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GLYPHOSAFE,DES CHIFFRES À MANIER AVEC PRÉCAUTION
02/07/2020 à 09h59 par La redaction

Au lendemain de la poussée verte au second tour des élections municipales, un communiqué conjoint du ministère de l’agriculture et du ministère de la transition écologique et solidaire, publié mardi 30 juin, annonce une baisse spectaculaire des ventes de produits phytosanitaires en France, en 2019. Ces chiffres doivent cependant être pris avec grande prudence : non seulement ils sont provisoires et ne concernent que les ventes – et non l’intensité d’usage –, mais ils sont de surcroît restreints à certaines catégories de produits.

Loin des reprises claironnant une « baisse de 44 % des ventes de pesticides », le gouvernement a en réalité annoncé une baisse de 44 % des volumes de substances actives vendues, « hors produits de biocontrôle », entre 2018 et 2019. De telles restrictions ne permettent pas d’apprécier la baisse du recours à l’ensemble des pesticides, comme c’est l’usage dans la communication des chiffres officiels. Selon la présentation du gouvernement, les quantités écoulées du célèbre glyphosate auraient chuté de 35 % et celles des produits les plus dangereux, dits CMR (pour « cancérogène, mutagène ou reprotoxique »), auraient baissé de quelque 50 %.

« Pur coup de com »

Selon le communiqué des ministères, ces chiffres sont le signe d’une transition en cours et d’un recours plus important aux produits de biocontrôle, généralement considérés comme moins problématiques que les substances de synthèse, utilisées en agriculture conventionnelle et biologique. Sans explications, le gouvernement a toutefois choisi de ne pas divulguer l’évolution du tonnage de l’ensemble des pesticides vendus en France, incluant les produits de biocontrôle. Interrogé, le ministère de l’agriculture renvoie vers le cabinet du ministre, qui n’a pas répondu à nos sollicitations.

Article réservé à nos abonnésLire aussi Glyphosate : la déontologie de l’Anses mise en cause

« C’est un pur coup de com, c’est lamentable et surtout ce n’est pas sérieux », proteste pour sa part François Veillerette, porte-parole de Générations futures. Le choix de communiquer sur les tonnages de certaines substances vendues et non sur le nombre de doses-unités (NODU) est en particulier fortement critiqué par l’association, associée au plan Ecophyto – le plan gouvernemental qui, depuis 2009, mesure l’évolution du recours aux pesticides en France.

Or, depuis une décennie, le NODU est le principal indice choisi par les autorités françaises pour mesurer cette évolution. En effet, cet indice tient compte de l’efficacité des molécules. Certaines doivent être appliquées en doses importantes, tandis que d’autres – beaucoup plus actives – ont des taux d’application très faibles. Une baisse des ventes des premières pourrait, par exemple, occulter une augmentation des secondes.

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Au lendemain de la poussée verte au second tour des élections municipales, un communiqué conjoint du ministère de l’agriculture et du ministère de la transition écologique et solidaire, publié mardi 30 juin, annonce une baisse spectaculaire des ventes de produits phytosanitaires en France, en 2019. Ces chiffres doivent cependant être pris avec grande prudence : non seulement ils sont provisoires et ne concernent que les ventes – et non l’intensité d’usage –, mais ils sont de surcroît restreints à certaines catégories de produits.

Loin des reprises claironnant une « baisse de 44 % des ventes de pesticides », le gouvernement a en réalité annoncé une baisse de 44 % des volumes de substances actives vendues, « hors produits de biocontrôle », entre 2018 et 2019. De telles restrictions ne permettent pas d’apprécier la baisse du recours à l’ensemble des pesticides, comme c’est l’usage dans la communication des chiffres officiels. Selon la présentation du gouvernement, les quantités écoulées du célèbre glyphosate auraient chuté de 35 % et celles des produits les plus dangereux, dits CMR (pour « cancérogène, mutagène ou reprotoxique »), auraient baissé de quelque 50 %.

« Pur coup de com »

Selon le communiqué des ministères, ces chiffres sont le signe d’une transition en cours et d’un recours plus important aux produits de biocontrôle, généralement considérés comme moins problématiques que les substances de synthèse, utilisées en agriculture conventionnelle et biologique. Sans explications, le gouvernement a toutefois choisi de ne pas divulguer l’évolution du tonnage de l’ensemble des pesticides vendus en France, incluant les produits de biocontrôle. Interrogé, le ministère de l’agriculture renvoie vers le cabinet du ministre, qui n’a pas répondu à nos sollicitations.

Article réservé à nos abonnésLire aussi Glyphosate : la déontologie de l’Anses mise en cause

« C’est un pur coup de com, c’est lamentable et surtout ce n’est pas sérieux », proteste pour sa part François Veillerette, porte-parole de Générations futures. Le choix de communiquer sur les tonnages de certaines substances vendues et non sur le nombre de doses-unités (NODU) est en particulier fortement critiqué par l’association, associée au plan Ecophyto – le plan gouvernemental qui, depuis 2009, mesure l’évolution du recours aux pesticides en France.

Or, depuis une décennie, le NODU est le principal indice choisi par les autorités françaises pour mesurer cette évolution. En effet, cet indice tient compte de l’efficacité des molécules. Certaines doivent être appliquées en doses importantes, tandis que d’autres – beaucoup plus actives – ont des taux d’application très faibles. Une baisse des ventes des premières pourrait, par exemple, occulter une augmentation des secondes.

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