement anti-américaine et anti-démocratique. Lorsque de grandes et puissantes sociétés de médias sociaux censurent des opinions avec lesquelles elles ne sont pas d’accord, elles exercent un pouvoir dangereux. Elles cessent de fonctionner comme des tableaux d’affichage passifs et doivent être considérées et traitées comme des créateurs de contenu », écrit le président dans ce décret publié jeudi 28 mai.

Celui-ci vise à réduire la protection dont bénéficient les réseaux sociaux vis-à-vis des contenus publiés sur leurs services par leurs utilisateurs.

Comme en France, les sites qui opèrent aux États-Unis sont considérés comme hébergeurs et non comme éditeurs par la section 230(c) du Communications Decency Act, établie en 1996. Dans le viseur du président des États-Unis, cette section 230(c) offre à Facebook, Twitter, YouTube ou Google une immunité contre toute poursuite judiciaire liée aux contenus publiés par des tiers et leur donne la liberté d’intervenir sur leurs plateformes à leur guise – que ce soit pour censurer des messages, suspendre des comptes ou au contraire les promouvoir. « Aucun fournisseur ou utilisateur d’un service informatique interactif ne doit être traité comme l’éditeur ou l’émetteur d’une information fournie par un autre », dit le texte.

« L’immunité ne doit pas [...] protéger ceux qui prétendent offrir aux utilisateurs un forum de discussion libre et ouvert, mais qui en réalité utilisent leur pouvoir sur un moyen de communication vital pour se livrer à des actions trompeuses ou étouffer un débat libre et ouvert en censurant certains points de vue », rétorque le décret du président.

Concrètement, le décret demande au secrétaire d’État au commerce, en lien avec le ministre de la justice, et aux agences fédérales compétentes, celles du commerce (FTC) et des télécoms (FCC), de vérifier si la section 230(c) est correctement appliquée, et dans quelles conditions un hébergeur peut s’en prévaloir. Il menace les plateformes de les priver de la manne publicitaire fédérale, et de les poursuivre pour censure abusive.

« Twitter décide désormais de placer de manière sélective un avertissement sur certains tweets, d’une manière qui reflète clairement un parti pris politique. Comme cela a été rapporté, Twitter semble n’avoir jamais placé une telle étiquette sur le tweet d’un autre politicien. Pas plus tard que la semaine dernière, le député Adam Schiff continuait à tromper ses partisans en colportant le canular de collusion avec la Russie [...] et Twitter n’a pas signalé ces tweets », se plaint le président dans son décret.

Comme le rappelle un article du site The Verge, les conservateurs qui se plaignent de la censure dont ils sont victimes perdent régulièrement devant les tribunaux. Pire : un tribunal a même jugé que Trump ne pouvait pas bloquer des comptes Twitter qui l’avaient critiqué, et les empêcher ainsi de commenter ses messages. Pour les juges, le compte @realDonaldTrump constitue en lui-même un espace public protégé par le Premier amendement à la Constitution des États-Unis, amendement garant de la liberté d’expression.

 

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