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De la Mayenne à La Baule, la circulation souterraine du SARS-CoV-2
27/07/2020 à 11h46 par La redaction

Le nombre de cas positifs au coronavirus continue à augmenter en France. Les Pays de la Loire sont en alerte, car la situation n’est toujours pas sous contrôle en Mayenne. Et au bord de la mer, sur la baie de La Baule, un premier cluster important est apparu dans un restaurant de plage.

L’étiage reste bas, mais l’épidémie de coronavirus reprend bel et bien en France. Dans son bulletin hebdomadaire du jeudi 23 juillet, Santé publique France alerte sur le nombre de tests positifs, en hausse de + 27 % en une semaine.

L’incidence – le nombre de nouveaux cas diagnostiqués pour 100 000 habitants – reste cependant faible en France métropolitaine : 6,6 cas en moyenne la semaine dernière. Mais il était de 5,8 cas la semaine précédente.

Le point noir est toujours le département de la Mayenne, en « vulnérabilité élevée » depuis le début du mois de juillet. Le taux d’incidence y est sans comparaison avec le reste de la France, et ne cesse d’augmenter : selon les chiffres de l’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire, communiqués vendredi 24 juillet, il est désormais de 110 nouveaux cas pour 100 000 habitants, en forte augmentation.

En visite en Mayenne lundi, le ministre de la santé Olivier Véran s’est probablement réjoui trop vite, en affirmant : « On est en train de casser la courbe » épidémique. Il s’appuyait sur le seul indicateur qui incitait à l’optimisme en début de semaine : la part des tests positifs ne cessait de baisser. Hélas, il remonte, à 3,8 %, a annoncé le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire, Jean-Jacques Coiplet, lors d’une conférence de presse ce vendredi 24 juillet.

Il y a toujours 6 clusters en cours d’investigation dans le département, dont deux communautaires, les plus inquiétants. Car dans ces clusters, « le nombre de cas est important. Il continue à augmenter malgré les mesures de tracing et d’isolement que nous mettons en œuvre, soit parce que ces mesures ne sont pas suivies, soit parce qu’on n’arrive plus à suivre les chaînes de transmission », a expliqué Lisa King, la responsable de Santé publique France dans les Pays de la Loire, lors de cette même conférence de presse.

Le 22 juillet, en Mayenne, a été repéré un nouveau cluster communautaire impliquant « plusieurs établissements d’hébergements sociaux et un établissement pour travailleurs handicapés, a détaillé Lisa King. On a des dizaines de cas positifs qui sont liés entre ces différentes structures, avec des contaminations à l’intérieur des familles. Les chaînes de transmission se perpétuent »« Mais on ne baisse pas les bras », a tenu à préciser Jean-Jacques Coiplet.

Engagé depuis la mi-juillet dans une campagne de dépistage massif, d’isolement des cas positifs et de traçage des cas contacts, ce département rural et peu peuplé n’a toujours pas repris le contrôle face au SARS-CoV-2.

Tout est parti des abattoirs mayennais, trois sur six ont été touchés. « De nombreux pays ont rapporté des situations compliquées dans les abattoirs, a expliqué Sophie Vaux, épidémiologiste à Santé publique France lors d’une conférence de presse de l’ARS mardi 21 juillet. La plupart des cas surviennent en fin de chaîne, dans les ateliers de découpe, où les carcasses sont découpées en pièces prêtes à consommer. La promiscuité est importante. L’atmosphère humide et rafraîchie est plus favorable à la survie du virus et à la moindre efficacité des masques. Et ce sont des lieux bruyants : pour échanger, les personnes doivent se rapprocher, sont tentées d’enlever leurs masques. Y travaillent beaucoup de personnels intérimaires, moins bien formés, qui peuvent avoir des contrats dans plusieurs abattoirs. Ils vivent souvent en colocation et font du covoiturage. » Les occasions de transmission du virus sont donc démultipliées.

Depuis l’apparition de ces clusters le 6 juillet, la Mayenne a démultiplié ses capacités de dépistage. Les quatre laboratoires de biologie médicale privés ont été très vite débordés. L’Agence régionale de santé a donc monté quatre centres de dépistage gratuit, sans rendez-vous, sans prescription, ouverts 7 jours sur 7. La petite ville de L’Huisserie, à proximité de Laval, a connu un cluster familial, à partir d’un abattoir, élargi à un voisin de palier. « On a donc ouvert un centre de dépistage le lundi 13 juillet, raconte le maire Jean-Pierre Thiot. Le premier jour, il y avait 3 heures d’attente, puis la situation s’est vite régularisée. »

Ces centres de dépistage temporaires fonctionnent avec du personnel mobilisé par la réserve sanitaire, mais surtout avec des bénévoles de la Protection civile de Mayenne. Ils assurent « le suivi de la file d’attente, le respect des gestes barrières et l’enregistrement administratif. On s’occupe aussi du portage des repas et des courses des personnes qui ont besoin d’aide pour s’isoler », explique le président de cette association, Rémy Besson.

