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Course aux armements: les Docteurs Folamour n’ont pas le Covid-19
06/06/2020 à 11h49 par La redaction

Donald Trump dénonce une fois de plus un traité de contrôle des armements. Moscou annonce de nouveaux essais de la « torpille du Jugement dernier ». La Chine devient le deuxième producteur mondial d’armes. La crise sanitaire mondiale n’a pas freiné la militarisation à outrance des puissances.

 

La crise sanitaire mondiale, qui a déjà fait plus de 360 000 morts, aurait pu avoir un effet dissuasif. Ce n’est pas le cas. Dans un monde bouleversé par le Covid-19, la course aux armements repart de plus belle. Et ce, sur les deux fronts principaux : le démantèlement des systèmes de contrôle et de désarmement ; le développement de nouvelles armes de destruction massive.

Face à face, une fois de plus, Donald Trump et Vladimir Poutine, avec en embuscade Xi Jinping. La Chine est devenue le deuxième producteur mondial d’armes, selon l’institut de référence suédois Sipri, derrière les États-Unis, mais devant la Russie. La nouvelle guerre froide se joue désormais à trois dans une insécurité internationale grandissante.

C’est d’abord un accord international de plus que Donald Trump a décidé de dénoncer. Le 21 mai, le président américain a annoncé que les États-Unis allaient sortir du traité Ciel ouvert. Le retrait sera effectif dans six mois, en novembre 2020. Cet accord, signé en 1992 et appliqué depuis 2002, rassemble 34 pays, à savoir les membres de l’Otan, auxquels s’ajoutent la Suède, la Finlande, l’Ukraine, la Biélorussie et la Russie.

Ciel ouvert vise à renforcer la confiance en organisant des vols aériens d’observation et de surveillance de chaque État membre par les autres États. Le processus est extrêmement codifié : nombre de vols et itinéraires, équipements d’observation embarqués (caméras, analyseurs infrarouges, imagerie radar), communication aux États survolés des informations recueillies, etc. L’objectif est simple : organiser la transparence sur les mouvements de troupes, les bases et équipements militaires, et faciliter les échanges entre états-majors des pays membres.

 

Chaque mois, les représentants des États se retrouvent à Vienne, au siège de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) pour suivre les programmes de survol. Ce traité Ciel ouvert est devenu un des piliers de l’architecture de contrôle et de désarmement créée à partir des années 1980.

Donald Trump est déterminé à faire table rase. L’an dernier, il dénonçait l’important traité FNI sur les forces nucléaires intermédiaires, une pierre angulaire de la sécurité en Europe (lire nos précédents articles ici et ). La renégociation du traité New Start de réduction des armes nucléaires stratégiques, qui expire en 2021, est à l’arrêt. Et voilà que Washington déchire l’accord Ciel ouvert…

L’argument avancé est le même que celui utilisé pour mettre fin au traité FNI : Moscou ne respecte pas cet accord, a assuré Donald Trump, empêchant par exemple des survols de l’enclave russe de Kaliningrad. Mais aucun élément précis n’a été fourni par le Pentagone. Une commission de conciliation est par ailleurs prévue par l’accord en cas de différends sur son application par les pays membres (lire ici une note de l’IDN, Initiatives pour le désarmement nucléaire).

« C’est une gifle pour nos alliés européens », ont protesté les démocrates américains. La Russie a dénoncé cette nouvelle « étape du démantèlement de l’architecture de sécurité internationale ». Les ministres européens des affaires étrangères ont dit leur désaccord dans un communiqué commun. Seul le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a repris l’argumentaire américain en déclarant que « la mise en œuvre sélective actuelle par la Russie de ses obligations a sapé la contribution de cet important traité à la sécurité ».

Pendant que Donald Trump défait un à un les accords multilatéraux de contrôle des armements, Vladimir Poutine accélère lui la mise au point de nouvelles armes nucléaires stratégiques. Six programmes distincts sont en cours. Et si le budget russe de la défense est plus de dix fois inférieur au budget américain, la surprise est que les calendriers annoncés de développement de ces armes semblent être à peu près tenus.

C’est ainsi que cinq jours après la décision de Trump sur le traité Ciel ouvert, un haut responsable de la défense russe a annoncé à l’agence de presse russe Ria-Novosti qu’une nouvelle campagne de tests de la torpille Poséidon se tiendrait dès cet automne. C’est même un test de lancement de cette arme radicalement nouvelle qui devrait être fait depuis le nouveau sous-marin nucléaire géant, le Belgorod, sorti l’an dernier des chantiers navals (lire ici et ).

La torpille Poséidon nous renvoie aux heures les plus folles de la guerre froide. Elle accumule les superlatifs et est décrite par de nombreux spécialistes de défense comme « la torpille du Jugement dernier » ou la « torpille de l’Apocalypse », une arme susceptible de bousculer les stratégies de dissuasion nucléaire.

De quoi s’agit-il ? Poséidon est présenté comme une sorte de drone sous-marin. C’est une torpille géante, la plus grande jamais construite, propulsée par un réacteur nucléaire, pilotée à distance, chargée d’une tête nucléaire de 2 mégatonnes (133 fois Hiroshima). L’engin peut parcourir 10 000 kilomètres, atteindre sous l’eau une vitesse de 200 km/h et se déplacer dans de très grandes profondeurs (jusqu’à 1 000 mètres), ce qui la rend largement indécelable et parfaitement inatteignable.

Океанская многоцелевая система "Посейдон" © Минобороны России

Puisque la Russie aime depuis quelques années montrer ses nouveaux muscles nucléaires, son ministère de la défense a même posté sur YouTube une vidéo censée démontrer les capacités destructrices de Poséidon (voir ci-dessus) et a laissé publier d’autres vidéos par des sites russes spécialisés.

