Emmanuel Macron repris de volée par l’Iran pour avoir utilisé le terme «Golfe arabo-persique»


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Téhéran n’a guère apprécié que le président français utilise, dans un tweet, le terme «Golfe arabo-persique». «Le Golfe se trouvant au sud [de l’]Iran, n’a qu’un seul nom : le Golfe Persique», a réagi le porte-parole de la diplomatie iranienne. Les autorités iraniennes – et un certain nombres d’internautes – ont reproché au président français d’avoir utilisé le terme de «Golfe arabo-persique», plutôt que «Golfe Persique», dans un tweet du 16 janvier annonçant le déploiement d’une force militaire dans la région. «Dans la péninsule arabique et dans le Golfe arabo-persique, nous avons déployé en un temps record la Task force Jaguar, et par les initiatives avec nos partenaires européens, nous renforçons la sécurité maritime dans cette région si stratégique pour nous», a ainsi rédigé Emmanuel Macron sur le réseau social.

 

La référence au «Golfe arabo-persique» a fait réagir plusieurs commentateurs qui, sur Twitter, ont fait valoir que le terme «Golfe Persique» était plus couramment usité pour désigner cette zone géographique. En premier lieu, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Abbas Moussavi a déploré le terme employé par le président de la République – et en a profité au passage pour condamner la présence militaire française dans la région. «Je tiens à rappeler à [Emmanuel Macron] que le Golfe se trouvant au sud d’Iran, n’a qu’un seul nom : Le Golfe Persique», a tancé – en français, en anglais et en persan – l’officiel iranien, carte à l’appui, le 18 janvier. Avant d’ajouter : «Votre présence militaire dans cette zone est autant erronée que sa dénomination à ce titre.»

 

Parmi les internautes ayant réagi, Rooh Savâr, le fondateur du site d’information sur l’Iran leslettrespersanes.com, a tweeté : «C’est le Golfe “persique” M. le Président, et ça l’était toujours. Il existe un joli mer juste à côté qui s’appelle la mer arabe. On ne va pas changer le nom à la mer arabo-persique non plus.»

S’il souhaite que la France soit une force de conciliation entre l’Iran, les Etats-Unis et les monarchies du Golfe, le président français ne semble pas avoir convaincu les autorités iraniennes. Le Guide suprême iranien Ali Khamenei, récemment, s’est livré à un sermon au vitriol contre les gouvernements britannique, allemand et français, qualifiés de «valets de l’Amérique» et de «lâches [qui] attendent que l’Iran se soumette». Quelques jours plus tôt, Paris, Londres et Berlin avaient déclenché une procédure visant à contraindre Téhéran à respecter ses engagements dans le cadre de l’accord sur le nucléaire iranien. «Même quand ils négocient, leurs paroles sont ternies par le sceau de la tromperie», a estimé l’ayatollah iranien, le 17 janvier. Déploiements militaires français et européen dans la région Fin novembre, la ministre des Armées Florence Parly avait annoncé le déploiement d’un système d’alerte avancé dans le Golfe, incluant un radar sophistiqué destiné à prévenir de nouvelles attaques. Selon l’agence Reuters, Emmanuel Macron l’a confirmé le 16 janvier, lors de ses vœux aux armées, précisant que le dispositif, qui comprend une dizaine d’hommes, avait été baptisé «Task force Jaguar». «Dans la péninsule arabique, et dans le Golfe arabo-persique, où les tensions montent, nous avons déployé en un temps record la Task force Jaguar, qui contribue à la réassurance du royaume saoudien», a-t-il déclaré. En outre, ce 20 janvier, le ministère français des Affaires étrangères a fait savoir que huit pays européens avaient apporté leur «appui politique» à la création d’une mission européenne de surveillance maritime dans le détroit d’Ormuz (EMASOH). L’Allemagne, la Belgique, le Danemark, la France, la Grèce, l’Italie, les Pays-Bas et le Portugal ont tenu à marquer leur soutien à l’opération pour répondre à «l’instabilité» actuelle «dans une région essentielle» à la paix mondiale.

 

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