Des bénévoles de la Protection civile, à l’entrée d'un centre de dépistage temporaire, à Laval. © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFPDes bénévoles de la Protection civile, à l’entrée d'un centre de dépistage temporaire, à Laval. © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Il ne manque pas de volontaires : « Depuis le début de la crise du Covid-19, on a reçu 750 candidatures, on en a retenu 450. Il y a une grande envie de s’engager. » Ce jeune entrepreneur ne dort plus chez lui depuis le printemps, mais dans un centre d’hébergement pour personnes précaires géré par son association, qui accueille des personnes positives au coronavirus qui souhaitent s’isoler en dehors de leur domicile.

Au départ, l’ARS ambitionnait de dépister les 300 000 habitants du département, un objectif irréaliste au rythme actuel de 2 400 tests par jour. Mais toutes les personnes interrogées trouvent aujourd’hui le dispositif de dépistage bien calibré. S’y ajoute depuis quelques jours un bus de dépistage qui sillonne les quartiers de Laval, la préfecture du département, pour aller « vers les personnes qui ont moins de mobilité », explique Rémy Besson.

Les maires ne sont pas tenus informés du nombre de personnes testées positives sur leurs communes, en raison du respect du secret médical. Mais ils le sont en tant qu’employeurs, quand leur personnel est touché. Le maire de Laval, Florian Bercault, compte « huit agents testés, dont quatre cette semaine. La plupart sont des animateurs des centres de loisirs. J’ai dû fermer certains groupes d’enfants. Une crèche est également touchée et a dû fermer. Des enfants ont été testés positifs ». Pour rassurer, il joue « la transparence », mais il constate que « la fréquentation des centres de loisirs a chuté de moitié, surtout dans les quartiers populaires. La rentrée va être compliquée ». ­­

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Le nombre de cas positifs au coronavirus continue à augmenter en France. Les Pays de la Loire sont en alerte, car la situation n’est toujours pas sous contrôle en Mayenne. Et au bord de la mer, sur la baie de La Baule, un premier cluster important est apparu dans un restaurant de plage.

L’étiage reste bas, mais l’épidémie de coronavirus reprend bel et bien en France. Dans son bulletin hebdomadaire du jeudi 23 juillet, Santé publique France alerte sur le nombre de tests positifs, en hausse de + 27 % en une semaine.

L’incidence – le nombre de nouveaux cas diagnostiqués pour 100 000 habitants – reste cependant faible en France métropolitaine : 6,6 cas en moyenne la semaine dernière. Mais il était de 5,8 cas la semaine précédente.

Le point noir est toujours le département de la Mayenne, en « vulnérabilité élevée » depuis le début du mois de juillet. Le taux d’incidence y est sans comparaison avec le reste de la France, et ne cesse d’augmenter : selon les chiffres de l’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire, communiqués vendredi 24 juillet, il est désormais de 110 nouveaux cas pour 100 000 habitants, en forte augmentation.

En visite en Mayenne lundi, le ministre de la santé Olivier Véran s’est probablement réjoui trop vite, en affirmant : « On est en train de casser la courbe » épidémique. Il s’appuyait sur le seul indicateur qui incitait à l’optimisme en début de semaine : la part des tests positifs ne cessait de baisser. Hélas, il remonte, à 3,8 %, a annoncé le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire, Jean-Jacques Coiplet, lors d’une conférence de presse ce vendredi 24 juillet.

Il y a toujours 6 clusters en cours d’investigation dans le département, dont deux communautaires, les plus inquiétants. Car dans ces clusters, « le nombre de cas est important. Il continue à augmenter malgré les mesures de tracing et d’isolement que nous mettons en œuvre, soit parce que ces mesures ne sont pas suivies, soit parce qu’on n’arrive plus à suivre les chaînes de transmission », a expliqué Lisa King, la responsable de Santé publique France dans les Pays de la Loire, lors de cette même conférence de presse.