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Donald Trump dénonce une fois de plus un traité de contrôle des armements. Moscou annonce de nouveaux essais de la « torpille du Jugement dernier ». La Chine devient le deuxième producteur mondial d’armes. La crise sanitaire mondiale n’a pas freiné la militarisation à outrance des puissances.

 

La crise sanitaire mondiale, qui a déjà fait plus de 360 000 morts, aurait pu avoir un effet dissuasif. Ce n’est pas le cas. Dans un monde bouleversé par le Covid-19, la course aux armements repart de plus belle. Et ce, sur les deux fronts principaux : le démantèlement des systèmes de contrôle et de désarmement ; le développement de nouvelles armes de destruction massive.

Face à face, une fois de plus, Donald Trump et Vladimir Poutine, avec en embuscade Xi Jinping. La Chine est devenue le deuxième producteur mondial d’armes, selon l’institut de référence suédois Sipri, derrière les États-Unis, mais devant la Russie. La nouvelle guerre froide se joue désormais à trois dans une insécurité internationale grandissante.

C’est d’abord un accord international de plus que Donald Trump a décidé de dénoncer. Le 21 mai, le président américain a annoncé que les États-Unis allaient sortir du traité Ciel ouvert. Le retrait sera effectif dans six mois, en novembre 2020. Cet accord, signé en 1992 et appliqué depuis 2002, rassemble 34 pays, à savoir les membres de l’Otan, auxquels s’ajoutent la Suède, la Finlande, l’Ukraine, la Biélorussie et la Russie.

Ciel ouvert vise à renforcer la confiance en organisant des vols aériens d’observation et de surveillance de chaque État membre par les autres États. Le processus est extrêmement codifié : nombre de vols et itinéraires, équipements d’observation embarqués (caméras, analyseurs infrarouges, imagerie radar), communication aux États survolés des informations recueillies, etc. L’objectif est simple : organiser la transparence sur les mouvements de troupes, les bases et équipements militaires, et faciliter les échanges entre états-majors des pays membres.

 

Chaque mois, les représentants des États se retrouvent à Vienne, au siège de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) pour suivre les programmes de survol. Ce traité Ciel ouvert est devenu un des piliers de l’architecture de contrôle et de désarmement créée à partir des années 1980.

Donald Trump est déterminé à faire table rase. L’an dernier, il dénonçait l’important traité FNI sur les forces nucléaires intermédiaires, une pierre angulaire de la sécurité en Europe (lire nos précédents articles ici et ). La renégociation du traité New Start de réduction des armes nucléaires stratégiques, qui expire en 2021, est à l’arrêt. Et voilà que Washington déchire l’accord Ciel ouvert…

L’argument avancé est le même que celui utilisé pour mettre fin au traité FNI : Moscou ne respecte pas cet accord, a assuré Donald Trump, empêchant par exemple des survols de l’enclave russe de Kaliningrad. Mais aucun élément précis n’a été fourni par le Pentagone. Une commission de conciliation est par ailleurs prévue par l’accord en cas de différends sur son application par les pays membres (lire ici une note de l’IDN, Initiatives pour le désarmement nucléaire).

« C’est une gifle pour nos alliés européens », ont protesté les démocrates américains. La Russie a dénoncé cette nouvelle « étape du démantèlement de l’architecture de sécurité internationale ». Les ministres européens des affaires étrangères ont dit leur désaccord dans un communiqué commun. Seul le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a repris l’argumentaire américain en déclarant que « la mise en œuvre sélective actuelle par la Russie de ses obligations a sapé la contribution de cet important traité à la sécurité ».

Pendant que Donald Trump défait un à un les accords multilatéraux de contrôle des armements, Vladimir Poutine accélère lui la mise au point de nouvelles armes nucléaires stratégiques. Six programmes distincts sont en cours. Et si le budget russe de la défense est plus de dix fois inférieur au budget américain, la surprise est que les calendriers annoncés de développement de ces armes semblent être à peu près tenus.

C’est ainsi que cinq jours après la décision de Trump sur le traité Ciel ouvert, un haut responsable de la défense russe a annoncé à l’agence de presse russe Ria-Novosti qu’une nouvelle campagne de tests de la torpille Poséidon se tiendrait dès cet automne. C’est même un test de lancement de cette arme radicalement nouvelle qui devrait être fait depuis le nouveau sous-marin nucléaire géant, le Belgorod, sorti l’an dernier des chantiers navals (lire ici et ).

La torpille Poséidon nous renvoie aux heures les plus folles de la guerre froide. Elle accumule les superlatifs et est décrite par de nombreux spécialistes de défense comme « la torpille du Jugement dernier » ou la « torpille de l’Apocalypse », une arme susceptible de bousculer les stratégies de dissuasion nucléaire.

De quoi s’agit-il ? Poséidon est présenté comme une sorte de drone sous-marin. C’est une torpille géante, la plus grande jamais construite, propulsée par un réacteur nucléaire, pilotée à distance, chargée d’une tête nucléaire de 2 mégatonnes (133 fois Hiroshima). L’engin peut parcourir 10 000 kilomètres, atteindre sous l’eau une vitesse de 200 km/h et se déplacer dans de très grandes profondeurs (jusqu’à 1 000 mètres), ce qui la rend largement indécelable et parfaitement inatteignable.

Океанская многоцелевая система "Посейдон" © Минобороны России

Puisque la Russie aime depuis quelques années montrer ses nouveaux muscles nucléaires, son ministère de la défense a même posté sur YouTube une vidéo censée démontrer les capacités destructrices de Poséidon (voir ci-dessus) et a laissé publier d’autres vidéos par des sites russes spécialisés.

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