Le 22 juillet, en Mayenne, a été repéré un nouveau cluster communautaire impliquant « plusieurs établissements d’hébergements sociaux et un établissement pour travailleurs handicapés, a détaillé Lisa King. On a des dizaines de cas positifs qui sont liés entre ces différentes structures, avec des contaminations à l’intérieur des familles. Les chaînes de transmission se perpétuent »« Mais on ne baisse pas les bras », a tenu à préciser Jean-Jacques Coiplet.

Engagé depuis la mi-juillet dans une campagne de dépistage massif, d’isolement des cas positifs et de traçage des cas contacts, ce département rural et peu peuplé n’a toujours pas repris le contrôle face au SARS-CoV-2.

Tout est parti des abattoirs mayennais, trois sur six ont été touchés. « De nombreux pays ont rapporté des situations compliquées dans les abattoirs, a expliqué Sophie Vaux, épidémiologiste à Santé publique France lors d’une conférence de presse de l’ARS mardi 21 juillet. La plupart des cas surviennent en fin de chaîne, dans les ateliers de découpe, où les carcasses sont découpées en pièces prêtes à consommer. La promiscuité est importante. L’atmosphère humide et rafraîchie est plus favorable à la survie du virus et à la moindre efficacité des masques. Et ce sont des lieux bruyants : pour échanger, les personnes doivent se rapprocher, sont tentées d’enlever leurs masques. Y travaillent beaucoup de personnels intérimaires, moins bien formés, qui peuvent avoir des contrats dans plusieurs abattoirs. Ils vivent souvent en colocation et font du covoiturage. » Les occasions de transmission du virus sont donc démultipliées.

Depuis l’apparition de ces clusters le 6 juillet, la Mayenne a démultiplié ses capacités de dépistage. Les quatre laboratoires de biologie médicale privés ont été très vite débordés. L’Agence régionale de santé a donc monté quatre centres de dépistage gratuit, sans rendez-vous, sans prescription, ouverts 7 jours sur 7. La petite ville de L’Huisserie, à proximité de Laval, a connu un cluster familial, à partir d’un abattoir, élargi à un voisin de palier. « On a donc ouvert un centre de dépistage le lundi 13 juillet, raconte le maire Jean-Pierre Thiot. Le premier jour, il y avait 3 heures d’attente, puis la situation s’est vite régularisée. »

Ces centres de dépistage temporaires fonctionnent avec du personnel mobilisé par la réserve sanitaire, mais surtout avec des bénévoles de la Protection civile de Mayenne. Ils assurent « le suivi de la file d’attente, le respect des gestes barrières et l’enregistrement administratif. On s’occupe aussi du portage des repas et des courses des personnes qui ont besoin d’aide pour s’isoler », explique le président de cette association, Rémy Besson.

Des bénévoles de la Protection civile, à l’entrée d'un centre de dépistage temporaire, à Laval. © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFPDes bénévoles de la Protection civile, à l’entrée d'un centre de dépistage temporaire, à Laval. © JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

Il ne manque pas de volontaires : « Depuis le début de la crise du Covid-19, on a reçu 750 candidatures, on en a retenu 450. Il y a une grande envie de s’engager. » Ce jeune entrepreneur ne dort plus chez lui depuis le printemps, mais dans un centre d’hébergement pour personnes précaires géré par son association, qui accueille des personnes positives au coronavirus qui souhaitent s’isoler en dehors de leur domicile.

Au départ, l’ARS ambitionnait de dépister les 300 000 habitants du département, un objectif irréaliste au rythme actuel de 2 400 tests par jour. Mais toutes les personnes interrogées trouvent aujourd’hui le dispositif de dépistage bien calibré. S’y ajoute depuis quelques jours un bus de dépistage qui sillonne les quartiers de Laval, la préfecture du département, pour aller « vers les personnes qui ont moins de mobilité », explique Rémy Besson.

Les maires ne sont pas tenus informés du nombre de personnes testées positives sur leurs communes, en raison du respect du secret médical. Mais ils le sont en tant qu’employeurs, quand leur personnel est touché. Le maire de Laval, Florian Bercault, compte « huit agents testés, dont quatre cette semaine. La plupart sont des animateurs des centres de loisirs. J’ai dû fermer certains groupes d’enfants. Une crèche est également touchée et a dû fermer. Des enfants ont été testés positifs ». Pour rassurer, il joue « la transparence », mais il constate que « la fréquentation des centres de loisirs a chuté de moitié, surtout dans les quartiers populaires. La rentrée va être compliquée ». ­­

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